{"id":2270,"date":"2006-02-01T00:00:00","date_gmt":"2006-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/amerique-latine-a-gauche-toute2270\/"},"modified":"2006-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2006-01-31T23:00:00","slug":"amerique-latine-a-gauche-toute2270","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2270","title":{"rendered":"Am\u00e9rique Latine. A gauche toute ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Apr\u00e8s le Br\u00e9sil, le Venezuela, l&#8217;Argentine et l&#8217;Uruguay, la Bolivie et le Chili s&#8217;ancrent \u00e0 gauche. L&#8217;Am\u00e9rique latine revient sur le devant de la sc\u00e8ne. Mais sur quel mod\u00e8le peut-elle s&#8217;appuyer ? Voyage dans un continent en pleine \u00e9bullition. <\/p>\n<p>Du 24 au 29 janvier 2006 avait lieu \u00e0 Caracas la 6e \u00e9dition du Forum social mondial (FSM) o\u00f9 plus de 100 000 personnes \u00e9taient attendues (1). S\u00fbr de sa force depuis qu&#8217;il a d\u00e9jou\u00e9 la tentative de coup d&#8217;Etat d&#8217;avril 2002, Hugo Chavez, le pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zuelien devenu une idole de la gauche radicale et anti-imp\u00e9rialiste, a acquis une stature continentale et joue m\u00eame un r\u00f4le moteur dans le mouvement altermondialiste. N&#8217;a-t-il pas, lors du IVe sommet des Am\u00e9riques, en Argentine, en novembre 2005, fait d\u00e9fection pour aller du c\u00f4t\u00e9 des manifestants anti-ALCA [zone de libre \u00e9change des Am\u00e9riques, voir encadr\u00e9 p. 30] ? L&#8217;\u00e9lection, en janvier 2005, de Caracas pour accueillir le FSM t\u00e9moigne de cette nouvelle dimension de l&#8217;homme. Symboliquement,  Porto Alegre passe au second plan.<\/p>\n<p><strong> Le ton se radicalise <\/strong><\/p>\n<p>Depuis janvier 2005, de fortes personnalit\u00e9s ont \u00e9merg\u00e9, renfor\u00e7ant le basculement \u00e0 gauche du continent. Les Uruguayens ont \u00e9lu le socialiste Tabar\u00e9 Vasquez, les Boliviens choisissaient en d\u00e9cembre dernier le leader des planteurs de coca Evo Morales, premier Indien \u00e0 diriger ce pays depuis sa fondation. Le mouvement pourrait se poursuivre cette ann\u00e9e 2006 puisqu&#8217;une douzaine d&#8217;\u00e9lections sont pr\u00e9vues. La responsable socialiste de centre-gauche Michelle Bachelet vient d&#8217;ouvrir le bal au Chili le 15 janvier ; l&#8217;ex-maire de Mexico, Andr\u00e9s Manuel Lopez Obrador, qui entend repr\u00e9senter la moiti\u00e9 des 100 millions de Mexicains qui vivent dans la pauvret\u00e9, a toutes les chances de succ\u00e9der au lib\u00e9ral Vicente Fox, le 2 juillet. D&#8217;autres leaders, d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s, radicalisent le ton, comme Nestor Kirchner, le pr\u00e9sident argentin, qui a surpris tout le monde par son discours muscl\u00e9 contre le FMI. Autant de personnalit\u00e9s ayant en commun un refus de l&#8217;ALCA, une certaine conception de la souverainet\u00e9 et qui rejettent l&#8217;intrusion du FMI dans les strat\u00e9gies locales. Bref, les rapports de force changent avec le voisin nord-am\u00e9ricain et l&#8217;int\u00e9r\u00eat que peut susciter l&#8217;activisme de Hugo Chavez est de plus en plus mis en concurrence&#8230; Son leadership de la contestation antilib\u00e9rale ne semble pas menac\u00e9. Chavez reste en position de force et la strat\u00e9gie anti-imp\u00e9rialiste qu&#8217;il veut mettre en place se d\u00e9veloppe. D&#8217;autant qu&#8217;il peut compter sur un nouvel alli\u00e9 : si les dirigeants de gauche qui \u00e9mergent se r\u00e9clament en majorit\u00e9 de la famille sociale-d\u00e9mocrate, Evo Morales se rapproche imm\u00e9diatement de lui, en voulant mettre fin \u00e0 l&#8217;Etat colonial et aux privil\u00e8ges des multinationales,  en s&#8217;opposant \u00e0 