{"id":2806,"date":"2004-02-01T00:00:00","date_gmt":"2004-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/surveiller-punir-normaliser2806\/"},"modified":"2004-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-01-31T23:00:00","slug":"surveiller-punir-normaliser2806","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2806","title":{"rendered":"Surveiller, punir, normaliser"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Plus de rassemblement dans les halls d&#8217;immeubles, plus de rave, plus de psychanalystes, plus de cigarettes&#8230; Plus rien ? Si, de l&#8217;ordre. Et un objectif, restaurer l&#8217;autorit\u00e9 de l&#8217;Etat. La droite a trouv\u00e9 son cr\u00e9neau : s\u00e9curiser la population par la dissuasion, la r\u00e9pression, le contr\u00f4le social. Mais pour quel r\u00e9sultat et \u00e0 quel prix pour les libert\u00e9s publiques ? Retour sur une entreprise de normalisation des comportements. <\/p>\n<p>Tout s&#8217;est cristallis\u00e9 en 2002. Le candidat Jacques Chirac impose le th\u00e8me central de la campagne pr\u00e9sidentielle, la s\u00e9curit\u00e9. Avec un slogan : la \u00ab d\u00e9linquance z\u00e9ro \u00bb. La gauche, de longue date complex\u00e9e et peu cr\u00e9dible sur ce terrain, pi\u00e9tine et s&#8217;aligne. \u00ab J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 na\u00eff \u00bb, d\u00e9clare Lionel Jospin au journal de 20 heures. Sans r\u00e9elle boussole ni doctrine s\u00e9curitaire, la gauche se lance dans un \u00e9trange mea culpa public, sur le th\u00e8me : \u00ab sortons de l&#8217;ang\u00e9lisme \u00bb. Comme l&#8217;avait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque formul\u00e9 Jack Lang, \u00ab il faut r\u00e9habiliter cette si belle notion d&#8217;autorit\u00e9 \u00bb. La gauche promet alors \u00ab la r\u00e9ponse \u00e0 tous les d\u00e9lits \u00bb. C&#8217;est \u00e9videmment le Front national qui fait son miel de cette surench\u00e8re partisane&#8230; Quant aux m\u00e9dias, ils relaient sans compter la d\u00e9linquance au quotidien, en exploitant quelques faits divers dramatiques. Pendant ce temps, la s\u00e9curit\u00e9 s&#8217;impose comme une pr\u00e9occupation majeure des Fran\u00e7ais : la petite d\u00e9linquance inqui\u00e8te, les \u00ab incivilit\u00e9s \u00bb exasp\u00e8rent, la police est jug\u00e9e inefficace, la justice laxiste&#8230;<\/p>\n<p>Le nouveau gouvernement tire un enseignement du \u00ab choc du 21 avril \u00bb : il faut restaurer le pouvoir politique. L&#8217;image des \u00e9lus et de l&#8217;action publique est d\u00e9plorable, le taux d&#8217;abstention atteint des records et une partie importante de la population se r\u00e9fugie dans l&#8217;extr\u00eame droite pour exprimer son d\u00e9sarroi et sa ranc\u0153ur. Le contrat social et la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&#8217;Etat sont largement min\u00e9s. <\/p>\n<p>Pour redresser la situation, comment s&#8217;y prendre ? Sur le terrain \u00e9conomique et social, les choses sont complexes. Les ann\u00e9es Mitterrand semblent avoir durablement remis en cause la capacit\u00e9 du politique \u00e0 contrarier la logique lib\u00e9rale. La globalisation et les contraintes du cadre europ\u00e9en constituent de v\u00e9ritables freins au pouvoir politique. <\/p>\n<p>Il reste un cr\u00e9neau : agir sur les comportements individuels. Le contrat social se construit autour de l&#8217;id\u00e9e de s\u00e9curit\u00e9 qu&#8217;apporte l&#8217;Etat. Dans le L\u00e9viathan, le philosophe Thomas Hobbes avait bien d\u00e9crit comment le citoyen se lie au souverain s&#8217;il est capable d&#8217;assurer la protection des individus : l&#8217;homme \u00e9tant un loup pour l&#8217;homme, l&#8217;Etat ne doit pas h\u00e9siter \u00e0 employer la force pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 des administr\u00e9s. Fort de ces \u00ab fondamentaux \u00bb, le gouvernement s&#8217;engouffre dans la br\u00e8che et se lance dans un processus de r\u00e9gulation des comportements qui nuisent \u00e0 la vie collective, par le biais de la prescription et de la normalisation.