{"id":262,"date":"1996-12-01T00:00:00","date_gmt":"1996-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/29e-congres-du-pcf262\/"},"modified":"1996-12-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-11-30T23:00:00","slug":"29e-congres-du-pcf262","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=262","title":{"rendered":"29e Congr\u00e8s du PCF"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Dynamique de Marx<strong> En permettant de prendre un recul salutaire sur les pratiques politiques, la mutation entreprise ouvre de nouveaux horizons. Le xxixe Congr\u00e8s enregistrera-t-il les exigences montantes de la soci\u00e9t\u00e9 et des communistes eux-m\u00eames ?  <\/strong><\/p>\n<p>Un jour peut-\u00eatre des historiens d\u00e9pouilleront les archives du PCF \u00e0 la cote 1996. Et ils seront tr\u00e8s surpris de trouver &#8211; de juin \u00e0 octobre, dans ce qu&#8217;ils comprendront par la suite, \u00eatre la premi\u00e8re phase de pr\u00e9paration du 29e congr\u00e8s &#8211; des milliers de compte-rendus de r\u00e9unions, de lettres, de contributions: un v\u00e9ritable tr\u00e9sor. Et comme les historiens sont des gens tr\u00e8s s\u00e9rieux et m\u00e9thodiques, ils liront tout, trieront, classeront par th\u00e8mes et par mots-cl\u00e9, feront des recoupements, analyseront, etc. Le laboureur de La Fontaine indiquant \u00e0 ses enfants le champ o\u00f9 il avait enterr\u00e9 son or, ceux-ci pioch\u00e8rent, pioch\u00e8rent, ce qui fit leur fortune. Les communistes \u00e0 la recherche d&#8217;une mythique &#8221; ligne politique &#8221; ont beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi, discut\u00e9, \u00e9crit, ce qui est bien l&#8217;essentiel. Ce travail en profondeur aura modifi\u00e9 des consciences, des comportements, m\u00fbri des militants&#8230; Pour le reste, les historiens feront leur travail.<\/p>\n<p> <strong> Une forme de militantisme au rythme de chacun  <\/strong><\/p>\n<p>En attendant le r\u00e9sultat de leurs travaux et en se limitant volontairement \u00e0 une seule des questions en d\u00e9bat, le Parti communiste fran\u00e7ais, on se permettra n\u00e9anmoins quelques r\u00e9flexions \u00e0 chaud.<\/p>\n<p>D&#8217;abord les habitudes ont la vie dure. Beaucoup de compte-rendus &#8211; les historiens le constateront &#8211; sont anonymes. Souvent les intervenants ne sont pas point\u00e9s. L&#8217;individu s&#8217;efface encore derri\u00e8re le collectif. Le summum est atteint lorsque est not\u00e9 en marge des interventions: camarade no 1, no 2, etc. Attention, Big Brother n&#8217;est pas mort ! Paradoxe, car la valorisation de l&#8217;individu est au coeur de nombreuses interventions.<\/p>\n<p>Mais la question du rapport entre individu et organisation fait d\u00e9bat. Int\u00e9grer des gens au parti &#8211; du sang neuf &#8211; ou mettre celui-ci r\u00e9solument au service des gens ? Ce n&#8217;est pas la m\u00eame chose. Par exemple, faut-il faire des nouveaux adh\u00e9rents des porteurs d&#8217;id\u00e9es du PCF, comme il y eut des porteurs de valises, ou chercher \u00e0 ce que chacun puisse vivre en permanence dans l&#8217;activit\u00e9 du PCF, les motivations de son engagement ?