{"id":2610,"date":"2007-02-01T00:00:00","date_gmt":"2007-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/abou-dhabi-s-offre-un-invite-de2610\/"},"modified":"2007-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-01-31T23:00:00","slug":"abou-dhabi-s-offre-un-invite-de2610","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2610","title":{"rendered":"Abou Dhabi s&#8217;offre un invit\u00e9 de marque"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">  Un &#8220;Louvre d&#8217;Abou Dhabi&#8221; devrait voir le jour en 2012 sur l&#8217;\u00eele de Saadiyat. L&#8217;accord a officiellement \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 mardi 6 mars entre la France et les Emirats arabes unis. Rien de plus naturel \u00e0 l&#8217;\u00e8re de la mondialisation que la circulation des oeuvres d&#8217;art. Pourquoi l&#8217;ouverture d&#8217;un Louvre dans les Emirats Arabes unis a-t-elle suscit\u00e9 une vraie lev\u00e9e de boucliers ? Les termes du d\u00e9bat autour de l&#8217;exportation de cette griffe d&#8217;un nouveau genre. <\/p>\n<p>L e petit milieu de l&#8217;histoire de l&#8217;art rue dans les brancards. L&#8217;\u00e9v\u00e9nement est insolite. Cette corporation n&#8217;a pas l&#8217;habitude de dresser des barricades. Les conservateurs sont d&#8217;ailleurs soumis \u00e0 un \u00ab devoir de r\u00e9serve \u00bb qui n&#8217;incite pas \u00e0 l&#8217;insoumission. Mais une fois n&#8217;est pas coutume. Des historiens de l&#8217;art, des directeurs de mus\u00e9es, des conservateurs, des conf\u00e9renciers, des restaurateurs, des artistes se sont soulev\u00e9s d&#8217;une seule voix contre le projet minist\u00e9riel de cr\u00e9er un \u00ab Louvre \u00bb \u00e0 Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. La pol\u00e9mique a pris des proportions inattendues. Elle avait d\u00e9but\u00e9 par une tribune publi\u00e9e mi-d\u00e9cembre dans le journal Le Monde. Le titre en \u00e9tait incisif : \u00ab Les mus\u00e9es ne sont pas \u00e0 vendre \u00bb. Fran\u00e7oise Cachin, Jean Clair et Roland Recht n&#8217;y m\u00e2chaient pas leurs mots. L&#8217;ancienne directrice des Mus\u00e9es de France, le conservateur honoraire du mus\u00e9e Picasso et le professeur d&#8217;histoire de l&#8217;art au Coll\u00e8ge de France d\u00e9non\u00e7aient les d\u00e9rives commerciales des \u00e9tablissements culturels. Parmi lesquelles, l&#8217;exportation du Louvre aux Emirats arabes unis. Il faut dire que ce riche Etat du golfe Arabo-Persique sait se montrer convaincant. Soucieux de d\u00e9velopper le tourisme, il aurait offert pr\u00e8s de 700 millions d&#8217;euros \u00e0 la France en \u00e9change de la griffe \u00ab Louvre \u00bb et du pr\u00eat \u00e0 long terme de plusieurs centaines d&#8217;\u0153uvres issues des collections de diff\u00e9rents mus\u00e9es fran\u00e7ais. Ces pr\u00eats pourraient durer jusqu&#8217;\u00e0 deux ans. La p\u00e9tition lanc\u00e9e, dans la foul\u00e9e de cette tribune, sur le site Internet La Tribune de l&#8217;art (1) a recueilli des milliers de signatures.