{"id":2404,"date":"2004-11-01T00:00:00","date_gmt":"2004-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/aux-anges-tanikawa-shuntaro2404\/"},"modified":"2004-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-10-31T23:00:00","slug":"aux-anges-tanikawa-shuntaro2404","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2404","title":{"rendered":"Aux anges\/ Tanikawa Shuntar\u00f4"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab Un ange passe \u00bb, dit-on quand les mots, g\u00ean\u00e9s, laissent la place au silence. Le livre de Tanikawa Shuntar\u00f4, le plus connu po\u00e8te japonais contemporain, est n\u00e9 de ce silence entre les mots o\u00f9 se glissent les anges que Paul Klee a dessin\u00e9s \u00e0 la fin de sa vie. Cela cr\u00e9e une g\u00e9om\u00e9trie po\u00e9tique con\u00e7ue comme un jeu, exercice o\u00f9 le graphisme se continue dans la parole. Touch\u00e9e par sa gr\u00e2ce, elle emprunte le rythme tranquille de sa respiration. Ainsi, un symbole que l&#8217;on pensait us\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 sa trame, l&#8217;ange, cette cr\u00e9ature a\u00e9rienne, \u00e9th\u00e9r\u00e9e, spirituelle, mais poss\u00e9dant un corps, hante ses illuminations et se pose comme \u00eatre interm\u00e9diaire entre un artiste de g\u00e9nie et le po\u00e8te japonais. Rilke, encore, convoquait cette divine cr\u00e9ature, dans son passage du visible \u00e0 l&#8217;invisible. Identifi\u00e9, par beaucoup, \u00e0 la beat generation, Tanikawa Shuntar\u00f4 travaille l&#8217;id\u00e9e de fronti\u00e8re et trouve dans la calligraphie de Klee une r\u00e9ponse \u00e0 ses propres id\u00e9ogrammes.<em> \u00ab Les choses que j&#8217;aurais tant voulu \u00e9crire\/sont celles que je n&#8217;ai jamais su mettre en mots. \u00bb <\/em> Ici, l&#8217;humour et la tendresse du dessin d\u00e9bordent sur l&#8217;\u00e9criture dans un syllogisme implacablement dr\u00f4le :<em> \u00ab Ne sachant pas ce qu&#8217;est le mensonge\/les anges ignorent ce qu&#8217;est la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb <\/em>. L&#8217;exercice souriant de Klee r\u00e9pond graphiquement dans le contour incantatoire de l&#8217;Ange au grelot. L\u00e0, un Ange vigilant hante le d\u00e9sespoir post-moderne du po\u00e8te :<em> \u00ab Je croyais qu&#8217;il suffit d&#8217;un sourire pour se faire entendre\/m\u00eame quand on se tait\/Le jour o\u00f9 j&#8217;ai su que c&#8217;\u00e9tait impossible\/j&#8217;ai tap\u00e9\/tap\u00e9 comme un sourd\/Dans l&#8217;ignorance du bien et du mal. \u00bb <\/em> Le frisson passe, le po\u00e8me n&#8217;illustre pas, comme le dessin de Klee ne narre pas : c&#8217;est un monde autre que nous r\u00e9v\u00e8lent ces artistes majeurs. Les 18 po\u00e8mes qui forment le recueil semblent toucher \u00e0 ce domaine secret de la cr\u00e9ation qui rencontre les esprits au-del\u00e0 des fronti\u00e8res. Ils subliment ce que l&#8217;homme a de d\u00e9sir insatisfait et impossible. Une \u00e9dition bilingue qui, m\u00eame si on ne conna\u00eet pas le japonais, donne une id\u00e9e sur la rencontre heureuse des signes.<\/p>\n<p>Julia Moldoveanu  <\/p>\n<p><strong> Tanikawa Shuntar\u00f4 <\/strong>,<em> les Anges de Klee <\/em>, traduit du japonais par Dominique Palm\u00e9, \u00e9dition bilingue, Abst\u00e8me et Bobance, 16,15 ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Un ange passe \u00bb, dit-on quand les mots, g\u00ean\u00e9s, laissent la place au silence. Le livre de Tanikawa Shuntar\u00f4, le plus connu po\u00e8te japonais contemporain, est n\u00e9 de ce silence entre les mots o\u00f9 se glissent les anges que Paul Klee a dessin\u00e9s \u00e0 la fin de sa vie. Cela cr\u00e9e une g\u00e9om\u00e9trie po\u00e9tique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":408,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2404","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/408"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2404"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2404\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}