<\/p>\n<p>Jean-Pierre Raynaud, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat national des officiers de police (SNOP), estime que l&#8217;\u00ab on \u00e9tait all\u00e9 trop loin dans l&#8217;ang\u00e9lisme, qui a d&#8217;ailleurs \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 le 21 avril. On allait dans le mur et il fallait un \u00e9lectrochoc. Sarkozy s&#8217;est donn\u00e9 les moyens de changer les comportements en profondeur \u00bb. L&#8217;\u00e9lectrochoc, c&#8217;est le marketing s\u00e9curitaire performatif du gouvernement et la mise en place d&#8217;un nouvel arsenal juridique, pour dissuader et r\u00e9primer. \u00ab Les dispositions Sarkozy valent d&#8217;abord par leur extraordinaire succ\u00e8s sc\u00e9nique, explique le sociologue Fabien Jobard, chercheur au CNRS. L&#8217;enseignement sociologique majeur des lois Sarkozy, c&#8217;est d&#8217;abord leur force incroyablement performative \u00bb (1). L&#8217;outil central de cette entreprise s\u00e9curitaire, c&#8217;est donc la mise en sc\u00e8ne, le symbole, la force du discours. Le premier r\u00f4le revient au ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur, Nicolas Sarkozy. Il veille, sur un mode paternaliste. A la t\u00e9l\u00e9, dans les journaux, chaque citoyen peut suivre la saga du ministre, toujours sur le terrain, m\u00ealant compassion et autorit\u00e9 : Sarkozy dans le RER, Sarkozy au commissariat de police, Sarkozy chez les pompiers&#8230; La politique devient de plus en plus une \u00ab politique spectacle \u00bb, cherchant \u00e0 changer non pas la r\u00e9alit\u00e9, mais bien l&#8217;image qu&#8217;en ont les gens. Ce qui frappe, c&#8217;est la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre symboliquement \u00e0 la demande de s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 donner l&#8217;illusion de la s\u00e9curit\u00e9. On a le sentiment qu&#8217;il y a un pilote dans l&#8217;avion.<\/p>\n<p>Surveiller, punir, normaliser : ainsi va la politique du gouvernement, qui l\u00e9gif\u00e8re \u00e0 tour de bras. Les registres sont tr\u00e8s divers &#8211; et diversement contestables ! Fabien Jobard observe un point commun : \u00ab la tentative de r\u00e9gler par la loi le rapport de soi \u00e0 soi. \u00bb Autrement dit, l&#8217;arsenal l\u00e9gislatif et r\u00e9glementaire est utilis\u00e9 \u00ab comme moteur prescriptif en mati\u00e8re de comportements individuels \u00bb. C&#8217;est ainsi que l&#8217;intervention du gouvernement dans des domaines apparemment tr\u00e8s distincts trouve sa logique. A chaque trouble identifi\u00e9 de l&#8217;ordre public, il r\u00e9pond par la r\u00e9glementation. Ce qui n&#8217;est pas le moindre des paradoxes pour une droite lib\u00e9rale qui fait de la d\u00e9r\u00e9glementation son cheval de bataille, estimant que la loi vaut moins que le contrat&#8230;<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le social s&#8217;exerce prioritairement sur des groupes dits \u00ab \u00e0 risques \u00bb, ces nouvelles classes dangereuses, figures contemporaines de la menace sociale, \u00e0 l&#8217;instar du prol\u00e9tariat industriel au XIXe si\u00e8cle (\u00ab classes travailleuses, classes dangereuses \u00bb). Les jeunes, les \u00e9trangers et les prostitu\u00e9es repr\u00e9sentent les cat\u00e9gories cibles des nouveaux chantiers l\u00e9gislatifs. Le but n&#8217;est pas de soutenir et prot\u00e9ger ces populations fragilis\u00e9es mais de les rendre invisibles, pour d\u00e9montrer la capacit\u00e9 de l&#8217;Etat \u00e0 s\u00e9curiser le reste de la population. Dans les quartiers dits sensibles, \u00ab les jeunes \u00bb troublent la tranquillit\u00e9 publique ? Le ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur, Nicolas Sarkozy, propose d&#8217;interdire les rassemblements dans les halls d&#8217;immeuble. Et qu&#8217;importe si cette disposition ne sert \u00e0 rien ! Pour les jeunes les plus insoumis, des centres ferm\u00e9s leur sont d\u00e9sormais r\u00e9serv\u00e9s pour apprendre \u00e0 respecter les