{"id":263,"date":"1996-12-01T00:00:00","date_gmt":"1996-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/29e-congres-du-pcf263\/"},"modified":"1996-12-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-11-30T23:00:00","slug":"29e-congres-du-pcf263","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=263","title":{"rendered":"29e Congr\u00e8s du PCF"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Sur les lieux de travail de ceux qui trouvent la force de se battre &#8221; pour les hommes &#8220;. T\u00e9moignage sur la fragilit\u00e9 du militant dans l&#8217;entreprise quand les emplois diminuent, la journ\u00e9e de travail s&#8217;allonge et la productivit\u00e9 augmente. <\/p>\n<p>Mah\u00e9 Felouki, secr\u00e9taire de la section du PCF de Renault-Douai, livre en vrac quelques r\u00e9flexions qui s&#8217;accrochent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 une exp\u00e9rience parfois difficiles \u00e0 vivre. On dit couramment Renault-Douai, mais c&#8217;est l&#8217;usine aux champs pr\u00e9sent\u00e9e, il y a vingt-deux ans, comme un des piliers de la cath\u00e9drale de l&#8217;emploi que devait repr\u00e9senter le Nord dans les perspectives europ\u00e9ennes. Elle est devenue bien fragile, cette cath\u00e9drale, avec la diminution permanente des emplois (moins un millier en un an) et, corr\u00e9lativement, l&#8217;accroissement de la production avec l&#8217;automatisation et l&#8217;am\u00e9nagement du temps de travail. Situation apparemment contradictoire et mal v\u00e9cue, tr\u00e8s mal v\u00e9cue dans l&#8217;usine. La fameuse M\u00e9gane de technologie avanc\u00e9e que permet cette usine ultra moderne sera, para\u00eet-il, bient\u00f4t fabriqu\u00e9e en Am\u00e9rique latine. Au b\u00e9n\u00e9fice des co\u00fbts de production. La premi\u00e8re aventure am\u00e9ricaine n&#8217;aura donc pas servi de le\u00e7on. Il y a de la col\u00e8re, de la frustration, de la souffrance humaine et de la lutte dans cette usine, sorte de cobaye du groupe automobile. Quatre-vingt-quatre communistes essaient de faire face \u00e0 cette situation difficile. Les hommes et leur place dans la production, la gestion ? Comment faire lorsqu&#8217;il faut sortir 1 400 v\u00e9hicules par jour avec la politique du flux tendu, que la journ\u00e9e de travail s&#8217;allonge, que la d\u00e9qualification porte atteinte au moral et \u00e0 la dignit\u00e9. L&#8217;\u00e9quation est claire: l&#8217;homme ou les co\u00fbts de production. Elle se pose \u00e9galement de cette fa\u00e7on pour les communistes. On propose, par exemple, \u00e0 des &#8221; bacs + 2 &#8221; ou \u00e0 des techniciens ma\u00eetrisant la conception assist\u00e9e par ordinateur en trois dimensions d&#8217;\u00eatre mut\u00e9s sur cha\u00eene.&#8221; Vous \u00eates encore relativement jeunes et pas us\u00e9s &#8221; exprimant ainsi le choix et le m\u00e9pris de la direction. Mah\u00e9 fait les postes, le matin de 5 h 34 \u00e0 13 h 54. Son temps de pause a \u00e9t\u00e9 rogn\u00e9. Un quart d&#8217;heure pour manger. M\u00eame pas le temps d&#8217;aller \u00e0 la cantine.&#8221; Quand je rentre chez moi, je suis crev\u00e9. Si je n&#8217;\u00e9tais pas venu discuter avec toi, je dormirais &#8220;. Ce n&#8217;est pas tout \u00e0 fait vrai parce qu&#8217;il a organis\u00e9 avec les copains une vente de masse de Libert\u00e9-Hebdo qui parlait de l&#8217;usine, parce qu&#8217;une lettre aux adh\u00e9rents accompagnait le document du 29e Congr\u00e8s, parce qu&#8217;une revue de presse se confectionne et se distribue, parce que les propositions des communistes pour l&#8217;imm\u00e9diat repr\u00e9sentent la seule alternative \u00e0 la d\u00e9gradation de la situation. Et \u00e7a finit par se savoir. La grande difficult\u00e9 reste celle du temps et de la capacit\u00e9 de concentration pour la lecture et celle de se r\u00e9unir.