<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat rebondit sur le sens du militantisme. Certains pensent que le porte \u00e0 porte g\u00eane les gens tandis que d&#8217;autres au contraire se disent surpris de l&#8217;accueil favorable re\u00e7u. Qui est g\u00ean\u00e9 alors ? Cela traduit aussi un certain spontan\u00e9isme: faire de la politique sans le vouloir, en allant faire ses courses ou en promenant son chien. Mais comment militer \u00e0 sa fa\u00e7on sans l&#8217;imposer forc\u00e9ment aux autres ? On ne rencontre personne en faisant ses courses dans un hypermarch\u00e9 et on ne va pas acheter un chien pour engager la conversation avec les voisins: il ne peut y avoir de recette qui convienne \u00e0 tous. Reste la recherche commune d&#8217;une forme de militantisme au quotidien et au rythme de chacun. Et le constat d&#8217;un d\u00e9calage entre un type de comportement militant et les attentes montantes de solutions aux grands probl\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9, de r\u00e9ponses au concret et \u00e0 l&#8217;urgence, de proximit\u00e9, de suivi des interventions. Ce n&#8217;est pas l&#8217;existence ou non d&#8217;une structure, d&#8217;une organisation qui est pos\u00e9e &#8211; quel que soit le nom qui lui est donn\u00e9 &#8211; mais plut\u00f4t son adaptation aux exigences actuelles parmi lesquelles para\u00eet essentielle la proximit\u00e9 des salari\u00e9s, de la population.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on cherche \u00e0 amener des gens au parti, \u00e0 ce qu&#8217;ils prennent leur place dans la structure &#8211; \u00e0 leur poste de combat en exag\u00e9rant \u00e0 peine &#8211; on en vient tr\u00e8s rapidement \u00e0 un constat en forme de SOS, fr\u00e9quemment entendu: la cellule ne fonctionne pas, il n&#8217;y a pas assez de militants, etc. Le d\u00e9calage constat\u00e9 entre la sympathie pour le PCF et le vote communiste concerne a fortiori l&#8217;engagement militant. Et il faudra bien se pencher sur ce double ph\u00e9nom\u00e8ne: d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la d\u00e9sertion de structures qui n&#8217;apparaissent pas directement utiles \u00e0 l&#8217;intervention de l&#8217;individu et perdent tout sens, et, de l&#8217;autre, l&#8217;afflux de citoyens \u00e9prouvant de la sympathie pour les communistes et souhaitant avoir leur mot \u00e0 dire dans la marche de la soci\u00e9t\u00e9, notamment parmi les femmes et les jeunes.<\/p>\n<p> <strong> Les jeunes et les responsabilit\u00e9s dans le parti <\/strong><\/p>\n<p>La moiti\u00e9 des 3 500 adh\u00e9sions r\u00e9alis\u00e9es chaque ann\u00e9e en Seine Saint-Denis, par exemple, sont des jeunes. Mais apr\u00e8s ? Il n&#8217;en reste que 9% \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e et presque aucun dans les directions. Au comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral (l&#8217;instance d\u00e9partementale), pas un communiste de moins de trente ans. Et il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un cas isol\u00e9. Dans les bureaux f\u00e9d\u00e9raux \u00e0 travers tout le pays, il n&#8217;y a que neuf communistes de moins de trente ans et significativement aucun en r\u00e9gion parisienne. Aucun jeune de moins de trente ans non plus au niveau de la direction nationale. Si l&#8217;on ne peut que se r\u00e9jouir de l&#8217;existence d&#8217;une jeunesse communiste vivace, pour le reste&#8230; Quand on sait qu&#8217;il n&#8217;y a pas plus de jeunes dirigeants au PCF qu&#8217;au RPR ou au PS, on peut comprendre que les Fran\u00e7ais aient du mal \u00e0 saisir l&#8217;identit\u00e9 contestataire de ce parti. Mais ce n&#8217;est pas une question d&#8217;\u00e2ge, r\u00e9p\u00e8te-t-on comme seule r\u00e9ponse. Oui et non. Ce n&#8217;est pas une question d&#8217;\u00e2ge car personne ne souhaite d\u00e9cr\u00e9ter de limite d&#8217;\u00e2ge. Mais c&#8217;est