l&#8217;imp\u00e9rialisme des Etats-Unis et en se faisant le porte-parole des populations d\u00e9favoris\u00e9es. L&#8217;influence conjugu\u00e9e de la Bolivie et du Venezuela, les deux puissances gazo-p\u00e9troli\u00e8res du sous-continent, pourrait favoriser la mont\u00e9e d\u00e9j\u00e0 sensible de la gauche et de l&#8217;antiam\u00e9ricanisme dans une r\u00e9gion dont les principaux pays, le Br\u00e9sil et l&#8217;Argentine, souffrent comme d&#8217;autres d&#8217;un d\u00e9ficit \u00e9nerg\u00e9tique. Le pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zuelien a ainsi les moyens mat\u00e9riels de son ambition&#8230; <strong> ambitions de Hugo Chavez <\/strong><\/p>\n<p>Par ailleurs, il polarise toujours sur lui l&#8217;attention de cette gauche que Lula n&#8217;a pas r\u00e9ussi \u00e0 incarner : champion de la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, le leader bolivarien appara\u00eet en outre comme l&#8217;h\u00e9ritier de Fidel Castro, qui reste pour tous les Latino-Am\u00e9ricains la boussole de la gauche radicale anti-imp\u00e9rialiste. De notori\u00e9t\u00e9 publique, les piqueteros argentins ou les paysans sans terre br\u00e9siliens se sentent davantage repr\u00e9sent\u00e9s par Chavez que par leurs propres pr\u00e9sidents. Et pour cause : gr\u00e2ce \u00e0 la manne p\u00e9troli\u00e8re, il a r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9aliser jusqu&#8217;\u00e0 maintenant les r\u00e9formes sociales que promeut sa r\u00e9volution bolivarienne (2). \u00ab Avec M. Fidel Castro, analyse Maurice Lemoine, journaliste sp\u00e9cialiste de l&#8217;Am\u00e9rique latine, Hugo Chavez est l&#8217;unique pr\u00e9sident qui pr\u00f4ne un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement s&#8217;\u00e9cartant de mani\u00e8re significative du consensus de Washington \u00bb (3). Du mod\u00e8le d&#8217;int\u00e9gration du Mercosur qu&#8217;il d\u00e9finit comme \u00ab soumis aux diktats du capital et \u00e0 la logique mercantile \u00bb, il n&#8217;a pas forc\u00e9ment la m\u00eame vision que celle du Br\u00e9sil, converti au \u00ab r\u00e9alisme \u00bb et salu\u00e9 par le FMI. Aucun des quatre gouvernements du Mercosur n&#8217;envisage un sch\u00e9ma d&#8217;int\u00e9gration alternatif impliquant un autre type de d\u00e9veloppement. Kirchner critique le FMI, mais pas le type de d\u00e9veloppement qui sous-tend le mod\u00e8le agro-exportateur de ressources naturelles dans lequel il investit. En revanche, Chavez pr\u00f4ne inlassablement la mise en place de l&#8217;Alternative bolivarienne pour les Am\u00e9riques (ALBA), processus d&#8217;int\u00e9gration visant au d\u00e9veloppement de l&#8217;\u00ab Etat social, non dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des \u00e9lites mais dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des peuples \u00bb. R\u00e9activation du vieil id\u00e9al d&#8217;int\u00e9gration communautaire latino-am\u00e9ricaine, l&#8217;ALBA est la seule critique id\u00e9ologique de l&#8217;ALCA. \u00ab Le cadre national pour les leaders de gauche en Am\u00e9rique latine, estime Erwan Sommerer, chercheur au Crealc (4) est une dimension trop \u00e9troite pour mener de v\u00e9ritables r\u00e9formes sauf avec la manne du p\u00e9trole. S&#8217;il arrive \u00e0 faire admettre que l&#8217;ALBA est une alternative \u00e0 l&#8217;ALCA, Chavez peut jouer un r\u00f4le. Il a un potentiel, de l&#8217;ambition et de l&#8217;argent. \u00bb <strong> Quels atouts pour f\u00e9d\u00e9rer ? <\/strong><\/p>\n<p>Mais ces atouts suffisent-ils pour f\u00e9d\u00e9rer les nations d&#8217;Am\u00e9rique latine autour d&#8217;un tel projet ? Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;Association France-Am\u00e9rique latine, l&#8217;altermondialiste Fabien Cohen craint que les nationalismes latinos ne soient trop profonds et les Latinos eux-m\u00eames \u00ab trop individualistes \u00bb. Il n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 voir, en effet, la recrudescence des diff\u00e9rends g\u00e9opolitiques que le Chili a avec le P\u00e9rou et la Bolivie (5). Il estime, par ailleurs, la personnalit\u00e9 du leader v\u00e9n\u00e9zuelien \u00ab trop ambigu\u00eb \u00bb. Tr\u00e8s populaire dans les couches sociales latinos, il ne le serait pas, selon lui, aupr\u00e8s des \u00e9lites politiques qui s&#8217;en m\u00e9fient et ne reconnaissent pas son r\u00f4le d&#8217;autorit\u00e9. \u00ab Dans un m\u00eame discours, poursuit-il, il peut invoquer aussi bien J\u00e9sus que Marx ou Che Guevara. Il ne fait la diff\u00e9rence entre l&#8217;homme, probablement croyant, et le chef d&#8217;Etat. Cela donne l&#8217;impression d&#8217;une confusion id\u00e9ologique. \u00bb Consid\u00e9ration \u00e0 laquelle se joint Erwan Sommerer, pour lequel Chavez ne donne pas le sentiment d&#8217;un id\u00e9ologue : \u00ab Il faut qu&#8217;il d\u00e9finisse plus clairement son positionnement non pas en termes d&#8217;antilib\u00e9ralisme et d&#8217;antiam\u00e9ricanisme mais en positionnement id\u00e9ologique capable de rassembler les forces de gauche latinos et les forces progressistes internationales. \u00bb La fluidit\u00e9 de la doctrine profess\u00e9e par le chef de l&#8217;Etat v\u00e9n\u00e9zuelien est en fait \u00e0 la fois une force et une faiblesse. Reste qu&#8217;il doit pr\u00e9ciser l&#8217;ambition de sa politique pour lui donner une coh\u00e9rence viable sur le long terme. Son discours \u00e0 Caracas est, de ce point de vue, aussi crucial qu&#8217;attendu ! Va-t-il mettre cette sixi\u00e8me \u00e9dition du FSM \u00e0 profit pour s&#8217;affirmer comme une force de proposition ? Mais d\u00e9sormais Hugo Chavez n&#8217;est plus seul. La mani\u00e8re dont Evo Morales va s&#8217;y prendre pour combattre la pauvret\u00e9 et l&#8217;exclusion ne manquera pas d&#8217;\u00eatre observ\u00e9e.  \u00ab Sa volont\u00e9 de contr\u00f4ler les immenses gisements de gaz notamment heurtera de plein fouet les multinationales \u00bb, pr\u00e9vient Erwan Sommerer.<\/p>\n<p><strong> La m\u00e9thode Evo Morales <\/strong><\/p>\n<p>Lourdement endett\u00e9e, la Bolivie est pour l&#8217;instant sous la coupe de Washington et des institutions financi\u00e8res internationales. Sans compter son refus des campagnes d&#8217;\u00e9radication des plantations de coca en partie financ\u00e9es par les Etats-Unis [voir encadr\u00e9 p. 28], qui fait d\u00e9j\u00e0 de lui la nouvelle b\u00eate noire de Washington. \u00ab L\u00e0 o\u00f9 Chavez, poursuit le chercheur, dispose de la manne p\u00e9troli\u00e8re pour faire la politique sociale que promeut sa r\u00e9volution bolivarienne, lui [Evo Morales, ndlr] ne peut s&#8217;en tirer qu&#8217;avec des id\u00e9es. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment, conclut-il, ce qui le rend int\u00e9ressant aux yeux des observateurs internationaux pour lesquels il n&#8217;a pas l&#8217;inconv\u00e9nient d&#8217;avoir les casseroles que tra\u00eene Hugo Chavez. \u00bb Hugo Chavez-Evo Morales. La gauche latino-am\u00e9ricaine ne manquera pas d&#8217;observer avec attention l&#8217;\u00e9volution des deux hommes qui renouent avec l&#8217;espoir de lib\u00e9ration nationale et sociale associ\u00e9 par Chavez au nom mythique de Simon Bolivar. Leur succ\u00e8s ou leur \u00e9chec p\u00e8sera lourd sur l&#8217;\u00e9volution du continent. Pas seulement de lui.<\/p>\n<p>\/1. Cette fois, le FSM sera \u00ab  polycentrique \u00bb avec des \u00e9v\u00e9nements\/<\/p>\n<p>\/synchronis\u00e9s au  Venezuela, au Pakistan  et au Mali.\/<\/p>\n<p>\/2. La R\u00e9volution bolivarienne tourne autour de quatre axes essentiels : elle est redistributive, anti-n\u00e9olib\u00e9rale, participative et inclusive.