{"id":1959,"date":"2000-05-01T00:00:00","date_gmt":"2000-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-agriculture-contre-la1959\/"},"modified":"2000-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-04-30T22:00:00","slug":"l-agriculture-contre-la1959","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1959","title":{"rendered":"L&#8217;agriculture contre la mondialisation : d\u00e9bat entre Jacques Berthelot et Jos\u00e9 Bov\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> R\u00e9flexion \u00e0 b\u00e2tons rompus sur les r\u00e8gles de plus en plus d\u00e9cri\u00e9es du commerce international. Dict\u00e9es en sous-main par les grandes firmes capitalistes, elles s&#8217;opposent \u00e0 la souverainet\u00e9 alimentaire des peuples, expliquent les d\u00e9batteurs. <\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> La souverainet\u00e9 alimentaire de nombreux pays a \u00e9t\u00e9 remise en cause par l&#8217;accord agricole de l&#8217;Uruguay Round finalis\u00e9 en 1993 qui a oblig\u00e9 les pays \u00e0 r\u00e9duire tr\u00e8s fortement leurs protections \u00e0 l&#8217;importation, comme le GATT le faisait d\u00e9j\u00e0 pour l&#8217;industrie depuis 1947. Du fait de la course aux armements de Reagan \u00e0 cette p\u00e9riode, les Etats-Unis ont connu un fort d\u00e9ficit budg\u00e9taire qui les a amen\u00e9s \u00e0 augmenter leurs taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat. Le dollar \u00e9tait donc tr\u00e8s fort et les Etats-Unis perdaient des parts de march\u00e9, notamment sur le plan agricole. Reagan a sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 Delors, \u00e0 la t\u00eate de la Commission europ\u00e9enne, de faire entrer l&#8217;agriculture dans le GATT. Delors a r\u00e9pondu que si l&#8217;agriculture entrait dans la r\u00e8gle du GATT, la PAC allait sauter et que l&#8217;Europe allait perdre 50 milliards d&#8217;\u00e9cus par an. Il a donc pos\u00e9 comme condition l&#8217;entr\u00e9e des services dans le GATT. Dans l&#8217;accord final, l&#8217;agriculture, les services et toutes les activit\u00e9s sont entr\u00e9s dans les r\u00e8gles du GATT dont l&#8217;objectif est d&#8217;\u00e9tablir le libre-\u00e9change, donc la disparition progressive des protections douani\u00e8res.<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> Les Accords de Marrakech de 1995 sont all\u00e9s encore plus loin, avec l&#8217;obligation pour les pays d&#8217;importer, produit par produit, 5% de leurs besoins alimentaires. Cette obligation et le dumping pratiqu\u00e9 par les pays riches sur les ventes des produits \u00e0 l&#8217;exportation ont compl\u00e8tement d\u00e9structur\u00e9 les \u00e9changes internationaux. En Afrique, en Asie, des pays qui \u00e9taient autosuffisants pour les mati\u00e8res premi\u00e8res de base (les c\u00e9r\u00e9ales, le riz, les viandes blanches, les viandes rouges) sont devenus d\u00e9pendants. Cette ouverture des march\u00e9s les a d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s. Parall\u00e8lement, l&#8217;Europe subventionne les exportations des surplus de nos agricultures. S&#8217;ajoutent d&#8217;autres aides d\u00e9guis\u00e9es aux exportations qui font que les produits arrivent dans ces pays \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs, souvent de moiti\u00e9, aux co\u00fbts de production locaux, ce qui d\u00e9truit compl\u00e8tement l&#8217;agriculture vivri\u00e8re. L&#8217;exportation, le libre-march\u00e9 deviennent la r\u00e8gle ; la protection aux fronti\u00e8res l&#8217;ennemi jur\u00e9 de cette id\u00e9ologie. Car c&#8217;est v\u00e9ritablement une structure id\u00e9ologique. Il s&#8217;agit d&#8217;une nouvelle forme de domination. Les pays producteurs de mati\u00e8res premi\u00e8res comme les pays du Sud ne sont jamais ma\u00eetres du cours mondial puisque le prix mondial n&#8217;existe pas, c&#8217;est un leurre. Les