une question d&#8217;\u00e2ge, car, en sens inverse, les jeunes sont exclus des responsabilit\u00e9s en raison de leur \u00e2ge. D&#8217;o\u00f9 vient cet ostracisme ? Les jeunes ne seraient pas capables d&#8217;assumer des responsabilit\u00e9s ? Dans le parti du colonel Fabien &#8211; promu lieutenant sur le front d&#8217;Espagne \u00e0 19 ans et tu\u00e9 \u00e0 25 &#8211; qui peut le croire s\u00e9rieusement ? Ils ne seraient pas comp\u00e9tents ? Pourtant les jeunes d&#8217;aujourd&#8217;hui &#8211; dans un si\u00e8cle d&#8217;\u00e9ducation et d&#8217;information &#8211; ont certainement plus de connaissances et de comp\u00e9tences que ceux de l&#8217;\u00e9poque de Saint Just, conventionnel \u00e0 22 ans. Bien s\u00fbr, il s&#8217;agit de les aider \u00e0 assumer leurs responsabilit\u00e9s et de ne pas les abandonner une fois \u00e9lus en attendant de constater leur \u00e9chec: mais cela est vrai pour tout nouveau responsable, jeune ou pas. Si l&#8217;impossibilit\u00e9 ne vient pas des jeunes eux-m\u00eames, c&#8217;est qu&#8217;elle vient du parti tel qu&#8217;il est construit. En g\u00e9n\u00e9ral, on est \u00e9lu \u00e0 sa direction une fois pour toutes et, sauf accident, on ne la quitte que volontairement. Dans ces conditions, \u00e9lire des jeunes de vingt ans reviendrait \u00e0 trouver les perles rares qui pourraient occuper un poste de responsabilit\u00e9 pendant 40 ou 50 ans. Le d\u00e9fi tient de la gageure. Se pose alors la question de la nature du pouvoir de la direction, obstacle r\u00e9el au fait d&#8217;avoir de jeunes dirigeants.<\/p>\n<p> <strong> Quand les femmes s&#8217;investissent dans la politique  <\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne concernant les femmes, plus de 40% parmi les adh\u00e9rents du PCF. Au comit\u00e9 de section de Bagnolet \u00e9lu au 28e Congr\u00e8s, elles sont encore pr\u00e8s de 40%. Au comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral de la Seine-Saint-Denis ou au Comit\u00e9 national, elles sont moins d&#8217;un quart. Au-del\u00e0 des donn\u00e9es num\u00e9riques brutes, il faut voir ce qu&#8217;elles font dans les organismes de direction. Trop souvent, elles reproduisent les comportements de leurs homologues masculins, ne serait-ce que le cumul des mandats et des responsabilit\u00e9s ou l&#8217;exceptionnelle long\u00e9vit\u00e9 politique. Ce qui rejoint un constat plus g\u00e9n\u00e9ral que dresse dans le Nouvel Observateur la psychanalyste Julia Kristeva &#8221; aujourd&#8217;hui il est plus facile d&#8217;\u00eatre femme en n&#8217;\u00e9tant pas une femme. Dans la plupart des cas on demande aux individus d&#8217;assumer des lois, des interdits, des st\u00e9r\u00e9otypes, de se plier \u00e0 cet ordre normalisateur et pervertible. Quand les femmes jouent ce jeu, elles cessent d&#8217;\u00eatre femmes, elles deviennent des petits chefs, et, \u00e0 partir de l\u00e0 elles font carri\u00e8re&#8230; On pourrait donner de multiples exemples en politique, dans les m\u00e9dias, dans les entreprises. Quand elles ne jouent pas ce jeu elles sont sacrifi\u00e9es.&#8221; Bien s\u00fbr, Mme Thatcher n&#8217;est pas adh\u00e9rente au PCF !