\/<\/p>\n<p>\/3. Les r\u00e9formes auxquelles doivent se soumettre des pays sous les injonctions du FMI et de la Banque mondiale sont : discipline fiscale, taux de change \u00ab comp\u00e9titifs \u00bb, lib\u00e9ralisation du commerce, investissements \u00e9trangers, privatisation et d\u00e9r\u00e9glementation.\/<\/p>\n<p>\/4. Centre de recherche sur  l&#8217;Am\u00e9rique latine et les Cara\u00efbes.\/<\/p>\n<p>\/5. Le Chili, l&#8217;\u00ab ennemi historique \u00bb, s&#8217;est appropri\u00e9 la fa\u00e7ade maritime de la Bolivie, qui revendique sa restitution, au moins partielle, lors de la guerre du Pacifique (1879-1883). Le pr\u00e9sident Chavez soutient la revendication bolivienne.\/<\/p>\n<p>\/ENCADRE 1\/<\/p>\n<p>\/G\u00e9opolitique de la coca\/<\/p>\n<p>\/S&#8217;ils sont depuis toujours producteurs et consommateurs de coca, ce ne sont pas les peuples andins, qui l&#8217;utilisent \u00e0 des fins rituelles ou curatives, qui ont invent\u00e9 la coca\u00efne. La fili\u00e8re coca-coca\u00efne a prosp\u00e9r\u00e9 en Am\u00e9rique latine sur fond de baisse du prix des mati\u00e8res premi\u00e8res et de mise en place des politiques d&#8217;ajustement structurel des ann\u00e9es 1980. Produite dans la r\u00e9gion des Andes (Colombie, Bolivie, P\u00e9rou), la coca devient coca\u00efne en Colombie, puis transite par les Cara\u00efbes, l&#8217;Am\u00e9rique centrale et le Mexique avant de p\u00e9n\u00e9trer sur le territoire du premier consommateur mondial, les Etats-Unis. Pour combattre le narcotrafic, consid\u00e9r\u00e9 comme un ennemi de taille de leur s\u00e9curit\u00e9 nationale, les Etats-Unis ont intensifi\u00e9 leur aide financi\u00e8re et logistique aux pays de la r\u00e9gion, tout en les incitant \u00e0 \u00ab militariser \u00bb la lutte. Excellent pr\u00e9texte pour reprendre en main les arm\u00e9es continentales.\/<\/p>\n<p>\/Depuis 1995, les Etats-Unis ont multipli\u00e9 les man\u0153uvres pour assurer la permanence de bases am\u00e9ricaines au Panama mais aussi en Equateur, dans les Antilles n\u00e9erlandaises, au Salvador, au Honduras ou encore au P\u00e9rou et au Paraguay. Plus que la r\u00e9duction du narcotrafic (1), ce dispositif a pour objectif de contr\u00f4ler une r\u00e9gion strat\u00e9gique tant sur le plan \u00e9conomique que politique. Ainsi, le \u00ab plan Colombie \u00bb, de 1999, accordant une aide de 1,6 milliard de dollars pour \u00ab consolider les m\u00e9canismes d\u00e9mocratiques et lutter contre le narcotrafic \u00bb, est, de facto, destin\u00e9 principalement \u00e0 financer la contre-insurrection. L\u00e9galiser la culture de la \u00ab feuille sacr\u00e9e \u00bb en Bolivie : que les Etats-Unis mena\u00e7aient, si Evo Morales \u00e9tait \u00e9lu, de priver de l&#8217;aide financi\u00e8re pour lutter contre le trafic de coca\u00efne : c&#8217;est priver de toute justification une ing\u00e9rence \u00e9tats-unienne dans ce pays.\/<\/p>\n<p>\/Chakri Bela\u00efd\/<\/p>\n<p>\/1. La politique r\u00e9pressive ne permet que des r\u00e9ductions ponctuelles des cultures de coca, car dans le m\u00eame temps les foyers de production se d\u00e9placent. Simplement parce que cette pseudo-lutte contre la drogue ignore d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment les racines socio-\u00e9conomiques du probl\u00e8me.