{"id":2344,"date":"2006-03-01T00:00:00","date_gmt":"2006-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-dilemme-du-pcf-entre-identite2344\/"},"modified":"2006-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-02-28T23:00:00","slug":"le-dilemme-du-pcf-entre-identite2344","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2344","title":{"rendered":"Le dilemme du PCF. Entre identit\u00e9 et rassemblement ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Fin mars, le PCF tient son congr\u00e8s, un an avant le d\u00e9but d&#8217;une p\u00e9rilleuse s\u00e9quence \u00e9lectorale. Pour les communistes, l&#8217;\u00e9lection n&#8217;est pas l&#8217;alpha et l&#8217;om\u00e9ga de l&#8217;action. Mais nul ne peut l&#8217;ignorer. <\/p>\n<p>Le pr\u00e9c\u00e9dent congr\u00e8s du PCF s&#8217;\u00e9tait tenu en avril 2003, quelques mois \u00e0 peine apr\u00e8s la d\u00e9route \u00e9lectorale de la pr\u00e9sidentielle 2002. Le 33e  congr\u00e8s se tiendra en pleine \u00ab r\u00e9volution conservatrice \u00bb et apr\u00e8s une autre s\u00e9quence \u00e9lectorale originale, celle de 2004-2005. Elle aura vu se tester \u00e0 peu pr\u00e8s toutes les configurations.  Aux r\u00e9gionales de 2004, la plupart des directions locales ont choisi de reconduire l&#8217;alliance avec le parti socialiste, qui avait \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e en 1998. Mais dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie, le PCF a d\u00e9cid\u00e9 de faire cavalier seul, et en Ile-de-France a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9e l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;une liste \u00ab alternative et citoyenne \u00bb regroupant le PCF et quelques petites formations \u00e0 la gauche du PS. Si la tactique de la gauche plurielle a permis au parti communiste de faire, comme en 1998, son plein d&#8217;\u00e9lus r\u00e9gionaux, l&#8217;attention s&#8217;est surtout port\u00e9e sur les autres tentatives qui ont, toutes, vu le PCF amorcer une remont\u00e9e, timide mais certaine, apr\u00e8s sa d\u00e9convenue de 2002. Aux europ\u00e9ennes qui suivirent, la direction n&#8217;est toutefois pas parvenue \u00e0 faire partager la d\u00e9marche du \u00ab rassemblement antilib\u00e9ral \u00bb, si ce n&#8217;est en Ile-de-France, o\u00f9 une configuration analogue \u00e0 celle des r\u00e9gionales a permis au PCF de passer le cap des 5% et d&#8217;\u00e9lire ainsi, avec Francis Wurtz, l&#8217;un de ses deux d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens de m\u00e9tropole.<\/p>\n<p>Mais pour les communistes, l&#8217;exp\u00e9rience la plus marquante aura \u00e9t\u00e9 celle du r\u00e9f\u00e9rendum sur la Constitution europ\u00e9enne. Quand s&#8217;amorcent les premi\u00e8res initiatives de regroupement des \u00ab non \u00bb, \u00e0 l&#8217;automne de 2004, le PCF y participe mais sans enthousiasme. Or, la dynamique unitaire de la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire a emport\u00e9 les militants communistes&#8230; Les organisations du parti ont mis leur ferveur et leurs moyens au service du combat commun. Des milliers de communistes ont fait l&#8217;exp\u00e9rience de r\u00e9unions , o\u00f9 ils c\u00f4toy\u00e8rent militants d&#8217;extr\u00eame gauche et militants associatifs rassembl\u00e9s dans la m\u00eame d\u00e9testation du lib\u00e9ralisme dominant. Le 29 mai, le PCF pouvait exulter: il \u00e9tait enfin dans le camp des vainqueurs, tandis que le parti socialiste avalait la potion am\u00e8re de son choix en faveur du \u00ab oui \u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e8s le soir de la victoire, les regards se sont port\u00e9s, sans surprise, vers les \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 venir de 2007 : pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislatives : et 2008 : municipales, cantonales et s\u00e9natoriales. Elles seront bien s\u00fbr cardinales pour le PCF. Le maigre score pr\u00e9sidentiel de 2002 (3,4%) est-il r\u00e9visable \u00e0 la hausse en 2007 et, plus encore, le PCF parviendra-t-il en 2008 \u00e0 enrayer l&#8217;\u00e9rosion continue de ses bases locales\u00a0? A la limite, les scrutins