{"id":2659,"date":"2006-12-01T00:00:00","date_gmt":"2006-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/kyoto-un-protocole-sans-effets2659\/"},"modified":"2006-12-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-11-30T23:00:00","slug":"kyoto-un-protocole-sans-effets2659","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2659","title":{"rendered":"Kyoto : un protocole sans effets"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le protocole de Kyoto engageait il y a dix ans les pays industrialis\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES). Qu&#8217;en est-il aujourd&#8217;hui ? Retour sur une \u00ab v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range \u00bb, car elle touche aux choix de soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p> En 1895, Svante Arrhenius, un chimiste su\u00e9dois, \u00e9mettait pour la premi\u00e8re fois l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un lien entre l&#8217;augmentation du taux de CO2 et le renforcement de l&#8217;effet de serre. L&#8217;id\u00e9e du risque de bouleversement du climat r\u00e9sultant de la concentration des gaz \u00e0 effet de serre (GES) ne date pas d&#8217;hier, mais la lutte contre ce processus implique des mesures si radicales que la communaut\u00e9 scientifique a mis cent ans \u00e0 imposer son diagnostic. Jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;adoption du \u00ab protocole de Kyoto \u00bb, en 1997, engageant les pays industrialis\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions de GES, un long travail de persuasion a fini par convaincre le monde de la r\u00e9alit\u00e9 et de l&#8217;urgence du probl\u00e8me. Pourtant, presque dix ans apr\u00e8s Kyoto, force est de constater que les actions engag\u00e9es restent d&#8217;une timidit\u00e9 qui frise la passivit\u00e9.<\/p>\n<p><strong> Initiatives <\/strong><\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas faute de \u00ab coups \u00bb m\u00e9diatiques pour alerter les opinions publiques : lobbying des mouvements \u00e9cologistes et altermondialistes depuis des ann\u00e9es, \u00e9loquent avertissement de Jacques Chirac au sommet de Johannesburg en 2002 (\u00ab Notre maison br\u00fble et nous regardons ailleurs \u00bb), et, plus r\u00e9cemment, mouvements de protestations aux Etats-Unis contre l&#8217;administration Bush qui refuse toujours de ratifier le protocole (r\u00e9volte des chercheurs am\u00e9ricains contre les pressions et censures, retentissant film d&#8217;Al Gore, signature en septembre dernier d&#8217;une loi de r\u00e9duction des GES dans l&#8217;Etat de Californie, lancement de poursuites au civil contre six constructeurs automobiles par le ministre de la Justice californien), et enfin, le mois dernier, approbation internationale du rapport de Nicholas Stern, ancien \u00e9conomiste en chef de la Banque mondiale, chiffrant \u00e0 5 500 milliards d&#8217;euros le montant des d\u00e9g\u00e2ts si rien n&#8217;est entrepris pour lutter contre le r\u00e9chauffement climatique. Les initiatives ne manquent pas pour secouer les n\u00e9gociations internationales sur le climat, mais le d\u00e9bat n&#8217;avance qu&#8217;\u00e0 petits pas. Les crispations politiques dont la conf\u00e9rence de Nairobi a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre en novembre, la r\u00e9cente d\u00e9cision du Canada de se retirer du protocole de Kyoto d&#8217;ici 2012, la r\u00e9ticence des Etats-Unis et des pays \u00e9mergents \u00e0 accepter des mesures contraignantes ont de quoi d\u00e9sesp\u00e9rer. Ou encore, plus pr\u00e8s de nous, la supercherie de