{"id":2673,"date":"2007-01-01T00:00:00","date_gmt":"2006-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/culture-et-sport-une-politique-du2673\/"},"modified":"2007-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-12-31T23:00:00","slug":"culture-et-sport-une-politique-du2673","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2673","title":{"rendered":"Culture et sport : une politique du spectacle"},"content":{"rendered":"<p>(Presidentielle enjeux de campagne)<\/p>\n<p><strong> Exception culturelle, exception sportive : au-del\u00e0 des grands principes, la culture et le sport sont les Cendrillon de la campagne pr\u00e9sidentielle. Quelles sont les lignes de clivage ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> Par Marion Rousset et Nicolas Kssis <\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes particuli\u00e8rement inquiets de l&#8217;absence de v\u00e9ritable projet culturel dans les diff\u00e9rents programmes \u00bb, s&#8217;alarme la revue Cassandre dans un appel lanc\u00e9 aux candidats. Une chose est s\u00fbre, le mutisme des candidats est presque total. Ils ne se sont pas exprim\u00e9s sur la culture. Ou si peu. \u00ab Ils sont devant le probl\u00e8me de la politique culturelle comme une poule devant un couteau \u00bb, d\u00e9clarait la philosophe Catherine Cl\u00e9ment, lors du d\u00e9bat organis\u00e9 par France-Culture et Arte sur la politique culturelle. Pessimiste, elle ne voyait aucun changement se profiler \u00e0 l&#8217;horizon 2007 : \u00ab On va passer du balbutiement au bredouillis, mais je ne suis pas s\u00fbre qu&#8217;on aille beaucoup plus loin. \u00bb Deux questions ont pourtant \u00e9merg\u00e9 ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, autour du t\u00e9l\u00e9chargement sur Internet et du statut des intermittents du spectacle, obligeant pour une fois les candidats \u00e0 se positionner sur la culture. D\u00e9sormais, la d\u00e9fense de la \u00ab diversit\u00e9 \u00bb et de l&#8217;\u00ab exception culturelle \u00bb ne suffit plus. Devant ce nouveau d\u00e9fi, chacun tente de tirer son \u00e9pingle d&#8217;un jeu glissant qui brouille parfois les clivages entre la droite et la gauche.<\/p>\n<p>Sur certains dossiers, les lignes de fracture sont difficiles \u00e0 rep\u00e9rer. D&#8217;une part, la droite a fait sienne l&#8217;id\u00e9e de \u00ab sanctuariser \u00bb le budget consacr\u00e9 au minist\u00e8re de la Culture, Nicolas Sarkozy ayant m\u00eame d\u00e9clar\u00e9, \u00e0 l&#8217;instar du PS et des antilib\u00e9raux, vouloir l&#8217;augmenter. De l&#8217;autre, la loi datant de 2003, relative au m\u00e9c\u00e9nat, qui offre des r\u00e9ductions fiscales aux investisseurs priv\u00e9s, n&#8217;est plus remise en cause. Le consensus est de mise, m\u00eame si tous les partis ne vont pas, comme le pr\u00e9voit la convention UMP, jusqu&#8217;\u00e0 fixer des \u00ab obligations de r\u00e9sultat \u00bb aux \u00e9tablissements culturels en mati\u00e8re de m\u00e9c\u00e9nat. Enfin, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche, il est de bon ton de d\u00e9fendre une relance de l&#8217;\u00e9ducation artistique \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, pourtant mise \u00e0 mal par le retour aux \u00ab fondamentaux \u00bb.