<\/p>\n<p>Tous unis contre le Louvre des sables. Un mus\u00e9e o\u00f9 pourraient \u00eatre censur\u00e9s sujets religieux et peintures de nus, si la demande \u00e9tait jug\u00e9e raisonnable. Du pain b\u00e9nit pour le Front national&#8230; Didier Rykner, historien de l&#8217;art, \u00e0 l&#8217;origine de la fronde, a re\u00e7u le soutien embarrassant de Philippe Herlin, responsable de la culture au FN, dont il a imm\u00e9diatement supprim\u00e9 la signature. Mais cela n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9 un militant du jeune parti Alternative lib\u00e9rale de taxer cette p\u00e9tition de \u00ab protectionniste \u00bb sur le site \u00ab Agoravox \u00bb. Ce type de contresens n&#8217;est pas sans servir les int\u00e9r\u00eats des acteurs du projet. S&#8217;\u00e9rigeant en chantres de la circulation des \u0153uvres et du rayonnement de la France, ils ont t\u00e2ch\u00e9 de d\u00e9placer le d\u00e9bat. A leur t\u00eate, le ministre de la Culture, le pr\u00e9sident du mus\u00e9e du Louvre et la directrice des Mus\u00e9es de France. Jack Lang, rare personnalit\u00e9 politique \u00e0 s&#8217;\u00eatre exprim\u00e9e dans les m\u00e9dias, s&#8217;est dit fier de \u00ab la pr\u00e9sence du Louvre \u00e0 l&#8217;international \u00bb. Exit la question soulev\u00e9e par les p\u00e9titionnaires de la commercialisation du patrimoine public.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re les beaux principes, il n&#8217;est pourtant pas difficile de d\u00e9celer une affaire de gros sous. \u00ab Pourquoi ne pas d\u00e9velopper des \u00e9changes avec le continent africain ? Il y aurait beaucoup de choses \u00e0 imaginer avec le Quai Branly \u00bb, ironise le communiste Michel Duffour, ancien secr\u00e9taire d&#8217;Etat au patrimoine et \u00e0 la d\u00e9centralisation culturelle. Ce projet, il le voit comme \u00ab une op\u00e9ration politico-\u00e9conomique \u00bb : \u00ab Quand on songe \u00e0 la pauvret\u00e9 des Alliances fran\u00e7aises dans le monde, on peut douter du souci affich\u00e9 d&#8217;accro\u00eetre le rayonnement de notre culture. \u00bb<\/p>\n<p><strong>  PRETER OU LOUER ?  <\/strong><\/p>\n<p>Business oblige, les \u0153uvres ne sont jamais export\u00e9es au Mali ni au B\u00e9nin. Mais aux Etats-Unis, en Chine et aux Emirats. Comme Atlanta et Shanghai (voir encadr\u00e9 p. 55), Abou Dhabi est un alli\u00e9 en or. La France fournit le pays en mat\u00e9riel militaire, et notamment en avions de combat. De son c\u00f4t\u00e9, l&#8217;\u00eele artificielle pour touristes richissimes fait de l&#8217;\u0153il aux \u00e9tablissements culturels fran\u00e7ais. La Sorbonne d&#8217;Abou Dhabi a ainsi ouvert ses portes fin novembre 2006. \u00ab C&#8217;est l&#8217;ambassadeur des Emirats arabes unis qui me l&#8217;a propos\u00e9. Ils financent compl\u00e8tement l&#8217;universit\u00e9, mais l&#8217;enseignement est assur\u00e9 par nos professeurs. On me dit que je vends l&#8217;universit\u00e9 alors que, au contraire, elle va contribuer au rayonnement de la culture et de la pens\u00e9e fran\u00e7aises ! \u00bb, d\u00e9clarait l&#8217;\u00e9loquent pr\u00e9sident de Paris-IV, Jean-Robert Pitte, dans T\u00e9l\u00e9rama. Affaire conclue. Le projet de mus\u00e9e faisait pendant ce temps l&#8217;objet de tractations secr\u00e8tes entre le minist\u00e8re de la Culture, la Direction des mus\u00e9es de France et les Emirats arabes unis. \u00ab Nous n&#8217;avons pas \u00e9t\u00e9 mis au courant, encore moins consult\u00e9s. J&#8217;ai appris la nouvelle, comme mes coll\u00e8gues, par le Journal des Arts. Pourtant, dans une d\u00e9mocratie, chacun doit pouvoir participer selon ses comp\u00e9tences \u00bb, d\u00e9plore Anne Dary, conservatrice en chef des mus\u00e9es du Jura et signataire.