\/<\/p>\n<p>\/ENCADRE 2\/<\/p>\n<p>\/ALBA-ALCA, deux strat\u00e9gies en confrontation\/<\/p>\n<p>\/Projet g\u00e9opolitique de Washington lanc\u00e9 en 1994 par Bill Clinton, l&#8217;ALCA (Zone de libre-\u00e9change des Am\u00e9riques) cherche \u00e0 donner au march\u00e9 et aux transnationales nord-am\u00e9ricaines une totale libert\u00e9 d&#8217;action dans leur traditionnelle zone d&#8217;influence latino-am\u00e9ricaine. Selon le dessein original de Washington, l&#8217;ALCA aurait d\u00e9j\u00e0 d\u00fb entrer en vigueur en janvier 2005. Mais le projet s&#8217;est enlis\u00e9, car confront\u00e9 au refus des pays du Mercosur (Argentine, Br\u00e9sil, Paraguay et Uruguay) et du Venezuela (membre associ\u00e9), pour lesquels les conditions ne sont pas encore r\u00e9unies pour parvenir \u00e0 un accord commercial \u00ab \u00e9quilibr\u00e9 et \u00e9quitable \u00bb. D&#8217;o\u00f9 l&#8217;urgence pour le gouvernement nord-am\u00e9ricain de signer \u00e0 tout prix, comme il l&#8217;a fait avec la Colombie, le P\u00e9rou ou le Chili, des trait\u00e9s bilat\u00e9raux ou sous-r\u00e9gionaux (1) pour pr\u00e9parer l&#8217;approbation finale du trait\u00e9.\/<\/p>\n<p>\/C&#8217;est \u00e0 cette strat\u00e9gie que s&#8217;oppose l&#8217;Alternative bolivarienne pour les Am\u00e9riques (ALBA), propos\u00e9e officiellement par le pr\u00e9sident v\u00e9n\u00e9zuelien Hugo Chavez en d\u00e9cembre 2001. Y sont trac\u00e9s les principes directeurs d&#8217;une int\u00e9gration latino-am\u00e9ricaine et carib\u00e9enne bas\u00e9e sur la justice et la solidarit\u00e9 entre les peuples. L&#8217;ALBA vise \u00e0 cr\u00e9er des avantages coop\u00e9ratifs entre les nations permettant de compenser les asym\u00e9tries existantes entre les pays de l&#8217;h\u00e9misph\u00e8re. Elle se base sur la cr\u00e9ation de fonds compensatoires pour corriger les disparit\u00e9s qui placent en d\u00e9savantage les nations les plus faibles face aux puissances. Elle accorde la priorit\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9gration latino-am\u00e9ricaine et \u00e0 la n\u00e9gociation en blocs sous-r\u00e9gionaux. En plus de cr\u00e9er\/<\/p>\n<p>\/l&#8217;ALBA, Chavez propose de cr\u00e9er un g\u00e9ant p\u00e9trolier latino-am\u00e9ricain : Petroamerica : qui pourrait devenir le fer de lance d&#8217;un ample processus d&#8217;int\u00e9gration \u00e9conomique de la r\u00e9gion en remettant en question le monopole \u00e9nerg\u00e9tique, en majorit\u00e9 aux mains des compagnies p\u00e9troli\u00e8res nord-am\u00e9ricaines.\/<\/p>\n<p>\/Pour autant, l&#8217;ALBA est, pour l&#8217;heure, davantage un discours qu&#8217;un programme concret d&#8217;int\u00e9gration. Ses d\u00e9fis majeurs se trouvent probablement dans la formulation de propositions applicables concr\u00e8tes : quelles seront les r\u00e9gulations douani\u00e8res de l&#8217;ALBA ? Y aura-t-il une libre circulation des personnes ? Mais aussi dans sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9agir face \u00e0 des interpellations actuelles, comme appuyer la d\u00e9mocratisation \u00e0 Cuba.\/<\/p>\n<p>\/Chakri Bela\u00efd\/<\/p>\n<p>\/1. La CAFTA-RD, trait\u00e9 de libre-\u00e9change entre les Etats-Unis, les pays d&#8217;Am\u00e9rique centrale et la R\u00e9publique dominicaine, est en cours d&#8217;approbation.\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Apr\u00e8s le Br\u00e9sil, le Venezuela, l&#8217;Argentine et l&#8217;Uruguay, la Bolivie et le Chili s&#8217;ancrent \u00e0 gauche. L&#8217;Am\u00e9rique latine revient sur le devant de la sc\u00e8ne. Mais sur quel mod\u00e8le peut-elle s&#8217;appuyer ? Voyage dans un continent en pleine \u00e9bullition. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[320,289,321],"class_list":["post-2270","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-amerique-latine","tag-ameriques","tag-chavez"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2270","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2270"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2270\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2270"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2270"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2270"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}