<\/p>\n<p>Internet, en revanche, partage les candidats. S\u00e9gol\u00e8ne Royal a d\u00e9nonc\u00e9 la loi DADVSI (droit d&#8217;auteur et droits voisins dans la soci\u00e9t\u00e9 de l&#8217;information) contre le piratage. Estimant que \u00ab la r\u00e9mun\u00e9ration de la cr\u00e9ation ne saurait justifier la g\u00e9n\u00e9ralisation du verrouillage num\u00e9rique des \u0153uvres \u00bb, elle veut diversifier les sources de financement, en mettant en place notamment \u00ab un syst\u00e8me de licence globale forfaitaire \u00bb : auquel certains de ses proches, dont Jack Lang, continuent d&#8217;\u00eatre oppos\u00e9s. Cette mesure, elle l&#8217;inscrit dans l&#8217;histoire de la gauche : \u00ab C&#8217;est \u00e0 la gauche, historiquement, qu&#8217;il revient de faire avancer l&#8217;\u00e9quilibre entre progr\u00e8s technologique et droits d&#8217;auteur : elle l&#8217;a fait avec la loi Lang en 1985, mais bien avant cela avec les travaux : inachev\u00e9s : de Jean Zay et du Front populaire en 1936. \u00bb L&#8217;UMP, qui a vot\u00e9 cette l\u00e9gislation contre le t\u00e9l\u00e9chargement, n&#8217;a pas pour autant l&#8217;intention de laisser la vague de la gratuit\u00e9 lui \u00e9chapper. Non seulement, elle propose \u00ab la mise en ligne gratuite du patrimoine culturel fran\u00e7ais tomb\u00e9 dans le domaine public ou financ\u00e9 par fonds publics \u00bb. Mais, de fa\u00e7on plus inattendue, elle s&#8217;engage dans son programme pr\u00e9sidentiel \u00e0 rendre l&#8217;acc\u00e8s aux mus\u00e9es totalement gratuit. Une mesure \u00ab int\u00e9gralement ou quasi int\u00e9gralement autofinanc\u00e9e \u00bb. Or, la convention Culture pr\u00e9cise : \u00ab Le m\u00e9c\u00e9nat d&#8217;entreprise ne doit pas \u00eatre une \u00abbou\u00e9e de sauvetage\u00bbde la cr\u00e9ation, mais plut\u00f4t son \u00abaiguillon\u00bb. \u00bb <\/p>\n<p>Sur la r\u00e9forme des intermittents : sujet hautement sensible : le PS \u00e9vite soigneusement de se mouiller. \u00ab Nous consoliderons le r\u00e9gime des intermittents du spectacle au sein du r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;assurance-ch\u00f4mage \u00bb, peut-on lire dans leur projet. Plus explicites, mais peu diserts, la LCR et le PCF demandent l&#8217;abrogation du protocole d&#8217;accord de 2003, le parti communiste souhaitant garantir \u00ab le statut de salari\u00e9 pour tous les artistes et les techniciens du spectacle vivant et du cin\u00e9ma \u00bb et discuter \u00ab un statut des plasticiens \u00bb. Quant \u00e0 Philippe Herlin, charg\u00e9 de la culture au Front national, il se propose d&#8217;instaurer un \u00ab CDD culturel \u00bb. Or, \u00e0 la diff\u00e9rence du statut d&#8217;intermittent, un contrat \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ne prend pas en compte le travail invisible.<\/p>\n<p>Les d\u00e9bats ainsi saucissonn\u00e9s masquent mal l&#8217;absence de projet culturel au sein de la plupart des partis qui butinent au gr\u00e9 du vent \u00e9lectoral. \u00ab Aujourd&#8217;hui, il existe un mutisme complet de la part des institutions politiques, qu&#8217;elles soient locales, r\u00e9gionales ou nationales, sur la fonction de la culture qui consiste \u00e0 op\u00e9rer du liant, \u00e0 donner des repr\u00e9sentations partag\u00e9es, \u00e0 cr\u00e9er des valeurs perceptibles \u00e0 travers les \u0153uvres. Le r\u00f4le de la culture, c&#8217;est de donner un sens \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, nous assurait Jean Caune, auteur de plusieurs ouvrages sur les politiques culturelles, au moment de l&#8217;ouverture du Mac\/Val, le mus\u00e9e d&#8217;art contemporain de Vitry. Certes, l&#8217;\u00e9ducation populaire revient au go\u00fbt du jour. \u00ab La culture favorise l&#8217;\u00e9mancipation des femmes et des hommes, en garantissant l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la cr\u00e9ation et aux \u0153uvres, notamment par l&#8217;\u00e9cole et l&#8217;\u00e9ducation populaire \u00bb, peut-on ainsi lire dans la Charte