<\/p>\n<p>Elle est inqui\u00e8te. De fait, les conservateurs de province sont en premi\u00e8re ligne. \u00ab La r\u00e8gle, c&#8217;est le pr\u00eat gratuit. Nous pr\u00eatons des \u0153uvres et nous nous en faisons pr\u00eater. A Abou Dhabi, les \u0153uvres vont \u00eatre lou\u00e9es. Si cette pratique s&#8217;\u00e9tend, nous n&#8217;aurons plus les moyens financiers de monter des expositions temporaires \u00bb, alerte Anne Dary. Elle insiste : \u00ab Ce n&#8217;est d\u00e9j\u00e0 plus compl\u00e8tement gratuit. Les conditions de pr\u00eats sont de plus en plus lourdes \u00e0 supporter : nous devons payer l&#8217;ouverture du dossier, l&#8217;encadrement, le d\u00e9poussi\u00e9rage, des transporteurs sp\u00e9cialis\u00e9s, etc. \u00bb Abou Dhabi n&#8217;est pas sans pr\u00e9c\u00e9dents. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 que des \u0153uvres soient lou\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Un contrat pass\u00e9 entre le mus\u00e9e de l&#8217;Orangerie et le Japon avait ainsi rapport\u00e9 sept millions d&#8217;euros. C&#8217;est ce qu&#8217;a r\u00e9torqu\u00e9 Henri Loyrette, pr\u00e9sident du Louvre, \u00e0 Fran\u00e7oise Cachin, qui \u00e9tait alors directrice des Mus\u00e9es de France. \u00ab Depuis vingt ans, des expositions cl\u00e9s en main sont vendues \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, rappelle Didier Rykner. Mais nous avons chang\u00e9 d&#8217;\u00e9chelle. Dans le cas pr\u00e9sent, il n&#8217;existe aucun projet scientifique. \u00bb Le ministre de la Culture a promis que l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 des recettes serait revers\u00e9e \u00e0 la Direction des mus\u00e9es de France, au Louvre et aux mus\u00e9es pr\u00eateurs. Dans les termes du contrat r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par Le Monde, on peut lire : \u00ab La France s&#8217;engage \u00e0 fournir quatre expositions temporaires par an pendant dix ans. (&#8230;) Pour cette prestation, Abou Dhabi versera 150 millions d&#8217;euros \u00e0 la France, dont le tiers sera revers\u00e9 au titre de \u00absoutien aux mus\u00e9es qui auront pr\u00eat\u00e9\u00bb. \u00bb Mais Patrick Ramade, conservateur au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Caen et signataire, reste pr\u00e9occup\u00e9 : \u00ab La contrepartie financi\u00e8re \u00e9tait limit\u00e9e et affect\u00e9e \u00e0 des buts tr\u00e8s pr\u00e9cis. Nous savions que l&#8217;argent allait servir, par exemple, \u00e0 r\u00e9nover le b\u00e2timent ou \u00e0 restaurer certaines \u0153uvres. \u00bb<\/p>\n<p><strong> MOTIVATIONS <\/strong><\/p>\n<p>Il est rare qu&#8217;une question culturelle fasse autant parler d&#8217;elle. La pol\u00e9mique, dont s&#8217;est empar\u00e9e la presse fran\u00e7aise et \u00e9trang\u00e8re, a m\u00eame franchi les fronti\u00e8res. Dans ce brouhaha m\u00e9diatique, le silence des partis politiques r\u00e9sonne de fa\u00e7on assourdissante. Bernard Hasquenoph, pr\u00e9sident de l&#8217;association \u00ab Louvre pour tous \u00bb, est effar\u00e9 : \u00ab Soit ils n&#8217;ont pas d&#8217;avis, soit ils sont d&#8217;accord. Qui ne dit mot consent&#8230; \u00bb Certes, des \u00e9lus de droite comme de gauche ont sign\u00e9 l&#8217;appel. Mais c&#8217;est en g\u00e9n\u00e9ral en leur nom qu&#8217;ils ont pris position. Leurs motivations diff\u00e8rent. Alexandre Galdin, conseiller g\u00e9n\u00e9ral et municipal UMP de Paris, a juste voulu \u00ab tirer la sonnette d&#8217;alarme \u00bb. Pour lui, \u00ab les limites ne sont pas franchies \u00bb. S&#8217;il se dit \u00ab inquiet de la commercialisation croissante de l&#8217;art \u00bb, il estime en revanche que les auteurs de la