<\/p>\n<p> <strong> La politique ne doit pas venir comme un suppl\u00e9ment <\/strong><\/p>\n<p>La privatisation franche ou rampante du groupe n&#8217;est pas seule sur le terrain des id\u00e9es &#8221; parce que, dit Mah\u00e9, ce ne sont pas seulement des gestionnaires qui veulent nous faire avaler des questions d&#8217;organisation du travail, ce sont des politiques et des affairistes du fric qui nous vendront avec l&#8217;usine. Inacceptable. Et c&#8217;est sans arr\u00eat qu&#8217;il faut expliquer. Ce n&#8217;est pas parce que tu le vis que tu comprends tout de suite. On nous culpabilise. On nous fait avaler des couleuvres comme l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;\u00e9volution de l&#8217;usine n\u00e9cessite des sacrifices. Toujours pour les m\u00eames. Non, non, il y a de l&#8217;effervescence dans la bo\u00eete et la politique ne doit pas venir comme un suppl\u00e9ment. Elle est dedans, compl\u00e8tement &#8220;. Mais ce congr\u00e8s, qu&#8217;en attendent-ils chez Renault ? &#8221; Je dis toujours que, lorsque les ouvriers trinquent, c&#8217;est que le parti n&#8217;est pas assez puissant. Si on n&#8217;a pas compris cela depuis 81, c&#8217;est malheureux. D&#8217;ailleurs, sur l&#8217;union, les gars restent circonspects.\u00e7a discute dur. Surtout quand, dans l&#8217;usine, la CFDT signe avec le patron comme sur le plan national. Alors qu&#8217;est-ce qu&#8217;on fait ? On va \u00e9changer quelques mots \u00e0 la pose, sur les cha\u00eenes. Moi, j&#8217;ai 25 heures pour m&#8217;occuper des caristes, de l&#8217;entretien et de la cha\u00eene. Tu vois d&#8217;ici.&#8221; Les r\u00e9unions sont difficiles \u00e0 tenir \u00e0 cause des postes et de l&#8217;implantation de l&#8217;usine o\u00f9 les gars viennent de partout, souvent de loin. Mah\u00e9 et ses copains ne manquent pourtant ni d&#8217;espoir, ni d&#8217;ambition.<\/p>\n<p> <strong> Trouver des formes de participation \u00e0 une lutte porteuse <\/strong><\/p>\n<p>Ils pensent que des id\u00e9es telles que &#8221; bouger tous ensemble &#8221; ou &#8221; changer de politique &#8221; ou &#8221; taxer les produits financiers &#8221; ne restent plus des formules et que l&#8217;exp\u00e9rience m\u00eal\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9l\u00e9vation des consciences ouvre une perspective plus positive qui a perc\u00e9 le mur du fatalisme.&#8221; Tu n&#8217;es pas communiste pour toi-m\u00eame ou quelques-uns autour de toi. C&#8217;est la soci\u00e9t\u00e9 que tu veux changer avec les autres. Nous avons d\u00e9battu de cette id\u00e9e dans une journ\u00e9e d&#8217;\u00e9tude. Je pense que nous ne sommes pas encore d\u00e9barrass\u00e9s de la d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir et que l&#8217;organisation s&#8217;en ressent. Il faut chercher des formes de participation, se creuser la t\u00eate. On devrait y arriver. C&#8217;est vrai que c&#8217;est dur. M\u00eame la lutte. Les gars sont surendett\u00e9s. Les gamins sont au ch\u00f4mage. Il faudrait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une lutte porteuse qui ne co\u00fbte rien. Cela n&#8217;a jamais exist\u00e9 et je n&#8217;ai pas de recette miracle. L&#8217;explosion, on la sent. Ils vont trop loin dans leurs mauvais coups. Ce congr\u00e8s nous donne des points de rep\u00e8re int\u00e9ressants, des pistes aussi bien politiques qu&#8217;\u00e9conomiques qui, si tu r\u00e9fl\u00e9chis bien, s&#8217;appliquent compl\u00e8tement \u00e0 la bo\u00eete. Mais on bute sur des difficult\u00e9s objectives. On a r\u00e9uni 70 jeunes int\u00e9rimaires lors d&#8217;une journ\u00e9e-d\u00e9bat sur l&#8217;emploi. Nos solutions collent. Peut-\u00eatre faut-il trouver une autre conception du militantisme. Je cherche avec les copains. Il n&#8217;y a pas ou plus de solution toute faite. C&#8217;est certain.&#8221;<\/p>\n<p>Une certitude aussi, Mah\u00e9 l&#8217;exprime ainsi: &#8221; On se bat sur le contexte humain. Pour les hommes.&#8221; Ce n&#8217;est pas une formule.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Sur les lieux de travail de ceux qui trouvent la force de se battre &#8221; pour les hommes &#8220;. 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