{"id":2286,"date":"2006-05-01T00:00:00","date_gmt":"2006-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-raisons-de-la-colere2286\/"},"modified":"2006-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-04-30T22:00:00","slug":"les-raisons-de-la-colere2286","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2286","title":{"rendered":"Les raisons de  la col\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Contestation-r\u00e9pression-compromis. Ces trois phases du conflit social en France seraient-elles le moteur d&#8217;une avanc\u00e9e ou le sch\u00e9ma d&#8217;un statu quo dans un pays peu port\u00e9 sur les r\u00e9formes ? La violence de la lame de fond mont\u00e9e de novembre vers le printemps, signe d&#8217;une crise du r\u00e9gime et des institutions, va-t-elle changer la donne ? Et la gauche, dans tout \u00e7a ? Reportage sur une col\u00e8re toute politique, analyses et table ronde. <\/p>\n<p>\u00ab J&#8217;p\u00e8te les plombs, putain j&#8217;p\u00e8te les plombs, j&#8217;ai plus rien \u00e0 perdre alors j&#8217;p\u00e8te les plombs. \u00bb Les rimes du rappeur Disiz la Peste reviennent en t\u00eate devant les sc\u00e8nes de violence qui ont ponctu\u00e9 les manifestations anti-CPE. Le souvenir de l&#8217;esplanade des Invalides, \u00e0 Paris, est particuli\u00e8rement br\u00fblant. On revoit des images de gamins surexcit\u00e9s fondant sur des personnes isol\u00e9es, en laissant certaines KO en quelques coups de baskets, d\u00e9lest\u00e9es d&#8217;un portable ou d&#8217;une casquette. De la violence, de la peur, du jeune en surv\u00eatement \u00e0 capuche sur fond t\u00e9l\u00e9g\u00e9nique d&#8217;un Paris embras\u00e9&#8230; Du bon biscuit pour journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9. Du pain b\u00e9nit pour la police aussi. Durant ce d\u00e9cha\u00eenement de violence, l&#8217;\u00e9vidente passivit\u00e9 des forces de l&#8217;ordre pose question. Les r\u00e9cents propos de Nicolas Sarkozy qui, peu apr\u00e8s, mena\u00e7ait encore une fois de remettre en cause l&#8217;ordonnance de 1945 prot\u00e9geant les mineurs, donnent des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse. Malgr\u00e9 la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 sans pr\u00e9c\u00e9dent des tribunaux (voir encadr\u00e9) le ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur estime \u00ab que les peines de prison ferme, notamment, n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 assez s\u00e9v\u00e8res et que reste pos\u00e9e de fa\u00e7on br\u00fblante la question des mineurs \u00bb. De son c\u00f4t\u00e9, la gauche a conserv\u00e9 un certain mutisme. De quelques \u00e9tudiants suppos\u00e9s \u00ab repr\u00e9sentatifs \u00bb s&#8217;est \u00e9lev\u00e9e une voix peu am\u00e8ne sur le mode \u00ab ces petits cons sont en trains de casser le mouvement et de le discr\u00e9diter \u00bb. Car m\u00eame dans une manif r\u00e8gne un ordre. Le \u00ab bon jeune \u00bb marche sous les banderoles. Le \u00ab mauvais \u00bb circule en bande, emprunte les trottoirs \u00e0 contresens et ne vient pas des centres-villes. Il est plus touch\u00e9 encore par la pr\u00e9carit\u00e9 que le \u00ab bon jeune \u00bb. Entendu dans un cort\u00e8ge : \u00ab rien \u00e0 foutre du CPE, de toute fa\u00e7on j&#8217;aurai jamais de taf. \u00bb Mais tous les \u00ab mauvais jeunes \u00bb ne sont pas log\u00e9s \u00e0 la m\u00eame enseigne. Les anars, qui pourtant ne rechignent pas \u00e0 balancer quelques pav\u00e9s dans les vitrines, font au moins partie du paysage contestataire. Ils en viendraient presque \u00e0 manquer s&#8217;ils disparaissaient du rituel gazage-jet d&#8217;eau de fin de manif. Bref, ces jeunes qui ne connaissent pas l&#8217;existence de Bakounine et Proudhon bouleversent le paysage rassurant car ma\u00eetris\u00e9 des acteurs habituels de la contestation autant que de la r\u00e9pression.