tribune \u00ab poussent le bouchon un peu loin. Je ne suis pas oppos\u00e9 au Louvre d&#8217;Abou Dhabi, ni \u00e0 la location des \u0153uvres. Seulement, il ne faut pas en exag\u00e9rer la dur\u00e9e : plusieurs ann\u00e9es, c&#8217;est long. Jusqu&#8217;\u00e0 maintenant, nous \u00e9tions habitu\u00e9s \u00e0 ce que les tableaux partent pour six mois \u00bb. Yann Wehrling, porte-parole des Verts, est plus \u00e0 son aise pour critiquer le projet. Il trouve \u00ab choquant que l&#8217;Etat ne mette pas les moyens n\u00e9cessaires pour financer le patrimoine public. Je ne partage pas les arbitrages budg\u00e9taires du gouvernement \u00bb. Yves Dauge, s\u00e9nateur PS d&#8217;Indre-et-Loire et conseiller de l&#8217;Unesco sur le patrimoine, se sent lui aussi concern\u00e9. D&#8217;autant qu&#8217;il a dirig\u00e9 la mission des grands projets de Fran\u00e7ois Mitterrand. \u00ab Nous avons \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, pour concevoir des \u00e9quipements culturels en Cor\u00e9e, par exemple. \u00bb Il pr\u00e9cise : \u00ab Je ne suis ni contre les pr\u00eats d&#8217;\u0153uvres ni contre les expositions qui voyagent \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Mais \u00e0 Abou Dhabi, il s&#8217;agit d&#8217;alimenter tout un fonds pour plusieurs ann\u00e9es. Cela aurait n\u00e9cessit\u00e9 une s\u00e9rieuse r\u00e9flexion avec les conservateurs. \u00bb A demi-mot, il avoue craindre un \u00ab alignement sur les pratiques anglo-saxonnes. Celles-ci consid\u00e8rent que les \u0153uvres \u00e9quivalent \u00e0 un capital que l&#8217;on peut faire fructifier \u00bb.<\/p>\n<p><strong>  LIBRE A VOUS&#8230;  <\/strong><\/p>\n<p>Depuis leur transformation en \u00e9tablissements publics administratifs (EPA), les mus\u00e9es nationaux sont oblig\u00e9s de d\u00e9velopper leurs propres ressources. La billetterie et la recherche de m\u00e9c\u00e9nat sont ainsi devenues des mannes dans cette nouvelle course \u00e0 l&#8217;argent. Elles repr\u00e9sentent des postes strat\u00e9giques. La location d&#8217;\u0153uvres pourrait conna\u00eetre le m\u00eame sort. Les mus\u00e9es seront libres de pr\u00eater ou non. Mais des pressions risquent de se faire sentir. \u00ab Les conservateurs de mus\u00e9es de province auront beaucoup de mal \u00e0 r\u00e9sister aux demandes des maires qui voudront absolument louer une partie des collections \u00bb, estime Didier Rykner. La prochaine \u00e9tape ? Maurice L\u00e9vy, pr\u00e9sident du groupe Publicis et directeur du Palais de Tokyo, a remis au ministre de l&#8217;Economie un rapport : L&#8217;\u00e9conomie de l&#8217;immat\u00e9riel, La croissance de demain. On y trouve une inqui\u00e9tante recommandation : il sugg\u00e8re de permettre aux mus\u00e9es non seulement de louer, mais aussi de \u00ab vendre certaines de leurs \u0153uvres \u00bb. Au chapitre intitul\u00e9 \u00ab Les \u00e9tablissements culturels sont priv\u00e9s de la capacit\u00e9 de mettre leurs \u0153uvres au service de leur marque \u00bb, on peut ainsi lire : \u00ab A l&#8217;heure actuelle, les mus\u00e9es ne sont pas autoris\u00e9s \u00e0 louer ou \u00e0 vendre les \u0153uvres d&#8217;art, qu&#8217;elles fassent partie de leurs collections permanentes ou de leurs r\u00e9serves, pour financer des op\u00e9rations assimilables \u00e0 des investissements, qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;acquisition ou de projets de restauration et de d\u00e9veloppement. \u00bb Puis : \u00ab La pertinence de cette restriction