cours mondiaux se fabriquent en fonction de r\u00e8gles qui n&#8217;ont strictement rien \u00e0 voir avec des probl\u00e8mes \u00e9conomiques. On l&#8217;a vu en 1999, avec le prix du cacao qui a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9 par deux. Aujourd&#8217;hui, des gens qui ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s de se lancer dans des mono-productions longues \u00e0 mettre en place, dans le cadre de plans organis\u00e9s avec le FMI et la Banque mondiale, ne peuvent plus exporter. C&#8217;est un syst\u00e8me enti\u00e8rement pervers qui ne sert toujours qu&#8217;aux pays riches, qu&#8217;aux pays du Nord.<\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> Plus exactement qu&#8217;aux industries agro-alimentaires !<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> La Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne fait de la souverainet\u00e9 alimentaire une question centrale. Chaque peuple ou chaque groupe de pays doit arriver \u00e0 l&#8217;autosuffisance alimentaire. C&#8217;est la position de l&#8217;ensemble de notre mouvement international Via Campesina qui regroupe pr\u00e8s de 90 organisations, aussi bien au Nord qu&#8217;au Sud. Cette logique signifie qu&#8217;il faut casser toutes les politiques de dumping, toutes les possibilit\u00e9s de mettre sur le march\u00e9 mondial des produits inf\u00e9rieurs aux co\u00fbts de production et qu&#8217;il faut prot\u00e9ger les fronti\u00e8res. Pour \u00eatre en coh\u00e9rence avec les pays du Sud, il faut cesser de subventionner l&#8217;agriculture \u00e0 l&#8217;exportation, aux Etats-Unis et en Europe notamment. L&#8217;Europe ne peut d\u00e9fendre deux positions contradictoires : pr\u00e9server les subventions aux exportations et d\u00e9fendre une agriculture multifonctionnelle (la th\u00e9orie du commissaire europ\u00e9en Pascal Lami \u00e0 Seattle). Soit l&#8217;Europe d\u00e9finit des r\u00e8gles internes et fixe sa politique agricole en fonction des besoins : le march\u00e9 agissant uniquement pour les produits de forte valeur ajout\u00e9 :, soit elle adopte une autre coh\u00e9rence. Il faut ma\u00eetriser la production et d\u00e9finir des co\u00fbts de production internes \u00e0 l&#8217;Europe. Les subventions aux exportations servent uniquement \u00e0 commercialiser les exc\u00e9dents d&#8217;une politique agricole qui ne favorise que les tr\u00e8s grosses exploitations et conduit \u00e0 \u00e9liminer les paysans en Europe.<\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> En ce qui concerne l&#8217;importation, il faut savoir que le droit de douane moyen dans les pays occidentaux est pr\u00e8s du double de celui des pays du Sud, de l&#8217;ordre de 36% contre 20%. La protection \u00e0 l&#8217;importation est donc tr\u00e8s sup\u00e9rieure dans les pays occidentaux qui, en plus, prot\u00e8gent leur agriculture de bien d&#8217;autres fa\u00e7ons : par les subventions \u00e0 l&#8217;exportation que les pays en voie de d\u00e9veloppement n&#8217;ont pas les moyens d&#8217;accorder ; par les aides directes aux agriculteurs depuis la r\u00e9forme de la PAC de 1992 ; par toutes les aides indirectes. Les agriculteurs occidentaux b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une recherche agronomique, du cr\u00e9dit agricole \u00e0 faible taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat, de l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;information, et, comme les autres cat\u00e9gories sociales, des infrastructures routi\u00e8res, des t\u00e9l\u00e9communications, etc. Ils vivent dans des Etats de droit o\u00f9 la justice est relativement fiable, o\u00f9 existent des contrats prot\u00e9g\u00e9s par la loi et tout un environnement \u00e9conomique et institutionnel qui a pour effet d&#8217;augmenter les rendements et d&#8217;abaisser les co\u00fbts. C&#8217;est dans ces conditions