{"id":1848,"date":"2000-03-01T00:00:00","date_gmt":"2000-02-29T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/identifier-le-communisme1848\/"},"modified":"2000-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-02-29T23:00:00","slug":"identifier-le-communisme1848","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1848","title":{"rendered":"Identifier le communisme"},"content":{"rendered":"<p>Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant, quand on y r\u00e9fl\u00e9chit, que les questions qui sont adress\u00e9es au Parti communiste et les probl\u00e8mes soulev\u00e9s dans ces cinq textes rejoignent si intimement les questions \u00e0 l&#8217;ordre du jour du 30e congr\u00e8s. Ce n&#8217;est pas \u00e9tonnant, si on a en t\u00eate la nature de ce congr\u00e8s et l&#8217;originalit\u00e9 de sa pr\u00e9paration, alors que l&#8217;ordre du jour a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 apr\u00e8s une phase de discussion entre les adh\u00e9rents eux-m\u00eames, \u00e0 partir des questions auxquelles ils sont confront\u00e9s, comme militants, comme acteurs du mouvement social, comme citoyens, comme individus.<\/p>\n<p>D&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, toutes les questions, qu&#8217;elles s&#8217;appuient sur l&#8217;analyse de la mondialisation, de l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;exp\u00e9rience sovi\u00e9tique, des transformations de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, des formes que prennent les luttes de classes, le travail, des rapports entre mouvement social et politique, la crise de la politique, etc. toutes renvoient \u00e0 la raison d&#8217;\u00eatre d&#8217;un Parti communiste en France aujourd&#8217;hui, et \u00e0 ce qu&#8217;il doit transformer dans ses conceptions, ses formes d&#8217;organisation et de direction pour r\u00e9pondre aux besoins de la transformation sociale telle qu&#8217;elle se trouve pos\u00e9e dans un tel moment. En outre, et cela m\u00e9rite, je pense, d&#8217;\u00eatre relev\u00e9, si un des axes et des enjeux de ce congr\u00e8s et de sa pr\u00e9paration consiste en l&#8217;ouverture \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, alors, naturellement le d\u00e9bat lui-m\u00eame se trouve travers\u00e9 par les questionnements qui agitent la soci\u00e9t\u00e9, et tout particuli\u00e8rement ceux que soul\u00e8vent les contradictions entre les logiques capitalistes dominantes et les besoins d&#8217;\u00e9panouissement humain, au sens global, et que l&#8217;on retrouve sous des formes diverses dans les cinq interpellations.<\/p>\n<p>En ce sens : et je le dis bien entendu, en respectant totalement leur ind\u00e9pendance de jugement, : les textes de mes interlocuteurs sont, comme on dit &#8220;en phase&#8221; avec notre propre r\u00e9flexion. De ce fait ils enrichissent notre d\u00e9bat.Il s&#8217;agit donc moins pour moi de &#8220;r\u00e9pondre&#8221;, que de m&#8217;inscrire dans une discussion d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9e, en faisant part de l&#8217;\u00e9tat de la r\u00e9flexion collective des communistes alors que se pr\u00e9cisent les choix sur lesquels ils doivent se prononcer, ces choix dont nous souhaitons justement qu&#8217;ils soient les plus ad\u00e9quats avec les attentes.D\u00e9finir et proposer des &#8220;objectifs communistes de civilisation bien identifiables&#8221; selon la formule de J.L. Sagot-Duvauroux, c&#8217;est effectivement ce que nous visons. Le sujet \u00e0 l&#8217;\u00e9vidence ne sera pas \u00e9puis\u00e9 \u00e0 ce moment-l\u00e0, cependant notre objectif et notre ambition sont bien de donner un contenu nouveau et une lisibilit\u00e9 meilleure au projet communiste, aux choix strat\u00e9giques du Parti communiste, \u00e0 sa d\u00e9marche comme \u00e0 l&#8217;organisation politique porteuse de ce projet nouveau.