{"id":2398,"date":"2004-07-01T00:00:00","date_gmt":"2004-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/quand-je-fais-silence-alejandro2398\/"},"modified":"2004-07-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-06-30T22:00:00","slug":"quand-je-fais-silence-alejandro2398","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2398","title":{"rendered":"Quand je fais silence\/ Alejandro Jodorowsky"},"content":{"rendered":"<p>\/\/\u00ab Arbre d&#8217;ombres\/ni \u00abje\u00bb ni \u00abmien\u00bb\/ Douloureux silence\/que j&#8217;appelle po\u00e9sie <em> . Alejandro Jodorowsky conna\u00eet-il ce stratag\u00e8me silencieux de la saisie de l&#8217;autre ? Ces espaces conquis avec une telle \u00e9conomie de moyens, ces espaces peu bavards sont rares en po\u00e9sie.  <\/em>\u00ab Chaque parole\/est un dieu\/quand je fais silence <em> . Si les  <\/em>Pierres du Chemi<em>  ne sont pas des ha\u00efkus : ces br\u00e8ves scintillements d&#8217;esprit japonais au souffle tr\u00e8s r\u00e9glement\u00e9 \u00e0 17 syllabes : ce qui reste comme ressembance, c&#8217;est l&#8217;art du retrait, la ponctuation silencieuse du blanc, la discr\u00e9tion, la pudeur. C&#8217;est peut-\u00eatre pour cela que les suites lapidaires \u00e9gr\u00e9n\u00e9es par le po\u00e8te : 201 : passent \u00e0 travers la peau, entrent dans le sang, devenant de pr\u00e9cieux moments de conscience partag\u00e9e avec l&#8217;autre. Du Cioran \u00e0 l&#8217;envers, ces syllogismes sans amertume : du douloureux temp\u00e9r\u00e9 par une humilit\u00e9 sans rapport au religieux, mais pas de d\u00e9sespoir,  <\/em>\u00ab il existe toujours la possibilit\u00e9 d&#8217;un pire <em> . Une attente, un \u00e9merveillement devant les paradoxes :  <\/em>\u00ab Un jour\/tu tiendras mes os\/dans tes mains <em>  (41).  <\/em>\u00ab Apr\u00e8s tant\/et tant d&#8217;ann\u00e9es \u00e0 m\u00e9diter\/je tue encore les mouches <em>  (202). Le sourire, la sagesse. Une construction soutenue par l&#8217;amour, le partage :  <\/em>\u00ab Tu es mon enfant\/Quand tu me lis\/je t&#8217;engendre <em> . C&#8217;est peut-\u00eatre pour ce franc \u00e9nonc\u00e9 qu&#8217;il faut porter le livre avec soi, l&#8217;ouvrir de temps en temps sous le soleil pour sourire avec ce vagabond qui vous dira  <\/em>\u00ab Mes chaussures sont ma patrie \u00bb\/\/, sans tabou aucun face \u00e0 la nostalgie. Ce serait elle, cette nostalgie, qui l&#8217;approche du bouillon latino-am\u00e9ricain o\u00f9 il est n\u00e9. Et une certaine folie qui le pousse du cin\u00e9ma au roman, en passant par la passion pour le conte et la tarologie. Un Jose Arcadio Buendia qui veut tout essayer, la glace, le daguerr\u00e9otype, la mort&#8230; En toute sobri\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p>Julia Moldoveanu<\/p>\n<p><strong> Alejandro Jodorowsky <\/strong>,<em> les Pierres du Chemin (piedras del camino) <\/em>,<\/p>\n<p>traduit de l&#8217;espagnol (Chili) par Marianne Costa, <\/p>\n<p>\u00e9dition bilingue, Le Veilleur &#038; Maelstr\u00f6m, 14 ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\/\/\u00ab Arbre d&#8217;ombres\/ni \u00abje\u00bb ni \u00abmien\u00bb\/ Douloureux silence\/que j&#8217;appelle po\u00e9sie . Alejandro Jodorowsky conna\u00eet-il ce stratag\u00e8me silencieux de la saisie de l&#8217;autre ? Ces espaces conquis avec une telle \u00e9conomie de moyens, ces espaces peu bavards sont rares en po\u00e9sie. \u00ab Chaque parole\/est un dieu\/quand je fais silence . 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