{"id":1887,"date":"2000-04-01T00:00:00","date_gmt":"2000-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/naturalistes-au-bord-de-la-crise1887\/"},"modified":"2000-04-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-03-31T22:00:00","slug":"naturalistes-au-bord-de-la-crise1887","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1887","title":{"rendered":"Naturalistes au bord de la crise de nerfs"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Alea jacta est (1)<strong> Du jamais vu? Une exposition en tout cas qui bouscule la mus\u00e9ographie traditonnelle. Sommes-nous entr\u00e9s dans l&#8217;\u00e8re de la post-science? <\/strong><\/p>\n<p>La Galerie de Botanique du Jardin des Plantes pr\u00e9sente &#8220;Natures en t\u00eate&#8221;, une exposition r\u00e9alis\u00e9e par le mus\u00e9e d&#8217;Ethnographie de Neuch\u00e2tel en Suisse. L&#8217;action se situe dans les quatre derni\u00e8res d\u00e9cennies du XXe si\u00e8cle. Premi\u00e8re salle, &#8220;la contamination&#8221;. 1960, 1970, 1980, 1990 : quatre petits d\u00e9jeuners (table, chaise, services, produits&#8230;) sont reconstitu\u00e9s face \u00e0 un mur d&#8217;informations sur : grosso modo : les catastrophes de la d\u00e9cennie.<\/p>\n<p><strong> Quatre derni\u00e8res d\u00e9cennies : la tendance est \u00e0 la catastrophe <\/strong><\/p>\n<p>Les sixties commencent par un accident nucl\u00e9aire en URSS en 1957 et se terminent par une r\u00e9volte sociale \u00e0 Paris en mai 68 (Etait-ce vraiment une catastrophe ? Les avis sont partag\u00e9s). Les caddies sont pleins de la th\u00e9matique environnementale dominante \u00e0 un moment donn\u00e9 ; c&#8217;est peu dire qu&#8217;elle a beaucoup chang\u00e9 (le temps du b\u00e9ton &#8220;propre&#8221; est termin\u00e9) m\u00eame s&#8217;il y a des constantes (la cigarette qui tue est toujours d&#8217;actualit\u00e9). On en ressort, il faut le dire, un peu sonn\u00e9 de tant de &#8220;contamination&#8221;. Un doute s&#8217;instille : s&#8217;il y a tant de catatastrophes &#8220;naturelles&#8221;, peut-\u00eatre ne s&#8217;agit-il pas vraiment de catastrophes ?Apr\u00e8s le flux d&#8217;informations, chacun est renvoy\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame : c&#8217;est &#8220;la d\u00e9sagr\u00e9gation&#8221;, structur\u00e9e autour de quatre sentiments, l&#8217;amour, la peur, le respect, le d\u00e9sir de ma\u00eetrise. Chacune de ses \u00e9motions est port\u00e9e par quatre caddies-piliers : les discours scientifique, ordinaire, \u00e9cologiste militant ou animiste. Chacun est ainsi invit\u00e9 \u00e0 reconna\u00eetre son propre syst\u00e8me de croyance. En passager clandestin, l&#8217;identification des sciences \u00e0 une croyance : le raccourci est rude m\u00eame si, bien s\u00fbr, il y aurait beaucoup \u00e0 dire et \u00e0 critiquer dans le discours scientifique, ses tendances scientistes, etc.<\/p>\n<p><strong> Solutions oniriques aux besoins fondamentaux <\/strong><\/p>\n<p>On en vient \u00e0 la &#8220;cristallisation&#8221;, c&#8217;est l&#8217;apoth\u00e9ose ! Le g\u00e9nie d\u00e9lirant des ethnologues de Neuch\u00e2tel donne toute sa mesure. Dans un d\u00e9cor de caddies roses, d\u00e9filent les solutions oniriques aux besoins fondamentaux des soci\u00e9t\u00e9s humaines. La vision publiciste avec, par exemple, l&#8217;hamburger v\u00e9g\u00e9tarien ; la vision techniciste ; la vision nostalgique avec, par exemple, la laine vierge (statuette de la vierge sur laine blanche !) et la vision mythique&#8230;<\/p>\n<p><strong> Le visiteur acteur du monde o\u00f9 il \u00e9voluera demain <\/strong><\/p>\n<p>Cette exposition qui doit plus aux techniques de pub qu&#8217;\u00e0 la mus\u00e9ographie habituelle, se situe aux limites de l&#8217;injonction paradoxale. D&#8217;accord, sensibiliser l&#8217;individu aux catastrophes \u00e9cologiques. D&#8217;accord pour stimuler l&#8217;engagement de chacun sur ces questions. Mais pas d&#8217;accord pour croire qu&#8217;en laissant mon auto au garage, je vais emp\u00eacher le naufrage de l&#8217;Erika. Bref, entre la responsabilisation et la culpabilisation, il y a une fronti\u00e8re vite franchie en caddie ! Ledit objet, v\u00e9ritable fil conducteur de l&#8217;exposition, fait du consommateur l&#8217;horizon ind\u00e9passable de l&#8217;individu.