{"id":2434,"date":"2006-11-01T00:00:00","date_gmt":"2006-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-france-dans-le-monde-lente2434\/"},"modified":"2006-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-10-31T23:00:00","slug":"la-france-dans-le-monde-lente2434","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2434","title":{"rendered":"La France dans le monde : lente sortie du consensus gaulliste"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Paradoxe : la politique \u00e9trang\u00e8re, chasse gard\u00e9e du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, n&#8217;est pas objet de confrontations en campagne pr\u00e9sidentielle. Le consensus national est de mise. Va-t-on bousculer cette tradition en 2007 ? Quelles sont les lignes de d\u00e9marcation entre les partis dans les grands dossiers internationaux  ? <\/p>\n<p>La politique internationale est en g\u00e9n\u00e9ral un parent pauvre de la vie publique fran\u00e7aise, hormis les dossiers europ\u00e9ens trait\u00e9s d&#8217;abord sous un angle socio-\u00e9conomique en lien aux enjeux int\u00e9rieurs. Qui plus est, les dossiers de politique \u00e9trang\u00e8re ne figurent qu&#8217;assez marginalement m\u00eame lors des campagnes pr\u00e9sidentielles&#8230; en d\u00e9pit pourtant des missions d\u00e9volues au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de repr\u00e9sentant de la France dans le monde et de chef des arm\u00e9es, en d\u00e9pit aussi de son large \u00ab\u00a0domaine r\u00e9serv\u00e9 \u00bb en la mati\u00e8re, tel que la Ve R\u00e9publique l&#8217;a \u00e9tabli dans la pratique sous les pr\u00e9sidences successives de droite et de gauche. La pr\u00e9sidentielle 2007 pourrait pourtant marquer une \u00e9tape nouvelle.<\/p>\n<p>A l&#8217;instar des discours des candidats potentiels, les textes programmatiques des partis politiques fran\u00e7ais donnent, certes, vite prise \u00e0 la d\u00e9ception : les paragraphes consacr\u00e9s \u00e0 \u00ab la France dans le monde \u00bb, rel\u00e9gu\u00e9s toujours en fin, semblent y faire de la figuration. L&#8217;affirmation de grands principes, plut\u00f4t intemporels (rayonnement de la France, aide aux pays en d\u00e9veloppement, confortation du droit international), restent encore dans un giron relativement consensuel d&#8217;un parti \u00e0 l&#8217;autre : une certaine id\u00e9e de la grandeur de la France s&#8217;y d\u00e9cline avec des accents gaulliens, parfois en invoquant lointainement les Lumi\u00e8res europ\u00e9ennes ou occidentales, revues \u00e9ventuellement \u00e0 gauche \u00e0 l&#8217;aune de la solidarit\u00e9 entre les peuples ou, \u00e0 gauche de la gauche, d&#8217;une invocation altermondialiste encore peu transcrite dans les pratiques et les discours&#8230; Les questions internationales sont traditionnellement toutefois plus pr\u00e9sentes dans les petits partis de gauche, voulus internationalistes ou \u00e9cologistes, plus \u00e9loign\u00e9s du pouvoir aussi, o\u00f9 la matrice id\u00e9ologique surtout fonctionne donc davantage.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, l&#8217;opinion publique se focalise d&#8217;abord en p\u00e9riode \u00e9lectorale sur les soucis du quotidien, question \u00e9conomique et sociale, r\u00f4le de l&#8217;Etat, dossiers de sant\u00e9 publique ou d&#8217;\u00e9ducation, de s\u00e9curit\u00e9 ou de logement, etc. Mais la faiblesse de l&#8217;angle \u00e9tranger est symptomatique. Non pas seulement d&#8217;un certain \u00e9lectoralisme de la part des candidats, mais aussi de la difficult\u00e9 plus g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 la fois partisane et