r\u00e8gles de vie commune. Les prostitu\u00e9es g\u00eanent les passants ? Le gouvernement cr\u00e9e un nouveau d\u00e9lit, le racolage passif. Il n&#8217;a toujours pas peur du paradoxe : les victimes de la traite des \u00eatres humains deviennent les cibles de la police. Le ministre n&#8217;est motiv\u00e9 que par un objectif : \u00ab nettoyer les trottoirs \u00bb (voir encadr\u00e9). Quant aux \u00e9trangers, Nicolas Sarkozy a repris d&#8217;une main ce qu&#8217;il leur avait donn\u00e9 de l&#8217;autre, en revenant sur la double peine. Marqu\u00e9e par une overdose de surveillance, de suspicion et de contr\u00f4le, la loi sur le droit d&#8217;asile est notamment une remise en cause du droit de s\u00e9jour durable. Toutes ces mesures alimentent la stigmatisation de groupes sociaux d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9s. La focalisation sur ces nouvelles figures de dangerosit\u00e9 issues de la petite d\u00e9linquance occulte la d\u00e9linquance en col blanc ou la criminalit\u00e9 organis\u00e9e, autrement plus importantes et nuisibles mais plus difficiles \u00e0 combattre. Surtout, ces lois ne r\u00e8glent pas le probl\u00e8me mais donnent le sentiment \u00e0 une population exasp\u00e9r\u00e9e qu&#8217;il est trait\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;objectif de s\u00e9curit\u00e9 ne se limite pas au seul contr\u00f4le de certaines populations. La cr\u00e9ation de nouveaux d\u00e9lits permet de normaliser les comportements de tout un chacun et de rappeler, par l&#8217;autorit\u00e9, les pr\u00e9tendus fondements du contrat social. Des jeunes filles p\u00e9n\u00e8trent voil\u00e9es dans l&#8217;\u00e9cole publique ? Le gouvernement recourt \u00e0 la loi : c&#8217;est par l&#8217;affirmation de l&#8217;autorit\u00e9 de l&#8217;Etat que s&#8217;imposera la la\u00efcit\u00e9. Les automobilistes roulent trop vite ? La s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re trouvera son salut par le contr\u00f4le sanction automatis\u00e9. Les nouvelles technologies sont mobilis\u00e9es pour quadriller nos parcours de radars, soumettant le conducteur \u00e0 l&#8217;arbitraire automate. Les pulsions mortelles peuvent s&#8217;exprimer au volant mais aussi par l&#8217;incubation de nicotine et goudron&#8230; La hausse du prix du tabac, si elle fait de sa consommation un luxe, dissuade les citoyens de se tuer \u00e0 petit feu (voir encadr\u00e9). Nous voil\u00e0 donc prot\u00e9g\u00e9s contre nos propres pulsions mortif\u00e8res, au gr\u00e9 d&#8217;une pr\u00e9vention par la dissuasion et non par la responsabilisation.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, le l\u00e9gislateur r\u00e9duit les marges de garantie en termes de d\u00e9fense pour les citoyens. Le projet de loi sur la criminalit\u00e9, dite \u00ab loi Perben 2 \u00bb, en discussion au Parlement, renforce les pouvoirs de l&#8217;accusation. Les professionnels et les associations de d\u00e9fense des droits de l&#8217;Homme d\u00e9noncent ce bouleversement de notre syst\u00e8me p\u00e9nal, v\u00e9ritable \u00ab d\u00e9rive liberticide \u00bb. Plus g\u00e9n\u00e9ralement, et progressivement depuis la loi sur la s\u00e9curit\u00e9 quotidienne, la pente est celle d&#8217;un flicage \u00e0 tous les \u00e9tages, comme si le gouvernement voulait mettre la soci\u00e9t\u00e9 sous surveillance. Reste \u00e0 traquer nos consciences, mais la t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 s&#8217;en charge !