<\/p>\n<p>Des objectifs et des pratiques identifiables en relation avec les mouvements sociaux. Identifiables face \u00e0 l&#8217;\u00e9chec de ce qui s&#8217;est fait au nom du communisme. Identifiables en rapport avec les attentes r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par la crise de la politique. Identifiables enfin comme s&#8217;inscrivant dans la &#8220;formulation d&#8217;un nouveau projet collectif (&#8230;) authentiquement communiste&#8221;, pour rejoindre la pr\u00e9occupation exprim\u00e9e par Albert Jacquard. Affirmant cela, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de relever qu&#8217;aucun de mes interlocuteurs : mais cela rejoint une exp\u00e9rience plus large \u00e9videmment : aucun ne nous demande d&#8217;\u00eatre moins communistes, d&#8217;\u00eatre &#8220;plus r\u00e9alistes&#8221; au sens o\u00f9 on l&#8217;entend trivialement. D&#8217;en rabattre, comme on dit. Tout au contraire, ce qu&#8217;on nous demande, je le constate une fois de plus, c&#8217;est d&#8217;exprimer une radicalit\u00e9 d&#8217;exigences : qui ne soit pas simplement incantatoire : et de faire preuve d&#8217;audace, autant dans la revendication imm\u00e9diate que dans la proposition d&#8217;alternatives et dans les pratiques militantes et politiques.<\/p>\n<p>Nous pouvons nous sentir bouscul\u00e9s par la vigueur de certaines interpellations. Pourtant, c&#8217;est un r\u00e9v\u00e9lateur, comme la plupart des mouvements sociaux de la p\u00e9riode, de la force qu&#8217;est en train de prendre avec la contestation affirm\u00e9e ou diffuse du capitalisme, la conscience que c&#8217;est bien \u00e0 ce niveau-l\u00e0 qu&#8217;il faut mettre la barre. L&#8217;extraordinaire mouvement qui a conduit \u00e0 l&#8217;\u00e9chec de la conf\u00e9rence de l&#8217;OMC \u00e0 Seattle, comme la nature du d\u00e9bat sur les responsabilit\u00e9s de la mar\u00e9e noire de l&#8217;Erika ou les assauts de bons sentiments des participants de Davos, sont plus qu&#8217;une illustration des maturations en cours, de la tournure et de l&#8217;ampleur que prend la critique du capitalisme et de la dictature des march\u00e9s financiers qui en sont le coeur aujourd&#8217;hui.<\/p>\n<p>Cette situation qui rompt avec une p\u00e9riode ant\u00e9rieure longue conf\u00e8re une cr\u00e9dibilit\u00e9 nouvelle \u00e0 l&#8217;id\u00e9e communiste : un projet de lib\u00e9ration humaine avec au coeur, comme fin et moteur, l&#8217;\u00e9panouissement de l&#8217;individu, la rencontre et la mise en commun, le partage &#8220;comme condition d&#8217;un vivre ensemble&#8221; : ainsi que l&#8217;\u00e9crit Albert Jacquard : est totalement contradictoire avec les logiques lib\u00e9rales, et soul\u00e8ve de mille mani\u00e8res la question du d\u00e9passement du capitalisme.<\/p>\n<p>Comment expliquer ce mouvement, si ce n&#8217;est par le fait que les in\u00e9galit\u00e9s explosent, les \u00e9carts de d\u00e9veloppement se creusent, les probl\u00e8mes \u00e9cologiques, les conflits, la violence de l&#8217;exploitation s&#8217;aggravent, alors que les potentiels de d\u00e9veloppement humain, de coop\u00e9rations atteignent des niveaux qualitativement nouveaux. Dans le m\u00eame ordre de questions, alors qu&#8217;avec les bouleversements de la r\u00e9volution informationnelle, la place de l&#8217;individu elle-m\u00eame est pos\u00e9e de mani\u00e8re nouvelle, les r\u00e9gressions provoqu\u00e9es par la r\u00e9organisation capitaliste du monde deviennent de plus en plus insupportables. Ce constat, je l&#8217;admets, ne r\u00e8gle pas en soi, loin s&#8217;en faut, la question des objectifs de transformation et des voies politiques qui permettent de les atteindre. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;\u00e0 partir de ce constat, de cette perception des r\u00e9alit\u00e9s, de cette r\u00e9volte, le d\u00e9bat s&#8217;engage sur les responsabilit\u00e9s, les solutions, les choix : ou les impasses : politiques. C&#8217;est ce besoin de r\u00e9ponses nouvelles, sociales, \u00e9conomiques, culturelles, \u00e9thiques qui me fait dire qu&#8217;il y a une actualit\u00e9 du communisme. J&#8217;ai m\u00eame \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises un &#8220;besoin de communisme&#8221;.