{"id":2174,"date":"2005-11-01T00:00:00","date_gmt":"2005-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/val-de-marne-un-musee-est-ne2174\/"},"modified":"2005-11-01T00:00:00","modified_gmt":"2005-10-31T23:00:00","slug":"val-de-marne-un-musee-est-ne2174","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2174","title":{"rendered":"Val-de-Marne, un mus\u00e9e est n\u00e9 &#8211; Entretien avec Jean Caune"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> \u00ab La culture doit cr\u00e9er du liant \u00bb <\/p>\n<p>\/culturelles men\u00e9es durant les quarante derni\u00e8res ann\u00e9es, en commente les fractures et les lacunes et dessine des pistes de r\u00e9flexion pour aujourd&#8217;hui. Entretien.\/<\/p>\n<p>\/Le r\u00f4le de la culture. \u00ab L&#8217;Etat ne fait que prolonger les initiatives pass\u00e9es, parfois en diminuant consid\u00e9rablement leur ampleur et leur ambition : la d\u00e9centralisation, les Fonds r\u00e9gionaux d&#8217;art contemporain (FRAC), les \u00e9quipements culturels de type maisons de la culture, l&#8217;aide au jeunes compagnies, etc. Pourtant, une politique culturelle devrait permettre de construire l&#8217;id\u00e9e du vivre ensemble. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise n&#8217;est plus du tout celle qu&#8217;elle \u00e9tait il y a dix ou quinze ans. Le grand danger, c&#8217;est la communautarisation. Une communautarisation pas simplement ethnique, mais qui se manifeste \u00e9galement par la s\u00e9paration entre les riches et les pauvres et la s\u00e9gr\u00e9gation de ces derniers, les jeunes et les moins jeunes, les banlieusards et les habitants du centre-ville. Eclat\u00e9e sur le plan social et \u00e9conomique, cette soci\u00e9t\u00e9 conna\u00eet une crise de repr\u00e9sentation. Or, qu&#8217;est-ce qu&#8217;une crise sinon le fait que quelque chose est en train de mourir tandis qu&#8217;autre chose na\u00eet dans les interstices de la vie sociale ? Aujourd&#8217;hui, il existe un mutisme complet de la part des institutions politiques, qu&#8217;elles soient locales, r\u00e9gionales ou nationales, sur la fonction de la culture qui consiste \u00e0 op\u00e9rer du liant, \u00e0 donner des repr\u00e9sentations partag\u00e9es, \u00e0 cr\u00e9er des valeurs perceptibles \u00e0 travers les \u0153uvres. Le r\u00f4le de la culture, c&#8217;est de donner un sens \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9. \u00bb\/<\/p>\n<p>\/L&#8217;\u00e8re de la communication. \u00ab Globalement, la politique culturelle men\u00e9e par les pouvoirs publics est devenue une strat\u00e9gie de communication et d&#8217;image de marque. Le mouvement a d\u00e9but\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, domin\u00e9es par le fric et la vitesse. L&#8217;extase et le vertige ont masqu\u00e9 la profondeur de la crise \u00e9conomique, sociale et culturelle. Si la politique de Lang, du moins lors de son premier mandat, a eu des effets tr\u00e8s positifs, ceux-ci n&#8217;ont peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 suffisamment r\u00e9fl\u00e9chis sur la longue dur\u00e9e. Les op\u00e9rations ont toujours \u00e9t\u00e9 de l&#8217;ordre de l&#8217;\u00e9cume. Une \u00e9cume qui pouvait \u00eatre brillante, faire des vagues, mais qui n&#8217;a pas su : et Lang n&#8217;est pas le seul responsable, beaucoup de politiques locales le sont aussi : offrir aux \u00e9quipes les conditions pour s&#8217;inscrire durablement dans la r\u00e9alit\u00e9 urbaine, sociale et humaine du pays. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;accent est mis sur la cr\u00e9ation d&#8217;\u00e9v\u00e9nements\u00a0de type f\u00eate de la musique ou du patrimoine qui servent souvent d&#8217;alibi. Une politique n&#8217;est pas faite de la juxtaposition d&#8217;\u00e9v\u00e9nements : les actions pour le livre, le patrimoine ou la musique ne doivent pas se manifester une seule fois dans l&#8217;ann\u00e9e. Seul compte, \u00e0 notre \u00e9poque, ce qui s&#8217;inscrit comme un \u00e9clair dans le firmament. On ne se pose pas la question des traces, on ne s&#8217;interroge pas sur la mani\u00e8re de faire perdurer les effets. Un \u00e9v\u00e9nement ne vaut, pourtant, que s&#8217;il se prolonge