{"id":2649,"date":"2006-12-01T08:50:00","date_gmt":"2006-12-01T07:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/mecenat-l-art-emballe-les-marques2649\/"},"modified":"2023-06-23T23:05:58","modified_gmt":"2023-06-23T21:05:58","slug":"mecenat-l-art-emballe-les-marques2649","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2649","title":{"rendered":"M\u00e9c\u00e9nat : l&#8217;art emballe les marques"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Les entreprises m\u00e9c\u00e8nes sont de plus en plus gourmandes. Elles ne se contentent plus d&#8217;un logo au bas d&#8217;une affiche. Aujourd&#8217;hui, elles cherchent \u00e0 organiser des manifestations artistiques dans des mus\u00e9es. \u00c0 l&#8217;arriv\u00e9e, des \u00e9v\u00e9nements hybrides o\u00f9 l&#8217;on ne sait plus vraiment qui d\u00e9cide. <\/p>\n<p>Imaginez une campagne de pub qui ne dirait pas son nom. Elle se ferait passer pour une performance artistique avec la b\u00e9n\u00e9diction d&#8217;un mus\u00e9e de renom. Une brochette d&#8217;artistes gigolos seraient pay\u00e9s par de grandes marques pour leur rendre hommage. Quant aux b\u00e9n\u00e9fices de l&#8217;op\u00e9ration, ils viendraient nourrir l&#8217;ogre : jamais rassasi\u00e9e, l&#8217;institution culturelle ne saurait plus quoi inventer pour s\u00e9duire les entreprises. Il en irait de sa survie. Elle se raccrocherait \u00e0 Andy Warhol comme \u00e0 une bou\u00e9e de sauvetage. Il serait sa caution morale. Mais elle irait plus loin, bien plus loin que lui, jusqu&#8217;\u00e0 inverser le rapport entre l&#8217;art et la publicit\u00e9. L&#8217;\u0153uvre ne serait plus d\u00e9sormais que le packaging de produits de consommation. Ce sc\u00e9nario catastrophe ne rel\u00e8ve pas de la science-fiction. C&#8217;est la derni\u00e8re trouvaille du Palais de Tokyo.<\/p>\n<p>Cette \u00ab campagne \u00bb est parue dans le magazine Strat\u00e9gies qui titrait l\u00e0-dessus fin octobre. On pouvait lire en couverture : \u00ab Briefs d&#8217;artistes &#8211; Strat\u00e9gies et le Palais de Tokyo pr\u00e9sentent 11 marques vues par 11 artistes \u00bb. A l&#8217;int\u00e9rieur : \u00f4 surprise ! : un texte accompagnait les photographies. Mis dans la bouche de poids lourds de l&#8217;art contemporain, ces textes vantaient les m\u00e9rites d&#8217;une marque de cosm\u00e9tiques, d&#8217;une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision ou d&#8217;une boutique de luxe. \u00ab Il ne s&#8217;agit plus pour les marques de se satisfaire de spots ou d&#8217;affiches publicitaires pour \u00eatre visibles, faire parler d&#8217;elles. Pour rester comp\u00e9titives, elles doivent innover en permanence, trouver de nouvelles fa\u00e7ons de communiquer : organiser des manifestations artistiques semble \u00eatre leur derni\u00e8re trouvaille en date \u00bb, constate Andr\u00e9 Rouill\u00e9 sur son site \u00ab Paris Art \u00bb. Avec le Palais de Tokyo, elles ont trouv\u00e9 \u00e0 qui parler. \u00ab Chez nous, les m\u00e9c\u00e8nes ne se contentent pas de mettre leur logo au bas d&#8217;une affiche. On a des projets avec de grands bijoutiers, des constructeurs automobiles, etc. On veut cr\u00e9er des ponts \u00bb, exulte Sofianne Le Bourhis-Smilevitch, la directrice du m\u00e9c\u00e9nat. Cette ann\u00e9e, elle a aussi lou\u00e9 l&#8217;espace privatis\u00e9 du Palais \u00e0 Nivea. L&#8217;exposition \u00ab Ultra peau \u00bb embaumait \u00e9trangement la cr\u00e8me&#8230; Preuve, s&#8217;il en est, que le m\u00e9c\u00e9nat d&#8217;entreprise et la culture ne font pas toujours bon m\u00e9nage. Qui sert qui ? La question ne se pose plus pour la Foire internationale d&#8217;art contemporain (Fiac ), au vu du ticket d&#8217;entr\u00e9e : en gros plan, le logo de Citro\u00ebn pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de \u00ab G\u00e9n\u00e9ration C4 Picasso \u00bb et en second, presque invisible, ton sur ton, \u00ab 6 artistes rendent