<\/p>\n<p>D&#8217;un communisme comme &#8220;soci\u00e9t\u00e9 de partage&#8221; : partage de la culture et des cultures, partage des pouvoirs, partage des savoirs et de l&#8217;information, partage des co\u00fbts (par les coop\u00e9rations), partage des richesses : on pourrait encore d\u00e9cliner le paradigme : une s\u00e9curit\u00e9 internationale partag\u00e9e, par exemple et non pas fond\u00e9e sur la force. Je souhaite indiquer par l\u00e0, surtout, autant la rupture avec la logique dominante de mise en concurrence, de guerre \u00e9conomique : et de guerre tout court :, que l&#8217;espace ouvert par les bouleversements de civilisation, appelant un communisme de nature fondamentalement diff\u00e9rente de que fut le &#8220;socialisme r\u00e9el&#8221;.<\/p>\n<p>Besoin de communisme aussi, non pas comme un simple id\u00e9al, ou une utopie d&#8217;autant plus g\u00e9n\u00e9reuse qu&#8217;ils seraient irr\u00e9alisables, mais comme &#8220;option de civilisation&#8221; inspirant des r\u00e9ponses \u00e0 construire et \u00e0 apporter aujourd&#8217;hui au niveau des probl\u00e8mes et des esp\u00e9rances, et qui donne sens aux propositions et aux d\u00e9cisions politiques. &#8220;Le communisme comme vis\u00e9e et comme mouvement&#8221;, pour reprendre une expression des textes du congr\u00e8s. J&#8217;ajouterai : le communisme comme effort pour r\u00e9habiliter la politique et la d\u00e9mocratie par la citoyennet\u00e9.<\/p>\n<p>Les probl\u00e8mes soulev\u00e9s par Danielle Linhart \u00e0 propos de l&#8217;organisation du travail, de &#8220;l&#8217;usage que fait un employeur de ses salari\u00e9s&#8221;, des conditions modernes de l&#8217;exploitation, de la contradiction entre &#8220;les besoins de responsabilit\u00e9, d&#8217;individualisation, d&#8217;implication&#8221; et les finalit\u00e9s impos\u00e9es au travail humain \u00e9l\u00e8vent qualitativement le niveau d&#8217;exigence. Il ne s&#8217;agit pas seulement du plein emploi, j&#8217;en suis d&#8217;accord, mais d&#8217;articuler ce plein emploi avec la n\u00e9cessit\u00e9 de changer le travail lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit de fixer l&#8217;ambition d&#8217;un d\u00e9passement du march\u00e9 capitaliste du travail, de sa r\u00e9gulation par le ch\u00f4mage et l&#8217;explosion de la pr\u00e9carit\u00e9. Nous le faisons \u00e0 partir du constat que &#8220;la ressource de l&#8217;avenir, c&#8217;est l&#8217;intelligence humaine. Ce qui veut dire le d\u00e9veloppement de tous sans exclusion, une meilleure formation, la fin des cloisonnements et des hi\u00e9rarchies p\u00e9trifi\u00e9es d&#8217;un autre \u00e2ge, la possession d&#8217;informations et de droits pour l&#8217;exercice de r\u00e9elles responsabilit\u00e9s&#8221;. C&#8217;est le sens de notre proposition d&#8217;un syst\u00e8me o\u00f9 chacun tout au long de sa vie serait assur\u00e9, y compris avec une mobilit\u00e9 choisie, d&#8217;une garantie d&#8217;emploi et une formation permettant la ma\u00eetrise de savoirs en pleine \u00e9volution. Quant \u00e0 la question des droits nouveaux des salari\u00e9s ce sera, j&#8217;en suis convaincu, avec une conception moderne de la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi, un des terrains d&#8217;affrontement d\u00e9cisifs dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;exigeante interpellation de Bruno Rebelle de Greenpeace France, je voudrais dire que l&#8217;int\u00e9gration des dimensions environnementales, des dimensions durables dans notre conception du d\u00e9veloppement et de la soci\u00e9t\u00e9, tient autant \u00e0 la rupture culturelle avec le productivisme \u00e9tatique, qu&#8217;au rejet du g\u00e2chis et des gaspillages, quand ce ne sont pas les catastrophes engendr\u00e9es, \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle de la plan\u00e8te, par la recherche effr\u00e9n\u00e9e du profit. De ce point de vue une meilleure int\u00e9gration des dimensions sociales par les militants \u00e9cologistes converge avec le nouveau de la d\u00e9marche communiste : ouverture \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, en terme de pr\u00e9occupations nouvelles, et en terme de mouvement de soci\u00e9t\u00e9, dont le mouvement \u00e9cologiste est un des acteurs.