{"id":2436,"date":"2006-11-01T00:00:00","date_gmt":"2006-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/voyages-en-pauvrete-laborieuse2436\/"},"modified":"2006-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-31T23:00:00","slug":"voyages-en-pauvrete-laborieuse2436","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2436","title":{"rendered":"Voyages en pauvret\u00e9 laborieuse"},"content":{"rendered":"<p>**7 millions de travailleurs pauvres, La France invisible, Un autre monde, trois ouvrages offrent une sc\u00e8ne \u00e0 des groupes et des r\u00e9gions souvent oubli\u00e9s, aux perdants de la mondialisation, aux parts d&#8217;ombre et trous noirs, aux zones fronti\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9. Ils <\/p>\n<p>dessinent des solutions pour r\u00e9pondre \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne social massif qui nourrit la \u00ab mis\u00e8re du monde \u00bb. Lecture.**<\/p>\n<p>Quelque chose, dans ce monde, ne tourne pas rond. A travers des histoires singuli\u00e8res relat\u00e9es par les faits divers, dans les discussions informelles avec nos voisins, notre boulang\u00e8re, nous sentons une \u00ab souffrance sociale \u00bb qui suinte de partout. Il y a les \u00ab marginaux \u00bb, les \u00ab SDF \u00bb, les \u00ab pauvres \u00bb, les \u00ab drogu\u00e9s \u00bb, les \u00ab prisonniers \u00bb, les \u00ab clandestins \u00bb, puis toute la masse sans visages des \u00ab populations des pays en d\u00e9veloppement \u00bb tour \u00e0 tour \u00ab en dessous du seuil de pauvret\u00e9 \u00bb, \u00ab exploit\u00e9e \u00bb, \u00ab d\u00e9plac\u00e9e \u00bb, \u00ab extermin\u00e9e \u00bb par des guerres, des famines, des \u00e9pid\u00e9mies, \u00e9cras\u00e9e par le poids des dictatures locales et de la \u00ab dette odieuse \u00bb ; il y a aussi tous ceux qui du \u00ab riche \u00bb Nord au Sud \u00ab n\u00e9o-colonialis\u00e9 \u00bb, de l&#8217;Ouest \u00ab capitaliste \u00bb \u00e0 l&#8217;Est \u00ab en transition \u00bb, dans leur travail quotidien, sont \u00ab mis en concurrence \u00bb, \u00ab d\u00e9localis\u00e9s \u00bb, \u00ab pr\u00e9ssur\u00e9s \u00bb&#8230; Face \u00e0 cet inventaire \u00e0 la Pr\u00e9vert, comment \u00e9viter \u00ab la d\u00e9ploration \u00abd\u00e9cliniste\u00bb, l&#8217;inqui\u00e9tude s\u00e9curitaire, la rage verbale incantatoire ou le refoulement souriant \u00bb (1) ? Comment faire \u00ab \u00e9cho \u00e0 La Mis\u00e8re du monde \u00bb (2), proposer d&#8217;autres grilles de lecture, susciter d&#8217;autres questions et d&#8217;autres r\u00e9ponses ? Comment continuer \u00e0 y croire ? Trois ouvrages qui viennent de para\u00eetre apportent leur contribution \u00e0 l&#8217;entretien de la flamme.<\/p>\n<p>Le journaliste Jacques Cotta se penche sur les 7 millions de travailleurs pauvres (3) que compte la France : interpell\u00e9 dans sa vie quotidienne (il rencontre l&#8217;un d&#8217;entre-eux \u00e0 la laverie de son quartier), il d\u00e9cide de partir \u00e0 la d\u00e9couverte de ce continent inexplor\u00e9. Le sujet, en effet pr\u00e9sent dans la vie m\u00e9diatique fran\u00e7aise depuis\u00a0le milieu des ann\u00e9es 1990, r\u00e9appara\u00eet pourtant p\u00e9riodiquement dans les m\u00e9dias sous la forme d&#8217;une d\u00e9couverte (4). L&#8217;auteur livre les p\u00e9rip\u00e9ties d&#8217;un voyage, sans pr\u00e9tention scientifique : bien que fourni en assertions et chiffres \u00e0 prendre avec des pincettes : dans cette pauvret\u00e9 laborieuse, avec le souci de rendre compte du v\u00e9cu quotidien d&#8217;individus, de