{"id":221,"date":"1996-11-01T00:00:00","date_gmt":"1996-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/imaginer-une-politique-de-la221\/"},"modified":"1996-11-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-10-31T23:00:00","slug":"imaginer-une-politique-de-la221","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=221","title":{"rendered":"&#8221; Imaginer une politique de la citoyennet\u00e9 &#8220;"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La crise qui secoue le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais montre que des formes actuelles d&#8217;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 et d&#8217;intervention politique sont pour partie obsol\u00e8tes. Quelques pistes pour alimenter ce d\u00e9bat. <\/p>\n<p>Changer la soci\u00e9t\u00e9 devient une pr\u00e9occupation majoritaire, avec une force inconnue depuis la fin des ann\u00e9es 70. Mais les moyens pour y parvenir se sont complexifi\u00e9s et sont peu per\u00e7us. Le sens m\u00eame du changement souhait\u00e9 (vers un progr\u00e8s de civilisation ou un recul autoritaire) n&#8217;est pas \u00e9tabli d&#8217;avance. Dans la population, et parfois chez le m\u00eame individu, cohabitent le sentiment d&#8217;impuissance et le besoin de tout bousculer, le d\u00e9go\u00fbt de la politique et des attentes fortes \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>Ces contradictions t\u00e9moignent de la crise profonde qui secoue le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais. Tous les indicateurs sont au rouge avec tous les dangers que cela comporte. Ainsi, \u00e0 titre d&#8217;exemple, seules 39% des personnes interrog\u00e9es lors d&#8217;une enqu\u00eate SOFRES, estiment qu&#8217;il serait tr\u00e8s grave de supprimer l&#8217;Assembl\u00e9e nationale; en 1988, elles \u00e9taient 66% (1). En revanche, les r\u00e9cents mouvements sociaux en apportent t\u00e9moignage: l&#8217;action politique collective est jug\u00e9e utile mais elle est d\u00e9connect\u00e9e des institutions et des partis.<\/p>\n<p>Renouer les fils ne pourra se faire qu&#8217;en prenant toute la mesure des temp\u00eates sous les cr\u00e2nes et des mutations en oeuvre, qui rendent, pour partie, obsol\u00e8tes les formes actuelles d&#8217;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 et d&#8217;intervention politique. Quelques pistes destin\u00e9es \u00e0 nourrir le d\u00e9bat pluraliste.<\/p>\n<p> <strong>  1. Ouvrir un avenir avec un projet de soci\u00e9t\u00e9 plut\u00f4t qu&#8217;un programme. <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;effondrement des pays de l&#8217;Est et la faillite des politiques social-d\u00e9mocrates, toutes deux pr\u00e9sent\u00e9es (et v\u00e9cues) comme des alternatives cr\u00e9dibles au capitalisme, ont bris\u00e9 les modes de repr\u00e9sentation et les rapports d&#8217;adh\u00e9sion aux syst\u00e8mes globaux de changements. Les r\u00e9f\u00e9rences n&#8217;existent plus, les demandes politiques se sont modifi\u00e9es. A cela s&#8217;ajoute l&#8217;exp\u00e9rience fran\u00e7aise. Les \u00e9lecteurs ont l&#8217;impression d&#8217;avoir tout essay\u00e9.<\/p>\n<p>Du coup, les citoyens ne croient plus gu\u00e8re aux programmes \u00e9lectoraux, \u00e9labor\u00e9s dans des \u00e9tats-majors. Tout ce qui appara\u00eet comme catalogue de propositions, m\u00eame \u00e9tay\u00e9es par des solutions financi\u00e8res concr\u00e8tes, est globalement rejet\u00e9: trop beau pour \u00eatre vrai ou trop rabougri pour \u00eatre enthousiasmant. C&#8217;est le devenir de la soci\u00e9t\u00e9 qui pr\u00e9occupe les gens, avec un double souci: faire face \u00e0 l&#8217;urgence et se projeter dans l&#8217;avenir. Imaginer, avec eux, un projet de soci\u00e9t\u00e9, reconstruire des rep\u00e8res collectifs, les aider \u00e0 \u00eatre r\u00e9ellement acteurs, telle est la mission de tout parti ayant une ambition de changement. Autrement dit, chaque probl\u00e8me doit \u00eatre abord\u00e9 avec une connaissance approfondie des r\u00e9alit\u00e9s concr\u00e8tes (et pas seulement des grands principes), de fa\u00e7on \u00e0 pointer les exigences de ruptures avec les gestions actuelles et donner le sens dans lequel inscrire, aussi bien l&#8217;action quotidienne que les r\u00e9formes structurelles.