antilib\u00e9rale des collectifs unitaires. \u00ab Je d\u00e9fends l&#8217;acc\u00e8s aux pratiques culturelles contre la seule consommation culturelle \u00bb, soutient aussi Herv\u00e9 P\u00e9rard, responsable de la culture chez les Verts. Le PS s&#8217;est \u00e9galement empar\u00e9 de ce concept dans son projet : \u00ab Nous renforcerons les mouvements d&#8217;\u00e9ducation populaire. \u00bb Mais il reste un probl\u00e8me : le retour de cette id\u00e9e, qu&#8217;elle serve d&#8217;alibi ou qu&#8217;elle t\u00e9moigne d&#8217;une volont\u00e9 r\u00e9elle, ne s&#8217;accompagne pas d&#8217;une r\u00e9flexion sur la logique festivali\u00e8re. Clinquante et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, celle-ci a fini en vingt ans par tenir lieu de politique culturelle au PS et \u00e0 l&#8217;UMP.<\/p>\n<p>De la F\u00eate de la musique \u00e0 la Nuit blanche, en passant par les Journ\u00e9es du patrimoine, la culture est en passe de devenir un outil de communication et de promotion \u00e9conomique. \u00ab Il est \u00e9vident que la cr\u00e9ation artistique dans le cadre de grandes manifestations festivali\u00e8res ou du programme des Capitales europ\u00e9ennes est source de retomb\u00e9es \u00e9conomiques locales tr\u00e8s importantes. \u00bb C&#8217;est ainsi que S\u00e9gol\u00e8ne Royal, r\u00e9pondant au questionnaire de la section culture, introduisait le chapitre \u00ab Une politique culturelle favorisant la cr\u00e9ation \u00bb. Dans un second temps seulement, elle \u00e9voquait, sans s&#8217;y attarder, le concept de \u00ab d\u00e9veloppement durable en mati\u00e8re culturelle \u00bb, insistant sur le r\u00f4le central des collectivit\u00e9s territoriales. A droite, m\u00eame ordre de priorit\u00e9s : \u00ab L&#8217;UMP pr\u00e9pare un projet politique pour la France, fond\u00e9 sur une vision pour notre pays. Ce projet a une ambition culturelle ; mieux, il est fondamentalement culturel, d\u00e9clamait Nicolas Sarkozy il y a tout juste un an, au th\u00e9\u00e2tre du Palais-Royal. Redresser notre \u00e9conomie, assurer le plein emploi, donner une place \u00e0 chacun, (&#8230;), notre projet n&#8217;a en r\u00e9alit\u00e9 qu&#8217;un seul objectif : que la France soit de nouveau une terre qui brille, qui brille dans tous les domaines, et notamment dans la science, les arts, les lettres et la culture. \u00bb<\/p>\n<p>Mais le plus inqui\u00e9tant, c&#8217;est que Nicolas Sarkozy, lui, a un projet. Et que ce projet lib\u00e9ral-populiste fait froid dans le dos. Fustigeant \u00ab l&#8217;avant-gardisme syst\u00e9matique \u00bb dans le monde culturel fran\u00e7ais, il a indiqu\u00e9 que \u00ab le modernisme et la nouveaut\u00e9 ne sont pas les seuls crit\u00e8res de l&#8217;esth\u00e9tique \u00bb et envisag\u00e9 de confier l&#8217;attribution des aides \u00e0 des \u00ab agences ind\u00e9pendantes \u00bb compos\u00e9es de \u00ab repr\u00e9sentants des artistes professionnels et du public \u00bb. En 2004, le programme du Front national pour les r\u00e9gionales en Ile-de-France proposait d\u00e9j\u00e0 d&#8217;\u00ab associer des repr\u00e9sentants du public \u00e0 la programmation et aux principes directeurs des organismes culturels. La prise en compte des suggestions du public pourrait faire partie des conditions d&#8217;octroi des subventions \u00bb. Entre une surench\u00e8re d&#8217;\u00e9ph\u00e9m\u00e8res \u00e9v\u00e9nements et cette alarmante critique de la nouveaut\u00e9, la cr\u00e9ation a du souci \u00e0 se faire.  M.R.