plus en plus nombreux, pr\u00e9caris\u00e9s par un monde du travail de plus en plus exigeant et excluant. De l&#8217;agr\u00e9g\u00e9 de philosophie, \u00ab titulaire sur zone de remplacement \u00bb (entendre corv\u00e9able \u00e0 merci pour \u00ab boucher les trous \u00bb de l&#8217;Education nationale) en Picardie, au \u00ab balafr\u00e9 \u00bb, ce \u00ab Fran\u00e7ais \u00bb qui fait des \u00ab petits boulots \u00bb mais n&#8217;a pas de quoi se payer un logement et squatte dans un recoin de la cage d&#8217;escalier D9 de l&#8217;ancienne gare d\u00e9saffect\u00e9e des Gobelins \u00e0 Paris, en passant par \u00ab Faty la rebelle \u00bb, embl\u00e8me de la lutte des femmes de m\u00e9nages du groupe Arcade et admir\u00e9e d&#8217;une \u00ab jeune Africaine qui survit tout juste gr\u00e2ce \u00e0 un travail \u00e0 temps partiel \u00bb, ou encore Paul, ce comptable qui se retrouve \u00e0 postuler, pour un salaire deux fois moindre, au poste qu&#8217;il occupait quelques semaines plus t\u00f4t et dont il a \u00e9t\u00e9 vir\u00e9. Jacques Cotta cherche \u00e0 rendre visible toute une frange du salariat dont la condition sociale et \u00e9conomique se d\u00e9lite, sans que, semble-t-il, on s&#8217;en pr\u00e9occupe plus que \u00e7a.<\/p>\n<p>Sa d\u00e9marche rejoint celle d&#8217;un second ouvrage collectif r\u00e9unissant vingt-huit auteurs sous la direction du sociologue St\u00e9phane Beaud et des journalistes Joseph Confavreux et Jade Lingaard, s&#8217;ouvrant sur le constat d&#8217;un \u00ab monde social qui semble ne poser question qu&#8217;\u00e0 partir du moment o\u00f9 il est rendu visible sur un mode spectaculaire \u00bb (5). Offrir une \u00ab sc\u00e8ne \u00bb \u00e0 ces \u00ab ph\u00e9nom\u00e8nes sociaux massifs \u00bb et pourtant invisibles, \u00ab explorer ces groupes et r\u00e9gions de l&#8217;espace social oubli\u00e9s de l&#8217;espace public \u00bb, telle est l&#8217;ambition de La France invisible. S&#8217;inscrivant dans la tradition sociologique critique, ce travail propose \u00ab un dispositif d&#8217;investigation sociale et de contribution in\u00e9dit : une succession d&#8217;enqu\u00eates men\u00e9es par des journalistes, des chercheurs et des \u00e9crivains \u00bb. <\/p>\n<p><strong> Invisibilit\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>Le livre se d\u00e9coupe en deux parties : alors que la seconde nourrit une r\u00e9flexion sur les modes de \u00ab connaissances et de repr\u00e9sentations du monde social \u00bb, la premi\u00e8re part \u00ab du v\u00e9cu des individus \u00bb : \u00ab variables d&#8217;ajustement \u00bb, \u00ab sans qualit\u00e9 \u00bb, \u00ab victimes des nouvelles violences sociales \u00bb ou encore \u00ab invisibles masqu\u00e9s par des images toutes faites \u00bb. Le travail des enqu\u00eateurs dessine les \u00ab parts d&#8217;ombre, les trous noirs, les zones fronti\u00e8res \u00bb de la connaissance de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, et plus qu&#8217;une \u00ab chambre d&#8217;\u00e9cho d&#8217;une parole domin\u00e9e \u00bb, se propose de retourner \u00ab des dissym\u00e9tries, d\u00e9formations et occultations qui parcourent l&#8217;univers social \u00bb. Alors que tous ces \u00ab portraits \u00bb n&#8217;ont souvent \u00ab rien \u00e0 voir les uns avec les autres (&#8230;) ne forment pas une classe sociale homog\u00e8ne, (&#8230;) beaucoup de personnes se sont reconnues dans la notion d&#8217;invisibilit\u00e9, entendue non pas comme une cat\u00e9gorie sociologique, (&#8230;) mais comme une situation et un ensemble