{"id":2825,"date":"2004-02-01T00:00:00","date_gmt":"2004-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/johnny-l-ouvrier-le-plus-riche-de2825\/"},"modified":"2004-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-01-31T23:00:00","slug":"johnny-l-ouvrier-le-plus-riche-de2825","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2825","title":{"rendered":"Johnny, l&#8217;ouvrier le plus riche de France"},"content":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s quarante ans de bons et loyaux services, Johnny Hallyday a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9noncer le contrat qui l&#8217;unissait \u00e0 sa maison de disque, Universal, dont il a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 lui seul 5 % du chiffre d&#8217;affaires en France. Il ira devant les prud&#8217;hommes comme un simple employ\u00e9 ou ouvrier, richissime certes, mais simple ouvrier au regard de ses contrats. Un beau proc\u00e8s \u00e0 suivre, car il illustrera sans doute avec quelle rapacit\u00e9 les firmes d\u00e9vorent jusqu&#8217;aux voix qui les nourrissent. Depuis quarante ans, le na\u00eff Johnny, le populaire Johnny qui pr\u00e9f\u00e8rera toujours aller faire de la Harley avec des potes, se marier et divorcer &#8211; histoire de sortir de temps en temps la Harley blanche et de temps en temps la Harley noire &#8211; que g\u00e9rer ses propres affaires, \u00e9tait uni par un simple contrat d&#8217;artiste \u00e0 ses employeurs. En somme, il chantait, on le payait pour \u00e7a, un point c&#8217;est tout. Johnny n&#8217;est ni l&#8217;auteur ni le compositeur de ses chansons, il en est juste l&#8217;interpr\u00e8te, avec le m\u00e9lange de force et de d\u00e9sinvolture que l&#8217;on sait.<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Johnny a sign\u00e9 ce contrat, il n&#8217;\u00e9tait encore qu&#8217;une vedette, un artiste effectivement, mais dans un sens tr\u00e8s diff\u00e9rent d&#8217;aujourd&#8217;hui, moins li\u00e9 \u00e0 l&#8217;art, surtout avec une majuscule, qu&#8217;\u00e0 la repr\u00e9sentation, sens qu&#8217;a eu ce mot jusque dans les ann\u00e9es 60. Or, aujourd&#8217;hui, Johnny est un monument, une star. \u00ab Une b\u00eate nationale, un 14-Juillet \u00bb, rigolait r\u00e9cemment son coll\u00e8gue Dick Rivers.<\/p>\n<p>S&#8217;il n&#8217;est pas l&#8217;auteur de ses chansons, il est en revanche l&#8217;auteur de quelque chose de bien plus fort que ses chansons : lui-m\u00eame. Ce qu&#8217;il est devenu dans l&#8217;imaginaire fran\u00e7ais avec le temps, cette image \u00e0 la fois changeante et persistante de nous-m\u00eames, le peuple fran\u00e7ais, bon an mal an, depuis cinquante ans. Il a chant\u00e9 \u00e0 la f\u00eate de l&#8217;Huma et il a chant\u00e9 pour Chirac. Il a tourn\u00e9 avec Godard et il a tourn\u00e9 avec des cons. C&#8217;est un honneur (et une grosse rentr\u00e9e d&#8217;argent) d&#8217;\u00e9crire pour Johnny : m\u00eame Fran\u00e7oise Sagan l&#8217;a fait. Seulement voil\u00e0 : avec son contrat d&#8217;artiste datant de Mathusalem, Johnny Hallyday ne pouvait pas toucher de droit d&#8217;auteur sur lui-m\u00eame, et l&#8217;on pourrait presque dire qu&#8217;Universal l&#8217;employait depuis quarante ans \u00e0 \u00eatre Johnny, ce qu&#8217;il fait mieux que personne. On l&#8217;a bien s\u00fbr augment\u00e9 au fil de sa r\u00e9ussite, mais on s&#8217;est bien gard\u00e9 de briser ce contrat d&#8217;artiste qui emp\u00eachait Johnny de toucher certains droits sur ses disques, et notamment, ce qui rapporte beaucoup d&#8217;argent, d&#8217;\u00eatre son propre producteur.<\/p>\n<p>Johnny \u00e9tait certainement mal conseill\u00e9. Selon des informations parues dans le Journal du dimanche (10\/01\/04), ce serait la belle-famille de \u00ab l&#8217;artiste \u00bb qui aurait plong\u00e9 le nez dans ses contrats et d\u00e9couvert le pot aux roses. Elle aurait imm\u00e9diatement sacqu\u00e9 l&#8217;avocat qui s&#8217;occupait depuis quinze ans des affaires de Johnny. Il faut dire que garder le m\u00eame avocat pendant quinze ans, quand on est riche comme Cr\u00e9sus, c&#8217;est une faute professionnelle grave. Un truc \u00e0 se faire licencier, ni vu ni connu, de sa propre enveloppe charnelle&#8230;<\/p>\n<p>Vous le connaissez, Johnny : toujours un peu f\u00e2ch\u00e9 avec la loi et avec les chiffres. Son nom a aussi souvent tra\u00een\u00e9  dans les pages des faits divers que dans les pages \u00ab Culture \u00bb (c&#8217;est m\u00eame assez r\u00e9cent, dans les pages \u00ab Culture \u00bb des journaux bien). Alors vous pensez bien qu&#8217;aller fourrer son nez dans les contrats, ce n&#8217;est pas son genre. C&#8217;est un prolo, Johnny. Jusqu&#8217;\u00e0 cette rupture de contrat, il \u00e9tait simplement l&#8217;ouvrier le plus riche de France. L&#8217;employ\u00e9 milliardaire. Le meilleur employ\u00e9, le stakhanoviste absolu, depuis quarante ans &#8211; mais relisez vos contrats, Johnny, employ\u00e9, ou ouvrier, comme vous voudrez. Un ouvrier qui a, cette fois, d\u00e9cid\u00e9 de se lib\u00e9rer de ses cha\u00eenes, et devra lutter contre ses puissants patrons et leur cohorte noire d&#8217;avocats stipendi\u00e9s. Qu&#8217;il sache que nous sommes avec lui.  A.V.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s quarante ans de bons et loyaux services, Johnny Hallyday a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9noncer le contrat qui l&#8217;unissait \u00e0 sa maison de disque, Universal, dont il a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 lui seul 5 % du chiffre d&#8217;affaires en France. 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