d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 que, au sein de l&#8217;OMC, on veut mettre en concurrence les pays du Nord et ceux du Sud, autrement dit le renard et la poule. On est arriv\u00e9 \u00e0 un point o\u00f9 la politique agricole actuelle n&#8217;a aucune justification, dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat m\u00eame des agriculteurs et de toute la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> Le m\u00e9canisme est \u00e9tonnant. Par exemple, pour les produits laitiers, le producteur de base n&#8217;est jamais au courant des subventions aux exportations. Il n\u00e9gocie un prix du lait, au niveau europ\u00e9en, qui baisse r\u00e9guli\u00e8rement, mais en m\u00eame temps l&#8217;industrie agro-alimentaire transforme, fait de la poudre de lait, du beurre, etc. Pour chacun de ces produits, l&#8217;Europe d\u00e9finit des restitutions (subventions) aux exportations qui reviennent le plus souvent int\u00e9gralement dans la poche des transformateurs, c&#8217;est-\u00e0-dire les grands groupes laitiers europ\u00e9ens, qui ne r\u00e9-percutent quasiment jamais, mais organisent la production, la transformation, uniquement en fonction des restitutions aux exportations. Un grand groupe comme Bourgoin qui vient de faire faillite a fait le choix d&#8217;un d\u00e9veloppement anarchique de la production de volailles, uniquement sur le march\u00e9 \u00e0 l&#8217;exportation, sans tenir compte des besoins r\u00e9els de la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne. Il s&#8217;est heurt\u00e9 de plein fouet \u00e0 la crise internationale. M\u00eame en baissant encore ses prix, Bourgoin a d\u00fb d\u00e9poser le bilan. Il vient de mettre pr\u00e8s de 2000 producteurs en quasi-faillite sur le territoire fran\u00e7ais. C&#8217;est le r\u00e9sultat de la guerre que se livrent les grands groupes au d\u00e9triment des productions locales et des paysans fran\u00e7ais. Ces logiques agro-industrielles m\u00e9prisent compl\u00e8tement les territoires et les besoins des populations.<\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> Les pays d&#8217;Afrique noire et plus g\u00e9n\u00e9ralement les pays ACP (1) exportent essentiellement des produits tropicaux et se nourrissent de leurs propres produits, les c\u00e9r\u00e9ales tropicales, le mil, le ma\u00efs, le riz, les tubercules, etc. La population active comprend 66% de paysans, qui sont dans la mis\u00e8re du fait de cette politique d&#8217;exportation des exc\u00e9dents occidentaux, principalement europ\u00e9ens. Par exemple, j&#8217;essaie depuis dix ans de promouvoir la planification des produits vivriers locaux au B\u00e9nin et au Burkina Faso. On peut faire du pain avec 50% de bl\u00e9 et 50% de mil ou de ma\u00efs. Mais, compte tenu des faibles prix des c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 cause de la guerre des subventions entre Etats-Unis et l&#8217;Union europ\u00e9enne, la farine de bl\u00e9 reste moins ch\u00e8re que la farine de mil ou de ma\u00efs. Cette concurrence compl\u00e8tement d\u00e9loyale emp\u00eache le projet de d\u00e9coller. La situation est aussi grave pour la viande bovine et, depuis deux ans, pour le poulet. Aujourd&#8217;hui, quasiment tous les producteurs de volaille d&#8217;Afrique sont en faillite. C&#8217;est vrai aussi des produits laitiers. Si on excepte certains produits de grande qualit\u00e9 comme les vins qui ne sont pas subventionn\u00e9s, l&#8217;essentiel de l&#8217;exc\u00e9dent de la balance commerciale de l&#8217;Union europ\u00e9enne est constitu\u00e9 des grandes productions de base : viande bovine, viande de porc, volailles et produits laitiers qui ne sont exportables que moyennant des subventions \u00e0 l&#8217;exportation. Il faut donc absolument ma\u00eetriser ces productions.