<\/p>\n<p> <strong> Inventer \u00e0 terme une nouvelle figure du pouvoir <\/strong><\/p>\n<p>Pour autant, cette r\u00e9flexion ne concerne-t-elle pas le PCF autant que les autres partis ? Avec le formidable potentiel de renouvellement qu&#8217;on peut entrevoir dans cette r\u00e9flexion. Car, au-del\u00e0 du constat banal que, sur bien des sujets qui concernent les femmes, les hommes d\u00e9cident, ne pas donner toute leur place aux femmes revient \u00e0 refuser l&#8217;\u00e9volution de la pratique politique. L&#8217;exp\u00e9rience montre que vingt-cinq ou trente-trois pour cent de femmes dans une assembl\u00e9e c&#8217;est mieux que rien, mais cela ne r\u00e9sout pas le probl\u00e8me. On ne tient pas assez compte de leur avis et de leur vie, de leur disponibilit\u00e9 par exemple, de leur forme d&#8217;investissement personnel et on continue comme avant: \u00e0 elles de s&#8217;adapter au mode dominant. Elles ont alors le &#8221; choix &#8221; entre s&#8217;abstenir de participer et dispara\u00eetre progressivement, ou se comporter comme leurs coll\u00e8gues masculins. Par contre, avec 48, 51 ou 60% de femmes (il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un seuil arithm\u00e9tique mais d&#8217;un engagement massif), ce ne serait plus du tout pareil. R\u00e9percut\u00e9 \u00e0 tous les niveaux d&#8217;un organisme entier, cela provoquerait un v\u00e9ritable \u00e9lectrochoc &#8211; b\u00e9n\u00e9fique pour tous et pas seulement pour les femmes -, et imposerait sans doute une transformation profonde et durable de la fa\u00e7on de travailler, de prendre les d\u00e9cisions et immanquablement des d\u00e9cisions prises: autant dire une autre fa\u00e7on de faire de la politique. Pareil pour les jeunes: il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une pr\u00e9sence symbolique d&#8217;un ou deux individus, mais d&#8217;une pr\u00e9sence r\u00e9elle, en nombre important. Certains objecteront que, pour l&#8217;entr\u00e9e de nouveaux et de nouvelles, il faut le d\u00e9part d&#8217;anciens. Mais quel que soit le m\u00e9rite personnel de tel ou tel dirigeant, s&#8217;accrocher \u00e0 son poste, concentrer responsabilit\u00e9s, t\u00e2ches, activit\u00e9s, ne contribue-t-il pas \u00e0 nourrir la d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir et \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 l&#8217;impuissance d&#8217;autres personnalit\u00e9s, femmes et jeunes en premier, dont personne ne pourra jamais appr\u00e9cier le m\u00e9rite ? On peut viser aussi des formes d&#8217;organisation plus souples, qui ne concentreraient pas les m\u00eames enjeux de pouvoir. Du coup, certains pourraient se dispenser de s&#8217;y faire \u00e9lire pour ne jamais y participer. Les solutions pratiques ne manquent pas, du moment qu&#8217;on a la volont\u00e9 politique de passer aux actes.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des femmes et des jeunes &#8211; qui ne sont pas des cat\u00e9gories sociales homog\u00e8nes &#8211; le probl\u00e8me concerne chaque citoyen. En premier lieu, tous ceux qui aspirent \u00e0 d\u00e9cider de leur vie, qui se manifestent comme en d\u00e9cembre dernier, qui ont des opinions et des id\u00e9es, mais qui ne prennent pas d&#8217;engagement militant et encore moins de responsabilit\u00e9s. Tout simplement parce qu&#8217;ils veulent rester eux-m\u00eames, qu&#8217;ils ne veulent pas devenir des pr\u00e9dateurs, des gens de pouvoir. Pour avancer avec eux, on ne peut faire l&#8217;\u00e9conomie de toucher \u00e0 la nature du pouvoir, d&#8217;inventer \u00e0 terme une nouvelle figure du pouvoir.