cantonal et municipal vont s&#8217;av\u00e9rer plus strat\u00e9giques pour les communistes que le redoutable scrutin pr\u00e9sidentiel&#8230; <strong> Enracinement identitaire <\/strong><\/p>\n<p>Trois grandes hypoth\u00e8ses sont plus ou moins formalis\u00e9es. Certains consid\u00e8rent, \u00e0 l&#8217;instar du d\u00e9put\u00e9 communiste du Rh\u00f4ne, Andr\u00e9 Gerin, que le score \u00ab naturel \u00bb du PCF continue de se situer dans les eaux des ann\u00e9es d&#8217;apr\u00e8s-guerre (autour de 20%). Si les communistes ont recul\u00e9, c&#8217;est bien s\u00fbr parce que l&#8217;effondrement de l&#8217;URSS les a p\u00e9nalis\u00e9s. C&#8217;est surtout, disent- ils, parce qu&#8217;ils ont renonc\u00e9 \u00e0 affirmer une identit\u00e9 communiste qui est pourtant la seule mani\u00e8re de relancer la dynamique du vote populaire, en reflux continu depuis plus de vingt ans. L&#8217;exigence d&#8217;un nouvel enracinement identitaire s\u00e9duit une part non n\u00e9gligeable de l&#8217;appareil et des militants, notamment dans le Nord et le Midi m\u00e9diterran\u00e9en. Dans la premi\u00e8re phase pr\u00e9paratoire du Congr\u00e8s, elle s&#8217;est  exprim\u00e9e dans le vote de textes alternatifs \u00e0 ceux de la direction sortante, qui ont recueilli environ un quart des voix des cotisants (1). De fa\u00e7on plus att\u00e9nu\u00e9e, elle se retrouve dans les propositions formul\u00e9es par Yves Dimicoli et Nicolas Marchand, qui ont exprim\u00e9 le souhait que le PCF \u00e9nonce d\u00e8s le congr\u00e8s sa volont\u00e9 de pr\u00e9senter des candidats communistes \u00e0 toutes les \u00e9lections de 2007 et 2008.<\/p>\n<p><strong> P\u00f4le \u00ab r\u00e9aliste \u00bb <\/strong><\/p>\n<p>D&#8217;autres expriment ouvertement leurs doutes sur la pertinence d&#8217;une logique politique d\u00e9finie par la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&#8217;antilib\u00e9ralisme. Ils redoutent \u00e0 la fois la d\u00e9rive exclusivement protestataire que peut stimuler l&#8217;ancrage n\u00e9gatif de \u00ab l&#8217;anti \u00bb et la perspective d&#8217;un rassemblement \u00e9troit, renon\u00e7ant \u00e0 la perspective des rassemblements majoritaires de toute la gauche. Pour eux, tout ce qui raccroche peu ou prou le communisme \u00e0 un \u00ab p\u00f4le de radicalit\u00e9 \u00bb est \u00e0 proscrire absolument. Au fond, sugg\u00e8rent-ils, l&#8217;essentiel \u00e0 gauche continue de se jouer dans le face-\u00e0-face du PCF et du PS. Dans l&#8217;imm\u00e9diat, l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie socialiste \u00e9tant difficilement contestable, le r\u00e9alisme oblige \u00e0 alterner les phases d&#8217;alliance \u00e9lectorale avec le PS, lors des \u00e9lections de liste (r\u00e9gionales et municipales), et les moments d&#8217;affirmation identitaire, notamment \u00e0 l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle o\u00f9 il semble convenu, depuis quelques d\u00e9cennies, que chaque force doit concourir au premier tour sous son propre drapeau. Les tenants de cette sensibilit\u00e9, qui a pouss\u00e9 au choix de listes de type \u00ab gauche plurielle \u00bb aux r\u00e9gionales de 2004 et que Robert Hue lui-m\u00eame a exprim\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises depuis 2002, se retrouvent notamment dans le Languedoc-Roussillon, l&#8217;Ouest et le Centre.<\/p>\n<p><strong> La base commune <\/strong><\/p>\n<p>La majorit\u00e9 (la direction) \u00e9nonce une autre logique politique. Elle conserve la vis\u00e9e communiste, traditionnelle depuis 1934, d&#8217;un rassemblement potentiellement victorieux qui englobe de ce fait la totalit\u00e9 de la gauche, ce qui inclut le parti socialiste. Mais cette affirmation est aussit\u00f4t compl\u00e9t\u00e9e par l&#8217;id\u00e9e que ce rassemblement, comme ce fut le cas en 1935-1936, en 1945 ou en 1972, doit se faire sur des contenus transformateurs forts. Or, la rupture qu&#8217;introduisit en 1981 l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie socialiste, renforc\u00e9e par le tournant gestionnaire de la \u00ab rigueur \u00bb \u00e0 partir de 1983, voue la gauche \u00e0 l&#8217;esprit