<\/p>\n<p> <strong>  2. Renverser les priorit\u00e9s et soumettre l&#8217;\u00e9conomie au projet social et politique. <\/strong><\/p>\n<p>En France plus qu&#8217;ailleurs, la politique semblait d\u00e9cider de tout, selon une classification commun\u00e9ment admise: le social en bas, le politique en haut, l&#8217;\u00e9conomie au centre, ou \u00e0 c\u00f4t\u00e9 (selon sa vision id\u00e9ologique de la soci\u00e9t\u00e9). Cette hi\u00e9rarchie s&#8217;appuyait sur un partage des t\u00e2ches, accept\u00e9 de tous: les entreprises g\u00e9raient, les travailleurs travaillaient (et revendiquaient). L&#8217;Etat, porteur de l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, appuyait les grands groupes et garantissait le march\u00e9, en le corrigeant plus ou moins, par des m\u00e9canismes de redistribution (Etat-providence), et par une intervention publique (budget, nationalisations&#8230;). La conqu\u00eate du pouvoir central est alors d\u00e9terminante, les partis de gauche proposant une correction plus forte et plus volontariste que la droite. Le clivage \u00e9tait clair.<\/p>\n<p>Depuis la Lib\u00e9ration, avec des heurts et des obstacles (li\u00e9s \u00e0 l&#8217;affrontement capital-travail), cette organisation a globalement fonctionn\u00e9. Chacun, dans son r\u00f4le, participait, en quelque sorte, \u00e0 un projet de d\u00e9veloppement mobilisateur, permettant un progr\u00e8s de vie de tous (m\u00eame les enfants des milieux les plus populaires \u00e9taient assur\u00e9s de mieux vivre que leurs parents). Ce mod\u00e8le a, aujourd&#8217;hui, vol\u00e9 en \u00e9clats.<\/p>\n<p>La r\u00e9volution informationnelle (qui permet d&#8217;\u00e9changer \u00e0 toute vitesse informations, ordres, capitaux&#8230;et de produire hors du cadre national), la crise de l&#8217;efficacit\u00e9 du capital (2), la croissance financi\u00e8re ont fracass\u00e9 ces liens historiques. L&#8217;emploi et les salaires, consid\u00e9r\u00e9s depuis toujours comme un sous-produit de la croissance, deviennent des co\u00fbts \u00e0 r\u00e9duire. Quant \u00e0 l&#8217;Etat, il consacre de plus en plus de moyens pour aider les groupes nationaux \u00e0 occuper une place de choix au niveau international et de moins en moins de ressources pour assurer ses &#8221; fonctions correctrices &#8220;, alors que les d\u00e9g\u00e2ts sociaux deviennent gigantesques. La crise de l&#8217;intervention publique et du secteur public rend donc le pouvoir politique incapable d&#8217;assumer ses fonctions d&#8217;antan. Il y renonce de plus en plus.<\/p>\n<p>Pour en finir avec cette impuissance, tout parti aspirant \u00e0 peser sur les \u00e9v\u00e9nements et \u00e0 gouverner, devrait s&#8217;attacher \u00e0 briser ces cloisonnements et hi\u00e9rarchies \u00e9tablis. L&#8217;emploi et la formation, la s\u00e9curit\u00e9 de vie et l&#8217;ensemble des questions sociales doivent devenir la priorit\u00e9 absolue, autour de laquelle tout s&#8217;organise.<\/p>\n<p>Dans un pays d\u00e9velopp\u00e9, l&#8217;activit\u00e9 salariale est le facteur essentiel de socialisation et de participation \u00e0 la vie citoyenne. Or, ces liens sont inaccessibles \u00e0 pr\u00e8s de quatre millions de ch\u00f4meurs souvent isol\u00e9s. Quand on est &#8221; d\u00e9socialis\u00e9 &#8220;, on a toutes les chances d&#8217;\u00eatre &#8221; d\u00e9politis\u00e9 &#8220;, alors que l&#8217;irruption dans le champ social et civique de ces populations est indispensable.