<\/p>\n<p>Du pouvoir parlons-en justement. Qu&#8217;ils se d\u00e9finissent en rupture de ban ou qu&#8217;ils soient \u00e0 l&#8217;aise avec leur parti, le moins que l&#8217;on puisse dire est que la d\u00e9mocratie frappe rudement \u00e0 la porte des \u00e9diles communistes. De villes aux situations politiques tr\u00e8s diff\u00e9rentes parvient un flot de remarques qui touchent \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 la fa\u00e7on dont les communistes qui ont une parcelle de pouvoir se comportent. Le parti peut-il devenir un laboratoire de la d\u00e9mocratie vivante ? Les communes et autres collectivit\u00e9s o\u00f9 le PCF exerce un pouvoir certes limit\u00e9 mais r\u00e9el et reconnu, peuvent-elles devenir des lieux d&#8217;exp\u00e9rimentation d\u00e9mocratique ? Souvent, quand des citoyens soul\u00e8vent ces questions, ils s&#8217;entendent r\u00e9pondre: attention utopie ! Les communes g\u00e9r\u00e9es par les communistes ne sont pas des \u00eelots pr\u00e9serv\u00e9s du capitalisme, ce qui est tout \u00e0 fait vrai. Et de renvoyer ces braves gens \u00e0 un changement de soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9alable et global, c&#8217;est-\u00e0-dire au niveau du pays et donc du gouvernement, bref en haut. Et revenez nous voir apr\u00e8s ! Cette variante de &#8221; Messieurs les Anglais, tirez les premiers &#8221; justifie l&#8217;immobilisme. Elle ignore l&#8217;\u00e9chec pourtant ch\u00e8rement pay\u00e9 d&#8217;une strat\u00e9gie de changement trop limit\u00e9e \u00e0 la prise de pouvoir en haut. Elle fait aussi l&#8217;impasse sur la d\u00e9mocratie devenue une demande sociale en tant que telle au m\u00eame titre que le droit au logement ou \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation. Et se limiter \u00e0 d\u00e9noncer les responsabilit\u00e9s r\u00e9elles des politiques men\u00e9es au niveau du pays, alimente l&#8217;impuissance des citoyens voire un sentiment d&#8217;inutilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;endroit de ces \u00e9lus qui ne peuvent rien faire.<\/p>\n<p>Si relativement peu d&#8217;interventions se r\u00e9f\u00e8rent directement au r\u00f4le des dirigeants, il est cependant souvent constat\u00e9 que les responsables, m\u00eame de base, sont trop pris par ailleurs et peu disponibles. C&#8217;est que trop repose sur les \u00e9paules du secr\u00e9taire de cellule, les sollicitations \u00e0 la r\u00e9flexion, l&#8217;organisation et l&#8217;action collective, tout part de lui ou passe par lui. Et c&#8217;est ainsi \u00e0 tous les niveaux. Nous sommes l\u00e0 au coeur du fonctionnement pyramidal du haut vers le bas que chacun dit vouloir d\u00e9passer. Bien que les statuts adopt\u00e9s au 28e congr\u00e8s ne le pr\u00e9cisent pas, \u00e0 tous les \u00e9chelons du parti il y a le premier et puis les autres. Pour \u00e9viter une dilution des responsabilit\u00e9s ou plut\u00f4t de la &#8221; v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9volutionnaire &#8220;, vestige des anciennes strat\u00e9gies du PCF, on surresponsabilise le premier au d\u00e9triment des autres. Dans les conditions actuelles, cette hi\u00e9rarchie pesante ne garantit plus le succ\u00e8s, mais devient un frein. Un premier secr\u00e9taire d&#8217;une section (organisation au niveau d&#8217;une ville ou d&#8217;une entreprise) par exemple se trouve ainsi au point de passage oblig\u00e9 entre le haut et le bas dans tous les domaines. R\u00e9sultat, il croule sous les t\u00e2ches politiques et administratives les plus diverses et son efficacit\u00e9 s&#8217;en trouve r\u00e9duite d&#8217;autant. De l\u00e0 \u00e0 envisager de vrais collectifs de direction associant plusieurs communistes \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de responsabilit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Ces exigences fortes concernant