{"id":1944,"date":"2000-05-01T00:00:00","date_gmt":"2000-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-bresil-un-continent-musical1944\/"},"modified":"2000-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-04-30T22:00:00","slug":"le-bresil-un-continent-musical1944","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1944","title":{"rendered":"Le Br\u00e9sil un continent musical"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Quelques sites consacr\u00e9s \u00e0 la MPB sur Internet<strong> Continent dans le continent sud-am\u00e9ricain, le Br\u00e9sil c\u00e9l\u00e8bre cette ann\u00e9e le 500e anniversaire de sa d\u00e9couverte. Apr\u00e8s nous avoir offert une remarquable exposition consacr\u00e9e \u00e0 la sculpture baroque (1), voici une non moins remarquable programmation de musiques de ce pays \u00e0 Paris-La Villette. <\/strong><\/p>\n<p>Le 24 avril 1500, une flotte portugaise command\u00e9e par Pedro \u00c1lvares Cabral acostait une terre inconnue, au sud de l&#8217;actuelle Salvador da Bahia. D\u00e8s 1530, faute d&#8217;avoir pu r\u00e9duire en esclavage les Indiens natifs, les colons d\u00e9barquaient les premiers esclaves noirs. L&#8217;histoire de la musique br\u00e9silienne commen\u00e7ait, qui jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui est subordonn\u00e9e au syncr\u00e9tisme des danses et des musiques africaines et des multiples formes europ\u00e9ennes apport\u00e9es par le long processus d&#8217;immigration et de peuplement du pays. Il faudra plus de 150 ans pour que la musique br\u00e9silienne prenne une vraie consistance, se diversifiant et se r\u00e9pendant, reconnue culturellement comme musique(s) populaire(s), dans les grands centres \u00e9conomiques, l&#8217;Etat de Bahia et celui du Minas Gerais, ainsi qu&#8217;\u00e0 Rio de Janeiro. Dans l&#8217;entretemps, nombre d&#8217;esclaves affranchis ou de mul\u00e2tres auront \u00e9t\u00e9 form\u00e9s aux musiques liturgiques par les J\u00e9suites, soit comme compositeurs, soit comme interpr\u00e8tes, et, par d&#8217;autres, aux musiques \u00e9rudites destin\u00e9es aux gouverneurs et repr\u00e9sentants de la couronne portugaise. Le samba (2), issu des rites du Candombl\u00e9 (3) et des musiques du folklore rural, appara\u00eet comme genre carnavalesque \u00e0 Rio de Janeiro vers 1915. Il reste l&#8217;expression culturelle la plus connue, mais qui est plus large que ce qu&#8217;on nous montre par les d\u00e9fil\u00e9s annuels du carnaval. Le samba, notamment, a donn\u00e9 naissance \u00e0 des formes non carnavalesques : le samba-can\u00e7\u00e3o (samba-chanson) ou le samba-choro (samba qui utilise le phras\u00e9 intrumental du choro, genre musical m\u00e9lancolique) ; descendu des favelas, le samba n&#8217;a jamais cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre au centre de la vie musicale (et sociale).<\/p>\n<p><strong> Samba, bossa-nova, &#8220;tropicalistes&#8221;, variations et m\u00e9tissages <\/strong><\/p>\n<p>En t\u00e9moigne la pr\u00e9sence \u00e0 La Villette de musiciens comme Martinho da Vila , Paulinho da Viola, Dona Ivone Lara, grands noms du samba et des &#8220;\u00e9coles&#8221; qu&#8217;ils repr\u00e9sentent ici, respectivement Vila Isabel, Portela et Imperio Serrano. Se d\u00e9marquant de cette forte pr\u00e9sence populaire, des musiciens de la classe moyenne blanche de Rio lancent, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, une rythmique suave et sophistiqu\u00e9e, la bossa-nova (4) qui conna\u00eetra un succ\u00e8s mondial, et toujours actuel, avec Garota de Ipanema (La fille d&#8217;Ipanema). Vinicius de Moraes (1913-1980), po\u00e8te et diplomate en \u00e9crivit les paroles et Tom Jobim (1927-1994) la musique (5).