{"id":2490,"date":"2006-09-01T00:00:00","date_gmt":"2006-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/liban-instabilite-destructrice2490\/"},"modified":"2006-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-08-31T22:00:00","slug":"liban-instabilite-destructrice2490","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2490","title":{"rendered":"Liban, instabilit\u00e9 destructrice &#8211; entretien avec Alain Gresh"},"content":{"rendered":"<p>Alain Gresh est journaliste, auteur, notamment, de L&#8217;Islam, la R\u00e9publique et le monde, Hachette, 2006, et, avec Dominique Vidal, Les Cent Clefs du Proche-Orient, Hachette, 2006.<\/p>\n<p><strong> La guerre au Liban para\u00eet assez inattendue. Etait-elle vraiment une surprise ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> Alain Gresh. <\/strong> Un conflit dans la r\u00e9gion n&#8217;est jamais vraiment une surprise. Depuis 1967, l&#8217;occupation par Isra\u00ebl de territoires arabes et l&#8217;absence de solution \u00e0 la question palestinienne alimentent la tension. Il n&#8217;y aura pas de stabilit\u00e9 sans l&#8217;\u00e9vacuation des territoires occup\u00e9s, sans la cr\u00e9ation d&#8217;un Etat palestinien. Pour cette nouvelle guerre, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il faut rappeler que la fronti\u00e8re entre le Liban et Isra\u00ebl est instable malgr\u00e9 le retrait en 2000 d&#8217;Isra\u00ebl du Sud-Liban, qu&#8217;il occupait depuis dix-huit ans. Cette fronti\u00e8re est r\u00e9guli\u00e8rement survol\u00e9e par l&#8217;aviation isra\u00e9lienne et les fermes de Chebaa restent contest\u00e9es, le gouvernement libanais les consid\u00e9rant comme un territoire occup\u00e9. Les accrochages sont r\u00e9guliers. Ces tensions participent aussi d&#8217;un affrontement plus vaste mettant aux prises Isra\u00ebl et les Etats-Unis, d&#8217;une part, \u00e0 ceux qui s&#8217;opposent \u00e0 leur h\u00e9g\u00e9monie. L&#8217;action du Hezbollah le 12 juillet n&#8217;\u00e9tait pas non plus totalement une surprise. Il avait annonc\u00e9 depuis des mois son intention de capturer des soldats isra\u00e9liens pour les \u00e9changer contre des prisonniers libanais retenus en Isra\u00ebl parfois depuis vingt ans. Le Hezbollah avait d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9 des tentatives analogues \u00e0 celle du 12 juillet.<\/p>\n<p><strong> Pourquoi cette fois une riposte d&#8217;une telle ampleur de l&#8217;arm\u00e9e isra\u00e9lienne ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong> Depuis le retrait d&#8217;Isra\u00ebl en mai 2000, le Hezbollah a constitu\u00e9 un arsenal important avec l&#8217;aide de la Syrie et de l&#8217;Iran et les militaires isra\u00e9liens demandaient que l&#8217;on casse cette menace. Cette force est redout\u00e9e \u00e9galement par les Etats-Unis qui consid\u00e8rent que le Hezbollah pourrait constituer un appui pour T\u00e9h\u00e9ran et ouvrir un nouveau front en cas de conflit avec l&#8217;Iran. Plusieurs journalistes am\u00e9ricains ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&#8217;attaque isra\u00e9lienne contre le Sud-Liban \u00e9tait pr\u00e9vue de longue date et avait \u00e9t\u00e9 coordonn\u00e9e par Washington et Tel-Aviv. Pour intervenir militairement, les Isra\u00e9liens se sont pr\u00e9valus d&#8217;une riposte \u00e0 l&#8217;enl\u00e8vement d&#8217;un militaire et de la r\u00e9solution 1559 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies  qui exigeait le d\u00e9sarmement du Hezbollah&#8230; Cette r\u00e9solution a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme pr\u00e9texte, mais cet argument ne convainc pas grand monde dans la r\u00e9gion : il y a tellement de r\u00e9solutions qu&#8217;Isra\u00ebl refuse d&#8217;appliquer, et avant tout la r\u00e9solution 242 qui date de 1967 et qui demande le retrait d&#8217;Isra\u00ebl des territoires arabes occup\u00e9s. Il existe d&#8217;ailleurs un scepticisme g\u00e9n\u00e9ral au Proche-Orient \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des Nations unies comme \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des discours en faveur de la d\u00e9mocratie : les opinions ont perdu toute confiance face \u00e0 un