de processus qui conduisent \u00e0 un sentiment de non-reconnaissance et de m\u00e9pris social \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour la vaste majorit\u00e9 des femmes et des hommes, la mondialisation n&#8217;a pas r\u00e9pondu \u00e0 leurs aspirations, simples et l\u00e9gitimes, \u00e0 un travail d\u00e9cent et \u00e0 un avenir meilleur pour leurs enfants. \u00bb (6). C&#8217;est par ces mots : qu&#8217;il reprend \u00e0 l&#8217;excellent rapport de l&#8217;Organisation internationale du travail (OIT) sur la mondialisation publi\u00e9 en 2004 et auquel il a particip\u00e9 : que Joseph Stiglitz introduit la r\u00e9flexion que propose son dernier ouvrage : Un autre monde. En \u00e9cho aux souffrances banales que d\u00e9crivent les deux ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents, le prix Nobel d&#8217;\u00e9conomie d\u00e9place la focale sur les \u00ab nombreux perdants de la mondialisation \u00bb, et nous rappelle que la souffrance est aussi \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur de nos fronti\u00e8res. S&#8217;appuyant sur ce constat, qu&#8217;il a largement d\u00e9velopp\u00e9 dans des ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents, il rend raison \u00e0 \u00ab ceux qui, dans des rassemblements comme le Forum social mondial de Bombay clament qu&#8217;\u00abun autre monde est possible\u00bb\u00bb, et s&#8217;emploie \u00e0 d\u00e9montrer comment : d&#8217;abord, \u00ab faire face \u00e0 la mondialisation \u00bb et \u00e0 la mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s qu&#8217;elle accentue plut\u00f4t que la d\u00e9nier, en renon\u00e7ant \u00e0 la \u00ab th\u00e9orie aujourd&#8217;hui discr\u00e9dit\u00e9e du ruissellement, d&#8217;apr\u00e8s laquelle, du moment qu&#8217;il y a croissance, tout le monde va en b\u00e9n\u00e9ficier \u00bb. Ensuite, la repolitiser, puisque, selon l&#8217;auteur, \u00ab au niveau international, nous n&#8217;avons pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er les institutions politiques d\u00e9mocratiques n\u00e9cessaires pour que la mondialisation fonctionne : pour que la puissance de l&#8217;\u00e9conomie mondiale de march\u00e9 conduise bien \u00e0 une vie meilleure la grande majorit\u00e9 des habitants de la plan\u00e8te, et non seulement les individus les plus riches des pays les plus riches \u00bb. Stiglitz, fort de l&#8217;\u00e9cho m\u00e9diatique et politique qu&#8217;ont rencontr\u00e9 ses pr\u00e9c\u00e9dents ouvrages, encha\u00eene alors les propositions de r\u00e9forme : rendre le commerce \u00e9quitable (r\u00e9former l&#8217;OMC), revoir le probl\u00e8me de la dette des pays en d\u00e9veloppement et des r\u00e9serves mondiales (r\u00e9former le FMI et la Banque mondiale), imposer des r\u00e8gles internationales (contre le libre jeu du march\u00e9 auquel l&#8217;\u00e9conomiste n&#8217;accorde pas de puissance particuli\u00e8re) sur la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle, la pr\u00e9servation de l&#8217;environnement, et le comportement des multinationales.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9occupations d&#8217;un Stiglitz qui plane dans les hautes sph\u00e8res du monde politique (7) semblent bien \u00e9loign\u00e9es de la trivialit\u00e9 sur laquelle se penchent les deux ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents. Pourtant, on retrouve dans ces trois publications la m\u00eame pr\u00e9occupation : resocialiser la \u00ab souffrance sociale \u00bb, lui redonner sa dimension collective, historique, construite, d\u00e9termin\u00e9e. Pour, au bout du compte, la d\u00e9psychologiser, la d\u00e9naturaliser, et la repolitiser.