l&#8217;inauguration d&#8217;une pompe \u00e0 biocarburant par les ministres fran\u00e7ais de l&#8217;Economie et de l&#8217;Agriculture le 9 octobre dernier : vid\u00e9e de son contenu sit\u00f4t les journalistes partis puisqu&#8217;il est interdit d&#8217;en vendre en France. Sans oublier la faible notori\u00e9t\u00e9 de la question environnementale dans les programmes de la pr\u00e9sidentielle de 2007, \u00e0 tel point que, selon un sondage Ifop, Nicolas Hulot serait pour 66 % des Fran\u00e7ais le candidat qui repr\u00e9senterait le mieux la d\u00e9fense de l&#8217;environnement&#8230;<\/p>\n<p><strong> Un probl\u00e8me global <\/strong><\/p>\n<p>La lutte contre le r\u00e9chauffement climatique d\u00e9range parce qu&#8217;elle nous contraint \u00e0 revoir l&#8217;ensemble de nos choix de soci\u00e9t\u00e9. Comme le pr\u00e9cise Gilles Lemaire, des Verts : \u00ab Le probl\u00e8me environnemental est un probl\u00e8me \u00e9cologique global, pas une question de techniques, mais une question \u00e9minemment politique. \u00bb George Bush l&#8217;a bien compris lorsqu&#8217;il ass\u00e8ne que \u00ab le mode de vie des Am\u00e9ricains n&#8217;est pas n\u00e9gociable \u00bb. Son administration propose en 2002 un \u00ab programme alternatif \u00bb qui, loin des contraintes impos\u00e9es aux pays industrialis\u00e9s par Kyoto, se contente de mesures d&#8217;incitations. Ce projet, comme la r\u00e9cente annonce par le Premier ministre de la cr\u00e9ation de nouvelles taxes sur les \u00e9nergies fossiles, se cantonne \u00e0 une vision \u00e9conomique \u00e0 courte vue : c&#8217;est oublier qu&#8217;en la mati\u00e8re le fameux calcul co\u00fbt\/avantage des agents est consid\u00e9rablement biais\u00e9, comme le montre le rapport de Nicholas Stern. L&#8217;ampleur et l&#8217;urgence du probl\u00e8me n\u00e9cessitent des mesures coercitives bouleversantes pour notre organisation \u00e9conomique et sociale : le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables plut\u00f4t que fossiles, par exemple, entra\u00eenera indubitablement le d\u00e9clin d&#8217;une part importante du tissu industriel, avec ses lots de licenciements et de reconversion, de recomposition \u00e9conomique des territoires etc. Les mesures n\u00e9cessaires \u00e0 une lutte efficace contre le r\u00e9chauffement climatique doivent donc \u00eatre volontaristes et planifi\u00e9es plut\u00f4t qu&#8217;incitatives et na\u00efvement optimistes.<\/p>\n<p>Elles ne peuvent aussi avoir un effet significatif que si elles sont mondiales : \u00e0 quoi sert de r\u00e9duire les \u00e9missions de GES dans la plupart des pays industrialis\u00e9s si dans le m\u00eame temps les Etats-Unis, l&#8217;Australie et les grands pays \u00e9mergents continuent d&#8217;aggraver la situation ? Le protocole de Kyoto ne contraint pas encore les pays en d\u00e9veloppement. Depuis un an, les n\u00e9gociations tentent en partie de convaincre la Chine, l&#8217;Inde et le Br\u00e9sil que les pays industrialis\u00e9s ne parviendront pas \u00e0 r\u00e9tablir la situation seuls. Mais le G77, une coalition de pays en d\u00e9veloppement dont la Chine, refuse de mettre en p\u00e9ril son d\u00e9veloppement \u00e9conomique en acceptant des mesures contraignantes, et rejette la responsabilit\u00e9 sur les pays riches. Un r\u00e9cent rapport chinois accuse ainsi les pays d\u00e9velopp\u00e9s d&#8217;\u00eatre largement responsables de la pollution en Chine, par leurs d\u00e9localisations. Cet argument est aussi celui mobilis\u00e9 par les d\u00e9tracteurs am\u00e9ricains de Kyoto : d&#8217;apr\u00e8s eux, toute coercition inciterait les entreprises am\u00e9ricaines \u00e0 d\u00e9localiser dans les pays \u00e9mergents. L&#8217;efficacit\u00e9 de la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique est donc subordonn\u00e9e \u00e0 une r\u00e9forme des relations internationales, et la partie est encore loin d&#8217;\u00eatre gagn\u00e9e.