<\/p>\n<p>Il faut y adjoindre un exceptionnel compositeur et interpr\u00e8te, Jo\u00e3o Gilberto, auteur de Chega de Saudade, l&#8217;une des premi\u00e8res musiques de la bossa-nova, auquel on vient de consacrer un livre et qui sortait un nouveau CD en janvier dernier. L&#8217;enjamb\u00e9e suivante de la MPB (6) se produit en 1968, sous la dictature militaire, avec la sortie du disque Tropic\u00e1lia ou Panis e Circensis dont les figures principales sont Caetano Veloso et Gilberto Gil (pr\u00e9sent \u00e0 La Villette) ; le mouvement &#8220;tropicaliste&#8221; revendiquait une identit\u00e9 culturelle nationale qui ne s&#8217;interdisait pas les emprunts ext\u00e9rieurs, et portait sur la r\u00e9alit\u00e9 br\u00e9silienne et latino am\u00e9ricaine un regard critique que n&#8217;appr\u00e9cieront pas les militaires au pouvoir : Gil et Caetano n&#8217;auront pas d&#8217;autre choix que de s&#8217;exiler quelque temps (7). Les ann\u00e9es 1970 conna\u00eetront un retour du samba traditionnel avec l&#8217;enregistrement de musiques des ann\u00e9es 1920-40. C&#8217;est aussi l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 appara\u00eet Maria Beth\u00e2nia (pr\u00e9sente \u00e0 La Villette), et qui est aujourd&#8217;hui la grande dame de la MPB. Les ann\u00e9es 1980 sont celles du rock br\u00e9silien arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 et de ce qu&#8217;on a appel\u00e9 &#8220;Vanguardia Paulista&#8221; (l&#8217;Avant-garde de S\u00e1o Paulo), musiques cosmopolites, \u00e9rudites, urbaines, exp\u00e9rimentales. Comme en France, les ann\u00e9es 1990 continuent d&#8217;\u00eatre rock et sont celles du Rap et de toutes ses variations et m\u00e9tissages. De ces moments musicaux sont pr\u00e9sents \u00e0 La Villette : Mestre Ambrosio, le groupe Karnak, Lenine. Et de grands inclassables : Milton Nascimento, Alceu Valen\u00e7a, Egberto Gismonti, le polyvalent Antonio N\u00f3brega &#8211; l&#8217;une des r\u00e9v\u00e9lations du Festival d&#8217;Avignon 1999. Etc.<\/p>\n<p>Si le Br\u00e9sil est un continent dans le continent sud-am\u00e9ricain, on peut en dire autant de sa musique. Le programme pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique et au Parc de la Villette, ne peut avoir l&#8217;ambition de tout faire entendre de ce continent, mais il propose une image assez compl\u00e8te de la vie musicale telle qu&#8217;elle se pr\u00e9sente aujourd&#8217;hui dans les grands p\u00f4les : Salvador, Rio de Janeiro, R\u00e9cife et le Nordeste. n P.C.<\/p>\n<p>Latitudes Villette \/ Br\u00e9sil deux week-ends au coeur de la musique br\u00e9silienne Les 26, 27, 28 mai et 2, 3, 4 juin 2000 Infos \/R\u00e9serv : 01 40 03 75 75<\/p>\n<p>1. Voir Regards n\u00b053, Janvier 2000<\/p>\n<p>2. &#8220;Samba&#8221; \u00e9tant masculin en portugais, autant l&#8217;utiliser au masculin en fran\u00e7ais&#8230;<\/p>\n<p>3. Religion africaine introduite au Br\u00e9sil par les esclaves noirs. Elle a connu de nombreuses \u00e9volutions, en int\u00e9grant les saints de la religion catholique, ce qu&#8217;on nomme le syncr\u00e9tisme. Elle est toujours tr\u00e8s active, surtout \u00e0 Salvador de Bahia.<\/p>\n<p>4. Bossa-nova, dans une traduction approximative serait : une mode nouvelle, ici musicale mais aussi sociale.<\/p>\n<p>5. L&#8217;a\u00e9roport international de Rio de Janeiro a re\u00e7u, en 1998, le nom de Tom Jobim.<\/p>\n<p>6. Les nombreuses facettes de la musique br\u00e9silienne sont rassembl\u00e9es sous un acronyme : la MPB -M\u00fasica Popular Brasilieira (Musique Populaire Br\u00e9silienne).<\/p>\n<p>7. Le mouvement &#8220;tropicaliste&#8221; est contemporain du cin\u00e9ma novo br\u00e9silien, avec Glaubert Rocha, d&#8217;une importante activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale et des premiers travaux significatifs du plasticien H\u00e9lio Oiticica (1937-1980).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[296],"class_list":["post-1944","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-musique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1944","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1944"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1944\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1944"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1944"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1944"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}