<\/p>\n<p><strong> Duret\u00e9 du monde social  <\/strong><\/p>\n<p>Deux articles de la France invisible dessinent les contours de cette b\u00e9ance dans la repr\u00e9sentation de la \u00ab souffrance sociale \u00bb : St\u00e9phane Beaud rappelle que, depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9e, la sociologie a tendance \u00e0 faire \u00ab dispara\u00eetre l&#8217;analyse attentive des conditions sociales d&#8217;existence des individus et des groupes sociaux \u00bb, ce qu&#8217;il appelle plus loin, \u00e0 la suite de Robert Castel, \u00ab la duret\u00e9 du monde social \u00bb (8). Et\u00a0Xavier de la Porte note que le destin m\u00e9diatique des notions de \u00ab travailleurs pauvres \u00bb et de \u00ab bobos \u00bb, l&#8217;une sans cesse refoul\u00e9e, l&#8217;autre surmobilis\u00e9e, \u00ab illustre une tendance \u00e0 faire passer au second plan du d\u00e9bat la question des revenus, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le partage de la richesse nationale se fait de plus en plus au profit du capital \u00bb. St\u00e9phane Beaud rappelle \u00e0 l&#8217;ordre la sociologie qui a pour objectif de \u00ab traiter scientifiquement les probl\u00e8mes sociaux de son temps \u00bb, et \u00ab oblige le sociologue \u00e0 s&#8217;engager \u00bb.<\/p>\n<p><strong> Des arbitrages \u00e0 faire <\/strong><\/p>\n<p>Et pas seulement lui. Le journaliste aussi. C&#8217;est ce que fait Jacques Cotta qui conclut son voyage en pauvret\u00e9 laborieuse par une interpellation \u00ab \u00e0 ceux qui nous gouvernent ou qui en ont la volont\u00e9 \u00bb (9) : \u00ab pour gagner les suffrages des \u00e9lecteurs, les candidats demandent \u00e0 \u00eatre jug\u00e9s sur des mesures et des promesses cens\u00e9es am\u00e9liorer la situation d&#8217;ensemble, et particuli\u00e8rement celle du plus grand nombre, confront\u00e9 \u00e0 des difficult\u00e9s li\u00e9es au travail, au salaire, au logement. Et si (&#8230;) nous les prenions au mot ? \u00bb Il rappelle alors le constat de toute la gauche de la gauche : la richesse nationale augmente et pourtant, les \u00ab r\u00e9formes \u00bb ne sont que r\u00e9gressions sociales sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis 1945. Refusant la \u00ab fatalit\u00e9 \u00bb, acculant le lecteur \u00e0 l&#8217;horreur d&#8217;une alternative entre \u00ab une implosion dont les \u00ab\u00e9meutes\u00bbde novembre 2005 dans les quartiers populaires n&#8217;auraient \u00e9t\u00e9 que les pr\u00e9mices \u00bb et \u00ab un renforcement policier. (&#8230;) o\u00f9 toutes les oppositions permettraient au pouvoir de se maintenir, au nom de l&#8217;ordre, de la s\u00e9curit\u00e9 et du respect des biens des personnes \u00bb, il en appelle \u00e0 \u00ab une autre issue (&#8230;) dessin\u00e9e le 29 mai 2005, lorsque la majorit\u00e9 du peuple fran\u00e7ais a d\u00e9cid\u00e9 (&#8230;) de faire entendre sa voix \u00bb.<\/p>\n<p>Stiglitz, quant \u00e0 lui, rappelle ce que la souffrance banale doit aux grandes man\u0153uvres internationales, et \u00e0 l&#8217;instrumentalisation d&#8217;une th\u00e9orie \u00e9conomique \u00ab fanatique du march\u00e9 \u00bb et aujourd&#8217;hui largement discr\u00e9dit\u00e9e par la science \u00e9conomique elle-m\u00eame. Il rappelle qu&#8217;alors qu&#8217;on tente de savoir si les d\u00e9cisions sont justes (aggravent ou pas le sort des plus pauvres, r\u00e9clament un effort plus ou moins disproportionn\u00e9, etc.) au