<\/p>\n<p><strong> Contr\u00f4le citoyen <\/strong><\/p>\n<p>Enfin, le probl\u00e8me climatique (comme celui des OGM, du nucl\u00e9aire, etc.) remet radicalement en cause l&#8217;id\u00e9e selon laquelle sciences, techniques et experts \u0153uvrent au bonheur de l&#8217;humanit\u00e9, et pose la question des moyens d&#8217;assurer un contr\u00f4le de la recherche scientifique et de l&#8217;innovation technologique au profit de l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Certaines associations tentent de se saisir du probl\u00e8me en organisant des \u00ab conf\u00e9rences citoyennes \u00bb, r\u00e9unissant un panel repr\u00e9sentatif de citoyens \u00ab lambda \u00bb, pour les former (y compris en leur donnant la possibilit\u00e9 de convoquer qui ils souhaitent entendre), afin qu&#8217;ils d\u00e9battent et r\u00e9digent \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9 un rapport pr\u00e9sentant un \u00e9tat des lieux du probl\u00e8me et des pr\u00e9conisations. Le climat fut l&#8217;objet de la deuxi\u00e8me conf\u00e9rence citoyenne organis\u00e9e en France, sous la pr\u00e9sidence de Jacques Testard, en 2002. Son rapport n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 m\u00e9diatis\u00e9, les m\u00e9dias \u00e9tant quasiment \u00ab tous absents de la conf\u00e9rence de presse qui cl\u00f4turait l&#8217;\u00e9laboration citoyenne \u00bb comme le d\u00e9plore Jacques Testard. Il accuse aussi \u00ab les industriels, les chercheurs ou les experts, largement int\u00e9ress\u00e9s au d\u00e9veloppement technoscientifique et usant donc de leur influence pour r\u00e9duire l&#8217;impact de propositions qui constitueraient des \u00abfreins au progr\u00e8s\u00bb (&#8230;), le milieu associatif qui n&#8217;a pas toujours admis son exclusion de la proc\u00e9dure en estimant qu&#8217;il incarne l&#8217;expression citoyenne la plus \u00e9clair\u00e9e [&#8230;], et enfin nombre d&#8217;\u00e9lus de la nation [qui] exposent souvent un raisonnement fallacieux sur le risque d\u00e9magogique qu&#8217;il y aurait \u00e0 remplacer la responsabilit\u00e9 parlementaire par l&#8217;opinion de personnes d\u00e9pourvues de mandat \u00e9lectif \u00bb. Pourtant, la lecture de ce rapport (1) montre une compr\u00e9hension profonde de la question, des rapports de force qu&#8217;elle induit et qui r\u00e9sistent \u00e0 son int\u00e9gration dans le d\u00e9bat politique. Les pr\u00e9conisations y sont moins frileuses que les mesures mises en \u0153uvre jusqu&#8217;ici. Cette initiative fait la preuve que la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique ne peut que gagner \u00e0 se politiser et \u00e0 se d\u00e9mocratiser.  Am\u00e9lie Jeammet<\/p>\n<p>1. Que nous recommandons vivement. Il est parfaitement accessible et disponible sur internet : www.citesciences.fr\/francais\/ala_cite\/conferen\/climat\/word\/rapportcitoyen. Doc<\/p>\n<p><strong> Une destruction annonc\u00e9e <\/strong><\/p>\n<p><strong> Partenariat Asie-Pacifique contre protocole de Kyoto, impasse des n\u00e9gociations : Etats et industriels semblent ignorer les dangers du changement climatique en cours. Renverser cette logique est vital. Analyse. <\/strong>  par cl\u00e9mentine autain<\/p>\n<p> La lutte contre le r\u00e9chauffement climatique et la r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES) donne lieu, depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es, \u00e0 d&#8217;intenses n\u00e9gociations entre les Etats et les industriels. Cela  r\u00e9v\u00e8le, outre une ignorance alarmante des effets dangereux du changement climatique en cours, l&#8217;\u00e9go\u00efsme des pays d\u00e9velopp\u00e9s et une incapacit\u00e9 collective \u00e0 imaginer les termes d&#8217;un d\u00e9veloppement \u00e9conomique propre et viable.