discours \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable. Je le regrette mais j&#8217;en comprends l&#8217;origine. La r\u00e9solution 1559 devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e avec pond\u00e9ration car elle ne peut \u00eatre appliqu\u00e9e par la force. Le Liban \u00e9tait sous tutelle syrienne depuis 1976 avec, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, l&#8217;accord de la France et des Etats-Unis. A partir de 2004,  Am\u00e9ricains et Fran\u00e7ais ont voulu mettre fin \u00e0 cette tutelle et multipli\u00e9 les pressions pour que la Syrie quitte le Liban. La r\u00e9solution 1559 adopt\u00e9e le <\/p>\n<p>2 septembre 2004 pr\u00e9voyait le retrait des troupes syriennes et le d\u00e9sarmement des groupes militaires. Etaient vis\u00e9s le Hezbollah et les groupes palestiniens. L&#8217;assassinat de l&#8217;ancien premier ministre libanais Rafiq Hariri (1) aboutit au d\u00e9part des Syriens au printemps 2005 et \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e au pouvoir d&#8217;une coalition domin\u00e9e par des forces alli\u00e9es \u00e0 Paris et Washington, mais qui comprend aussi le Hezbollah. Cet \u00e9quilibre politique rend difficile d&#8217;imposer le d\u00e9sarmement du Hezbollah. D&#8217;autant plus que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des conscrits de l&#8217;arm\u00e9e libanaise sont des chiites qui risquent de ren\u00e2cler \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve de force avec le Hezbollah. Un consensus existait \u00e0 Beyrouth pour faire de cette question une affaire interne au Liban. Les discussions s&#8217;\u00e9taient engag\u00e9es en ce sens. Le Hezbollah faisait valoir un argument pour ne pas d\u00e9sarmer : l&#8217;arm\u00e9e est trop faible pour d\u00e9fendre le territoire face \u00e0 Isra\u00ebl. D&#8217;autre part, le Hezbollah b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;une aura li\u00e9e \u00e0 la lib\u00e9ration du Sud- Liban en 2000 qui lui est cr\u00e9dit\u00e9e. Devant la lenteur du processus de d\u00e9sarmement du Hezbollah, le gouvernement isra\u00e9lien a cru pouvoir prendre pr\u00e9texte de l&#8217;enl\u00e8vement de ses soldats, arguer de cette r\u00e9solution et intervenir avec l&#8217;objectif d\u00e9clar\u00e9 de casser le Hezbollah. Ce qui s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une lourde erreur. La r\u00e9solution 1701 adopt\u00e9e mi-ao\u00fbt pour mettre un terme au conflit est d&#8217;une ambigu\u00eft\u00e9 qui rend compte de cette situation : il est demand\u00e9 qu&#8217;il ne subsiste pas d&#8217;armes non accept\u00e9es par le gouvernement libanais. Mais le gouvernement ne peut demander au Hezbollah de rendre les armes&#8230; Dans le m\u00eame temps, le Hezbollah ne se montre plus en arme. Je ne vois pas \u00e0 court terme qui pourra ou voudra d\u00e9sarmer le Hezbollah.<\/p>\n<p><strong> Comment a r\u00e9agi l&#8217;opinion publique libanaise ? Le Hezbollah sort-il confort\u00e9 aupr\u00e8s des populations libanaise et arabe ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong>Autant que l&#8217;on puisse le savoir, il semble qu&#8217;au lendemain de l&#8217;enl\u00e8vement par le Hezbollah du militaire isra\u00e9lien, le 12 juillet, la r\u00e9action populaire libanaise \u00e9tait assez mitig\u00e9e. Mais l&#8217;ampleur de l&#8217;attaque isra\u00e9lienne a chang\u00e9 la donne : la majorit\u00e9 de la population rend Tel-Aviv responsable des destructions. Le Hezbollah est confront\u00e9 au d\u00e9fi de la reconstruction. Mais ses militants sont les seuls sur le terrain dans la partie sud du pays et sont les seuls capables d&#8217;organiser le retour, la reconstruction et l&#8217;aide aux r\u00e9fugi\u00e9s. S&#8217;ils parviennent \u00e0 faire face, ils seront tr\u00e8s renforc\u00e9s politiquement. Il faut bien comprendre que le Hezbollah n&#8217;est pas un Etat dans l&#8217;Etat mais un Etat dans un non-Etat. Politiquement, le Hezbollah et son leader Hassan Nasrallah ont fait preuve d&#8217;une grande finesse pour maintenir l&#8217;unit\u00e9 du gouvernement. Ainsi, il ne s&#8217;est pas oppos\u00e9 au d\u00e9ploiement de l&#8217;arm\u00e9e libanaise au Sud-Liban. Pendant le conflit