d&#8217;adaptation. Impossible donc, pense aujourd&#8217;hui la majorit\u00e9 du groupe dirigeant, de s\u00e9parer la d\u00e9finition de contenus transformateurs et la recherche de configurations politiques et \u00e9lectorales qui permettent \u00e0 la gauche d&#8217;alternative d&#8217;occuper une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans les cultures politiques de la gauche fran\u00e7aise. Convergence antilib\u00e9rale et ancrage solide \u00e0 gauche sont ainsi deux faces ins\u00e9parables d&#8217;une m\u00eame exigence. La direction sortante a donc d\u00e9cid\u00e9 de placer le congr\u00e8s sous le signe d&#8217;un triptyque : les forces antilib\u00e9rales ne peuvent pas se disperser ; pour cela elles doivent se rassembler pour d\u00e9battre de propositions, de d\u00e9marche politique et de candidatures de rassemblement ; une candidature communiste \u00e0 la pr\u00e9sidentielle pourrait \u00eatre, non un pr\u00e9alable, mais un atout pour ce rassemblement.<\/p>\n<p>La direction communiste a pour l&#8217;instant gagn\u00e9 la premi\u00e8re manche. Pr\u00e8s des deux tiers des militants qui se sont exprim\u00e9s ont adopt\u00e9 la \u00ab base commune \u00bb texte pr\u00e9paratoire du congr\u00e8s. Reste \u00e0 en tirer les cons\u00e9quences politiques. A priori, le congr\u00e8s ne devrait pas d\u00e9cider d&#8217;une candidature et devrait r\u00e9it\u00e9rer en revanche \u00ab son offre politique \u00bb d&#8217;une candidature communiste de rassemblement. Le PCF ne renonce donc pas \u00e0 l&#8217;espoir de jouer au premier tour de la pr\u00e9sidentielle un r\u00f4le de catalyseur du courant antilib\u00e9ral qui traverse la soci\u00e9t\u00e9. En cela, il escompte sur la demande pressante qui s&#8217;exprime dans la myriade des collectifs qui avaient anim\u00e9 la campagne r\u00e9f\u00e9rendaire du \u00ab non \u00bb. Mais les forces \u00e9lectorales centrifuges sont au moins aussi importantes que les forces centrip\u00e8tes. Dans le PCF, tout le monde n&#8217;est pas pr\u00eat \u00e0 consentir \u00e0 traduire en accords \u00e9lectoraux l&#8217;hypoth\u00e8se d&#8217;un accord sur les contenus. Du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;extr\u00eame gauche, outre les vieilles pr\u00e9ventions contre les \u00ab staliniens \u00bb, la m\u00e9fiance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des partenaires de feu la \u00ab gauche plurielle \u00bb nourrit la tentation du vote \u00ab r\u00e9volutionnaire \u00bb s\u00e9par\u00e9. Quant aux difficult\u00e9s des relations entre acteurs associatifs et politiques, elles ne sont pas un vieux souvenir.<\/p>\n<p>En bref, rien ne dit que l&#8217;app\u00e9tit du \u00ab tous ensemble \u00bb finira par l&#8217;emporter dans l&#8217;ar\u00e8ne \u00e9lectorale. Mais il ne sera pas indiff\u00e9rent de noter les gestes que le PCF saura faire pour rendre possible cette convergence. M\u00eame affaibli, son poids politique est tel que son attitude p\u00e8sera sur l&#8217;ensemble du champ de la gauche la plus d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n<p>\/1. Depuis 2001, les statuts du PCF pr\u00e9voient une proc\u00e9dure en deux temps. Les adh\u00e9rents doivent d&#8217;abord choisir la \u00ab base commune \u00bb autour de laquelle discutera le congr\u00e8s. Dans cette premi\u00e8re phase, des bases alternatives peuvent \u00eatre propos\u00e9es, en dehors du texte adopt\u00e9 par la direction sortante. Une fois choisie la \u00ab base commune \u00bb, le processus classique d&#8217;amendements et de votes se d\u00e9roule, sans qu&#8217;il soit alors possible de pr\u00e9senter des textes alternatifs globaux. Le PCF entend ainsi \u00e9viter officiellement la cristallisation des \u00ab tendances \u00bb qui continuent ainsi d&#8217;\u00eatre vigoureusement r\u00e9cus\u00e9es par le collectif communiste.\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Fin mars, le PCF tient son congr\u00e8s, un an avant le d\u00e9but d&#8217;une p\u00e9rilleuse s\u00e9quence \u00e9lectorale. Pour les communistes, l&#8217;\u00e9lection n&#8217;est pas l&#8217;alpha et l&#8217;om\u00e9ga de l&#8217;action. 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