<\/p>\n<p>Enferm\u00e9s dans une id\u00e9ologie ultralib\u00e9rale qui d\u00e9montre \u00e0 l&#8217;occasion son ignorance des calculs de long terme, les Etats-Unis ont mis en place, depuis juillet 2005, un \u00ab partenariat Asie-Pacifique pour un d\u00e9veloppement propre et le climat \u00bb, une sorte de plan contre le r\u00e9chauffement climatique adopt\u00e9 par l&#8217;Australie, le Japon, la Chine, l&#8217;Inde et la Cor\u00e9e du Sud. Ce partenariat r\u00e9gional se d\u00e9finit en substance comme cheval de bataille lanc\u00e9 contre le protocole de Kyoto (entr\u00e9 en vigueur en f\u00e9vrier 2005), et ne comporte en particulier aucun objectif chiffr\u00e9 ou dat\u00e9 contre les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. Le Canada est aujourd&#8217;hui fortement tent\u00e9 de rejoindre son voisin et de donner ainsi satisfaction aux exploitants des sables bitumineux de l&#8217;Alberta, en bonne partie responsables de la forte augmentation des \u00e9missions canadiennes de GES ces derni\u00e8res ann\u00e9es. La logique des Etats-Unis est simple, voire simpliste : plut\u00f4t que la contrainte (des objectifs chiffr\u00e9s), le volontariat (l&#8217;aide \u00e0 la recherche sur les \u00e9nergies propres, le charbon \u00ab \u00e9pur\u00e9 \u00bb et la relance du nucl\u00e9aire) : ce qui ne doit pas g\u00eaner beaucoup les industries polluantes : et une pression g\u00e9opolitique forte en direction des pays en voie de d\u00e9veloppement pour qu&#8217;ils accueillent les d\u00e9localisations des productions les plus sales.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, les efforts r\u00e9alis\u00e9s par les pays de l&#8217;Union europ\u00e9enne : malgr\u00e9 tout insuffisants et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes : auront de faibles cons\u00e9quences, puisque l&#8217;Europe ne repr\u00e9sente que 16 % des \u00e9missions de GES. Par comparaison, les Etats-Unis sont responsables d&#8217;un quart de ces \u00e9missions, et les membres du \u00ab partenariat Asie-Pacifique \u00bb de pr\u00e8s de 50 %&#8230; Si le commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&#8217;Environnement, le grec Stavros Dimas, a r\u00e9cemment admis que les ex-Quinze pourraient tenir de justesse les engagements chiffr\u00e9s pris \u00e0 Kyoto, il reste que le patronat europ\u00e9en, r\u00e9uni dans l&#8217;association Unice, m\u00e8ne un lobbying intense pour d\u00e9courager l&#8217;Union europ\u00e9enne d&#8217;avancer sans les Etats-Unis dans la lutte contre le r\u00e9chauffement climatique. Au motif implicite que la croissance ne saurait se passer d&#8217;\u00e9mission de GES.<\/p>\n<p><strong> Pollution payante ? <\/strong><\/p>\n<p>Ce m\u00eame calcul est tenu \u00e9galement par les pays \u00e9mergents ou en voie de d\u00e9veloppement. Il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu pour ces derniers d&#8217;objectifs pr\u00e9cis dans le protocole de Kyoto. D&#8217;abord parce que leurs propres \u00e9missions, si elles augmentent fortement, ne peuvent se comparer \u00e0 celles de leurs voisins fortun\u00e9s. Ensuite parce qu&#8217;ils servent en partie de d\u00e9potoir pour les industrie polluantes, permettant aux pays riches de jouer aux bons \u00e9l\u00e8ves \u00e0 peu de frais. Enfin parce qu&#8217;il n&#8217;existe pas \u00e0 l&#8217;heure actuelle, pour les industriels ou les Etats, de mod\u00e8le cr\u00e9dible de d\u00e9veloppement sain : le d\u00e9veloppement soutenable reste pour beaucoup une utopie, une alternative peu cr\u00e9dible, rien qui puisse justifier un r\u00e9el changement de paradigme.