lui-m\u00eame, il n&#8217;a pas donn\u00e9 dans la surench\u00e8re verbale et, significativement, ses informations sur les combats \u00e9taient plus fiables que celles donn\u00e9es par l&#8217;arm\u00e9e isra\u00e9lienne. La place du Hezbollah dans l&#8217;espace politique libanais tient aussi au fait que, cr\u00e9\u00e9 en 1983-1984, alors que se terminait la guerre civile libanaise, il n&#8217;a pas particip\u00e9 \u00e0 cette guerre fratricide. Il a su nouer des alliances avec la principale force maronite, celle du g\u00e9n\u00e9ral Aoun, b\u00e9n\u00e9ficie de soutien parmi les sunnites et de liens avec les partis multiconfessionnels libanais comme le PC. Son ancrage dans la soci\u00e9t\u00e9 est profond et ne peut se r\u00e9duire \u00e0 l&#8217;aspect religieux, celui d&#8217;un parti chiite. Si l&#8217;on ajoute que, pour la premi\u00e8re fois depuis quarante ans, au terme de la sixi\u00e8me guerre isra\u00e9lo-arabe, l&#8217;arm\u00e9e isra\u00e9lienne est d\u00e9faite, on peut pr\u00e9voir que le Hezbollah va sortir passablement grandi aux yeux des Libanais et plus largement des opinions publiques arabes. Le Hezbollah vient de d\u00e9montrer au monde arabe que l&#8217;on peut r\u00e9sister aux actions militaires isra\u00e9liennes. Cette victoire militaire et politique intervient dans un moment o\u00f9 toutes les voies d&#8217;une paix juste sont bouch\u00e9es et alors que l&#8217;administration Bush veut imposer ses vues par la force, et qu&#8217;Isra\u00ebl ne se reconna\u00eet aucun interlocuteur palestinien. La Syrie et l&#8217;Iran viennent, \u00e0 l&#8217;issue de ce conflit, de saluer l&#8217;av\u00e8nement du Nouveau Moyen-Orient.<\/p>\n<p><strong> Qu&#8217;entendent-ils par l\u00e0 ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong> Il est \u00e9vident que dans les termes m\u00eame ils r\u00e9pliquent au projet de \u00ab Nouveau Moyen-Orient \u00bb de l&#8217;administration am\u00e9ricaine. Ce projet am\u00e9ricain visait, sur la base d&#8217;une \u00ab instabilit\u00e9 constructive \u00bb (la mise en cause du statu quo), \u00e0 instaurer la d\u00e9mocratie dans la r\u00e9gion et \u00e0 mettre au pouvoir des r\u00e9gimes amis. Bien que r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9affirm\u00e9 par l&#8217;administration am\u00e9ricaine, chacun sait que ce projet est en d\u00e9route : le chaos en Irak le prouve. La Syrie se veut le soutien de la solution \u00e9labor\u00e9e lors de la conf\u00e9rence isra\u00e9lo-arabe de Madrid en 1991 : une paix globale sur la base d&#8217;une restitution des territoires occup\u00e9s, de la cr\u00e9ation d&#8217;un Etat palestinien et d&#8217;une reconnaissance d&#8217;Isra\u00ebl par l&#8217;ensemble des pays arabes. Ce sc\u00e9nario ne peut voir le jour actuellement sous cette administration am\u00e9ricaine qui pense tout en termes de lutte contre le terrorisme et qui vient de d\u00e9clarer que le Liban est le troisi\u00e8me front de cette guerre anti-terroriste. La solution que la Syrie continue de porter est donc actuellement tr\u00e8s hypoth\u00e9tique et, en attendant, nous assistons \u00e0 l&#8217;extension des crises&#8230; On peut aussi esp\u00e9rer que l&#8217;incapacit\u00e9 d&#8217;Isra\u00ebl \u00e0 imposer unilat\u00e9ralement son point de vue favorisera des \u00e9volutions aussi bien aux Etats-Unis qu&#8217;en Isra\u00ebl o\u00f9 beaucoup de voix d\u00e9j\u00e0 s&#8217;\u00e9l\u00e8vent contre la poursuite du d\u00e9sastre. Mais il faudra sans doute attendre une nouvelle administration am\u00e9ricaine&#8230;<\/p>\n<p><strong> Quel est le projet de l&#8217;Iran pour la r\u00e9gion ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong> L&#8217;Iran n&#8217;a pas vraiment de projet construit pour le Proche-Orient. Malgr\u00e9 les discours antisionistes et parfois antis\u00e9mites, l&#8217;Iran n&#8217;est pas vraiment engag\u00e9 dans le conflit isra\u00e9lo-arabe et n&#8217;entend pas y prendre part activement. Le c\u0153ur de ses pr\u00e9occupations est la r\u00e9gion du Golfe. C&#8217;est dans cette r\u00e9gion que les Iraniens esp\u00e8rent jouer un r\u00f4le important. Ils ne sont d&#8217;ailleurs pas forc\u00e9ment d\u00e9stabilisateurs, comme on l&#8217;a vu dans