collective, \u00e0 produire une vision politique en prise avec le monde contemporain. Elle raconte en creux, aussi, les modalit\u00e9s d&#8217;\u00e9laboration de notre politique \u00e9trang\u00e8re, davantage d\u00e9connect\u00e9e des promesses \u00e9lectorales que les autres domaines\u00a0: l&#8217;histoire fran\u00e7aise de la Ve R\u00e9publique a prouv\u00e9 que la r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;une politique \u00e9trang\u00e8re se d\u00e9cide de fait apr\u00e8s l&#8217;installation au pouvoir du candidat \u00e9lu et tient d&#8217;abord compte de la politique d\u00e9j\u00e0 en cours, dans une certaine logique de corps, certes tant\u00f4t de droite, tant\u00f4t de gauche, mais avec tendance au consensus en p\u00e9riode de cohabitation&#8230; avec aussi par ailleurs une forte pr\u00e9gnance d&#8217;appareils li\u00e9s \u00e0 la haute fonction publique d&#8217;une part, \u00e0 l&#8217;influence sur ceux-ci d&#8217;une s\u00e9rie de personnalit\u00e9s politiques, d&#8217;autre part,  plac\u00e9es \u00e0 des postes cl\u00e9s dans la foul\u00e9e des alternances politiques, soit \u00e0 la t\u00eate d&#8217;administrations ou dans l&#8217;entourage du pr\u00e9sident. <\/p>\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 ces nombreuses r\u00e9serves, nous sortons peu \u00e0 peu depuis quelques mois, \u00e0 petits pas significatifs, du vieux consensus national, qui semblait pourtant avoir r\u00e9sist\u00e9 m\u00eame aux bouleversements mondiaux de 1989-1991, et semblait m\u00eame s&#8217;\u00eatre p\u00e9trifi\u00e9 depuis, alors que la p\u00e9riode ant\u00e9rieure produisait tout de m\u00eame des clivages politiques plus lisibles (sur la d\u00e9colonisation, la coop\u00e9ration avec les r\u00e9gimes nationalistes arabes ou l&#8217;arme nucl\u00e9aire, la promotion de la d\u00e9tente entre les deux blocs de la guerre froide ou au contraire la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un alignement atlantiste moins dramatis\u00e9&#8230;). Cette p\u00e9trification tient sans doute aux difficult\u00e9s de questionner les pr\u00e9suppos\u00e9s r\u00e9els sur lesquels repose la politique \u00e9trang\u00e8re fran\u00e7aise depuis 1945\u00a0: volont\u00e9 constante d&#8217;endiguer la puissance allemande par l&#8217;int\u00e9gration europ\u00e9enne, hantise du d\u00e9clin de la France, vue comme un Empire dont les matrices id\u00e9ologiques colonisatrices anciennes fonctionnent encore \u00e0 plein r\u00e9gime dans les repr\u00e9sentations et les actes.<\/p>\n<p>Or, les nouveaux enjeux de la p\u00e9riode, tant int\u00e9rieurs qu&#8217;internationaux, appellent plus que jamais \u00e0 un d\u00e9bat public et politique d&#8217;ampleur qui bouscule pr\u00e9cis\u00e9ment de plein fouet ces pr\u00e9suppos\u00e9s\u00a0: sur le rapport de la France au monde musulman, sur les guerres en cours et les mouvements de migration internationaux, sur la mont\u00e9e \u00e9conomique et (de plus en plus) politique de la Chine et l&#8217;Asie, sur la d\u00e9gradation \u00e9cologique de la plan\u00e8te et le droit d&#8217;acc\u00e8s pour chacun aux ressources vitales, sur le nouveau paradigme de la lutte anti-terroriste et le lien atlantique, sur les nouveaux risques de krach \u00e9conomique international et les perspectives d&#8217;\u00e9puisement en hydrocarbures, sur l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;Europe et sa construction politique interne. Chercheurs et militants de la solidarit\u00e9 internationale peuvent se plaindre ici \u00e0 juste titre de la difficult\u00e9 collective et a fortiori partisane \u00e0 se saisir de ces th\u00e8mes\u00a0: la campagne pr\u00e9sidentielle 2007 est pourtant en train de marquer un tournant. Le fait que l&#8217;un des trois d\u00e9bats organis\u00e9s pour les \u00ab\u00a0primaires\u00a0\u00bb socialistes soit consacr\u00e9 \u00e0 l&#8217;international est ici tr\u00e8s significatif. Quels sont ces quelques signes dont il convient de ne pas n\u00e9gliger leur nature de nouvelles balises dans la campagne \u00e9lectorale et le d\u00e9bat collectif\u00a0? <\/p>\n<p><strong> Moyen-Orient <\/strong><\/p>\n<p>D&#8217;abord et principalement, le rapport \u00e0 Isra\u00ebl-Palestine, traditionnellement teint\u00e9 \u00e0 droite comme \u00e0 gauche, avec degr\u00e9s et nuances, d&#8217;un soutien politique et moral affich\u00e9 au monde arabe et \u00e0 Yasser Arafat, se transforme aujourd&#8217;hui \u00e0 l&#8217;aune du concept de choc des civilisations\u00a0: de nouveaux discours politiques se dessinent. Une motion d\u00e9pos\u00e9e par une frange \u00e0 la gauche des Verts en vue du congr\u00e8s de d\u00e9cembre s&#8217;insurge ainsi \u00ab\u00a0contre les nouvelles id\u00e9ologies de guerre des civilisations\u00a0\u00bb, qui servent l&#8217;instrumentalisation des conflits en cours et l&#8217;int\u00e9riorisation des logiques de guerre (1). Le PCF tente un regard fond\u00e9 sur le droit \u00e0 propos de l&#8217;\u00e9lection contest\u00e9e des islamistes du Hamas en Palestine (alors m\u00eame que la logique \u00e9radicatrice \u00e0 propos de l&#8217;Alg\u00e9rie, reflue des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e), insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de la cr\u00e9ation d&#8217;un Etat palestinien et l&#8217;un de ses responsables, Jacques Fath, a utilement distingu\u00e9 dans une allocution en septembre islam politique et terrorisme. Entre PS et UMP, pendant ce temps, le clivage monte. Le PS proteste au nom du droit international contre la r\u00e9cente guerre men\u00e9e au Liban par Isra\u00ebl. Divers responsables de l&#8217;UMP, eux, affirment en revanche leur soutien de principe \u00e0 Isra\u00ebl (2). <\/p>\n<p><strong> Atlantisme <\/strong><\/p>\n<p>Cette position nouvelle de l&#8217;UMP sur le Proche-Orient, teint\u00e9e de guerre des civilisations (l&#8217;Occident contre les barbares), s&#8217;accompagne dans le m\u00eame temps d&#8217;une r\u00e9\u00e9valuation forte du lien atlantique par Nicolas Sarkozy. Faisant fi de la circonspection consensuelle qui convie en France, \u00e0 droite comme \u00e0 gauche, \u00e0 se battre en g\u00e9n\u00e9ral sur des nuances oratoires d&#8217;anti-am\u00e9ricanisme, aux accents gaulliens ou anti-imp\u00e9rialistes (parfois les deux ensemble), le pr\u00e9sum\u00e9 candidat UMP, Nicolas Sarkozy, a marqu\u00e9 au cours d&#8217;un voyage \u00e0 Washington une diff\u00e9rence notable\u00a0: outre son soutien sans r\u00e9serve \u00e0 Isra\u00ebl, il a affich\u00e9 un atlantisme voulu \u00ab\u00a0d\u00e9complex\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9nonciation des \u00ab\u00a0pr\u00e9tentions\u00a0\u00bb fran\u00e7aises \u00e0 l&#8217;appui. De m\u00eame, il a converg\u00e9 avec la chanceli\u00e8re allemande Angela Merkel dans l&#8217;affirmation sans nuance d&#8217;un nouvel axe avec Washington, sans rapport avec l&#8217;id\u00e9e, renouvel\u00e9e depuis quelques ann\u00e9es par la mont\u00e9e agressive de la puissance am\u00e9ricaine, d&#8217;une Union europ\u00e9enne jouant la carte collective de l&#8217;autonomie relative voire du contrepoids face \u00e0 l&#8217;alli\u00e9 atlantique imp\u00e9rialiste. <\/p>\n<p>Il reste encore maintenant, pour la gauche, \u00e0 savoir construire dans les prochains