<\/p>\n<p>Alors que faire ? La parution, en octobre dernier, du rapport Stern (ancien \u00e9conomiste en chef de la Banque mondiale, mandat\u00e9 par le ministre de l&#8217;Economie britannique Gordon Brown) consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00ab aspect \u00e9conomique du changement climatique \u00bb, pourrait servir d&#8217;argument massue en faveur des tenants de Kyoto, en tapant au point sensible : le portefeuille. Ce document chiffre pour la premi\u00e8re fois le co\u00fbt potentiel des changements climatiques \u00e0 l&#8217;or\u00e9e des deux prochains si\u00e8cles. Bilan : entre 5 et 20 % du produit int\u00e9rieur brut mondial. Et Nicholas Stern d&#8217;avertir : l&#8217;impact sur l&#8217;\u00e9conomie mondiale serait \u00ab comparable aux effets d\u00e9vastateurs des deux guerres mondiales et de la d\u00e9pression des ann\u00e9es 1930 \u00bb. Une comparaison qui pourrait faire mouche aux Etats-Unis. Si experts et politiques consid\u00e8rent qu&#8217;aucune \u00e9volution notable de la politique \u00e9tats-unienne n&#8217;est r\u00e9ellement envisageable avant la fin du mandat de George W. Bush, le succ\u00e8s rencontr\u00e9 par le film d&#8217;Al Gore (Une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range), les conf\u00e9rences de l&#8217;ancien vice-pr\u00e9sident d\u00e9mocrate dans le monde peuvent redonner espoir aux signataires du protocole de Kyoto. Mais il reste tr\u00e8s urgent de prendre conscience de l&#8217;impossibilit\u00e9 physique pour la plan\u00e8te de suivre un tel mod\u00e8le de croissance : l&#8217;ONU reste l&#8217;espace collectif essentiel pour que les Etats travaillent ensemble \u00e0 une politique alternative de r\u00e9duction des GES.<\/p>\n<p>A la mi-novembre se tenaient simultan\u00e9ment \u00e0 Nairobi, au Kenya, les deux conf\u00e9rences internationales annuelles consacr\u00e9es au d\u00e9bat sur le r\u00e9chauffement : la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCC) et la conf\u00e9rence sur le processus de r\u00e9vision du protocole de Kyoto (qui devrait fixer les objectifs de r\u00e9duction des GES pour la p\u00e9riode post-2012). L&#8217;occasion de compter les points entre supporteurs de Kyoto et soutiens de la politique am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Reste un \u00e9l\u00e9ment crucial : comment les pays en voie de d\u00e9veloppement pourront-ils s&#8217;adapter aux changements climatiques ? Un rapport de l&#8217;UNFCC rendu public \u00e0 Nairobi indique que le r\u00e9chauffement pourrait provoquer la submersion de 30 % des infrastructures c\u00f4ti\u00e8res d&#8217;Afrique et la baisse de 5 %, d&#8217;ici \u00e0 2080, du rendement de ses cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. La lutte contre le r\u00e9chauffement climatique pourrait devenir un v\u00e9ritable enjeu d&#8217;aide au d\u00e9veloppement \u00e9conomique&#8230;  C.A.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le protocole de Kyoto engageait il y a dix ans les pays industrialis\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES). Qu&#8217;en est-il aujourd&#8217;hui ? 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