{"id":2302,"date":"2006-03-01T00:00:00","date_gmt":"2006-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/marie-cipriani-crauste-une-france2302\/"},"modified":"2006-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-02-28T23:00:00","slug":"marie-cipriani-crauste-une-france2302","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2302","title":{"rendered":"Marie Cipriani-Crauste \u00ab Une France multiculturelle \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Sp\u00e9cialiste des loisirs des adolescents, Marie Cipriani-Crauste (1) revient sur trois films dits de banlieue : La Haine, Yamakasi et L&#8217;Esquive. De la l\u00e9gitime d\u00e9fense \u00e0 la beaut\u00e9 du geste, l&#8217;univers de la cit\u00e9 y est valoris\u00e9. <\/p>\n<p>\u00ab La Haine, Yamakasi et L&#8217;Esquive sont des films \u00e0 message. Ils montrent une France multiculturelle et donnent \u00e0 voir une image positive de la banlieue qui a longtemps \u00e9t\u00e9 stigmatis\u00e9e. Des rappeurs comme Diams disent aujourd&#8217;hui qu&#8217;ils l&#8217;aiment, cette banlieue, et qu&#8217;ils y sont heureux. Dans L&#8217;Esquive, d&#8217;Abdellatif Kechiche, sorti en 2002, le d\u00e9cor est propre, les halls d&#8217;immeuble ne sont pas d\u00e9grad\u00e9s, les murs ne comportent pas de tags. Les jeunes ont entre eux un langage qui leur est propre mais ils sont polis quand ils s&#8217;adressent aux adultes. L&#8217;\u00e9cole est valoris\u00e9e. Alors qu&#8217;ils parlent en verlan et utilisent souvent des expressions crues, brutales, ils se retrouvent \u00e0 manier la langue de Marivaux avec leur professeur. Ils font valoir, avec leurs moyens d&#8217;expression, des valeurs tr\u00e8s classiques d&#8217;humanit\u00e9 et de respect. En 1995, La Haine de Mathieu Kassovitz montrait une r\u00e9volte l\u00e9gitime. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, une brutalit\u00e9 verbale, une violence \u00e0 fleur de peau, des \u00e9corch\u00e9s vifs, \u00e0 cran, excitables. De l&#8217;autre, une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;abondance o\u00f9 la solidarit\u00e9 a disparu, o\u00f9 le bien-\u00eatre est devenu la pr\u00e9occupation principale. Les jeunes sont pouss\u00e9s \u00e0 bout par des policiers redoutables qui passent leur temps \u00e0 les humilier, mais ils n&#8217;atteignent jamais le point de non-retour. Ils ne tuent pas. Le pire arrive mais pas sous la forme attendue. La bavure vient des forces publiques. Dans Yamakasi, r\u00e9alis\u00e9 en 2001, Ariel Zeitoun met en sc\u00e8ne des samoura\u00efs des temps modernes, sept amis de la banlieue parisienne tr\u00e8s adroits de leur corps. Leurs exploits peuvent \u00eatre rapproch\u00e9s des sports de rue comme le skate et le roller qui permettent de r\u00e9aliser des figures extraordinaires. Ces jeunes tr\u00e8s entra\u00een\u00e9s ex\u00e9cutent des performances folles : ils sautent d&#8217;un immeuble \u00e0 un autre, glissent le long des parois, escaladent \u00e0 mains nues des fa\u00e7ades. Une fois sur la terrasse, ils contemplent le lever du soleil. Ils ont \u00e0 leurs pieds un paysage urbain fantastique. Ce film est plein de sensibilit\u00e9 et de po\u00e9sie. Les cascadeurs acrobates sont beaux, ils sont souples, ils forcent l&#8217;admiration. La violence n&#8217;est commise que parce que la soci\u00e9t\u00e9 y oblige. M\u00eame le vol est pr\u00e9sent\u00e9 comme un acte l\u00e9gitime. Pour sauver un de leurs camarades, les samoura\u00efs de Yamakasi vont se mettre \u00e0 voler des chirurgiens tr\u00e8s riches. Comme Robin des Bois, ils prendront l&#8217;argent l\u00e0 o\u00f9 il est sans se soucier du profit. \u00bb <\/p>\n<p>1. Marie Cipriani-Crauste est psychosociologue au laboratoire de psychologie environnementale de l&#8217;universit\u00e9 Ren\u00e9-Descartes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Sp\u00e9cialiste des loisirs des adolescents, Marie Cipriani-Crauste (1) revient sur trois films dits de banlieue : La Haine, Yamakasi et L&#8217;Esquive. 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