<\/p>\n<p>Ces liens sont mutil\u00e9s pour des millions de personnes soumises aux emplois pr\u00e9caires et petits boulots, qui leur font perdre toute autonomie dans leur vie professionnelle et personnelle. M\u00eame ceux qui ont un emploi s&#8217;interrogent sur le sens de leur travail, leur utilit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p>Il n&#8217;y aura pas de revitalisation de la d\u00e9mocratie sans la construction d&#8217;un projet de plein emploi des capacit\u00e9s humaines. Cela suppose une autre efficacit\u00e9 fond\u00e9e sur l&#8217;\u00e9conomie des capitaux et des richesses, une autre conception des pouvoirs qui brise les monopoles de gestion et garantit aux salari\u00e9s des droits d&#8217;intervention, un r\u00f4le nouveau des entreprises qui ne peuvent se d\u00e9fausser de leur responsabilit\u00e9 vis \u00e0 vis de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p> <strong>  3. Consid\u00e9rer l&#8217;individu dans sa totalit\u00e9 et int\u00e9grer les diff\u00e9rences. <\/strong><\/p>\n<p>Le mod\u00e8le d&#8217;int\u00e9gration r\u00e9publicaine est en crise. La fracture des liens, n\u00e9s du travail, qui ont (aussi) permis de construire une culture commune, n&#8217;y est pas pour rien. Mais ce n&#8217;est pas la seule cause. Ce mod\u00e8le ne prend le citoyen que dans sa composante publique, les diff\u00e9rences (religieuses, ethniques, sexuelles&#8230;) \u00e9tant rel\u00e9gu\u00e9es dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Or l&#8217;individu aspire \u00e0 \u00eatre reconnu dans sa totalit\u00e9, avec ses sp\u00e9cificit\u00e9s. Penser la diff\u00e9rence pour construire la convergence, r\u00e9inventer les valeurs universelles et repenser la R\u00e9publique deviennent indispensables. Ainsi, partir de la diff\u00e9rence entre les sexes conduit \u00e0 poser la question de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 homme\/femme (et de la parit\u00e9 \u00e9lective) en termes fonci\u00e8rement nouveaux. C&#8217;est tout aussi vrai pour les luttes homosexuelles. Et plus encore pour les Fran\u00e7ais d&#8217;origine immigr\u00e9e qui revendiquent leurs doubles racines, leur double culture. Cette question fait d\u00e9bat au sein des forces progressistes et \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du PCF car le risque de repli communautaire existe, o\u00f9 chacun vivrait selon la loi de sa communaut\u00e9, les autres \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9trangers (voire des ennemis). Raison de plus pour mener ce d\u00e9bat au grand jour. La France (comme l&#8217;humanit\u00e9) est plurielle. Est-ce en effa\u00e7ant cette r\u00e9alit\u00e9 que l&#8217;on conjuguera le danger ? N&#8217;est-ce pas, au contraire, en affichant la volont\u00e9 de vivre ensemble dans la diff\u00e9rence que l&#8217;on d\u00e9passera les conflits ? Une diff\u00e9rence revendiqu\u00e9e qui chercherait \u00e0 instaurer des r\u00e8gles de vie communes (et non uniformes) pour b\u00e2tir un destin collectif.<\/p>\n<p> <strong>  4. Changer les institutions existantes, cr\u00e9er des espaces de d\u00e9lib\u00e9rations <\/strong><\/p>\n<p>Cette volont\u00e9 des individus de compter vraiment pour un, avec sa propre personnalit\u00e9 et toute son exp\u00e9rience, va d&#8217;ailleurs bien au-del\u00e0. L&#8217;aspiration \u00e0 \u00eatre consult\u00e9, \u00e9cout\u00e9 et entendu s&#8217;exprime massivement, en particulier dans les couches populaires. La mise en place des comit\u00e9s de quartiers, souvent \u00e0 l&#8217;initiative des maires communistes, vise \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 cette demande. Mais la culture d&#8217;\u00e9coute et de partage des responsabilit\u00e9s n&#8217;est pas encore le lieu commun. Les entreprises d\u00e9fendent leurs privil\u00e8ges. Le pouvoir consid\u00e8re le Parlement comme une chambre d&#8217;enregistrement. Quant \u00e0 l&#8217;Europe, elle reste le domaine r\u00e9serv\u00e9 du gouvernement et des entreprises, hors d&#8217;atteinte du citoyen (3). Pourtant des lieux de d\u00e9lib\u00e9rations et d&#8217;interventions sont \u00e0 inventer qui permettent d&#8217;\u00e9laborer des solutions et de b\u00e9n\u00e9ficier de l&#8217;apport du plus grand nombre, y compris ceux qui ont des opinions minoritaires. Il s&#8217;agit de d\u00e9mocratiser les institutions actuelles et d&#8217;en cr\u00e9er de nouvelles, d&#8217;\u00e9largir le r\u00f4le des \u00e9lus et de favoriser la participation directe des citoyens.