<\/p>\n<p>Concernant la politique \u00e9nerg\u00e9tique de la France, non seulement nous sommes disponibles pour un grand d\u00e9bat mais nous le r\u00e9clamons. Un d\u00e9bat sans tabou. Il est n\u00e9cessaire de penser et mettre en oeuvre une politique \u00e9conome en ressources fossiles, une diversification des ressources \u00e9nerg\u00e9tiques, l&#8217;utilisation de toutes les fili\u00e8res renouvelables. C&#8217;est dans une telle perspective de recherche et de diversification, dans le cadre d&#8217;un service public d\u00e9mocratis\u00e9, prenant en compte qu&#8217;il y aura encore besoin d&#8217;une part non n\u00e9gligeable de production nucl\u00e9aire civile, que nous nous situons. Quant aux transports, il faut opposer \u00e0 la d\u00e9r\u00e9glementation ultralib\u00e9raliste la priorit\u00e9 aux modes collectifs, au fret sur rail, sur voies navigables. L&#8217;action rapide et r\u00e9solue de Jean-Claude Gayssot pour de nouvelles r\u00e9glementations pour le transport maritime apr\u00e8s la mar\u00e9e noire de l&#8217;Erika s&#8217;inscrit me semble-t-il dans cette d\u00e9marche et cette sensibilit\u00e9.<\/p>\n<p>Si j&#8217;ai d\u00e9velopp\u00e9 un peu l&#8217;\u00e9change sur cette question, c&#8217;est que je n&#8217;imagine pas un projet communiste moderne qui n&#8217;int\u00e9grerait pas social et environnemental, et pacifisme, comme vision de la soci\u00e9t\u00e9 et comme levier pour des choix contestant la supr\u00e9matie du capitalisme, jusqu&#8217;\u00e0 le d\u00e9passer.<\/p>\n<p>C&#8217;est un signal remarquable qu&#8217;autour de Seattle se soient retrouv\u00e9es tant de pr\u00e9occupations, sans hi\u00e9rarchie \u00e0 priori autour de l&#8217;id\u00e9e &#8220;le monde n&#8217;est pas une marchandise&#8221;. Cette \u00e9vocation me sugg\u00e8re une remarque pour un d\u00e9bat \u00e0 poursuivre \u00e0 gauche. Si on r\u00e9fl\u00e9chit aux probl\u00e8mes soulev\u00e9s par la mar\u00e9e noire, ou la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, avec la vache folle et, \u00e0 un autre niveau, le commerce international avec l&#8217;OMC, on mesure les limites vite atteintes par la distinction entre \u00e9conomie de march\u00e9 et soci\u00e9t\u00e9 de march\u00e9. On pourrait poursuivre autour des questions de la sant\u00e9, de l&#8217;\u00e9cole, du logement, du temps libre&#8230; On pourrait se poser la question pour Internet, ou pour la politique de la ville.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse communiste sur laquelle nous travaillons et que nous mettons en d\u00e9bat, c&#8217;est celle d&#8217;un processus de luttes sociales, soci\u00e9tales et politiques, sans hi\u00e9rarchie a priori, de conqu\u00eates de pouvoirs, \u00e0 partir du mouvement m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9, en lib\u00e9rant &#8220;les \u00e9l\u00e9ments de nouvelle soci\u00e9t\u00e9 que porte dans ses flancs la vieille soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise qui s&#8217;effondre&#8221; selon la formule forte de Marx au lendemain de la Commune de Paris.