dans la dur\u00e9e et dans l&#8217;espace. Malheureusement, la culture n&#8217;est plus qu&#8217;un s\u00e9maphore, quelque chose destin\u00e9 \u00e0 se voir de loin. \u00bb\/<\/p>\n<p>\/L&#8217;invention sur le terrain. \u00ab Pendant tr\u00e8s longtemps, l&#8217;Etat exer\u00e7ait en France une tutelle \u00e0 la fois morale et intellectuelle sur les politiques culturelles. Il avait une mission r\u00e9galienne. Son r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 fondamental dans les ann\u00e9es 1960 : il \u00e9tait alors initiateur et accompagnateur. Aujourd&#8217;hui, il est admis et mis en pratique que les politiques culturelles doivent \u00eatre multiples. On a pris conscience que c&#8217;est sur le terrain qu&#8217;elles se jouent. Les collectivit\u00e9s territoriales ne se contentent plus de prolonger unilat\u00e9ralement les perspectives de l&#8217;Etat. La d\u00e9centralisation est une r\u00e9alit\u00e9 profonde. \u00bb\/<\/p>\n<p>\/Pour une d\u00e9mocratie participative. \u00ab Il ne suffit pas de placer les gens dans un mus\u00e9e ou de les exhorter \u00e0 aller au th\u00e9\u00e2tre pour les conduire \u00e0 s&#8217;int\u00e9resser \u00e0 la culture. La d\u00e9mocratisation culturelle, comme acc\u00e8s du plus grand nombre aux \u0153uvres, est totalement insuffisante. Dans une soci\u00e9t\u00e9 aussi riche et d\u00e9velopp\u00e9e que la n\u00f4tre, on ne peut plus se contenter d&#8217;un mouvement vertical. A c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, sous-tendue par les \u00e9lus ou par les grands artistes, on a besoin d&#8217;une d\u00e9mocratie participative. Il n&#8217;existe pas de culture sans r\u00e9elle appropriation et participation des personnes constitutives d&#8217;un groupe. Or les pratiques amateurs, qu&#8217;elles soient de l&#8217;ordre de la peinture, de la musique ou du th\u00e9\u00e2tre, ont toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme des pratiques mineures. L&#8217;id\u00e9e de d\u00e9mocratie culturelle remonte aux ann\u00e9es 1970. Il faut la retravailler pour donner, \u00e0 chacun, les moyens de trouver son propre mode d&#8217;expression et de relation dans de multiples domaines de la vie : l&#8217;\u00e9ducation, le travail, les loisirs&#8230; C&#8217;est une id\u00e9e tr\u00e8s diff\u00e9rente de la d\u00e9mocratisation culturelle. Reprendre trente ans plus tard, sans r\u00e9fl\u00e9chir, le slogan d&#8217;Antoine Vitez : \u00ab un art \u00e9litaire pour tous \u00bb : est malhonn\u00eate intellectuellement. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un art \u00e9litaire ? Un art de qualit\u00e9 ? Quels en sont les crit\u00e8res ? Pourquoi \u00ab pour tous \u00bb ? Tout le monde n&#8217;est pas oblig\u00e9 d&#8217;aimer l&#8217;art contemporain, ni d&#8217;ailleurs la musique classique, la techno ou le rap ! Il serait plus pertinent, aujourd&#8217;hui, de mettre en place des actions artistiques qui permettent \u00e0 chacun de se construire dans une perspective o\u00f9 rationalit\u00e9 et sensibilit\u00e9 se combinent pour forger cet \u00ab Homme esth\u00e9tique \u00bb dont le dramaturge Friedrich Schiller r\u00eavait et qu&#8217;il conseillait \u00e0 son prince de promouvoir \u00e0 travers une \u00e9ducation artistique. \u00bb\/<\/p>\n<p>\/Recueilli par Marion Rousset\/<\/p>\n<p>\/* Jean Caune est chercheur en sciences de la communication. Com\u00e9dien, metteur en sc\u00e8ne, et directeur de la maison de la culture de Chamb\u00e9ry dans les ann\u00e9es 1980. Auteur de La Culture en action : De Vilar \u00e0 Lang : le sens perdu, PUG 1999, il pr\u00e9pare un ouvrage sur la d\u00e9mocratisation culturelle.\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> \u00ab La culture doit cr\u00e9er du liant \u00bb <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2174","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2174","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2174"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2174\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2174"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2174"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2174"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}