<\/p>\n<p>Pourtant, par petites touches, quelques acteurs du mouvement anti-CPE s&#8217;\u00e9loignent de ces visions dichotomiques. Lors d&#8217;un reportage \u00e0 Lille sur la mobilisation de l&#8217;universit\u00e9 de droit, (voir Regards n\u00b028), nous avions entendu des \u00e9tudiants faire le lien entre la lutte contre la pr\u00e9carit\u00e9 et celle des banlieues, de novembre dernier. \u00ab La continuit\u00e9 avec les r\u00e9voltes dans les banlieues semble \u00e9vidente, racontait Armand, \u00e9tudiant en droit de 23 ans. Ces jeunes-l\u00e0 sont moins favoris\u00e9s, ce qui rend diff\u00e9rents leurs modes d&#8217;action et surtout de verbalisation mais on se retrouve tous sur un point : la peur de l&#8217;avenir. La grande nouveaut\u00e9, c&#8217;est qu&#8217;on commence \u00e0 voir des jeunes des banlieues suivre et participer aux manifestations \u00e9tudiantes. \u00bb Plus r\u00e9cemment, un texte sorti de la r\u00e9put\u00e9e conservatrice Sorbonne a fait des vagues. Les auteurs sont parmi les premiers \u00e0 exprimer publiquement le malaise en condamnant l&#8217;opposition de deux jeunesses d\u00e9crite par le gouvernement, les m\u00e9dias mais aussi certains syndicats \u00e9tudiants. Ils appellent l&#8217;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la Sorbonne \u00e0 consacrer \u00ab une partie de (ses) forces \u00e0 mettre en place les conditions d&#8217;un dialogue avec la banlieue. Cette t\u00e2che, difficile, nouvelle, doit inventer des formes nouvelles \u00bb. \u00ab Nous, \u00e9tudiants, poursuivent les sorbonnards, reconnaissons n&#8217;avoir pas su prendre la mesure du mouvement des banlieues : comment avons-nous pu laisser passer le mois de novembre sans une fois organiser, sous quelque forme que ce soit, la manifestation de notre soutien ? En mars, notre silence de novembre retentit am\u00e8rement. Il est inacceptable que le mouvement \u00e9tudiant, par crainte de discr\u00e9dit aupr\u00e8s des m\u00e9dias et de l&#8217;opinion, en vienne \u00e0 se d\u00e9solidariser des jeunes de banlieue, et s&#8217;autorise \u00e0 condamner leur violence. Car c&#8217;est adopter le m\u00eame ton poli que le gouvernement : c&#8217;est ne pas voir que ce discours d&#8217;anti-violence polie tait et cache la violence v\u00e9ritable, exerc\u00e9e au quotidien sur ces jeunes (contr\u00f4les policiers, discriminations \u00e0 l&#8217;emploi, au logement, etc.). Si nous adoptons ce discours, nous nous pla\u00e7ons du c\u00f4t\u00e9 du gouvernement. Et contre (ces jeunes). \u00bb \u00ab Nous vivons la suite de la crise des banlieues, estime la magistrate Evelyne Sire- Marin, copr\u00e9sidente de la Fondation Copernic. Dans cette mesure, on ne peut ni s&#8217;offusquer, ni s&#8217;\u00e9tonner de cette violence. \u00bb Et si les manifestations, avec leurs violences, pouvaient rec\u00e9ler, au del\u00e0 du d\u00e9fi qu&#8217;elles posent \u00e0 la gauche, une vertu f\u00e9d\u00e9ratrice entre des jeunes qui n&#8217;avaient pas l&#8217;habitude d&#8217;\u00e9changer ? Si la peur commune \u00e0 ces deux jeunesses de la pr\u00e9carit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 souvent soulign\u00e9e, c&#8217;est moins le cas de la question de la dignit\u00e9, qui appara\u00eet pourtant centrale. Evelyne Sire-Marin a, durant la crise du CPE, parcouru quelques universit\u00e9s \u00e0 la rencontre des \u00e9tudiants. \u00ab Ils connaissent parfaitement bien la