hommage \u00e0 Picasso \u00bb. La voiture cherche par tous les moyens \u00e0 se montrer. L&#8217;an dernier, le centre Georges-Pompidou n&#8217;a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 exposer une automobile, et une seule, dans le cadre des journ\u00e9es D-Days sur le design contemporain. Mais parfois, le stratag\u00e8me est vraiment trop grossier : \u00ab En contrepartie de financements cons\u00e9quents, des marques nous demandent par exemple d&#8217;exposer une automobile \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&#8217;un tableau du douanier Rousseau. C&#8217;est une fa\u00e7on pour elles d&#8217;en donner une image \u00e9cologique \u00bb, soupire Nicole Richy, responsable de la communication charg\u00e9e du m\u00e9c\u00e9nat au mus\u00e9e d&#8217;Orsay.<\/p>\n<p><strong> EVENEMENTS HYBRIDES <\/strong><\/p>\n<p>Dans le monde mus\u00e9al, on a de plus en plus affaire \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements hybrides. Le parc de la Villette en a fourni deux exemples m\u00e9morables : les expos sur le cheveu et sur la biom\u00e9trie \u00e9taient respectivement financ\u00e9es par l&#8217;Or\u00e9al et Safran : Sagem Morpho, membre du groupe Gixel, fabricant et int\u00e9grateur de syst\u00e8mes biom\u00e9triques multiformes. Parce qu&#8217;elles le valent bien ? La premi\u00e8re exposition montrait des films tourn\u00e9s dans un laboratoire de l&#8217;Or\u00e9al, la seconde ne soufflait mot des syst\u00e8mes de surveillance mis en place gr\u00e2ce \u00e0 cette technologie. \u00ab Dans le domaine scientifique, les entreprises d\u00e9tiennent le savoir et le mat\u00e9riel. De fait, il y a plus de tentations dans ce secteur \u00bb, assure Jean-Michel Tobelem, l&#8217;auteur du Nouvel \u00e2ge des mus\u00e9es (1). <\/p>\n<p>Cela dit, le patrimoine n&#8217;est pas exempt des m\u00eames d\u00e9rives. Au mus\u00e9e d&#8217;Orsay, on n&#8217;expose pas encore de voitures, mais on offre g\u00e9n\u00e9reusement de belles vitrines \u00e0 la famille Schneider, \u00e0 la maison Saint-Gobain ou \u00e0 la dynastie Wendel dont Ernest-Antoine Seilli\u00e8re, l&#8217;ancien pr\u00e9sident du Medef, est un digne h\u00e9ritier. \u00ab Nous ne sommes pas achet\u00e9s, nous collaborons \u00bb, se d\u00e9fend Nicole Richy. Elle s&#8217;explique : \u00ab Les conservateurs ont pris en charge le commissariat g\u00e9n\u00e9ral avec les archivistes de ces entreprises qui ont financ\u00e9 les expositions. Montrer cette r\u00e9volution industrielle de la seconde moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle fait partie de nos missions. \u00bb Elle insiste : \u00ab Nous sommes aussi dans le registre de l&#8217;Histoire et nous proposons des sujets  qui correspondent \u00e0 la pluridisciplinarit\u00e9 fondatrice du Mus\u00e9e. Et une entreprise industrielle ne se traite pas, en communication, comme une marque de lessive ! Avec l&#8217;art moderne et contemporain, le m\u00e9c\u00e9nat est parfois plus ambigu. La fronti\u00e8re n&#8217;est pas toujours tr\u00e8s claire. \u00bb A la Direction des mus\u00e9es de France, Claude Gilbert se veut indulgente : \u00ab Wendel n&#8217;\u00e9tait pas une expo critique mais dans le non-dit elle refl\u00e9tait beaucoup de choses, on voyait la caste, l&#8217;organisation du travail, les cercles \u00e9tanches&#8230; Sauf qu&#8217;il fallait avoir l&#8217;\u0153il averti. \u00bb Or justement, ce non-dit pose probl\u00e8me. Comment pr\u00e9tendre \u00ab restituer la v\u00e9rit\u00e9 historique d&#8217;une \u00e9pop\u00e9e industrielle men\u00e9e collectivement \u00bb, tout en laissant croire que les acquis sociaux sont n\u00e9s non pas des luttes syndicales et ouvri\u00e8res mais d&#8217;une relation paternaliste ?