<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> Une poign\u00e9e de firmes agrochimiques transnationales tient l&#8217;amont du march\u00e9 alimentaire mondial et contr\u00f4le l&#8217;aval de la cha\u00eene alimentaire. Si toute activit\u00e9 humaine devient un enjeu mercantile, nous sommes dans une situation de guerre entre puissances priv\u00e9es. La circulation de l&#8217;argent rapporte plus que les activit\u00e9s de production et de commerce traditionnelles. 5% de la production agricole va sur le march\u00e9 mondial et les tenants de ces exportations veulent r\u00e9genter le march\u00e9 mondial. C&#8217;est une volont\u00e9 totalitaire, le diktat de l&#8217;argent.<\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> Les groupes agro-industriels se concentrent de plus en plus et forment des conglom\u00e9rats. L&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re, Cargil, premier groupe alimentaire mondial, pr\u00e9sent au niveau de l&#8217;exportation des Etats-Unis et de l&#8217;importation dans une cinquantaine d&#8217;autres pays, a fusionn\u00e9 avec Continental. Une fois l&#8217;autorisation obtenue, Cargil a pass\u00e9 un accord avec Monsanto. Conagra a son propre atelier de production de semences transg\u00e9niques et ADN, un autre groupe, a fusionn\u00e9 \u00e0 son tour avec une autre firme semenci\u00e8re. Ce sont ces grands groupes qui fixent les prix. Les prix mondiaux n&#8217;ont plus aucun sens. Cinq grands groupes contr\u00f4lent 80%, voire davantage, des exportations mondiales des grains, et on les retrouve dans d&#8217;autres productions comme la banane. La banane-dollar, c&#8217;est trois firmes am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> Cargil et d&#8217;autres ont organis\u00e9 le commerce. Ensuite, d&#8217;autres firmes agro-chimiques, productrices notamment de produits pesticides, ont rachet\u00e9 les firmes semenci\u00e8res avec la possibilit\u00e9 d&#8217;acc\u00e9der au brevetage du vivant. Aujourd&#8217;hui, l&#8217;industrie semenci\u00e8re internationale est trust\u00e9e par les grands groupes agro-chimiques : Novartis, Monsanto, Agrego ou quelques autres. De plus, il y a concentration entre l&#8217;agro-chimique et le transport. Mais ce que ces firmes n&#8217;avaient pas pr\u00e9vu c&#8217;est que pour que ces concentrations fonctionnent, clients et acheteurs sont indispensables ! Si les paysans n&#8217;ach\u00e8tent pas de semences transg\u00e9niques et si les consommateurs ne veulent pas de produits qui contiennent des OGM, ces firmes sont des colosses aux pieds d&#8217;argile. D&#8217;abord en Europe, puis en Am\u00e9rique du Sud, les paysans ont refus\u00e9 d&#8217;acheter ces semences transg\u00e9niques. Il y a eu conjonction avec les consommateurs. Les Japonais refusent massivement les OGM qu&#8217;ils trouvent dans les produits finis : le cours du soja s&#8217;est effondr\u00e9. Aux Etats-Unis, certains syndicats paysans et les citoyens am\u00e9ricains ont attaqu\u00e9 Monsanto qui a perdu 50% de la valeur de ces actions en Bourse l&#8217;an pass\u00e9. Donc, le combat citoyen peut \u00eatre efficace, en attaquent le syst\u00e8me sur des points pr\u00e9cis, \u00e0 partir des int\u00e9r\u00eats concrets des citoyens et des paysans. Ce qui a pr\u00e9valu \u00e0 Seattle, c&#8217;est la jonction entre le combat de ces mouvements tr\u00e8s vari\u00e9s et le refus de l&#8217;organisation de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 au niveau international, par un certain nombre de pays du Sud, exclus de la n\u00e9gociation. Les int\u00e9r\u00eats des grandes puissances ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 ceux des pays du Sud et du mouvement citoyen. Cela a fait capoter la n\u00e9gociation. On se trouve dans une situation nouvelle de remise \u00e0 plat de ce syst\u00e8me au grand jour ; l&#8217;\u00e9mergence de la communication emp\u00eache les n\u00e9gociations dans l&#8217;ombre. Cette prise de conscience conduit les mouvements \u00e0 fonctionner autrement, ce qui met les hommes politiques face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, ces derniers ont assur\u00e9 qu&#8217;on ne pouvait rien changer et ont continu\u00e9 \u00e0 soutenir les multinationales de leur zone d&#8217;influence. Maintenant, ils sont oblig\u00e9s de rendre compte. C&#8217;est un espoir.