niveau national, on ne fait jamais cette d\u00e9marche au niveau mondial. A cette \u00e9chelle, ceux qui font l&#8217;objet d&#8217;une attention sp\u00e9ciale sont les plus puissants. \u00ab M\u00eame au sein des institutions internationales (&#8230;) on fait semblant de croire qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;arbitrage \u00e0 faire. (&#8230;) Mais d\u00e9l\u00e9guer \u00e0 des technocrates la r\u00e9daction des r\u00e8gles du jeu \u00e9conomique ne pourrait se justifier que par l&#8217;existence d&#8217;un seul bon ensemble de r\u00e8gles. Ce n&#8217;est absolument pas le cas ; cette id\u00e9e est non seulement fausse mais dangereuse. A de rares exceptions pr\u00e8s, il y a toujours des arbitrages. (&#8230;) Et ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 travers le syst\u00e8me politique qu&#8217;on peut les faire correctement \u00bb (10).<\/p>\n<p>Cotta, Stiglitz et les auteurs de la France invisible nous tendent un miroir qui nous invite non a regarder des objets en soi : travailleurs pauvres, invisibles, institutions internationales : et la parole qu&#8217;ils leur donnent, mais ce qu&#8217;ils donnent \u00e0 voir des d\u00e9r\u00e8glements de notre monde, de ses injustices, et de nos responsabilit\u00e9s. Car, comme le rappelle si justement Stiglitz : \u00ab En un sens, ce ne sont pas les institutions elles-m\u00eames qu&#8217;il faut bl\u00e2mer, elles sont g\u00e9r\u00e9es par les pays industriels avanc\u00e9s. Leurs \u00e9checs, c&#8217;est l&#8217;\u00e9chec de la politique de ces pays. (&#8230;) De m\u00eame qu&#8217;on ne peut pas tout reprocher aux institutions internationales, on ne peut pas tout reprocher \u00e0 ces gouvernements : leurs \u00e9lecteurs ont leur part de responsabilit\u00e9. \u00bb A m\u00e9diter en ces temps pr\u00e9-\u00e9lectoraux. <\/p>\n<p>1. In La France invisible.<\/p>\n<p>2. Op. cit. En r\u00e9f\u00e9rence au travail d&#8217;enqu\u00eate sous la direction de Pierre Bourdieu, Minuit, 1993.<\/p>\n<p>3. 7 millions de travailleurs pauvres.<\/p>\n<p>4. Dans son num\u00e9ro du <\/p>\n<p>7 avril 2005, Le Monde <\/p>\n<p>informait par exemple de \u00ab l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;une nouvelle cat\u00e9gorie de salari\u00e9s, les travailleurs pauvres \u00bb <\/p>\n<p>alors que le quotidien avait d\u00e9j\u00e0 fait para\u00eetre plusieurs articles sur la questions dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Cit\u00e9 par Xavier de la Porte, \u00ab \u00abBobos\u00bbet \u00abtravailleurs pauvres\u00bb. Petits arrangements de la presse avecle monde social \u00bb, <\/p>\n<p>in La France invisible.<\/p>\n<p>5. In La France invisible<\/p>\n<p>6. In Joseph E. Stiglitz, Un autre monde. Contre le fanatisme du march\u00e9, Fayard, Paris, 2006.<\/p>\n<p>7. Joseph Stiglitz, prix Nobel d&#8217;\u00e9conomie en 2001, fut conseiller \u00e9conomique \u00e0 la Maison Blanche, aupr\u00e8s de Bill Clinton, entre 1993 et 1997, puis vice-pr\u00e9sident de la Banque mondiale entre 1997 et 2001.<\/p>\n<p>8. In La France invisible.<\/p>\n<p>9. In 7 millions de<\/p>\n<p>travailleurs pauvres.<\/p>\n<p>10. In Un autre monde.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>**7 millions de travailleurs pauvres, La France invisible, Un autre monde, trois ouvrages offrent une sc\u00e8ne \u00e0 des groupes et des r\u00e9gions souvent oubli\u00e9s, aux perdants de la mondialisation, aux parts d&#8217;ombre et trous noirs, aux zones fronti\u00e8res de la soci\u00e9t\u00e9. 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