<\/p>\n<p>La diversit\u00e9 de ces luttes, de ces r\u00e9sistances, des mouvements, indiqu\u00e9s dans les cinq textes, et d&#8217;autres, ce qu&#8217;ils expriment en terme d&#8217;exigence de ma\u00eetrise de sa vie : au travail, dans la cit\u00e9, dans la soci\u00e9t\u00e9 :, \u00e9clairent le fait qu&#8217;il s&#8217;agit du d\u00e9passement de toutes les dominations, de toutes les ali\u00e9nations. Puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;\u00e9largir les espaces de lib\u00e9ration humaine dans la soci\u00e9t\u00e9, &#8220;la lib\u00e9ration effective de nos existences&#8221;, le f\u00e9minisme devient un des rep\u00e8res qui doit identifier le communisme, parce que toutes ces luttes, ces avanc\u00e9es, ces conqu\u00eates pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle entre hommes et femmes sapent et font \u00e9clater les vieux cadres de domination et de pouvoir. D\u00e9passement de toutes les dominations, y compris \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle du monde, par l&#8217;inscription du projet dans &#8220;un nouvel internationalisme&#8221;.Plus globalement, ne s&#8217;agit-il pas pour les communistes de contribuer \u00e0 mettre en coh\u00e9rence et donner du sens \u00e0 des avanc\u00e9es, d\u00e8s lors qu&#8217;elles contribuent, et pas de fa\u00e7on lin\u00e9aire, m\u00e9canique, \u00e0 modifier le rapport de forces ?<\/p>\n<p>La participation \u00e0 la majorit\u00e9 et au gouvernement, \u00e0 travers les actes des ministres communistes, et ce que les d\u00e9put\u00e9s et le parti communiste peuvent faire avancer, doit \u00eatre plac\u00e9e dans ce mouvement et cette strat\u00e9gie politique. Je pense \u00e0 la signification des 35 heures, avec toutes les contradictions rencontr\u00e9es pour leur mise en oeuvre dans des conditions favorables aux salari\u00e9s, aux emplois-jeunes, aux mesures contre l&#8217;exclusion, au PACS, \u00e0 la loi sur le contr\u00f4le de l&#8217;utilisation des fonds publics, aux obstacles mis aux d\u00e9r\u00e9glementations, au retrait des n\u00e9gociations sur l&#8217;AMI&#8230;<\/p>\n<p>Cela n&#8217;emp\u00eache pas la lucidit\u00e9 sur les difficult\u00e9s et les limites \u00e0 avoir toujours en t\u00eate. Pourtant ce choix de prendre nos responsabilit\u00e9s pour peser le plus possible dans la gauche plurielle est-il un handicap ou un atout et un stimulant pour le mouvement social ? Ce qui se passe avec les 35 heures, le service public, les h\u00f4pitaux et l&#8217;\u00e9cole, me laisse plut\u00f4t penser que, contrairement aux ann\u00e9es 80, la nature m\u00eame de la gauche plurielle ouvre des espaces pour le d\u00e9ploiement de l&#8217;intervention des citoyens.Cette r\u00e9flexion m&#8217;am\u00e8ne \u00e0 la question d&#8217;Emmanuelle Cosse : &#8220;que veut faire le PCF avec le mouvement social ?&#8221; Elle est r\u00e9v\u00e9latrice de contentieux h\u00e9rit\u00e9s de la pratique de la &#8220;courroie de transmission&#8221;, et il serait pernicieux d&#8217;\u00e9vacuer le probl\u00e8me.<\/p>\n<p>La question du rapport entre mouvement social et politique ce n&#8217;est pas nous qui la posons. &#8220;Nous avons choisi d&#8217;investir le champ politique et montrer que le sida \u00e9tait le r\u00e9v\u00e9lateur de nombreuses questions de soci\u00e9t\u00e9&#8221; \u00e9crit la dirigeante d&#8217;Act-up. C&#8217;est tragiquement vrai : \u00e9voquer l&#8217;extension de la maladie en Afrique, n&#8217;est-ce pas dresser le terrible acte d&#8217;accusation d&#8217;une certaine forme de mondialisation ? L&#8217;emploi, la sant\u00e9, l&#8217;\u00e9cole, le logement, la politique de la ville,&#8230; la mar\u00e9e noire, les services publics : qu&#8217;est-ce qui est social, qu&#8217;est-ce qui est politique ? Tout le sens de nos initiatives, comme la manifestation du 16 octobre : apr\u00e8s la liste Bouge l&#8217;Europe : consiste \u00e0 renouer les liens entre politique et soci\u00e9t\u00e9, en faisant des contestations, des r\u00e9voltes, des espoirs, du rejet des in\u00e9galit\u00e9s et de l&#8217;aspiration \u00e0 mieux vivre, des moteurs de la transformation de la soci\u00e9t\u00e9, jusqu&#8217;aux d\u00e9cisions politiques.