pr\u00e9carit\u00e9, raconte-t-elle, c&#8217;est malheureusement souvent leur quotidien. Ce qui a provoqu\u00e9 une telle col\u00e8re, c&#8217;est la disposition contenue dans le CPE permettant \u00e0 l&#8217;employeur de ne pas justifier son licenciement. Cela m&#8217;invite \u00e0 penser que le v\u00e9ritable enjeu, c&#8217;est la dignit\u00e9. Ils ne veulent pas \u00eatre trait\u00e9s comme des choses, encore moins comme des marchandises. \u00bb Lors d&#8217;un reportage effectu\u00e9 \u00e0 Bobigny et Nanterre en novembre 2005 (voir Regards N\u00b024) le terme de hogra, de l&#8217;arabe m\u00e9pris, est souvent revenu, r\u00e9v\u00e9lant bien le sentiment de rel\u00e9gation dont ils ont le sentiment d&#8217;\u00eatre victimes.<\/p>\n<p>Mustapha, 20 ans, \u00e9tudiant en hypokh\u00e2gne \u00e0 Saint-Ouen (93) a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sent tout au long de la mobilisation. Son parcours constitue une formidable passerelle entre deux jeunesses que les \u00e9v\u00e9nements ont eu tendance \u00e0 monter l&#8217;une contre l&#8217;autre. Pour lui aussi, les Invalides \u00e9voquent un cuisant souvenir. L&#8217;un de ses amis a re\u00e7u un coup de couteau \u00e0 la cuisse sur l&#8217;esplanade, pour une histoire de casquette vol\u00e9e. \u00ab J&#8217;aurais pu \u00eatre du c\u00f4t\u00e9 des casseurs et des d\u00e9pouilleurs, raconte- t-il. Je les connais tr\u00e8s bien, beaucoup sont mes amis. Mais j&#8217;ai acc\u00e8s \u00e0 d&#8217;autres outils d&#8217;expression. La plupart sont tr\u00e8s jeunes, entre 14 et 17 ans, et sont totalement d\u00e9sabus\u00e9s. Ils n&#8217;ont pas la conscience politique pour manifester. Ils expriment ce qu&#8217;ils subissent au quotidien en cassant. Je ne dis pas que c&#8217;est bien, mais c&#8217;est r\u00e9v\u00e9lateur d&#8217;un mal-\u00eatre immense qui pourrait bien mener \u00e0 beaucoup plus de violence. Ils entendent toute la journ\u00e9e qu&#8217;ils sont des moins que rien ou encore que l&#8217;essentiel, dans la vie, c&#8217;est de poss\u00e9der. Ils finissent par y croire et le cocktail est explosif. \u00bb Le constat d&#8217;Evelyne Sire-Marin est tout aussi inqui\u00e9tant que celui de Mustapha. Elle ajoute \u00e0 l&#8217;analyse une faillite des institutions. \u00ab Nous sommes dans une telle crise de r\u00e9gime que l&#8217;ob\u00e9issance m\u00eame pose question. Le Parlement passe en force des textes aussi d\u00e9cisifs que le CPE ; le gouvernement est sourd aux r\u00e9actions qui suivent ; quant au Conseil constitutionnel, il ne s&#8217;inqui\u00e8te de rien&#8230; Nous avons l\u00e0 trois institutions qui se d\u00e9l\u00e9gitiment. Ajoutons enfin les tribunaux qui sont contraints de produire une justice exp\u00e9ditive et peu ind\u00e9pendante. Que faire quand tous les recours sont \u00e9puis\u00e9s ? Comment s&#8217;\u00e9tonner des manifestations massives et, sans pour autant la l\u00e9gitimer, de la violence qui en d\u00e9coule ? \u00bb Le sociologue Sa\u00efd Bouamama, que les \u00e9tudiants marseillais ont invit\u00e9 \u00e0 venir expliquer en AG le parall\u00e8le qu&#8217;il \u00e9tablit entre les r\u00e9voltes de novembre et le mouvement anti-CPE, est pour sa part \u00e9tonn\u00e9 que la violence n&#8217;ait pas atteint un niveau sup\u00e9rieur. \u00ab C&#8217;est vrai que ces mobilisations ont vu une augmentation de la violence exprim\u00e9e, mais la violence sociale s&#8217;est consid\u00e9rablement accrue en dix ans, en particulier pour les jeunes issus des quartiers populaires et de l&#8217;immigration \u00bb. Le sociologue encha\u00eene les d\u00e9bats et les rencontres dans les quartiers populaires et fait le constat plut\u00f4t