<\/p>\n<p><strong> IDEES LUCRATIVES <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;authenticit\u00e9 est d&#8217;ailleurs devenue un mot quelque peu galvaud\u00e9 depuis que le ch\u00e2teau de Versailles en use et en abuse. En fl\u00e2nant dans le bucolique Hameau de Marie-Antoinette, le visiteur lambda aurait tout lieu de croire que la vigne qui flatte ses pupilles existait du temps de la reine. Il n&#8217;en est rien. \u00ab C&#8217;est pour poursuivre l&#8217;\u0153uvre du jardinier de la reine, Antoine Richard, que nous avons plant\u00e9 une vigne, a pr\u00e9cis\u00e9 Alain Baraton, le jardinier un peu trop perfectionniste du Petit Trianon. Il avait commenc\u00e9 \u00e0 am\u00e9nager un champ de c\u00e9r\u00e9ales, un potager, un verger mais la R\u00e9volution ne lui a pas laiss\u00e9 le temps de planter une vigne. \u00bb Ce qu&#8217;il ne raconte pas, c&#8217;est sa rencontre avec deux propri\u00e9taires de grands crus bordelais. De l\u00e0 est n\u00e9e l&#8217;id\u00e9e lucrative de planter mille huit cents pieds de vigne, en vue de cr\u00e9er une cuv\u00e9e Marie-Antoinette. Et comme on n&#8217;est jamais mieux servi que par soi-m\u00eame, l&#8217;administrateur du ch\u00e2teau, Christophe Tardieu, a t\u00f4t fait de faire la promotion de cette marque de prestige : \u00ab Si Marie-Antoinette revenait aujourd&#8217;hui, elle ne serait pas perdue. Elle commanderait un petit verre de ros\u00e9 et le d\u00e9gusterait avec un gla\u00e7on tout en regardant ses moutons brouter les verts p\u00e2turages \u00bb, a-t-il d\u00e9bit\u00e9. Ce discours digne d&#8217;un spot publicitaire fait \u00e9cho aux propos tenus par l&#8217;un des deux vignerons partenaires : \u00ab Notre choix s&#8217;est port\u00e9 sur un ros\u00e9 qui est un vin rouge qui n&#8217;a pas abouti. Un peu comme la vie de Marie-Antoinette. \u00bb Cette histoire pourrait para\u00eetre anodine si elle n&#8217;\u00e9tait embl\u00e9matique des d\u00e9rives actuelles. \u00ab Nous avons trois principes : restauration, restitution, \u00e9vocation. Avec la vigne, nous avons voulu \u00e9voquer les fermes agricoles d&#8217;Ile-de-France \u00bb, avance, manifestement embarrass\u00e9e, Serena Gavazzi, responsable du m\u00e9c\u00e9nat. \u00ab Il n&#8217;y a jamais eu de vigne \u00e0 cet endroit. Pourquoi pas des baobabs ? C&#8217;est le type m\u00eame du m\u00e9c\u00e9nat d\u00e9voy\u00e9 qui n&#8217;a aucun objectif sinon faire de la pub ! \u00bb, temp\u00eate l&#8217;historien d&#8217;art Didier Rykner, fondateur du site Internet \u00ab La tribune de l&#8217;art \u00bb, pourtant favorable \u00e0 \u00ab un m\u00e9c\u00e9nat utile, qui n&#8217;impose pas ses desiderata \u00bb.<\/p>\n<p>Le temps des philanthropes est r\u00e9volu. La gratuit\u00e9 du geste n&#8217;est plus de mise. Les entreprises en veulent pour leur argent. Mais l&#8217;inscription du logo au bas des communiqu\u00e9s ne leur suffit plus. Elles d\u00e9sirent de plus en plus souvent \u00eatre pleinement associ\u00e9es au projet artistique. C&#8217;est \u00e0 leurs yeux le meilleur retour sur investissement. \u00ab Aujourd&#8217;hui, les entreprises du luxe, notamment, veulent \u00eatre des partenaires actifs. L&#8217;\u0153uvre d&#8217;art devient alors l&#8217;emballage d&#8217;un objet qu&#8217;il faut acheter \u00bb, r\u00e9sume Catherine Binon, secr\u00e9taire du Syndicat national des artistes plasticiens. Les \u00e9v\u00e9nements qu&#8217;elles financent, quand elles ne mettent pas la main \u00e0 la p\u00e2te, elles les choisissent sur des coups de c\u0153ur marketing. Elles ont naturellement tendance \u00e0 lorgner les expositions prestigieuses, les restaurations spectaculaires, les lieux hautement symboliques. Entre le Louvre, le Quai Branly, le ch\u00e2teau de Versailles, le centre Pompidou, le Palais de Tokyo et Orsay, une concurrence fait rage, laquelle laisse hors course les petits mus\u00e9es de province. Pour remporter la mise, on assiste \u00e0 une surench\u00e8re des contreparties. Les institutions pr\u00eatent leurs espaces pour des soir\u00e9es priv\u00e9es, offrent l&#8217;acc\u00e8s gratuit aux salari\u00e9s, gravent le