<\/p>\n<p><strong> A (re)lire <\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>  \u00ab L&#8217;art emballe les marques \u00bb, Regards, d\u00e9cembre 2006<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> \u00ab La Maison des artistes, une cr\u00e9ature bic\u00e9phale \u00bb, Regards, juin 2006<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Jean Caune, Culture et communication, PUG, 2006, La D\u00e9mocratisation culturelle, PUG, 2006, La Culture en action : De Vilar \u00e0 Lang, le sens perdu, PUG, 1999<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong> Le sport pr\u00e9sidentiel <\/strong><\/p>\n<p><strong> La performance sportive est devenue une cause nationale. Mais quelle place pour le sport de masse ? La gestion de la politique sportive de service public ne dope pas les programmes. <\/strong><\/p>\n<p> Du point de vue politique, le sport repr\u00e9sente un secteur assez fascinant de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Avec pr\u00e8s de 15 millions de licenci\u00e9s et 17 500 associations sur tout le territoire (sans parler \u00e9videmment de l&#8217;engouement pour le sport spectacle), il constitue pourtant l&#8217;une des activit\u00e9s de loisir qui suscite le moins de r\u00e9flexions de la part des candidats \u00e0 l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. L&#8217;apolitisme d\u00e9clar\u00e9 et revendiqu\u00e9 des f\u00e9d\u00e9rations sportives ne les aide pas non plus, bien que chacun cherche n\u00e9anmoins \u00e0 poser aux c\u00f4t\u00e9s d&#8217;un sportif de haut niveau ou se r\u00e9pand \u00e0 la premi\u00e8re occasion en banalit\u00e9 (\u00ab le dopage, c&#8217;est tr\u00e8s grave \u00bb, \u00ab le sport, c&#8217;est bon pour la sant\u00e9 \u00bb, ou encore \u00ab les racistes hors des stades \u00bb). Les prises de position programmatiques s&#8217;av\u00e8rent rares, quand elles ne se limitent pas \u00e0 flatter une assistance de notables du mouvement sportif ou des clubs de foot professionnels, la calculette bien planqu\u00e9e au fond de la poche, qui n&#8217;attendent que des promesses fiscales ou le maintien des subventions.<\/p>\n<p>On ne peut gu\u00e8re leur en vouloir. Historiquement, l&#8217;Etat joue un r\u00f4le assez faible dans l&#8217;organisation et le d\u00e9veloppement du sport, se pr\u00e9occupant essentiellement de la haute performance (assurer la place de la France sur les podiums) ou de la fa\u00e7on de distribuer ses subsides, aujourd&#8217;hui en grande partie via le  Centre national de d\u00e9veloppement du sport (CNDS), financ\u00e9 par le Loto sportif. De fait, avec l&#8217;orientation actuelle de la d\u00e9centralisation, les collectivit\u00e9s territoriales r\u00e9cup\u00e8rent de plus en plus la gestion de la politique sportive dite de service public, c&#8217;est-\u00e0-dire le sport de masse. Le d\u00e9sengagement de l&#8217;Etat (notamment la baisse de personnel \u00e0 disposition du minist\u00e8re), se manifeste en outre dans le domaine de l&#8217;\u00e9ducation physique et sportive (EPS), principal champ o\u00f9 la puissance publique peut encore peser. Le socle commun avait failli l&#8217;exclure des bases de l&#8217;\u00e9ducation. La mobilisation des enseignants et d&#8217;une partie du milieu sportif a provisoirement \u00e9cart\u00e9 cette menace. Pour combien de temps ?<\/p>\n<p>Les enjeux qui touchent le sport s&#8217;apparentent donc \u00e0 la probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale du service public, avec \u00e9galement le poids de la construction europ\u00e9enne qui, via la question de \u00ab l&#8217;exception sportive \u00bb, va devenir un niveau essentiel de d\u00e9cision (un livre blanc sur le sport de la Commission europ\u00e9enne doit \u00eatre publi\u00e9 en 2007).