encourageant d&#8217;une volont\u00e9 de comprendre les r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements. D&#8217;associations en collectifs d&#8217;habitants, il d\u00e9couvre une population en recherche de politique au sens le plus noble du terme. \u00ab Sans d\u00e9magogie ni faux optimisme, la jeunesse nous a montr\u00e9, entre novembre dernier et les r\u00e9centes manifestation anti-CPE, qu&#8217;elle est en voie de conscientisation politique. Les deux r\u00e9voltes se r\u00e9pondent. Fait nouveau et int\u00e9ressant, le r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant des jeunes qui sont \u00e0 la fois dans les quartiers et dans les facs. Ils cr\u00e9ent du lien et du d\u00e9bat. Reste \u00e0 trouver le cadre de cette indispensable rencontre. \u00bb Encore une fois, l&#8217;amer constat de la disparition des partis de gauche dans les quartiers populaires ? \u00ab Bien s\u00fbr, mais \u00e0 la fois je suis \u00e9tonn\u00e9 de voir que le souvenir des militants communistes pr\u00e9sents physiquement dans la rue reste encore tr\u00e8s pr\u00e9sent, r\u00e9pond Sa\u00efd Bouamama. Aujourd&#8217;hui, restent seulement les associations. Mais on sent vraiment le besoin de radicalit\u00e9, de militance. En ce qui concerne les urnes, je pense que nous allons assister \u00e0 une mobilisation sans pr\u00e9c\u00e9dent, pas forc\u00e9ment pour la gauche mais certainement contre la droite. \u00bb Mohamed Mechmache, 39 ans, est \u00e9ducateur de rue \u00e0 Clichy-sous-Bois, o\u00f9 les violences de novembre ont commenc\u00e9 par une course poursuite qui devait \u00eatre fatale \u00e0 Zied et Bouna, deux jeunes de la ville. Il est aussi pr\u00e9sident d&#8217;AC Lefeu, constitu\u00e9e \u00e0 la suite des r\u00e9voltes et assez repr\u00e9sentative d&#8217;une nouvelle aspiration politique des habitants. Depuis le 7 mars, un bus parcourt les cit\u00e9s de France pour recueillir les dol\u00e9ances de ces citoyens en mal de reconnaissance, une voix pour les sans-voix. En octobre prochain, le fruit de ce tour de France sera remis \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale. \u00ab On fait de la politique avec un grand P, pr\u00e9cise Mohamed Mechmache, avec les acteurs principaux, le peuple. On va vers les habitants, ce que ne fait plus une certaine classe politique. \u00bb Lui non plus n&#8217;est pas surpris des flamb\u00e9es de violence observ\u00e9es au c\u0153ur des manifestations. \u00ab \u00c7a couvait depuis longtemps, \u00e0 cause de frustrations et de brimades permanentes. En novembre, sous mes yeux, par exemple, j&#8217;ai vu une m\u00e8re se faire insulter par un policier : &#8220;Esp\u00e8ce de pute, tu vas r\u00e9cup\u00e9rer ton b\u00e2tard de gamin ?&#8221; Est-ce que c&#8217;est acceptable ? Tout le monde aspire \u00e0 la dignit\u00e9. On ne devient pas violent gratuitement. Le CPE \u00e9tait une attaque de plus, une de trop. Mais dans les cit\u00e9s, on n&#8217;a pas attendu le CPE pour conna\u00eetre la pr\u00e9carit\u00e9. La vraie nouveaut\u00e9, c&#8217;est que le mouvement contre le CPE va permettre un rapprochement entre des classes populaires et des classes qui le sont un peu moins. On s&#8217;aper\u00e7oit aujourd&#8217;hui que la pr\u00e9carit\u00e9 touche tout le monde. Et si les \u00e9tudiants sont davantage en mesure de comprendre les causes de novembre 2005, on est \u00e0 la veille d&#8217;une \u00e9norme mobilisation \u00bb.