est une question qui m\u00e9rite aujourd&#8217;hui d&#8217;\u00eatre pos\u00e9e. \u00bb Les d\u00e9fenseurs du Louvre d&#8217;Abou Dhabi se gardent bien d&#8217;\u00e9tayer ce propos. Au contraire, ils brandissent un principe absolu : l&#8217;inali\u00e9nabilit\u00e9 des collections publiques. Mais une chose est s\u00fbre, il n&#8217;est plus tabou de voir dans la culture un outil au service de l&#8217;\u00e9conomie. Les \u00ab esprits grincheux \u00bb, ainsi trait\u00e9s par leur ministre, sont somm\u00e9s de s&#8217;en accommoder. Et avec le sourire. <\/p>\n<p>Marion Rousset, Regards, d\u00e9cembre 2006<\/p>\n<p><strong>  UNE AGENCE SPECIALISEE DANS L&#8217;EXPORTATION DES MUSEES <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;Abou Dhabi risque de faire des petits. L&#8217;internationalisation des mus\u00e9es est, en effet, appel\u00e9e \u00e0 se d\u00e9velopper. Le gouvernement veut cr\u00e9er une agence de conseil charg\u00e9e d&#8217;aider les \u00e9tablissements culturels \u00e0 se dupliquer \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger. Elle aura une mission de service public mais fonctionnera comme une soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Elle ne sera pas soumise \u00e0 une tutelle. Extrait du discours de Renaud Donnedieu de Vabres prononc\u00e9 le 16 janvier 2007 devant les directeurs et conservateurs des mus\u00e9es de France.<\/p>\n<p>\u00ab Pour porter le projet d&#8217;Abou Dabi et appuyer les mus\u00e9es qui le veulent, j&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 la cr\u00e9ation d&#8217;une Agence internationale des Mus\u00e9es de France. Il s&#8217;agira d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 de conseil souple et l\u00e9g\u00e8re qui comprendra notamment une \u00e9quipe scientifique. L&#8217;Agence prendra la forme d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e dont les parts seront d\u00e9tenues par tous les mus\u00e9es qui ont le statut d&#8217;\u00e9tablissement public, au premier rang desquels le Louvre, bien s\u00fbr, mais \u00e9galement le centre Pompidou, le mus\u00e9e du Quai Branly, Orsay, Versailles, Guimet ainsi que la R\u00e9union des mus\u00e9es nationaux. Il s&#8217;agira donc d&#8217;une filiale commune des mus\u00e9es et non d&#8217;un \u00e9tablissement autonome. Cette soci\u00e9t\u00e9 devra agir comme prestataire de conseil pour les mus\u00e9es qui demanderont ses services. Elle ne jouira d&#8217;aucun monopole ni d&#8217;aucune tutelle et n&#8217;interviendra pas dans les projets bilat\u00e9raux que vous estimez pouvoir d\u00e9velopper vous-m\u00eames. Elle ob\u00e9ira \u00e0 des r\u00e8gles de gestion priv\u00e9e, afin d&#8217;avoir la r\u00e9activit\u00e9 n\u00e9cessaire, mais remplira une mission de service public, \u00e0 l&#8217;oppos\u00e9 d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 commerciale. Ses activit\u00e9s n&#8217;entreront donc pas dans le champ de la concurrence. \u00bb <\/p>\n<p><strong>  UN CENTRE POMPIDOU EN CHINE  <\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 Shanghai, un b\u00e2timent du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, situ\u00e9 dans le quartier de Luwan, pourrait accueillir une antenne du centre Georges-Pompidou. Celui-ci en assurerait la programmation. Une centaine d&#8217;\u0153uvres issues de Beaubourg y seraient expos\u00e9es par roulement. De plus, une collection d&#8217;art chinois contemporain serait cr\u00e9\u00e9e. Interrog\u00e9 par le journal Le Monde