{"id":1934,"date":"2000-05-01T00:00:00","date_gmt":"2000-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-rue-la-gauche-et-la-reforme1934\/"},"modified":"2000-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-04-30T22:00:00","slug":"la-rue-la-gauche-et-la-reforme1934","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1934","title":{"rendered":"La rue, la gauche et la r\u00e9forme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Une nouvelle articulation entre le mouvement social et le politique se cherche, fait l&#8217;objet de recherches et de t\u00e2tonnements. Pistes pour passer de la subordination ou m\u00eame du soutien r\u00e9ciproque \u00e0 la construction commune. <\/p>\n<p>Les rapports entre mouvement social et construction politique ont structur\u00e9, positivement ou n\u00e9gativement, toute l&#8217;histoire sociale fran\u00e7aise dans les trois derni\u00e8res d\u00e9cennies. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 60 et dans les ann\u00e9es 70, la conflictualit\u00e9 sociale est \u00e0 son z\u00e9nith. Les luttes salariales classiques sont denses et des actions se multiplient, de la revendication r\u00e9gionaliste en gr\u00e8ves d&#8217;OS, en passant par l&#8217;essor du f\u00e9minisme : le temps est d\u00e9sormais aux &#8220;nouveaux mouvements sociaux&#8221;. Mais le raccord au politique se fait de fa\u00e7on d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e : tout le champ politique est organis\u00e9 autour de la coalition du Programme commun, qui rassemble la gauche politique mais laisse \u00e0 l&#8217;\u00e9cart le mouvement syndical et le monde associatif.<\/p>\n<p>La lutte sociale, faute de s&#8217;appuyer sur un projet solide \u00e9labor\u00e9 conjointement par la soci\u00e9t\u00e9 civile et les partis, est prise de plein fouet par le retournement de conjoncture \u00e9conomique et les premiers feux de l&#8217;offensive n\u00e9olib\u00e9rale. La fin des ann\u00e9es 70 et les ann\u00e9es 80 sont ainsi celles des \u00e9checs, du reflux des conflits, du repli et de la crise du syndicalisme. La gauche, unie ou d\u00e9sunie, domin\u00e9e par un PS quasi h\u00e9g\u00e9monique, gouverne mais dans un contexte national et international difficile qui, une fois pass\u00e9s les premiers enthousiasmes de 1981-1982, laisse la place aux reculades, aux d\u00e9sillusions, puis \u00e0 l&#8217;\u00e9chec politique.<\/p>\n<p>Il faut attendre le milieu des ann\u00e9es 90 pour voir des amorces de retournement. Le temps est venu du &#8220;mouvement social&#8221; et des nouvelles esp\u00e9rances. La droite arrogante de 1993-1995 vacille et l&#8217;on se prend \u00e0 r\u00eaver d&#8217;une vie politique rompant son atonie et sa crise par l&#8217;influence vivifiante du mouvement social. Mais si le retournement social a un effet politique \u00e9vident : la victoire de la &#8220;gauche plurielle&#8221; aux l\u00e9gislatives anticip\u00e9es de 1997 : le lien entre social et politique a \u00e9t\u00e9 plus \u00e9bauch\u00e9 qu&#8217;accompli. Le monde associatif h\u00e9site, par crainte de nouvelles subordinations, et les partis politiques, plus ou moins en panne de renouvellement profond, ne savent pas aller \u00e0 la rencontre de la soci\u00e9t\u00e9 civile. La nouvelle donne gouvernementale est ainsi scell\u00e9e par l&#8217;accord, conclu \u00e0 la h\u00e2te, des organisations politiques, tandis que le &#8220;mouvement social&#8221; s&#8217;en tient au r\u00f4le d&#8217;observateur int\u00e9ress\u00e9 dans un premier temps, puis d&#8217;aiguillon dans un deuxi\u00e8me temps.<\/p>\n<p><strong> Quels raccords ? <\/strong><\/p>\n<p>Les remous politiques de ce d\u00e9but 2000, la combativit\u00e9 sociale et la constitution du gouvernement Jospin II disent toute la complexit\u00e9 de la situation. Le mouvement social, une fois de plus, a fait \u00e9clater les consensus trop simples sur des r\u00e9formes qui devraient suivre &#8220;leur&#8221; train, celui voulu par un PS rest\u00e9 dominant. Mais pour l&#8217;instant, ce mouvement social a jou\u00e9 un r\u00f4le critique salutaire sans pour autant appara\u00eetre comme porteur d&#8217;alternative claire. Quant au monde politique, toutes tendances confondues, il est mis en demeure de travailler \u00e0 de nouveaux rapports avec la soci\u00e9t\u00e9 civile. Mais rien ne dit qu&#8217;il a r\u00e9gl\u00e9 ses probl\u00e8mes majeurs. Le PS est emprisonn\u00e9 dans sa logique gouvernementale ; les Verts h\u00e9sitent entre un r\u00e9formisme classique et leur radicalit\u00e9 originelle ; l&#8217;extr\u00eame-gauche s&#8217;en tient \u00e0 la dynamique protestataire. Le PCF peut-il donc jouer un r\u00f4le majeur dans cette r\u00e9articulation du politique et du social ? Sur la base de son d\u00e9sir de novation franche, il veut s&#8217;y atteler. Il a pour lui une tradition ancienne de raccord entre dynamiques sociale et politique. Mais il ne pourra jouer un r\u00f4le que s&#8217;il emprunte des voies originales. Car nous ne connaissons pour l&#8217;instant que deux mod\u00e8les de raccord : celui de la subordination et celui de la s\u00e9paration fonctionnelle. Ou bien le parti donne le ton \u00e0 l&#8217;ensemble, ou bien partis et syndicats se partagent les t\u00e2ches : le mouvement social exprime la demande et fait pression sur les sommets ; les partis politiques traitent la demande et font les choix cruciaux. Or tout laisse \u00e0 penser que les deux mod\u00e8les ont fait leur temps. La subordination n&#8217;est plus accept\u00e9e et devient de plus en plus inefficace ; mais la s\u00e9paration reproduit en fait une division des r\u00f4les qui va \u00e0 l&#8217;encontre de la modernit\u00e9 en politique : la r\u00e9appropriation par les citoyens des choix qui les engagent et qui fa\u00e7onnent le corps social tout entier.<\/p>\n<p>Le PCF contribuera-t-il \u00e0 ce que se tissent des rapports originaux entre soci\u00e9t\u00e9 et politique, mouvement social et constructions politiques ? S&#8217;il ne le pouvait pas, il resterait en panne. S&#8217;il y parvient, il fait oeuvre utile ; il conforte sa place et son image ; il aide fortement \u00e0 ce que le mouvement populaire construise la perspective sans laquelle sa combativit\u00e9 s&#8217;\u00e9mousse et son efficacit\u00e9 se r\u00e9duit. .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Une nouvelle articulation entre le mouvement social et le politique se cherche, fait l&#8217;objet de recherches et de t\u00e2tonnements. 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