<\/p>\n<p> L&#8217;efficacit\u00e9 est l&#8217;argument majeur des politiques s\u00e9curitaires. Les r\u00e9sultats sont-ils r\u00e9ellement au rendez-vous ? D&#8217;abord, les moyens d\u00e9volus \u00e0 la justice restent chroniquement insuffisants, ce qui rend illusoire toute r\u00e9forme d&#8217;envergure. La baisse des chiffres officiels de la d\u00e9linquance est contest\u00e9e, notamment par les syndicats de magistrats, et elle profite essentiellement aux atteintes aux biens et non aux personnes. L&#8217;application du d\u00e9lit de racolage passif cache la pratique de ce commerce pour le public plus qu&#8217;elle ne diminue l&#8217;ampleur du trafic des \u00eatres humains. Dans un autre registre, la loi sur le voile ne r\u00e8glera probablement rien mais risque, au contraire, de radicaliser certains comportements. Mais ne contestons pas en bloc l&#8217;id\u00e9e selon laquelle le traitement s\u00e9curitaire peut avoir des r\u00e9sultats (cas extr\u00eames, les r\u00e9gimes totalitaires n&#8217;ont-ils pas une forme d&#8217;efficacit\u00e9 ?). <\/p>\n<p>Les m\u00e9thodes radicalement dissuasives utilis\u00e9es pour la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re ont le m\u00e9rite de changer rapidement des comportements qui co\u00fbtent des milliers de vies chaque ann\u00e9e. Cependant, l&#8217;emballement de la logique s\u00e9curitaire a pour corollaire la mise en cause des libert\u00e9s individuelles. Le seul argument du r\u00e9sultat ne saurait annuler tous les autres param\u00e8tres. Se cantonner \u00e0 la logique de r\u00e9sultat, c&#8217;est surtout faire fausse route en ne r\u00e9pondant pas aux enjeux sociaux pos\u00e9s sur le fond. Comme l&#8217;observe Robert Castel, \u00ab la r\u00e9pression des d\u00e9lits, la punition des coupables, la poursuite d&#8217;une \u00abtol\u00e9rance z\u00e9ro\u00bb [sont] des courts-circuits simplificateurs par rapport \u00e0 la complexit\u00e9 de l&#8217;ensemble des probl\u00e8mes que pose l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 \u00bb (2). Attaquer le probl\u00e8me \u00e0 la racine, c&#8217;est prendre en compte des questions plus complexes, telles que le ch\u00f4mage, les in\u00e9galit\u00e9s sociales, le sexisme ou le racisme, qui sont aussi \u00e0 l&#8217;origine du sentiment d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, le choix gouvernemental prend un sens particulier dans le contexte du lib\u00e9ralisme qui conduit \u00e0 l&#8217;affaiblissement progressif de l&#8217;Etat social. Le couple \u00e9conomie lib\u00e9rale\/logique r\u00e9pressive est en effet tr\u00e8s dangereux. Il alimente un cercle infernal dans lequel la production d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 sociale produit de la d\u00e9linquance et de la violence. Il faut \u00e9videmment combattre l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9, et ce d&#8217;autant qu&#8217;elle touche les populations les plus fragilis\u00e9es. Mais le compromis est difficile \u00e0 trouver pour que cette lutte ne mine pas les libert\u00e9s publiques. Il faut moderniser les termes du contrat social. Et ne pas oublier que prot\u00e9ger les citoyens, c&#8217;est aussi (avant tout ?) leur assurer des droits sociaux. L&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 sociale est l&#8217;une des cl\u00e9s de compr\u00e9hension de la demande de protection, diversement exprim\u00e9e. Or, le gouvernement d\u00e9mant\u00e8le le droit du travail et d\u00e9tricote les acquis sociaux. La flexibilit\u00e9 et la pr\u00e9carit\u00e9 ne cessent d&#8217;enfler. Bient\u00f4t, seuls les intermittents du spectacle ne seront plus des intermittents ! Tous en CDD, soumis aux al\u00e9as du march\u00e9, comment pourrons-nous nous sentir prot\u00e9g\u00e9s ?  C.A.<\/p>\n<p>[[1. \u00ab Faut-il avoir peur des lois Sarkozy ? Essai d&#8217;anticipation sociologique \u00bb, in Passant ordinaire, n\u00b0 44, Bordeaux, 2003.<br \/>\n]][[2. L&#8217;Ins\u00e9curit\u00e9 sociale. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 ?, Seuil 2003<br \/>\n]<em> Regards <\/em> n\u00b02, F\u00e9vrier 2004<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Plus de rassemblement dans les halls d&#8217;immeubles, plus de rave, plus de psychanalystes, plus de cigarettes&#8230; Plus rien ? Si, de l&#8217;ordre. Et un objectif, restaurer l&#8217;autorit\u00e9 de l&#8217;Etat. La droite a trouv\u00e9 son cr\u00e9neau : s\u00e9curiser la population par la dissuasion, la r\u00e9pression, le contr\u00f4le social. Mais pour quel r\u00e9sultat et \u00e0 quel prix pour les libert\u00e9s publiques ? 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