{"id":2152,"date":"2005-10-01T00:00:00","date_gmt":"2005-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/desperate-housewives2152\/"},"modified":"2005-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2005-09-30T22:00:00","slug":"desperate-housewives2152","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2152","title":{"rendered":"Desperate housewives"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La vie r\u00eav\u00e9e des femmes au foyer <\/p>\n<p>Mary-Alice s&#8217;est tir\u00e9 une balle dans la t\u00eate, le sang coule sur son plancher cir\u00e9. Forc\u00e9ment, l&#8217;\u00e9v\u00e9nement perturbe ses amies : elles aussi ont du parquet cir\u00e9, une villa de 400 m2, vue sur un jardin \u00e0 la pelouse fra\u00eechement coup\u00e9e, et, pour tout cela, un mari qui signe le ch\u00e8que chaque fin de mois. La bande des quatre a d&#8217;autres points communs : une propension \u00e0 \u00e9viter toute r\u00e9flexion profonde, une solitude \u00e0 toute \u00e9preuve. Et un go\u00fbt pour le mensonge prononc\u00e9, parce qu&#8217;ici, il s&#8217;agit de sauver les apparences. Apr\u00e8s tout, c&#8217;est \u00e7a le r\u00eave am\u00e9ricain. Lui faire honneur, c&#8217;est leur boulot. Riches sans avoir besoin de travailler, passives et herm\u00e9tiques aux \u00e9v\u00e9nements situ\u00e9s plus loin que leur p\u00e2t\u00e9 de maisons, une vie de jacasseries et de petits soucis m\u00e9nagers qui, apr\u00e8s des ann\u00e9es de mariage terne, rendent chaque minute plus longue. Elles ont beau nettoyer avec application, traquer la poussi\u00e8re, l&#8217;ennui salit tous les recoins de leur int\u00e9rieur. On n&#8217;a pas tellement envie de les plaindre, et puis finalement si. Elles se sont tromp\u00e9es de r\u00eave. Elles sont all\u00e9es vers ce que leurs m\u00e8res leur ont appris, ce dont elles \u00e9taient s\u00fbres d&#8217;\u00eatre capables. Elles n&#8217;ont pas vu que ce qu&#8217;elles pensaient \u00eatre la garantie de leur confort \u00e9tait un renoncement. Combien dans leur cas ? Leur banlieue, c&#8217;est n&#8217;importe quelle banlieue chic am\u00e9ricaine. D&#8217;est en ouest, toutes le m\u00eame sch\u00e9ma. Pas une boutique, encore moins de crottes de chien, de grosses maisons pr\u00e9tentieuses et toutes pareilles, des routes o\u00f9 quelques pick-up passent \u00e0 l&#8217;occasion. Aucun enfant dehors, mais des visages qui se cachent derri\u00e8re leurs rideaux. Bref, rien ne d\u00e9passe. On peut se demander pourquoi toute une population a \u00e9rig\u00e9 cette vie en cons\u00e9cration. Plus on s&#8217;\u00e9loigne de la ville, plus on est riche, plus on s&#8217;ennuie. Surtout, on reste entre nous, dans ces grands ghettos verdoyants, suffocants de trop d&#8217;espace. Royaume des WASP (White Anglo-Saxon Protestants, appellation pour cette population consid\u00e9r\u00e9e, sinon comme la \u00ab race pure \u00bb am\u00e9ricaine : ce serait politically incorrect, n&#8217;est-ce pas : mais au moins peut-on parler de classe dominante), les blancs protestants, donc, tol\u00e8rent bien catholiques et latinos, du moment que tout ce beau monde est vu \u00e0 l&#8217;\u00e9glise le dimanche. Mary-Alice, en voix off, nous guide dans les vies de ses amies, nous fait entrer dans leurs beaux int\u00e9rieurs, et une chose est s\u00fbre : chacune a du linge sale. Il y a cette petite p\u00e9p\u00e9, Gabrielle, qui trompe son mari plein aux as avec le jardinier. Un moyen de sauver sa peau quand les bijoux et voitures de sport ne font plus l&#8217;affaire. Susan, qui \u00e9l\u00e8ve seule sa fille et la met dans ses confidences intimes,  a des vues sur le plombier. Lynette a renonc\u00e9 \u00e0 sa brillante carri\u00e8re pour \u00e9lever ses quatre monstres. Et enfin Bree Van De Kamp, froide jusqu&#8217;au bout des ongles, prisonni\u00e8re des apparences et si parfaite que l&#8217;on voudrait arracher avec m\u00e9thode chaque cheveu de son brushing impeccable. Les maris, quand ils sont encore l\u00e0, rentrent tard le soir. Chaque \u00e9pisode balance entre l&#8217;\u00e9grenage minut\u00e9 du quotidien (plans fixes sur des petits riens tellement lourds de sens, et cette musique na\u00efve, ent\u00eatante, qui veut nous dire que tout va bien)&#8230; et une intrigue plus vaste, \u00e9tal\u00e9e sur les 22 \u00e9pisodes. Parce qu&#8217;au-del\u00e0 des petits soucis, il y a un cadavre dans le placard, et vraiment, on voudrait bien savoir qui, pourquoi. Etrange cette amiti\u00e9 qui lie les quatre m\u00e9nag\u00e8res, addition de solitudes honteuses. La mort de Mary-Alice va les lier davantage, puisque ensemble elles d\u00e9cident d&#8217;enqu\u00eater, et peu \u00e0 peu cette affaire commune fera tomber les masques qu&#8217;elles tentent, m\u00eame entre elles, de maintenir. Le veuf de Mary-Alice fait des myst\u00e8res. Et dans le voisinage, \u00e7a pinaille, \u00e7a espionne et, surprise ? Personne n&#8217;est si lisse. Comme quoi, m\u00eame les bons chr\u00e9tiens&#8230; Un peu \u00e0 la mani\u00e8re d&#8217;American Beauty de Sam Mendes, il y a cette angoisse de voir ces personnages courir dans la mauvaise direction, \u00e0 la recherche d&#8217;un bonheur qui ne serait que confort et neutralit\u00e9. La virtuosit\u00e9 tient \u00e0 cette mani\u00e8re de nous montrer, avec pudeur, les n\u00e9vroses de chacune. Sans renier l&#8217;aspect sitcom, intrigue \u00e0 tiroirs, humour facile. Et l&#8217;on s&#8217;attache \u00e0 ces filles perdues, qui n&#8217;ont pas compris, qui vivotent et demandent \u00e0 leur mari, l&#8217;air de rien : \u00ab Are we happy ? \u00bb Parce que, malgr\u00e9 tout, elles n&#8217;en sont pas si s\u00fbres.<\/p>\n<p>\/Desperate Housewives (traduire \u00ab femmes aux foyers d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es \u00bb), s\u00e9rie am\u00e9ricaine, Canal +, tous les jeudis \u00e0 20 h 55, deux \u00e9pisodes par soir\u00e9e. Et sur M6 \u00e0 la fin de l&#8217;ann\u00e9e.\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La vie r\u00eav\u00e9e des femmes au foyer <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[287],"class_list":["post-2152","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-medias"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2152","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2152"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2152\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2152"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}