&#8221;\u00abNatures en t\u00eate\u00bb est une invitation \u00e0 la r\u00e9flexion, au d\u00e9bat, \u00e0 la remise en cause. Elle ne propose pas d&#8217;interpr\u00e9tations toutes faites ou d&#8217;explications savantes (&#8230;) au visiteur de s&#8217;interroger.&#8221; Chacun vient avec ses propres connaissances : &#8220;c&#8217;est la d\u00e9mocratie !&#8221; s&#8217;esclaffe ironiquement Jacques Hainard, ethnologue et directeur du mus\u00e9e d&#8217;Ethnographie de Neuch\u00e2tel. Comment sort-il de l\u00e0 ? Pour paraphraser McLuhan, le message de l&#8217;exposition, c&#8217;est l&#8217;exposition. C&#8217;est-\u00e0-dire en l&#8217;occurrence un dispositif qui consiste \u00e0 renvoyer l&#8217;individu \u00e0 lui-m\u00eame, \u00e0 sa propre responsabilit\u00e9. Bien s\u00fbr, toute la construction repose sur le parti-pris implicite, le postulat jamais mis en discussion, d&#8217;une responsabilit\u00e9 individuelle \u00e9tendue et totale. &#8220;Du savoir \u00e0 l&#8217;action&#8221; sous-titre l&#8217;exposition : l&#8217;intention de faire du visiteur &#8220;l&#8217;acteur principal du monde o\u00f9 il \u00e9voluera demain&#8221; est, encore une fois, louable. Mais peut-on y parvenir de cette fa\u00e7on ?<\/p>\n<p><strong> Latins helv\u00e9tiques et aspirations \u00e9cologistes <\/strong><\/p>\n<p>En accueillant cette exposition, le Mus\u00e9um national d&#8217;histoire naturelle fait preuve d&#8217;une ouverture d&#8217;esprit qui l&#8217;honore. D&#8217;autant plus que ce haut lieu d&#8217;expertise scientifique et de m\u00e9moire a une &#8220;d\u00e9marche compl\u00e9mentaire&#8221; (euph\u00e9misme de compl\u00e8tement diff\u00e9rente) qui consiste plut\u00f4t \u00e0 aider \u00e0 l&#8217;appropriation des savoirs sur la nature dans leur diversit\u00e9. Mais, c&#8217;est le cas de le dire, chassez le naturel, il revient au galop ! Des d\u00e9bats sont organis\u00e9s et des livres sont propos\u00e9s dans une sorte de caf\u00e9 des sciences ; des com\u00e9diens \u00e9maillent la visite de rencontres inattendues avec textes classiques ou moins classiques ; des vid\u00e9os fournissent aussi des \u00e9clairages de scientifiques&#8230; Ouf, on respire !Toujours dans la boutade, Jacques Hainard explique qu&#8217;il s&#8217;agit de sensibiliser des H\u00e9lv\u00e9tiques latins plus r\u00e9tifs \u00e0 concr\u00e9tiser leurs aspirations \u00e9cologiques dans leurs comportements que les Helv\u00e9tiques al\u00e9maniques. Les Latins r\u00e9sistent&#8230;<\/p>\n<p>&#8220;Natures en t\u00eate&#8221; est pr\u00e9sent\u00e9e jusqu&#8217;au 22 mai, dans la Galerie de Botanique du Mus\u00e9um national d&#8217;histoire naturelle, 18 rue Buffon, 75005 Paris. T.l.j., sauf mardi, de 10 H \u00e0 17 H, entr\u00e9e 20 F, tarif r\u00e9duit 10 F.<\/p>\n<p>Caf\u00e9-d\u00e9bats tous les dimanches de 15 H \u00e0 17 H. Le 9 avril, les mar\u00e9es noires ; le 23 avril, se d\u00e9placer aujourd&#8217;hui ; le 7 mai, l&#8217;eau.<\/p>\n<p><strong> Th\u00e9\u00e2tre tous les mercredis, samedis et dimanches de 14 H \u00e0 17 H. <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[294],"class_list":["post-1887","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-recherche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1887","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1887"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1887\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1887"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1887"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1887"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}