{"id":2793,"date":"2007-07-09T00:00:00","date_gmt":"2007-07-08T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-casseuses-de-noix-de-babacu2793\/"},"modified":"2007-07-09T00:00:00","modified_gmt":"2007-07-08T22:00:00","slug":"les-casseuses-de-noix-de-babacu2793","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2793","title":{"rendered":"Les casseuses de noix de baba\u00e7u rentrent en politique"},"content":{"rendered":"<p>\/\/Avant-premi\u00e8re, organis\u00e9e par le centre audiovisuel Simone de Beauvoir,  le 5 juillet, du documentaire de Marcelo Silva, &#8220;Raimunda a quebradeiras&#8221;, au cin\u00e9ma le Latina (Paris 4\u00b0). Le film sur les &#8220;casseuses de noix de baba\u00e7u&#8221; \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 par le photographe Rodolphe Hammadi, auteur d&#8217;un reportage photographique sur le sujet.\/\/<\/p>\n<p>On connaissait les Sans Terre, mouvement de paysans br\u00e9siliens qui luttent pour la r\u00e9forme agraire au Br\u00e9sil et contre les in\u00e9galit\u00e9s sociales. Et bien il y a encore plus mal lotis. Elles vivent au bord de la for\u00eat amazonienne,  sans eau, ni \u00e9lectricit\u00e9, et n&#8217;ont acc\u00e8s ni \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, ni aux soins m\u00e9dicaux, ni aux aides sociales. On les appelle les Quebradeiras, ou casseuses de noix de baba\u00e7u. Elles seraient environ 300.000. Tous les jours elles parcourent jusqu&#8217;\u00e0 60 km \u00e0 pied pour r\u00e9colter et briser ce fruit tant pris\u00e9 des fabricants de cosm\u00e9tiques et achet\u00e9 une poign\u00e9e de centimes. Leur salaire est d&#8217;environ 2 ? par jour. <\/p>\n<p>Des conditions de subsistance certes rudes mais menac\u00e9es par la d\u00e9forestation de la for\u00eat amazonienne. Depuis les ann\u00e9es 80, les Quebradeiras sont en lutte contre l&#8217;expansion de l&#8217;\u00e9levage bovin, de la culture de soja et d&#8217;eucalyptus, et des  fours \u00e0 charbon, au d\u00e9triment des r\u00e9serves de palmiers baba\u00e7u. Des mesures ent\u00e9rin\u00e9es par le gouvernement br\u00e9silien, soucieux de sortir du cercle de la d\u00e9pendance \u00e9conomique et commerciale, encourageant la croissance et l&#8217;exportation \u00e0 tout prix. Dans les ann\u00e9es 90, l&#8217;huile de noix de baba\u00e7u a bien failli \u00eatre commercialis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois, mais le gouvernement br\u00e9silien a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se conformer aux directives de l&#8217;OMC et baisser presque \u00e0 z\u00e9ro les frais d&#8217;importation sur l&#8217;huile de palme. La concurrence fut fatale \u00e0 ce petit commerce issu d&#8217;une activit\u00e9 traditionnelle et exclusivement f\u00e9minine.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 90, les Quebradeiras se sont organis\u00e9es pour r\u00e9sister. Raimunda, l'&#8221;h\u00e9ro\u00efne&#8221; du documentaire de Marcelo Silva, est de celles-l\u00e0. Elle a travaill\u00e9 toute sa vie dans le Bico de Papagayo (Tocantins) \u00e0 r\u00e9colte et \u00e0 la casse de ces fameuses noix, tout en luttant contre l&#8217;analphab\u00e9tisme et pour la r\u00e9partition des terres. Aid\u00e9e par le p\u00e8re Josimo &#8211; assassin\u00e9 par des hommes de main au d\u00e9but des ann\u00e9es 80 &#8211; elle est \u00e0 l&#8217;origine de l&#8217;organisation de ces travailleuses agricoles. Depuis 1994, elle tente de promouvoir un texte de loi aupr\u00e8s du chef de l&#8217;Etat pour sauvegarder leur activit\u00e9, et a soutenu activement la campagne de l&#8217;actuel pr\u00e9sident Lula. Une r\u00e9sistance qui s&#8217;av\u00e8re payante puisque les associations de quebradeiras ont obtenu quelques avanc\u00e9es juridiques et territoriales : la loi du baba\u00e7u libre et la garantie de r\u00e9serves extractivistes de palmiers de baba\u00e7u. <\/p>\n<p>Par ailleurs, Rodolphe Hammadi, venu pr\u00e9sent\u00e9 le film, a r\u00e9alis\u00e9 un reportage photo sur ces femmes. Son travail a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 Paris, dans le cadre du festival du cin\u00e9ma br\u00e9silien, ainsi qu&#8217;\u00e0 Marseille. Les b\u00e9n\u00e9fices serviront \u00e0 acheter une boulangerie pour es Quebradeiras.<\/p>\n<p>&#8220;Raimunda a quebradeiras&#8221;, Marcelo Silva, 2007, Br\u00e9sil, 52 min.<\/p>\n<p>Le DVD du film est disponible \u00e0 la location au Centre audiovisuel Simone de Beauvoir, 28 place Saint Georges, Paris 9\u00b0.<\/p>\n<p>01 53 32 75 08<\/p>\n<blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"e0Ef7Quhs4\"><p><a href=\"https:\/\/www.centre-simone-de-beauvoir.com\/\">Accueil<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Accueil\u00a0\u00bb &#8212; Centre Simone de Beauvoir\" src=\"https:\/\/www.centre-simone-de-beauvoir.com\/embed\/#?secret=WOKKunMR1V#?secret=e0Ef7Quhs4\" data-secret=\"e0Ef7Quhs4\" width=\"500\" height=\"282\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\/\/Avant-premi\u00e8re, organis\u00e9e par le centre audiovisuel Simone de Beauvoir, le 5 juillet, du documentaire de Marcelo Silva, &#8220;Raimunda a quebradeiras&#8221;, au cin\u00e9ma le Latina (Paris 4\u00b0). 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