<\/p>\n<p>Comment mettre en dynamique les potentiels transformateurs des mouvements sociaux, civiques, soci\u00e9taux, en travaillant \u00e0 faire \u00e9merger et \u00e0 donner sens aux aspirations aujourd&#8217;hui \u00e9touff\u00e9es \u00e0 faire de la politique autrement ? A cette question &#8220;strat\u00e9gique&#8221; nous travaillons \u00e0 apporter une r\u00e9ponse adapt\u00e9e, dont la nouveaut\u00e9 nous confronte nous-m\u00eames \u00e0 des probl\u00e8mes in\u00e9dits, et suscite des interrogations bien compr\u00e9hensibles. La r\u00e9ussite et l&#8217;impact de la manifestation du 16 octobre, comme la qualit\u00e9 des relations qui s&#8217;\u00e9tablissent avec les acteurs du mouvement social confortent une telle orientation dont on mesure mieux, je pense, en quoi elle est en rupture avec des conceptions et des pratiques ant\u00e9rieures, qui pour certaines ont pu avoir leur efficacit\u00e9, mais qui aujourd&#8217;hui seraient \u00e0 l&#8217;oppos\u00e9 de ce que nous avons entrepris.&#8221;Se remettre en question &#8230; (pour) \u00eatre en phase avec ce que vivent les gens, la soci\u00e9t\u00e9&#8230;. S&#8217;ouvrir \u00e0 de nouvelles pratiques militantes&#8221;&#8230; Je retrouve l\u00e0 bien des th\u00e8mes qui traversent les d\u00e9bats du 30e congr\u00e8s du PCF. Il s&#8217;agit d&#8217;innover absolument pour \u00eatre \u00e0 l&#8217;initiative politique et ne pas rater les rendez-vous que le mouvement populaire se donne : souvent sans pr\u00e9venir : pour \u00e9branler et remettre en cause l&#8217;ordre des choses.<\/p>\n<p>Ce rapport nouveau et vital \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 tout ce qui la fait bouger pour plus de libert\u00e9, de &#8220;lib\u00e9ration des existences&#8221;, appelle des pratiques militantes et politiques diff\u00e9rentes. L&#8217;organisation m\u00eame du parti se trouve questionn\u00e9e par cette articulation nouvelle entre adh\u00e9rent et structure, entre individu communiste et collectif.<\/p>\n<p>La pr\u00e9paration m\u00eame du 30e congr\u00e8s n&#8217;a rien \u00e0 voir avec les pr\u00e9c\u00e9dentes : dans la sollicitation des adh\u00e9rents depuis le d\u00e9but du processus, il y a huit mois, et dans l&#8217;ouverture \u00e0 des femmes et des hommes qui ne sont pas membres du parti communiste, et dont t\u00e9moigne cette confrontation organis\u00e9e par Regards. Tout ce qui est en train de se d\u00e9velopper depuis quelques mois, parfois de fa\u00e7on organis\u00e9e, parfois de fa\u00e7on plus spontan\u00e9e, nous fait beaucoup r\u00e9fl\u00e9chir aux transformations \u00e0 op\u00e9rer pour faire du Parti communiste l&#8217;organisation politique nouvelle capable d&#8217;offrir le lieu d&#8217;intervention politique et de mise en commun de ces r\u00e9flexions et de ces volont\u00e9s. C&#8217;est, on le sait, \u00e0 l&#8217;ordre du jour du congr\u00e8s. Alors, bienvenue \u00e0 Martigues. Et que, d&#8217;ici l\u00e0, la confrontation continue&#8230; Elle continuera bien apr\u00e8s, je l&#8217;esp\u00e8re.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&#8217;est pas \u00e9tonnant, quand on y r\u00e9fl\u00e9chit, que les questions qui sont adress\u00e9es au Parti communiste et les probl\u00e8mes soulev\u00e9s dans ces cinq textes rejoignent si intimement les questions \u00e0 l&#8217;ordre du jour du 30e congr\u00e8s. Ce n&#8217;est pas \u00e9tonnant, si on a en t\u00eate la nature de ce congr\u00e8s et l&#8217;originalit\u00e9 de sa [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[295],"class_list":["post-1848","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-nupes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1848","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1848"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1848\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1848"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1848"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1848"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}