<\/p>\n<p><strong> Qui ose le sport ? <\/strong><\/p>\n<p>Le panorama actuel des d\u00e9clarations des grands partis ou candidats potentiels, et sous r\u00e9serve de l&#8217;\u00e9volution de la campagne, a de quoi inqui\u00e9ter. Les Verts y sont indiff\u00e9rents. La LCR a d&#8217;autres chats \u00e0 fouetter. La gauche antilib\u00e9rale l&#8217;ignore. Le PS l&#8217;aborde par touches, certains de ses \u00e9lus occupant parfaitement le terrain m\u00e9diatique (Pascal Cherki \u00e0 la mairie de Paris, par exemple). Le FN pousse des cris d&#8217;orfraie pour ne pas d&#8217;\u00eatre assimil\u00e9 aux supporters du kop of Boulogne (KOB) \u00e0 Paris, m\u00eame si ceux-ci chantent r\u00e9guli\u00e8rement \u00ab Le Pen pr\u00e9sident \u00bb.<\/p>\n<p>Le PCF poss\u00e8de une commission sportive qui dresse r\u00e9guli\u00e8rement le bilan de l&#8217;action men\u00e9e par l&#8217;actuel ministre (avec l&#8217;exp\u00e9rience de Marie-George Buffet comme point de r\u00e9f\u00e9rence). Angle d&#8217;attaque : la critique de la politique n\u00e9olib\u00e9rale dans le sport via le minist\u00e8re Lamour (les cadeaux fiscaux faits aux sportifs professionnels, les clubs en Bourse, etc.).<\/p>\n<p>Nicolas Sarkozy, pr\u00e9sent sur tous les fronts, a senti le filon et s&#8217;est exprim\u00e9 lors d&#8217;une conf\u00e9rence de l&#8217;UMP intitul\u00e9e \u00ab Oser le sport \u00bb (toujours le sens de la formule !) en mai dernier. Un discours qui vaut projet, comme il l&#8217;indique lui-m\u00eame. Et surtout un somptueux r\u00e9v\u00e9lateur de la fa\u00e7on dont notre ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur g\u00e8re sa pr\u00e9-campagne : en r\u00e9sum\u00e9 tout va mal, mais personne ne fait rien de mal au gouvernement ! Petit floril\u00e8ge :<\/p>\n<p>= \u00ab L&#8217;Etat ne donne pas au sport la place qu&#8217;il m\u00e9rite \u00bb, mais Lamour fait du bon boulot.<\/p>\n<p>= L&#8217;Etat investit beaucoup dans l&#8217;EPS mais \u00ab nous n&#8217;en avons pas pour notre argent \u00bb, m\u00eame si les profs font un boulot remarquable ! (Reste \u00e0 savoir comment respecter le nombre d&#8217;heures pr\u00e9vues si l&#8217;on diminue le nombre de recrutements au concours.)<\/p>\n<p>= Il faut maintenir le principe du mod\u00e8le fran\u00e7ais du sport, autrement dit \u00ab la cogestion \u00bb entre l&#8217;Etat et les f\u00e9d\u00e9rations, mais il faut que les investisseurs priv\u00e9s en deviennent des acteurs.<\/p>\n<p>= Le meilleur pour la fin, une citation sur le b\u00e9n\u00e9volat, une des grandes inqui\u00e9tudes du mouvement sportif associatif et qui d\u00e9montre l&#8217;incroyable go\u00fbt du paradoxe de l&#8217;homme de \u00ab la rupture tranquille \u00bb : \u00ab Un des axes forts de notre projet pour 2007 sera la valorisation du b\u00e9n\u00e9volat parce qu&#8217;il faut sortir de cette culture socialiste o\u00f9 ceux qui travaillent et se d\u00e9pensent pour la collectivit\u00e9 sont moins bien trait\u00e9s que ceux qui ne travaillent pas ou ne font rien pour les autres. Les socialistes d\u00e9testent le travail, mais ils d\u00e9testent encore plus l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;on puisse travailler sans \u00eatre pay\u00e9 puisque leur id\u00e9al de soci\u00e9t\u00e9, c&#8217;est d&#8217;\u00eatre pay\u00e9 pour ne rien faire. \u00bb   Nicolas Kssis<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Presidentielle enjeux de campagne) Exception culturelle, exception sportive : au-del\u00e0 des grands principes, la culture et le sport sont les Cendrillon de la campagne pr\u00e9sidentielle. Quelles sont les lignes de clivage ? 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