<\/p>\n<p> <strong>  5. Changer le r\u00f4le des partis, acc\u00e9l\u00e9rer la mutation du PCF. <\/strong><\/p>\n<p>La crise des partis, la m\u00e9fiance \u00e0 leur \u00e9gard est un v\u00e9ritable drame pour la d\u00e9mocratie. Certes, la m\u00e9diation entre les citoyens et les institutions ne passe pas que par les organisations politiques mais elles en sont une composante incontournable. Le probl\u00e8me de leur renouvellement est crucial pour chacun d&#8217;eux. Les relations entre les partis sont elles-m\u00eames \u00e0 reconcevoir, en toute transparence.<\/p>\n<p>Dans cette recherche, le Parti communiste a plusieurs atouts.<\/p>\n<p>&#8211; Malgr\u00e9 des forces organis\u00e9es en r\u00e9gression, il reste un parti de militants, implant\u00e9s dans les quartiers, proches des gens. C&#8217;est tout autant sa capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9ployer que sa possibilit\u00e9 de se renforcer qui est pos\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; Malgr\u00e9 sa culture protestataire et ses retards consid\u00e9rables, il a choisi de s&#8217;ouvrir sur la soci\u00e9t\u00e9 et d&#8217;\u00eatre suffisamment mobile pour refonder un projet alternatif au plan \u00e9conomique articul\u00e9 \u00e0 un projet de soci\u00e9t\u00e9 novateur. Il s&#8217;y attache et en fait le pari, m\u00eame si les premiers pas sont fragiles et parfois h\u00e9sitants.<\/p>\n<p>Acc\u00e9l\u00e9rer le processus est vital car la souffrance sociale est insupportable et la soci\u00e9t\u00e9 se fragmente. Il devient essentiel d&#8217;aider \u00e0 ce que les citoyens soient en capacit\u00e9 et en situation d&#8217;intervenir, d&#8217;agir, de prendre des responsabilit\u00e9s, d&#8217;exp\u00e9rimenter des solutions neuves et d&#8217;en tirer toutes les le\u00e7ons, ensemble. Pour l&#8217;heure, les aspirations \u00e9mergent mais la citoyennet\u00e9 n&#8217;arrive pas \u00e0 s&#8217;exercer.<\/p>\n<p>Pourtant, dans le parti communiste comme \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, des forces disponibles existent. Les gens n&#8217;h\u00e9sitent pas \u00e0 s&#8217;engager dans des associations, et le plus souvent expriment un besoin de confrontations, d&#8217;\u00e9changes, de construction de convergences pour gagner en efficacit\u00e9. Le PCF peut \u00eatre per\u00e7u et se revendiquer comme un partenaire \u00e0 part enti\u00e8re. Mais il doit se forger de nouveaux outils pour favoriser cet indispensable brassage entre ceux qui se sentent acteurs et ceux qui aspirent \u00e0 le devenir. Il lui faut modifier en profondeur son mode de fonctionnement qui reste encore trop vertical, et imaginer un fonctionnement en \u00e9toile, avec une multitude de relations transversales et interactives, avec un coeur vivant et imaginatif, avec une nouvelle \u00e9thique du partage et de la responsabilit\u00e9 pour lib\u00e9rer la cr\u00e9ativit\u00e9 de tous. Un fonctionnement qui permette de capter tout ce qu&#8217;il y a de neuf dans la soci\u00e9t\u00e9, de le mettre en commun, de le renvoyer de fa\u00e7on enrichie \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, de faire fructifier les id\u00e9es et les exp\u00e9riences d&#8217;actions, dans un va-et-vient continu. Cela int\u00e9resse les communistes comme ceux qui ne le sont pas.<\/p>\n<p>* Redactrice en chef de l&#8217;Humanit\u00e9 Dimanche.<\/p>\n<p>1. Voir l&#8217;article de Guy Michelat et de Michel Simon Changement de soci\u00e9t\u00e9, changement d&#8217;opinion, dans l&#8217;Etat de l&#8217;opinion 1996 (Ed.Seuil).<\/p>\n<p>2. Un m\u00eame volume de capital engendre moins de richesses produites qu&#8217;il y a vingt ans.<\/p>\n<p>3. L&#8217;interd\u00e9pendance est telle que la ma\u00eetrise par les citoyens des orientations europ\u00e9ennes (et donc leur participation directe) est essentielle pour qu&#8217;ils puissent peser sur les enjeux nationaux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La crise qui secoue le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais montre que des formes actuelles d&#8217;organisation de la soci\u00e9t\u00e9 et d&#8217;intervention politique sont pour partie obsol\u00e8tes. 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