<\/p>\n<p><strong> Jacques Berthelot : <\/strong> Le syst\u00e8me actuel qui r\u00e9git les \u00e9changes internationaux prend l&#8217;eau de toutes parts. Son incoh\u00e9rence devient de plus plus en \u00e9vidente pour les paysans du monde entier, pour les citoyens, pour les d\u00e9fenseurs de l&#8217;environnement. Ce syst\u00e8me n&#8217;est d\u00e9fendu que par les firmes agro-alimentaires. Selon elles, son avantage serait la baisse des prix pour les consommateurs. Mais les prix n&#8217;ont pas baiss\u00e9 alors que la qualit\u00e9 baisse. En ce moment, Pascal Lami fait sa tourn\u00e9e pour rouvrir un cycle global dans lequel on va tout marchandiser, y compris la sant\u00e9, l&#8217;\u00e9ducation, etc. Je crois que les agriculteurs et la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne ont bien compris que le combat ne portait pas simplement sur l&#8217;agriculture et que c&#8217;est le fonctionnement de l&#8217;OMC et la marchandisation globale des activit\u00e9s humaines qu&#8217;il faut contester.<\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9 : <\/strong> La Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne a particip\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;ATTAC et a contribu\u00e9 \u00e0 mobiliser, \u00e0 propos des transactions financi\u00e8res, du droit d&#8217;ing\u00e9rence des multinationales \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des pays, etc. Contre l&#8217;AMI, avec les cin\u00e9astes et les milieux de la culture, nous avons \u00e9t\u00e9 de ceux qui ont d\u00e9fendu la culture, pas au nom d&#8217;une exception mais sur le principe qu&#8217;elle n&#8217;est pas une marchandise. Nous avons aussi d\u00e9fendu l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;agriculture n&#8217;a pas vocation \u00e0 \u00eatre enti\u00e8rement un secteur-march\u00e9 mondial, que la souverainet\u00e9 alimentaire est fondamentale et que le commerce agricole doit se faire dans certaines r\u00e8gles. Nous avons tout de suite int\u00e9gr\u00e9 la Coordination pour le contr\u00f4le citoyen de l&#8217;OMC, ce qui signifiait tr\u00e8s clairement notre volont\u00e9 de promouvoir une organisation diff\u00e9rente du commerce sur la plan\u00e8te et des limites de droit fid\u00e8les \u00e0 la D\u00e9claration universelle des droits de l&#8217;Homme, aux pactes sociaux, \u00e9conomiques, culturels, aux conventions sur la biodiversit\u00e9, sur l&#8217;environnement, des r\u00e8gles en phase avec le droit du travail. Nous avons affirm\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une structure d&#8217;appel ext\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;OMC fond\u00e9e sur des droits internationaux sup\u00e9rieurs aux droits du commerce. n<\/p>\n<p>1. Pays ACP : 71 pays d&#8217;Afrique, Cara\u00efbes et Pacifique.<\/p>\n<p>Jacques Berthelot , \u00e9conomiste \u00e0 l&#8217;Ecole nationale sup\u00e9rieure d&#8217;agronomie de Toulouse, (ENSAT), chercheur au laboratoire Dynamiques rurales.<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Bov\u00e9, agriculteur dans l&#8217;Aveyron, responsable des questions interna-tionales \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, coauteur avec Fran\u00e7ois Dufour du livre Le monde n&#8217;est pas une marchandise, Editions de La D\u00e9couverte.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> R\u00e9flexion \u00e0 b\u00e2tons rompus sur les r\u00e8gles de plus en plus d\u00e9cri\u00e9es du commerce international. 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