{"id":1811,"date":"2000-02-01T00:00:00","date_gmt":"2000-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/un-grand-d-hollywood1811\/"},"modified":"2000-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2000-01-31T23:00:00","slug":"un-grand-d-hollywood1811","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1811","title":{"rendered":"Un grand d&#8217;Hollywood"},"content":{"rendered":"<p>Rio Bravo, le Grand Sommeil, l&#8217;Impossible Monsieur B\u00e9b\u00e9. Tous ces films, apparemment diff\u00e9rents, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par le m\u00eame homme : Howard Hawks. Un des rares cin\u00e9astes de l&#8217;\u00e2ge d&#8217;or hollywoodien dont l&#8217;influence soit d\u00e9terminante dans la production contemporaine. Godard, Bertolucci, Scorsese ou Tarantino le citent comme une de leurs principales sources d&#8217;inspiration. L&#8217;oeuvre d&#8217;Hawks a le m\u00e9rite de toujours surprendre le spectateur. Son amoralisme, sa lucidit\u00e9 envers les \u00eatres, son refus de tout engagement politique la rendent difficile \u00e0 classer.<\/p>\n<p>On peut y voir une des raisons qui font d&#8217;Howard Hawks un nom moins identifiable qu&#8217;Alfred Hitchcock ou John Ford. Aussi \u00e9tonnant que cela puisse para\u00eetre, aucun journaliste ou historien n&#8217;avait r\u00e9ussi un travail comparable \u00e0 celui de Truffaut avec le r\u00e9alisateur anglais. Cette lacune est largement combl\u00e9e avec la biographie de Todd McCarthy. Pour la premi\u00e8re fois, la vie du cr\u00e9ateur du Port de l&#8217;angoisse est d\u00e9crite en d\u00e9tail. Ses m\u00e9thodes de travail sont analys\u00e9es en profondeur. Le processus de fabrication d&#8217;un film hollywoodien des ann\u00e9es trente \u00e0 soixante nous est montr\u00e9 dans toute sa complexit\u00e9 et son \u00e2pret\u00e9. Hawks se battait, \u00e0 chaque sortie, avec la puissante commission de censure. Le chapitre, consacr\u00e9 \u00e0 Scarface, illustre l&#8217;attitude conservatrice de l&#8217;opinion publique am\u00e9ricaine. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, le r\u00e9alisateur avait d&#8217;importantes difficult\u00e9s avec les studios. McCarthy retrace, par exemple, les conflits qui ont accompagn\u00e9 l&#8217;exploitation de la Rivi\u00e8re rouge. En raison de litiges juridiques, Hawks dut attendre plusieurs mois avant de pouvoir pr\u00e9senter au public son premier western. Le plus souvent, l&#8217;\u00e9cart est \u00e9norme entre la perfection des films et les incidents propres \u00e0 leur conception.<\/p>\n<p>Si Hawks nous fascine, cela tient autant \u00e0 son caract\u00e8re qu&#8217;\u00e0 son talent de cin\u00e9aste. Son personnage est un improbable croisement entre Hemingway et Faulkner (ses deux \u00e9crivains pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s). McCarthy nous introduit, presque subrepticement, dans son existence (peut-\u00eatre l&#8217;aspect le plus passionnant du livre). Hawks \u00e9tait froid, calculateur. Nombre de t\u00e9moignages le d\u00e9peignent comme int\u00e9ress\u00e9 uniquement par lui-m\u00eame et ses films. Sa famille ne repr\u00e9sente pas grand chose \u00e0 ses yeux. Il \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour \u00eatre le plus brillant menteur d&#8217;Hollywood. Le journaliste s&#8217;amuse \u00e0 \u00e9tablir les diff\u00e9rences entre les r\u00e9cits du metteur en sc\u00e8ne et la r\u00e9alit\u00e9. In\u00e9vitablement, Hawks a le beau r\u00f4le. Nul ne lui dicte sa conduite. Il est toujours \u00e0 l&#8217;origine des id\u00e9es les plus \u00e9blouissantes.<\/p>\n<p>McCarthy nous donne \u00e9galement l&#8217;occasion d&#8217;admirer une galerie extraordinaire de personnalit\u00e9s hautes en couleur. Jack Warner, Irvin Thalberg, John Wayne, Cary Grant, Gary Cooper d\u00e9filent sous nos yeux. Clark Gable vient chez Hawks faire de la moto. Faulkner courtise sa secr\u00e9taire. Humphrey Bogart tombe amoureux de Lauren Bacall. Chaque page fourmille d&#8217;anecdotes irr\u00e9sistibles. Certains tournages mythologiques : ainsi celui du Port de l&#8217;angoisse : sont v\u00e9cus de l&#8217;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>L&#8217;ouvrage peut aussi se lire comme une \u00e9tude critique du travail de Hawks. Ses th\u00e8mes favoris ne s&#8217;expriment clairement qu&#8217;\u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es trente (avec Train de luxe). La femme hawksienne trouvera sa parfaite incarnation avec Lauren Bacall, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9bauch\u00e9e par Carole Lombard ou Katharine Hepburn. Le r\u00e9alisateur se comporta, inlassablement, en artisan peaufinant son univers. Atypique, il eut des imitateurs mais, jamais, personne ne parvint \u00e0 \u00e9galer son style \u00e0 la fois s\u00e9duisant et cynique.<\/p>\n<p><strong> Todd McCarthy, <\/strong><\/p>\n<p>Hawks,<\/p>\n<p>Editions Solin, Institut Lumi\u00e8re \/ Actes Sud<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rio Bravo, le Grand Sommeil, l&#8217;Impossible Monsieur B\u00e9b\u00e9. Tous ces films, apparemment diff\u00e9rents, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s par le m\u00eame homme : Howard Hawks. Un des rares cin\u00e9astes de l&#8217;\u00e2ge d&#8217;or hollywoodien dont l&#8217;influence soit d\u00e9terminante dans la production contemporaine. Godard, Bertolucci, Scorsese ou Tarantino le citent comme une de leurs principales sources d&#8217;inspiration. 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