les femmes, les jeunes, la d\u00e9mocratie se retrouvent de plus en plus dans les textes du PCF. Ce qui nourrit le scepticisme des uns et l&#8217;impatience des autres. Vont-elles passer dans les faits ? A cet \u00e9gard, le credo des &#8221; refondateurs &#8220;, la mutation reste \u00e0 faire appara\u00eet en retrait. On n&#8217;en est plus l\u00e0. L&#8217;opinion a enregistr\u00e9 de premiers changements cons\u00e9quents au PCF, et plus d&#8217;un militant, parfois d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9, aussi ! Et \u00e0 pr\u00e9sent, on en veut davantage: l&#8217;app\u00e9tit vient en mangeant ! La mutation d\u00e9j\u00e0 amorc\u00e9e ouvre de nouveaux horizons, permet de prendre un recul salutaire sur les pratiques traditionnelles, et appelle du coup de nouvelles exigences et de nouveaux changements \u00e0 ne pas sous-estimer. Verront-ils le jour ? Les communistes r\u00e9p\u00e8tent \u00e0 l&#8217;envi que rien ne serait pire pour la gauche que de se fourvoyer dans une alternance en 1998 et de d\u00e9cevoir \u00e0 nouveau. La le\u00e7on vaut aussi pour eux. Rien ne serait pire que de profiter d&#8217;un courant de sympathie ou m\u00eame d&#8217;une embellie \u00e9lectorale pour se figer \u00e0 nouveau ou renouer avec les m\u00e9thodes pass\u00e9es. Les historiens vous le diront.<\/p>\n<p><strong> Dynamique de Marx <\/strong><\/p>\n<p>La crise que traversent aujourd&#8217;hui le capitalisme et son cort\u00e8ge de ch\u00f4mage, d&#8217;exclusion et d&#8217;in\u00e9galit\u00e9s criants alimente le regain d&#8217;int\u00e9r\u00eat des \u00e9conomistes pour l&#8217;oeuvre de Karl Marx. La table ronde &#8220;Karl Marx et la dynamique du capitalisme&#8221;, organis\u00e9e par le laboratoire &#8221; Red\u00e9ploiement industriel et Innovation &#8221; de l&#8217;Universit\u00e9 du littoral \u00e0 Dunkerque, a r\u00e9uni, les 18 et 19 octobre 1996, chercheurs et universitaires. Les d\u00e9bats ont soulign\u00e9 la pertinence de la m\u00e9thode de Marx, pluridisciplinaire et holiste, pour appr\u00e9hender les mouvements longs de l&#8217;\u00e9conomie, la crise actuelle et l&#8217;avenir du travail.<\/p>\n<p>L&#8217;analyse de la crise effectu\u00e9e par Marx met en \u00e9vidence la dialectique des rapports sociaux de production et leur r\u00f4le dans l&#8217;\u00e9volution sociale: luttes intestines entre capitalistes, entre banquiers et industriels mais surtout entre les salari\u00e9s et les capitalistes. Aujourd&#8217;hui, la production et l&#8217;application des nouvelles technologies mettent \u00e0 mal l&#8217;un des piliers du capitalisme, le salariat. Le ch\u00f4mage et la pr\u00e9carisation du travail isolent le travailleur de l&#8217;activit\u00e9 cr\u00e9atrice de richesses et accroissent son exploitation. Les politiques \u00e9conomiques favorisent d&#8217;autre part le profit des grandes firmes au d\u00e9triment de la coh\u00e9sion sociale. Les d\u00e9bats ont montr\u00e9 qu&#8217;aujourd&#8217;hui l&#8217;enveloppe de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste craque&#8230;<\/p>\n<p>Les actes de la table ronde &#8221; Karl Marx et la dynamique du capitalisme &#8220;seront publi\u00e9s dans le no 6 de la revue Innovations, Cahiers d&#8217;\u00e9conomie de l&#8217;innovation (\u00e9t\u00e9 1997).<\/p>\n<p>Blandine Laperche<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-262","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=262"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/262\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}