sur les \u00ab d\u00e9rives commerciales \u00bb des mus\u00e9es fran\u00e7ais, Bruno Racine, pr\u00e9sident du centre Pompidou a r\u00e9pondu : \u00ab Ces craintes rel\u00e8vent largement d&#8217;un fantasme. Le pr\u00eat est depuis longtemps une dimension essentielle des grands mus\u00e9es. \u00bb Avant de poursuivre : \u00ab Ceux qui grognent ne prennent pas en compte les \u0153uvres rares que nous pr\u00eatent nos homologues \u00e9trangers. \u00bb Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, taxant les opposants au Louvre d&#8217;Abou Dhabi de \u00ab grincheux \u00bb, semble l&#8217;avoir inspir\u00e9. \u00ab Les inqui\u00e9tudes ne seraient donc qu&#8217;un fantasme ? \u00bb, insiste le journaliste du Monde. \u00ab L&#8217;inqui\u00e9tude vient du fait que tous les mus\u00e9es sont confront\u00e9s au d\u00e9fi de la mondialisation et donc de la comp\u00e9tition. (&#8230;) Le Mus\u00e9e Guggenheim de New York a invent\u00e9 un mod\u00e8le qui peut aussi inqui\u00e9ter, en monnayant la puissance symbolique du mus\u00e9e, sa marque et ses conseils. Mais avec moins de 1 % de subventions publiques, le Guggenheim a des imp\u00e9ratifs que nous n&#8217;avons pas en France. \u00bb L&#8217;antenne chinoise de Beaubourg pourrait ouvrir en 2010. <\/p>\n<p><strong> LE LOUVRE D&#8217;ABOU DHABI, LES TERMES DU CONTRAT <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tablissement devrait ouvrir \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e 2012. La France s&#8217;engage pour une dur\u00e9e de vingt ans. Elle a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e par les Emirats arabes unis de concevoir un mus\u00e9e \u00e0 Abou Dhabi, dont Jean Nouvel devrait \u00eatre l&#8217;architecte, et d&#8217;aider \u00e0 sa gestion. Elle pr\u00eatera des \u0153uvres issues de diff\u00e9rents mus\u00e9es volontaires &#8211; 400 les quatre premi\u00e8res ann\u00e9es, 100 les trois derni\u00e8res &#8211; pour en alimenter le fonds permanent sur une dur\u00e9e de dix ans, le temps qu&#8217;Abou Dhabi cr\u00e9e ses propres collections. Les \u0153uvres resteront sur place entre trois mois et deux ans. Par ailleurs, elle devra fournir cl\u00e9 en main quatre expositions par an pendant dix ans. Dans ce cas, les \u0153uvres quitteront le territoire de deux \u00e0 quatre mois. Ce projet devrait rapporter \u00e0 la France environ 700 millions d&#8217;euros.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>  Un &#8220;Louvre d&#8217;Abou Dhabi&#8221; devrait voir le jour en 2012 sur l&#8217;\u00eele de Saadiyat. L&#8217;accord a officiellement \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 mardi 6 mars entre la France et les Emirats arabes unis. Rien de plus naturel \u00e0 l&#8217;\u00e8re de la mondialisation que la circulation des oeuvres d&#8217;art. Pourquoi l&#8217;ouverture d&#8217;un Louvre dans les Emirats Arabes unis a-t-elle suscit\u00e9 une vraie lev\u00e9e de boucliers ? Les termes du d\u00e9bat autour de l&#8217;exportation de cette griffe d&#8217;un nouveau genre. <\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2610","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2610","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2610"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2610\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2610"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2610"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2610"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}