mois un d\u00e9bat de longue haleine sur nos liens strat\u00e9giques aux Etats-Unis de Bush, lesquels justifient d\u00e9sormais le recours \u00e0 la torture et vampirisent notre propre politique s\u00e9curitaire au moyen d&#8217;enl\u00e8vements de pr\u00e9sum\u00e9s terroristes en complicit\u00e9 avec les services secrets europ\u00e9ens. Services qui d\u00e9terminent plus g\u00e9n\u00e9ralement une refonte en cours de nos outils diplomatiques en fonction du seul objectif anti-terroriste&#8230; <\/p>\n<p>Les discussions \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du camp antilib\u00e9ral fran\u00e7ais sur la revendication d&#8217;un d\u00e9sarmement nucl\u00e9aire unilat\u00e9ral ou multilat\u00e9ral dans le camp antilib\u00e9ral marquent enfin un int\u00e9r\u00eat non n\u00e9gligeable pour la question de la doctrine nucl\u00e9aire fran\u00e7aise, remise en selle d\u00e9but 2006 par le pr\u00e9sident Chirac&#8230; qui l&#8217;a fait sortir de sa seule dimension dissuasive. <\/p>\n<p><strong> Afrique <\/strong><\/p>\n<p>Quant aux liens de la France aux pays \u00ab amis \u00bb du Maghreb de l&#8217;Afrique subsaharienne\u00a0: la relative timidit\u00e9 des partis prime ici encore, marqu\u00e9e du sceau des liens affairistes et interpersonnels notables avec les dirigeants en place, du poids plus large de l&#8217;industrie des technologies de pointe \u00e0 application militaire (encore r\u00e9cemment entreprises publiques, fortement syndiqu\u00e9es), de l&#8217;\u00e9chec ent\u00e9rin\u00e9 du discours mitterrandien de la Baule sur la d\u00e9mocratisation de l&#8217;Afrique, du recul aussi de l&#8217;influence fran\u00e7aise effective dans ces r\u00e9gions du fait de la concurrence d&#8217;acteurs de plus en plus pr\u00e9sents (Etats-Unis, Chine, institutions financi\u00e8res internationales, Union europ\u00e9enne&#8230;), du traumatisme enfin encore frais de la responsabilit\u00e9 fran\u00e7aise dans le  g\u00e9nocide rwandais et celui produit par la crise ivoirienne, o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais s&#8217;emm\u00ealent dans la guerre civile et le populisme du socialiste Laurent Gbagbo, sans issue politique visible d&#8217;aucune sorte. Pourtant, la mont\u00e9e de la revendication de l&#8217;annulation de la dette et de la d\u00e9mocratisation urgente des institutions financi\u00e8res internationales sont les nouveaut\u00e9s de ces derni\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 gauche de la gauche, et, dans une mesure plus modeste, au PS. En d\u00e9pit m\u00eame de l&#8217;obscurcissement de ces questions, au PS, par les politiques migratoires travaill\u00e9es \u00e0 l&#8217;exc\u00e8s par la tonalit\u00e9 s\u00e9curitaire montante, tant en France qu&#8217;en Europe (3). <\/p>\n<p><strong> Europe <\/strong><\/p>\n<p>Sur le dossier de la construction europ\u00e9enne, enfin, les diff\u00e9rences entre droite et gauche sont bien s\u00fbr affirm\u00e9es, avec accent classiquement mis \u00e0 gauche sur la construction sociale et la d\u00e9mocratisation accrue des institutions et leur r\u00e9\u00e9quilibrage politique, accentuation raviv\u00e9e par la victoire du \u00ab non \u00bb au r\u00e9f\u00e9rendum sur le Trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en (TCE)&#8230; La campagne unitaire pour la gauche de la gauche pourrait ainsi irriguer les discours du ou des candidats qui en rel\u00e8vent, et plus g\u00e9n\u00e9ralement le d\u00e9bat \u00e0 gauche voire au-del\u00e0, d&#8217;une promotion accrue de la question europ\u00e9enne comme th\u00e8me \u00e9lectoral visible. Il est surprenant toutefois de voir comme la