{"id":1943,"date":"2000-05-01T00:00:00","date_gmt":"2000-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/jack-london-mangeur-de-vent1943\/"},"modified":"2000-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-04-30T22:00:00","slug":"jack-london-mangeur-de-vent1943","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1943","title":{"rendered":"Jack London, mangeur de vent"},"content":{"rendered":"<p>Il est dans l&#8217;actualit\u00e9 : r\u00e9\u00e9dition de ses r\u00e9cits de voyages et d&#8217;errances chez Phebus (1), un livre que lui consacre Guillaume Cherel (2) et une exposition de photographies \u00e0 Etonnants voyageurs (3). Ecrivain \u00e0 fleur de peau, doubl\u00e9 d&#8217;un agitateur politique, Jack London a pass\u00e9 sa vie \u00e0 tailler la route : sur la mer d&#8217;abord en \u00e9cumant les bancs d&#8217;hu\u00eetres avec sa barque, le &#8220;Razzle Dazzle&#8221;, avant d&#8217;\u00eatre matelot sur le &#8220;Sophie Sutherland&#8221;, en 1893 ; plus tard, en 1897, \u00e0 21 ans, il suit la vague des cent mille chercheurs d&#8217;or partis en Alaska ; puis vagabond du rail, clochard dans l&#8217;east end de &#8220;cet impitoyable creuset social qu&#8217;on appelle Londres&#8221;. Partout o\u00f9 l&#8217;homme allait, il se fondait, et voyait de l&#8217;universel dans toute vie, d\u00e9finissant le &#8220;wild&#8221; : les espaces sauvages :, avec l&#8217;Appel de la For\u00eat ou Martin Eden pour mieux cerner l&#8217;homme et sa condition : &#8220;Le d\u00e9nouement est le m\u00eame pour tous, \u00e9crit-il dans John Barleycorn. Il n&#8217;y a rien de nouveau sous le soleil, pas m\u00eame cette id\u00e9e chim\u00e9rique apr\u00e8s laquelle soupirent les \u00e2mes faibles : l&#8217;immortalit\u00e9.&#8221;<\/p>\n<p>Le Californien : n\u00e9 en 1876 \u00e0 San Francisco : n&#8217;a jamais su o\u00f9 se placer dans le monde : ce qui fait en g\u00e9n\u00e9ral les plus humbles et les plus subtils des voyageurs. Dans les Enfants du froid, il raconte une \u00e9pop\u00e9e vers l&#8217;or du point de vue indien. C&#8217;\u00e9tait en 1897 : il quittait alors Oakland, en Californie, et s&#8217;embarquait pour la terre des &#8220;red-necks&#8221;, le Klondike des chercheurs d&#8217;or, entre l&#8217;Alaska et le Canada. Bagarres, souffrances d&#8217;un no man&#8217;s land partag\u00e9 par ceux qui arrivent \u00e0 se situer du c\u00f4t\u00e9 de la loi du plus fort : \u00e0 moins que le plus fort f\u00fbt le froid : l&#8217;\u00e9crivain est observateur sobre et brillant, trempant la plume dans le r\u00e9el, comme un Albert Londres, inventant d\u00e9j\u00e0 une nouvelle forme de journalisme n\u00e9e avec le si\u00e8cle de l&#8217;information.Mac Orlan disait de London : &#8220;Ses livres sont ceux d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration malmen\u00e9e, qui ne fut pas celle des c\u00e9nacles litt\u00e9raires.&#8221; L&#8217;homme \u00e9tait r\u00e9volt\u00e9, v\u00e9ritable agitateur social et \u00e9crivain plus engag\u00e9 que ce que la mythologie a fait de lui : lorsqu&#8217;il vit avec <\/p>\n<p>Le Peuple d&#8217;en bas, les mis\u00e9reux de Londres, il \u00e9crit un livre politique, lui qui adh\u00e9ra aux th\u00e8ses marxistes, et qu&#8217;on appelait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 19 ans le &#8220;boy socialiste.&#8221;Marchant sur ses traces jusqu&#8217;en Alaska, cent ans apr\u00e8s le &#8220;Kipling du froid&#8221;, Guillaume Cherel, dans son livre vivant et document\u00e9 \u00e9crit : &#8220;London, c&#8217;\u00e9tait l&#8217;\u00e9nergie de vivre (&#8230;) c&#8217;\u00e9tait un cri de col\u00e8re permanent. Un r\u00e9volt\u00e9 de naissance. Pourfendeur d&#8217;injustices. <\/p>\n<p>Pas un th\u00e9oricien du communisme. Un v\u00e9ritable r\u00e9volutionnaire actif. Il \u00e9tait le romancier des bagarres, qu&#8217;elles soient de saloon ou sociales. (&#8230;) London n&#8217;a pas v\u00e9cu quarante ans, mais quarante vies (&#8230;) le cha\u00eenon manquant entre Mark Twain et Hemingway.&#8221; Il est vrai que ses \u00e9tats de services ne sont pas ceux d&#8217;un pied-tendre : il fut tour \u00e0 tour pirate, ouvrier, marin, vagabond, chercheur d&#8217;or, reporter de guerre, journaliste sportif, \u00e9leveur et fermier&#8230;<\/p>\n<p>R\u00e9\u00e9ditant les ouvrages qui pourraient \u00eatre les meilleurs de London, Jean-Pierre Sicre, patron des \u00e9ditions Ph\u00e9bus, \u00e9crit : &#8220;L&#8217;essentiel \u00e9tait que l&#8217;on en vienne un jour ou l&#8217;autre : et ce jour est l\u00e0 : \u00e0 d\u00e9voiler en notre langue le vrai visage d&#8217;une oeuvre trop longtemps \u00e9dulcor\u00e9e, et qui m\u00e9rite encore de nous parler. (&#8230;) Car London, prodigieux raconteur d&#8217;histoires (&#8230;) est bien plus que cela : l&#8217;un des premiers \u00e0 avoir compris (&#8230;) que l&#8217;homme moderne courait \u00e0 une m\u00e9chante chute s&#8217;il s&#8217;avisait d&#8217;oublier, un jour, qu&#8217;il a des comptes \u00e0 rendre au monde sauvage, dont il n&#8217;est jamais que l&#8217;enfant d\u00e9voy\u00e9.&#8221; <\/p>\n<p>1. Les Enfants du froid, le Peuple d&#8217;en bas et Patrouille de p\u00eache viennent d&#8217;\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9s chez Phebus, collection Libretto, dans des traductions revues par Louis Postif et Fran\u00e7ois Postif.<\/p>\n<p>2. Guillaume Ch\u00e9rel, London, le mangeur de vent, Ed. Flammarion, collection Etonnants voyageurs, 2000, 248 p., 110 F.<\/p>\n<p>3. Jack London, 50 photographies de Jeanne Campbell Reesman, texte de Michel Le Bris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est dans l&#8217;actualit\u00e9 : r\u00e9\u00e9dition de ses r\u00e9cits de voyages et d&#8217;errances chez Phebus (1), un livre que lui consacre Guillaume Cherel (2) et une exposition de photographies \u00e0 Etonnants voyageurs (3). 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