{"id":2357,"date":"2006-04-01T00:00:00","date_gmt":"2006-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/anita-mathieu-amener-les-gens-a-s2357\/"},"modified":"2006-04-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-03-31T22:00:00","slug":"anita-mathieu-amener-les-gens-a-s2357","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2357","title":{"rendered":"Anita Mathieu : \u00ab Amener les gens \u00e0 s&#8217;emparer d&#8217;autres paysages artistiques \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Les Rencontres chor\u00e9graphiques internationales de Seine-Saint-Denis ont une histoire. Quelles nouvelles orientations avez-vous introduites ? <\/p>\n<p><strong> Anita Mathieu (1) <\/strong>. Les Rencontres sont n\u00e9es du concours de Bagnolet cr\u00e9\u00e9 en 1968. Les comp\u00e9titions se d\u00e9roulaient dans des conditions sympathiques et bord\u00e9liques qui n&#8217;auraient plus l&#8217;adh\u00e9sion des chor\u00e9graphes aujourd&#8217;hui. Les compagnies passaient dix minutes, les lumi\u00e8res et les d\u00e9cors \u00e9taient quasi inexistants. Ce concours a permis l&#8217;\u00e9mergence dans les ann\u00e9es 1980 de beaucoup de chor\u00e9graphes fran\u00e7ais comme Fran\u00e7ois Verret, Jean-Claude Gallotta, Philippe D\u00e9coufl\u00e9, Mathilde Monnier, Dominique Bagouet, Maguy Marin&#8230; Certains dirigent maintenant des centres nationaux. Mais beaucoup d&#8217;autres ont totalement disparu. Puis, les artistes fran\u00e7ais n&#8217;ont plus voulu participer au concours. A un moment donn\u00e9, ils ont rejet\u00e9 le syst\u00e8me de la comp\u00e9tition et ses implications  : on leur demandait de comprimer leur pi\u00e8ce pour qu&#8217;elle rentre dans le format exig\u00e9. Le concours a donc \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par des rencontres. Quand je suis arriv\u00e9e, j&#8217;ai r\u00e9ussi \u00e0 convaincre les politiques qu&#8217;il fallait rendre annuel le festival &#8211; mais je n&#8217;ai pas obtenu plus d&#8217;argent ! J&#8217;ai aussi renforc\u00e9 le soutien \u00e0 la cr\u00e9ation, en introduisant la notion de coproduction. Nous avons int\u00e9gr\u00e9 le travail des artistes dans le tissu social en leur proposant d&#8217;intervenir sur des th\u00e8mes pr\u00e9cis aupr\u00e8s des lyc\u00e9es, des coll\u00e8ges et des universit\u00e9s. C&#8217;est tr\u00e8s important qu&#8217;un artiste ne vienne pas montrer son travail pour repartir aussit\u00f4t. On essaie d&#8217;organiser des temps de rencontre, de dialogue avec les populations.  Le probl\u00e8me, c&#8217;est que l&#8217;Education nationale ne prend pas toute la mesure de l&#8217;urgence de ces interventions, qui permettent pourtant la mise en relation des \u0153uvres avec les spectateurs. Elle se d\u00e9sengage de plus en plus : les budgets ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits de 50 %. La Culture et l&#8217;\u00e9ducation nationale devraient fonctionner d&#8217;un bloc. Or, c&#8217;est loin d&#8217;\u00eatre le cas.<\/p>\n<p><strong> Comment se pose la question du public  au niveau de vos choix? <\/strong><\/p>\n<p><strong> Anita Mathieu. <\/strong> La question du sens est tr\u00e8s importante dans mon rep\u00e9rage. C&#8217;est elle qui permet l&#8217;aller-retour, le point de contact, entre les \u0153uvres et le public. La danse contemporaine questionne des pr\u00e9occupations qui recouvrent nos soci\u00e9t\u00e9s. Je n&#8217;ai jamais voulu inscrire de th\u00e9matique au programme des Rencontres, mais il y a toujours  un fil secret qui r\u00e9unit les artistes. Le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui est marqu\u00e9 par des s\u00e9ismes qui traversent leurs \u0153uvres. Leur histoire, personnelle, sociale, les pousse \u00e0 interroger l&#8217;individualit\u00e9, le sujet intime et collectif. C&#8217;est cette friction qui m&#8217;int\u00e9resse. A c\u00f4t\u00e9 d&#8217;images d&#8217;une extr\u00eame gravit\u00e9, certains peuvent faire preuve de d\u00e9rision, de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Mais plusieurs \u00e9lus du d\u00e9partement &#8211; les socialistes, les Verts et le mouvement des citoyens &#8211; voudraient qu&#8217;on ne montre que des spectacles distrayants. Pour moi, cela n&#8217;a aucun sens. Je cherche \u00e0 donner acc\u00e8s \u00e0 des propositions qui enrichissent le public et soul\u00e8vent des questions.<\/p>\n<p><strong> Pourquoi ces r\u00e9ticences ? <\/strong><\/p>\n<p><strong> Anita Mathieu. <\/strong> Les \u00e9lus sont sans doute d\u00e9sarm\u00e9s devant les \u00e9critures contemporaines. Le hip-hop les rassure parce qu&#8217;il favorise de grandes jauges, il suscite des enthousiasmes collectifs. Je suis pour une pluralit\u00e9, je ne me contente pas de pi\u00e8ces alibis, expressions des banlieues ou du m\u00e9tissage. Il faut amener les gens \u00e0 s&#8217;emparer d&#8217;autres formes, d&#8217;autres \u00e9critures, d&#8217;autres paysages artistiques, en faisant un travail d&#8217;explication, de transmission.<\/p>\n<p>\/(1) Anita Mathieu est directrice des Rencontres chor\u00e9graphiques internationales de Seine-Saint-Denis.\/<\/p>\n<p>\/Les Rencontres chor\u00e9graphiques internationales de Seine-Saint-Denis se d\u00e9roulent du mardi 2 au dimanche 28 mai 2006.\/<\/p>\n<p>\/Renseignements et r\u00e9servations : 01 55 82 08 01\/<\/p>\n<p>http:\/\/www.rencontres-choregraphiques.com\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Les Rencontres chor\u00e9graphiques internationales de Seine-Saint-Denis ont une histoire. 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