leur opposition aux talibans ou dans leur collaboration de facto avec les Am\u00e9ricains sur l&#8217;Irak au lendemain de l&#8217;invasion de 2003. T\u00e9h\u00e9ran conduit une politique r\u00e9aliste de grande puissance r\u00e9gionale et non d&#8217;exportation de la r\u00e9volution. Le pr\u00e9sident Mahmoud Ahmadinejad entend affirmer la place de son pays sur la sc\u00e8ne r\u00e9gionale, lui voir reconnu son r\u00f4le de puissance. On le voit autour du bras de fer sur la question du nucl\u00e9aire. L&#8217;Iran revendique le droit d&#8217;enrichir l&#8217;uranium (ce qui est conforme au trait\u00e9 de non-prolif\u00e9ration nucl\u00e9aire sign\u00e9 par T\u00e9h\u00e9ran). Alors que l&#8217;Inde, Isra\u00ebl et le Pakistan se sont dot\u00e9s de l&#8217;arme nucl\u00e9aire, Ahmadinejad refuse de se soumettre aux injonctions europ\u00e9ennes et am\u00e9ricaines et aux demandes de ces pays de renoncer \u00e0 son droit \u00e0 une fili\u00e8re nucl\u00e9aire civile. Cette position est populaire en Iran o\u00f9 elle fait consensus entre les divers courants politiques. Par ailleurs, avec un p\u00e9trole \u00e0 70 dollars le baril, l&#8217;Iran jouit de capacit\u00e9s financi\u00e8res consid\u00e9rables. Sur plusieurs plans : \u00e9conomique, politique, diplomatique, \u00e9nerg\u00e9tique, etc. : l&#8217;Iran est en train de conqu\u00e9rir un poids important, ce qui inqui\u00e8te Am\u00e9ricains et Isra\u00e9liens. Pour cette raison il n&#8217;est vraiment pas exclu que l&#8217;on assiste non \u00e0 une invasion militaire du type irakien mais \u00e0 des bombardements sur l&#8217;Iran.<\/p>\n<p><strong> Ahmadinejad a-t-il un projet \u00e0 vis\u00e9e h\u00e9g\u00e9monique sur le monde musulman ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong> Nombre des d\u00e9clarations de Ahmadinejad ont des raisons internes. La classe dirigeante est tr\u00e8s divis\u00e9e et la lutte pour le pouvoir est \u00e2pre. Mais il est clair que Ahmadinejad veut se poser en opposant \u00e0 la politique occidentale. Ce qu&#8217;exprime l&#8217;Iran est en phase avec ce que l&#8217;on entend \u00e9galement du c\u00f4t\u00e9 de la Chine, de la Russie, de l&#8217;Am\u00e9rique latine&#8230; Les aspirations iraniennes rejoignent celles de nombreux peuples qui entendent fonder leur politique sur leurs int\u00e9r\u00eats nationaux et non selon la vision occidentale de l&#8217;ordre mondial. Le monde unipolaire que nous connaissons est en train de se recomposer.<\/p>\n<p><strong> Vous ne croyez pas \u00e0 la possible h\u00e9g\u00e9monie chiite, au travers d&#8217;une alliance Hezbollah libanais-Iran, sur un monde arabe en panne de projet ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> A.G. <\/strong> Les chiites sont tr\u00e8s minoritaires dans le monde musulman et souvent victimes d&#8217;ostracisme ; cela limite forc\u00e9ment les ambitions iraniennes. Par ailleurs, je ne crois pas que le chiisme cr\u00e9e un lien suffisant pour permettre une r\u00e9elle unit\u00e9. Les contradictions entre les chiites irakiens et ceux d&#8217;Iran peuvent \u00eatre vives ; les logiques des uns et des autres sont avant tout nationalistes. Il n&#8217;y a pas de communaut\u00e9 chiite homog\u00e8ne ni de \u00ab croissant chiite \u00bb. Si l&#8217;on \u00e9coute bien le discours du Hezbollah, c&#8217;est d&#8217;abord un discours libanais. L&#8217;Iran aspire \u00e0 prendre une place dans la r\u00e9gion mais pas au nom d&#8217;une id\u00e9ologie chiite. On est plus proche d&#8217;un discours tiers-mondiste que religieux et la port\u00e9e des discours de Ahmadinejad d\u00e9passe le monde musulman. La rencontre cet \u00e9t\u00e9 entre Hugo Chavez et Mahmoud Ahmadinejad est, de ce point de vue, un \u00e9v\u00e9nement significatif.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alain Gresh est journaliste, auteur, notamment, de L&#8217;Islam, la R\u00e9publique et le monde, Hachette, 2006, et, avec Dominique Vidal, Les Cent Clefs du Proche-Orient, Hachette, 2006. La guerre au Liban para\u00eet assez inattendue. Etait-elle vraiment une surprise ? Alain Gresh. Un conflit dans la r\u00e9gion n&#8217;est jamais vraiment une surprise. 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