nom du m\u00e9c\u00e8ne dans le bois \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e d&#8217;une galerie restaur\u00e9e, quand elles ne remercient pas l&#8217;entreprise en lui concoctant une petite expo. Carrefour a ainsi eu droit \u00e0 quelques jours d&#8217;exposition au Grand-Palais pour avoir offert sa collection de dessins \u00e0 plusieurs mus\u00e9es : tous situ\u00e9s dans des villes o\u00f9 l&#8217;hypermarch\u00e9 \u00e9tait implant\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Depuis la loi de 2003, les r\u00e9ductions d&#8217;imp\u00f4t atteignent 90 % lorsqu&#8217;une entreprise contribue \u00e0 acheter une \u0153uvre \u00ab d&#8217;int\u00e9r\u00eat majeur \u00bb (voir encadr\u00e9 p.50). Une mesure incitative qui n&#8217;est pas sans cons\u00e9quences. \u00ab Un tableau de Toulouse-Lautrec que nous souhaitons accueillir dans notre collection est class\u00e9 \u00abtr\u00e9sor national\u00bb depuis pr\u00e8s d&#8217;un an et demi. Nous n&#8217;avons \u00e0 ce jour enregistr\u00e9 aucune entreprise int\u00e9ress\u00e9e car le prix en est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 et le visuel particulier : ce tableau fait partie d&#8217;une s\u00e9rie que Toulouse-Lautrec a consacr\u00e9e \u00e0 des couples androgynes qui s&#8217;embrassent. Est-ce politiquement correct ?  En tous les cas, il faut que l&#8217;\u0153uvre parle aux actionnaires du m\u00e9c\u00e8ne potentiel \u00bb, confie Nicole Richy. Si, au bout de trois ans, l&#8217;\u0153uvre n&#8217;a pas trouv\u00e9 d&#8217;acheteur, elle retombe dans le domaine public. D\u00e8s lors, n&#8217;importe qui peut l&#8217;acqu\u00e9rir : un mus\u00e9e priv\u00e9 ou un richissime particulier. Et souvent, elle part \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Au Louvre, des nus n&#8217;ont pas pu \u00eatre achet\u00e9s. <\/p>\n<p>\u00ab Je ne suis pas contre le m\u00e9c\u00e9nat, mais il doit venir en compl\u00e9ment \u00bb, avance Didier Rykner. Si le m\u00e9c\u00e9nat reste en g\u00e9n\u00e9ral minoritaire, ce n&#8217;est pas le cas au Palais de Tokyo, qui ne pourrait pas vivre sans ses ressources propres. Tous les ans, il doit trouver 2,3 millions d&#8217;euros. La subvention de l&#8217;Etat ne couvre en tout et pour tout que 70 % de ses frais fixes. Ailleurs, elle assure au moins le clos et le couvert. Sofianne Le Bourhis-Smilevitch le reconna\u00eet volontiers, \u00ab il n&#8217;est pas facile de vendre des artistes inconnus aux entreprises \u00bb. Un \u00ab challenge \u00bb tout de m\u00eame probl\u00e9matique pour une institution branch\u00e9e sur la cr\u00e9ation \u00e9mergente. Elle jubile : \u00ab Le Palais de Tokyo est un pilote du minist\u00e8re de la Culture. \u00bb <strong> M.R. <\/strong><\/p>\n<p>1. Jean-Michel Tobelem,<em> Le nouvel \u00e2ge des mus\u00e9es, les institutions culturelles au d\u00e9fi de la gestion <\/em>, Armand Colin, 2005. <\/p>\n<p><strong> Honneur aux bienfaiteurs <\/strong><\/p>\n<p>La loi du 1er ao\u00fbt 2003 relative au m\u00e9c\u00e9nat, aux associations et aux fondations permet aux entreprises de b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une r\u00e9duction d&#8217;imp\u00f4t de 60 % du montant de leurs dons affect\u00e9s aux \u0153uvres et organismes d&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. La possibilit\u00e9 pour les b\u00e9n\u00e9ficiaires d&#8217;honorer leurs bienfaiteurs est d\u00e9sormais l\u00e9gale. Ces contreparties sont plafonn\u00e9es \u00e0 25 % du versement. Dans le domaine du patrimoine, la r\u00e9duction d&#8217;imp\u00f4t s&#8217;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 90 % des sommes vers\u00e9es lorsqu&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 contribue \u00e0 l&#8217;acquisition par l&#8217;Etat d&#8217;une \u0153uvre d&#8217;int\u00e9r\u00eat majeur. Quand une entreprise ach\u00e8te un tr\u00e9sor national pour son propre compte, elle