<\/p>\n<p>\/justice d&#8217;abattage\/<\/p>\n<p>\/De la 23e chambre correctionnelle de Paris, on entend passer une manif, l&#8217;une des derni\u00e8res. Dans le box, Micka\u00ebl l\u00e8ve la t\u00eate. Il n&#8217;en m\u00e8ne pas large et il a raison. Jug\u00e9 en comparution imm\u00e9diate, il risque gros. La circulaire du garde des Sceaux (1) aux procureurs entend ne pas faire de cadeau pour ce genre de d\u00e9lit. La consigne : du ferme pour tout le monde. Micka\u00ebl a 19 ans, habite dans le 92 et passe bient\u00f4t un bac pro en carrosserie. Gueule d&#8217;ange, cou de taureau et tee- shirt de catch, il a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 le 4 avril \u00e0 l&#8217;issue de la manifestation parisienne. On lui reproche des jets de projectiles sur la police, des invectives, (\u00ab encul\u00e9s \u00bb, \u00ab police partout justice nulle part \u00bb&#8230;) et de s&#8217;\u00eatre rebell\u00e9 lors de son interpellation. Il reconna\u00eet avoir jet\u00e9 un b\u00e2ton vers les forces de l&#8217;ordre et les insultes. \u00ab Mais on s&#8217;est fait gazer et matraquer \u00bb, tente-t-il. La procureure prend la parole. Le r\u00e9quisitoire est sans piti\u00e9. \u00ab Ce jeune homme a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 vers 20 heures, bien apr\u00e8s la dispersion de la manifestation. Il n&#8217;avait pas \u00e0 \u00eatre l\u00e0. Ces jeunes appel\u00e9s casseurs ne sont pas l\u00e0 pour la d\u00e9fense de leurs id\u00e9es mais pour casser. \u00bb Elle demande trois mois ferme avec mandat de d\u00e9p\u00f4t, c&#8217;est-\u00e0-dire incarc\u00e9ration imm\u00e9diate. Dans la salle, sa m\u00e8re ne tarde pas \u00e0 \u00e9clater en sanglots. Une avocate, en apart\u00e9 : \u00ab Le parquet est vraiment aux ordres du gouvernement. \u00bb C&#8217;est justement \u00e0 l&#8217;avocat de plaider. Sachant que \u00ab le tribunal ira probablement en voie de condamnation \u00bb, il utilise les quelques minutes qui lui reviennent pour demander un travail d&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. La d\u00e9lib\u00e9ration est courte, il est tard. Le tribunal revient. Trois mois ferme.\/<\/p>\n<p>\/Le 24 mars, Pascal Cl\u00e9ment demandait par circulaire aux procureurs g\u00e9n\u00e9raux, qui sont sous son autorit\u00e9 hierarchique, qu&#8217;ils n&#8217;\u00ab h\u00e9sitent pas \u00e0 requ\u00e9rir des peines d&#8217;emprisonnement ferme \u00e0 chaque fois qu&#8217;un trouble grave aura \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 l&#8217;ordre public \u00bb.\/<\/p>\n<p>\/P\u00e9tition contre la r\u00e9pression\/<\/p>\n<p>\/Le 13 avril dernier, l&#8217;Humanit\u00e9 lan\u00e7ait un appel r\u00e9clamant l&#8217;amnistie pour les jeunes anti-CPE condamn\u00e9s \u00ab \u00e0 la cha\u00eene \u00bb, selon les termes du quotidien, par une une justice plut\u00f4t exp\u00e9ditive. Parmi les signataires, Marie-George Buffet (PCF), les altermondialistes Jos\u00e9 Bov\u00e9 et Susan George, les syndicalistes Maryse Dumas (CGT), G\u00e9rard Aschieri (FSU), Annick Coup\u00e9 (Solidaires), Bruno Julliard (UNEF) et Karl Stoeckel (UNL), les d\u00e9fenseurs des droits de l&#8217;Homme Jean-Pierre Dubois (Ligue des droits de l&#8217;Homme) et Mouloud Aounit (MRAP), ou encore l&#8217;avocate Ir\u00e8ne Terrel et le cin\u00e9aste G\u00e9rard Mordillat. Pour signer : http:\/\/www.humanite.fr\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Contestation-r\u00e9pression-compromis. Ces trois phases du conflit social en France seraient-elles le moteur d&#8217;une avanc\u00e9e ou le sch\u00e9ma d&#8217;un statu quo dans un pays peu port\u00e9 sur les r\u00e9formes ? La violence de la lame de fond mont\u00e9e de novembre vers le printemps, signe d&#8217;une crise du r\u00e9gime et des institutions, va-t-elle changer la donne ? Et la gauche, dans tout \u00e7a ? 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