{"id":2009,"date":"2000-06-01T00:00:00","date_gmt":"2000-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/des-p-tits-noirs-bien-serres2009\/"},"modified":"2000-06-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-05-31T22:00:00","slug":"des-p-tits-noirs-bien-serres2009","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2009","title":{"rendered":"Des p&#8217;tits noirs bien serr\u00e9s"},"content":{"rendered":"<p>Autant annoncer la couleur&#8230; c&#8217;est du roman noir et, une fois n&#8217;est pas coutume, il s&#8217;agit d&#8217;un sp\u00e9cial copinage, mais sinc\u00e8re. En effet, il se trouve que dans Cash Back, le polar de Gilles Vidal, le signataire de ces lignes est enr\u00f4l\u00e9 (\u00e0 son insu&#8230; mais avec fiert\u00e9) dans une \u00e9quipe de football, compos\u00e9e d&#8217;autres joueurs familiers du susdit auteur (imaginez que vous vous retrouviez dans un livre sans le savoir&#8230; c&#8217;est une dr\u00f4le de surprise !) Laquelle formation du Sporting joue une importante rencontre internationale contre Porto&#8230; Bref, nous voil\u00e0 pi\u00e9g\u00e9 car le livre est bon. R\u00e9sum\u00e9 du match : les \u00e9ditions la Bartavelle viennent de publier trois petits polars bien serr\u00e9s, dans sa nouvelle collection Noire, sous la direction de Gilles Vidal, auteur d&#8217;une vingtaine de livres (romans et nouvelles) tr\u00e8s inspir\u00e9s par la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine (Brautigan, Bukowski, Carver&#8230;). Premier constat, les livres, format de poche, sont de beaux objets, aux couvertures tr\u00e8s r\u00e9ussies (d&#8217;un certain Elio), et pas chers (50 F pour 140 pages en moyenne). Au premier coup d&#8217;oeil, on pense un peu au Poulpe, mais il n&#8217;est pas question ici d&#8217;un h\u00e9ros r\u00e9current. Cash back raconte l&#8217;enqu\u00eate d&#8217;Antoine Fouget, d\u00e9tective priv\u00e9 bien d&#8217;chez nous, sur la mort myst\u00e9rieuse (bas\u00e9e sur des faits-divers r\u00e9els) d&#8217;un footballeur mort&#8230; par combustion instantan\u00e9e. Vous avez bien lu : certaines victimes ont fondu comme des bougies (pour de vrai !). Quant au cash back, c&#8217;\u00e9tait une escroquerie faisant miroiter la fortune \u00e0 des gogos de passage. Vidal a une plume assur\u00e9e et son polar alerte est un hommage non d\u00e9guis\u00e9 au ma\u00eetre Chandler. Autre style, le M\u00e2le incarn\u00e9, de St\u00e9phane K\u00fachlin, deuxi\u00e8me opus de la collection, nous entra\u00eene dans un univers tr\u00e8s diff\u00e9rent (une multinationale de fabrication de jouets). Il commence comme un roman de Cormac Mac Carthy (c&#8217;est dire la qualit\u00e9 de l&#8217;\u00e9criture) : un &#8220;Negro&#8221; est lynch\u00e9 par le Ku Klux Klan, au fin fond d&#8217;une for\u00eat sombre et inqui\u00e9tante du Mississipi : et se termine en cauchemar climatis\u00e9 frisant le roman fantastique. Beverly Minon \u00e9touffe dans un univers \u00e0 la Houellebecq (type Extension du domaine de la lutte et Particules \u00e9l\u00e9mentaires&#8230; avec frustration sexuelle \u00e0 la clef), au point de se sentir menac\u00e9e de mort. Quel rapport entre les deux ? C&#8217;est tout le sujet de ce livre entre le roman noir et la romance rose. K\u00fachlin a une plume mais il pourrait se l\u00e2cher davantage dans sa folie langagi\u00e8re&#8230;Troisi\u00e8me et dernier volume, la R\u00e9surrection des poulets r\u00f4tis (le ton du livre est annonc\u00e9&#8230;), de Daniel Pasquereau, lui aussi tr\u00e8s influenc\u00e9 par la litt\u00e9rature am\u00e9ricaine et bourr\u00e9 d&#8217;humour. Sous couvert d&#8217;\u00e9crire un polar, l&#8217;auteur se livre \u00e0 une attaque en r\u00e8gle d&#8217;une certaine cat\u00e9gorie d&#8217;artistes contemporains, \u00e9litistes et imbus d&#8217;eux-m\u00eames pour qui un \u00e9tron peut devenir une oeuvre d&#8217;art&#8230; puisque, pour paraphraser Toulouse-Lautrec, &#8220;L&#8217;art c&#8217;est comme la merde, on la sent mais \u00e7a ne s&#8217;explique pas&#8221;&#8230; Deux autres volumes, d&#8217;Herv\u00e9 Mestron (Opus Mortem) et de Georges Londeix (Indo Crime) nous emm\u00e8nent dans des univers tr\u00e8s diff\u00e9rents. Le premier aborde le monde de la musique, un domaine qu&#8217;il conna\u00eet bien puisqu&#8217;il est altiste professionnel. Le second tente de percer les secrets de l&#8217;Asie. Longue vie \u00e0 Bartavelle Noire qui entend continuer \u00e0 publier de bons petits noirs sans pr\u00e9tention, mais bien serr\u00e9s. n G.C.<\/p>\n<p><strong> Gilles Vidal, <\/strong><\/p>\n<p>Cash back, Bartavelle noire, 154 p, 50 F<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame collection :<\/p>\n<p><strong> St\u00e9phane Koechlin, <\/strong><\/p>\n<p>le M\u00e2le incarn\u00e9,<\/p>\n<p>137 p, 50 F ;<\/p>\n<p><strong> Daniel Pasquereau, <\/strong><\/p>\n<p>la R\u00e9surrection des poulets r\u00f4tis,<\/p>\n<p>124 p, 50 F ;<\/p>\n<p><strong> Herv\u00e9 Mestron, <\/strong><\/p>\n<p>Opus Mortem,<\/p>\n<p>140 p, 50 F;<\/p>\n<p><strong> Georges Londeix, <\/strong><\/p>\n<p>Indo Crime,<\/p>\n<p>205 p, 59 F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autant annoncer la couleur&#8230; c&#8217;est du roman noir et, une fois n&#8217;est pas coutume, il s&#8217;agit d&#8217;un sp\u00e9cial copinage, mais sinc\u00e8re. En effet, il se trouve que dans Cash Back, le polar de Gilles Vidal, le signataire de ces lignes est enr\u00f4l\u00e9 (\u00e0 son insu&#8230; mais avec fiert\u00e9) dans une \u00e9quipe de football, compos\u00e9e d&#8217;autres [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2009","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2009","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2009"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2009\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}