b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;une r\u00e9duction d&#8217;imp\u00f4t de 40 %. <\/p>\n<p><strong> Ch\u00e2teau de Versailles : La tentation du parc d&#8217;attraction <\/strong><\/p>\n<p>Une femme rentre le troupeau de ch\u00e8vres pour la nuit. Quelques meules de foin dorment pr\u00e8s du puits. Des jardiniers finissent de b\u00eacher la terre. Tout y est. Les poules et les cochons, les salades et la luzerne. Et m\u00eame une jolie vigne invent\u00e9e de toutes pi\u00e8ces pour parfaire l&#8217;\u0153uvre du jardinier de la reine et : accessoirement, bien s\u00fbr&#8230; : cr\u00e9er une cuv\u00e9e juteuse (voir l&#8217;article). La r\u00e9colte des raisins a eu lieu, en grande pompe, en pr\u00e9sence du r\u00e9alisateur et producteur de vin Francis Ford Coppola. Bref, malgr\u00e9 cette entorse \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique, on s&#8217;y croirait presque. Le domaine de la reine, ouvert depuis cet \u00e9t\u00e9, est un lieu si vivant qu&#8217;on ne serait pas \u00e9tonn\u00e9 de voir un sosie de Marie-Antoinette sortir, en robe d&#8217;\u00e9poque, du Petit Trianon. De loin, c&#8217;est coquet tout plein. De pr\u00e8s, c&#8217;est trop neuf pour \u00eatre vrai. De fait, le ch\u00e2teau de Versailles, non content de restaurer des b\u00e2timents qui ont r\u00e9ussi \u00e0 traverser les si\u00e8cles, reconstitue \u00e0 tour de bras. Apr\u00e8s la grille royale disparue pendant la R\u00e9volution et une grange du Hameau de Marie-Antoinette, la maison du fermier est en train de rena\u00eetre de ses cendres. Que le spectacle commence.  <strong> M.R. <\/strong><\/p>\n<p><strong> L&#8217;autonomie des mus\u00e9es <\/strong><\/p>\n<p>Le statut juridique d&#8217;\u00e9tablissement public administratif (EPA) permet aux mus\u00e9es nationaux de g\u00e9rer leur budget, les incitant \u00e0 d\u00e9velopper leurs propres ressources. Le Louvre l&#8217;a obtenu en 1993, le ch\u00e2teau de Versailles en 1995, Orsay et Guimet en 2004, le Quai Branly d\u00e8s son ouverture. <\/p>\n<p><strong> Sur la toile <\/strong><\/p>\n<p>http:\/\/www.latribunedelart.com<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.louvrepourtous.fr\/Louis-Vuitton-aux-Arts-decoratifs,633.html\">http:\/\/www.louvrepourtous.fr<\/a><\/p>\n<p>http:\/\/www.paris-art.com<\/p>\n<p><strong> A (re)lire <\/strong><\/p>\n<ul>\n<li> \u00ab Mus\u00e9es, la gratuit\u00e9 ne fait plus recette \u00bb, Regards n\u00b0 13, janvier 2005<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> \u00ab Des marques et des films \u00bb, Regards n\u00b0 16, avril 2005<\/li>\n<\/ul>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b035, d\u00e9cembre 2006<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-2649 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/sans-titre-3-06b.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/sans-titre-3-06b-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"sans-titre-3.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les entreprises m\u00e9c\u00e8nes sont de plus en plus gourmandes. Elles ne se contentent plus d&#8217;un logo au bas d&#8217;une affiche. Aujourd&#8217;hui, elles cherchent \u00e0 organiser des manifestations artistiques dans des mus\u00e9es. \u00c0 l&#8217;arriv\u00e9e, des \u00e9v\u00e9nements hybrides o\u00f9 l&#8217;on ne sait plus vraiment qui d\u00e9cide. <\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":14303,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2649","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2649","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2649"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2649\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14303"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2649"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2649"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2649"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}