victoire du \u00abnon\u00bb au r\u00e9f\u00e9rendum sur le TCE est d&#8217;abord analys\u00e9e tactiquement par le PS \u00e0 l&#8217;aune de la n\u00e9cessit\u00e9 (interne&#8230;) du \u00ab\u00a0rassemblement \u00bb entre votants du \u00aboui\u00bb et du \u00abnon\u00bb. <\/p>\n<p>Sur l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;Europe, en revanche, on semble ici \u00e9viter les vrais d\u00e9bats en se cachant derri\u00e8re des paravents \u00ab\u00a0objectifs\u00a0\u00bb (le r\u00e9f\u00e9rendum annonc\u00e9 par Chirac sur tout nouvel entrant, la position de l&#8217;Allemagne&#8230;) qui camouflent mal une prudence \u00e9lectorale g\u00e9n\u00e9rale et les r\u00e9ticences personnelles d&#8217;une majorit\u00e9 de politiques. Il domine ici en effet un discours s\u00e9curitaire, men\u00e9 par la droite, sur les fronti\u00e8res de l&#8217;Europe \u00e0 construire en lien \u00e0 la question migratoire et au renforcement interne d&#8217;une Europe dot\u00e9e de \u00ab\u00a0valeurs\u00a0\u00bb de libert\u00e9 d&#8217;expression, voire de chr\u00e9tient\u00e9. La candidature d&#8217;Ankara \u00e0 l&#8217;Union europ\u00e9enne \u00e9tait donc partie, jusqu&#8217;au mois dernier, pour servir \u00e0 bon compte de th\u00e8me focalisateur, voire de d\u00e9fouloir aux candidats, dans un contexte mal ma\u00eetris\u00e9 d&#8217;islamophobie et de choc des cultures, avec des candidats PS notamment eux-m\u00eames globalement sur la d\u00e9fensive (S\u00e9gol\u00e8ne Royal annon\u00e7ant qu&#8217;elle souhaitait voir les Fran\u00e7ais trancher eux-m\u00eames la question). Cependant, la possibilit\u00e9 d&#8217;un d\u00e9bat plus constructif a \u00e9t\u00e9 ouverte par les vives r\u00e9actions de la Turquie au vote en premi\u00e8re instance par l&#8217;Assembl\u00e9e nationale d&#8217;une loi propos\u00e9e par le PS et criminalisant la n\u00e9gation du \u00ab\u00a0g\u00e9nocide arm\u00e9nien\u00a0\u00bb (4). A charge maintenant pour les futurs candidats d&#8217;att\u00e9nuer par un d\u00e9bat utile et construit la l\u00e9gitime col\u00e8re d&#8217;Ankara, men\u00e9e actuellement dans un contexte ultra-sensible par le Premier ministre turc, islamiste mod\u00e9r\u00e9 et forte personnalit\u00e9 politique, col\u00e8re relay\u00e9e encore de fa\u00e7on montante par universitaires, \u00e9lus divers et militants, en France, en Europe et ailleurs\u00a0: tant sur l&#8217;\u00e9largissement que l&#8217;identit\u00e9 europ\u00e9enne proprement dite, entre jud\u00e9o-chr\u00e9tient\u00e9 et monde musulman. Cela sera-t-il possible\u00a0?<\/p>\n<p>1. Voir sur www.zonedecologiepopulaire.org <\/p>\n<p>2. Tandis que Chirac d&#8217;Arabie, publi\u00e9 par deux journalistes de Lib\u00e9ration (voir p. 39), d\u00e9monte d&#8217;ailleurs \u00ab\u00a0les mirages d&#8217;une politique fran\u00e7aise\u00a0\u00bb dans le monde arabe, et en d\u00e9noncent le prisme colonial&#8230;<\/p>\n<p>3. Les migrations feront l&#8217;objet d&#8217;un dossier futur dans Regards.<\/p>\n<p>4. Vote t\u00e9moignant d&#8217;une m\u00e9connaissance politique du dossier comme de la situation turque par <\/p>\n<p>les partis. Voir \u00ab Le Nobel turc et l&#8217;Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise \u00bb sur <\/p>\n<p>www.cedetim.org<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Paradoxe : la politique \u00e9trang\u00e8re, chasse gard\u00e9e du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, n&#8217;est pas objet de confrontations en campagne pr\u00e9sidentielle. Le consensus national est de mise. Va-t-on bousculer cette tradition en 2007 ? 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