{"id":1776,"date":"2000-01-01T00:00:00","date_gmt":"1999-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-infini-du-communisme1776\/"},"modified":"2000-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-12-31T23:00:00","slug":"l-infini-du-communisme1776","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1776","title":{"rendered":"L&#8217;infini du communisme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> L&#8217;histoire du communisme se perd dans la nuit des temps. Un panorama succinct des diff\u00e9rents concepts du communisme d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents chez Marx et de leurs prolongements actuels. <\/p>\n<p>L&#8217;histoire du communisme n&#8217;a pas plus commenc\u00e9 au vingti\u00e8me si\u00e8cle qu&#8217;\u00e0 partir de Marx. L&#8217;origine du courant de pens\u00e9e qui valorise la mise en commun des biens mat\u00e9riels par les hommes se perd dans la nuit des temps. Dans l&#8217;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine, les r\u00e9cits d&#8217;H\u00e9siode faisaient r\u00e9f\u00e9rence, d\u00e8s le huiti\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re, \u00e0 un \u00e2ge d&#8217;or durant lequel les hommes, du fait de l&#8217;abondance des biens offerts par la nature, ne connaissaient ni le travail ni la guerre. Sans doute est-ce en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9poque que fut construite la notion de &#8220;communisme primitif&#8221; pour d\u00e9signer une tr\u00e8s ancienne forme de soci\u00e9t\u00e9? qui aurait ignor\u00e9 l&#8217;exploitation, sur la base d&#8217;un tr\u00e8s faible d\u00e9veloppement de ses forces productives. L&#8217;ethnologue am\u00e9ricain Lewis-Henry Morgan en fit grand cas dans son livre la Soci\u00e9t\u00e9 archa\u00efque dont les th\u00e8ses controvers\u00e9es furent reprises par Friedrich Engels dans l&#8217;Origine de la famille, de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et de l&#8217;Etat. Platon, dans la R\u00e9publique, propose, au quatri\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re, la r\u00e9alisation d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9galitaire, quelquefois appel\u00e9e &#8220;communiste&#8221; bien qu&#8217;elle soit fond\u00e9e sur l&#8217;esclavage. Plusieurs essais ont tent\u00e9 de concr\u00e9tiser, au deuxi\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re, ce r\u00eave d&#8217;une cit\u00e9 juste, lib\u00e9rant ses esclaves, \u00e0 Sparte avec Nabis et \u00e0 Pergame avec Aristonicos. Les liens entre le christianisme primitif et les r\u00e9voltes d&#8217;esclaves ont \u00e9t\u00e9 explor\u00e9s dans de nombreuses fictions concernant Spartacus.. On peut aussi identifier plus tard, dans l&#8217;Islam primitif, une critique \u00e9galitariste de la richesse, comparable \u00e0 celle prononc\u00e9e par le Christ lorsqu&#8217;il chasse les marchands du temple.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;au quinzi\u00e8me si\u00e8cle, le soufisme d\u00e9veloppe, au sein du monde musulman, une mystique invitant \u00e0 instaurer une communaut\u00e9 de biens. On pourrait encore ajouter \u00e0 cela les id\u00e9es n\u00e9es de la r\u00e9volte, au neuvi\u00e8me si\u00e8cle, des esclaves de la vall\u00e9e de l&#8217;Euphrate contre les Abbassides, ou bien les croyances tao\u00efstes qui, au cinqui\u00e8me si\u00e8cle de notre \u00e8re, \u00e9voquent en Orient un \u00e2ge d&#8217;or o\u00f9 les hommes vivaient en commun, formant une famille et ignorant le prince. On sait \u00e9galement que durant la p\u00e9riode de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, l&#8217;utopie fut confront\u00e9e aux faits. Le puissant courant de pens\u00e9e \u00e9galitaire des &#8220;Sans-culotte&#8221; et des &#8220;Enrag\u00e9s&#8221; fut men\u00e9 \u00e0 son terme par Gracchus Babeuf qui recherchait le bonheur commun par &#8220;la communaut\u00e9 des biens et des traditions&#8221;. Marx qualifia sa &#8220;Conspiration des Egaux&#8221; de &#8220;Premier parti communiste agissant&#8221;&#8230;<\/p>\n<p><strong> Ce que Marx a dit de neuf \u00e0 propos du communisme <\/strong><\/p>\n<p>Ce coup d&#8217;oeil r\u00e9trospectif sur l&#8217;histoire originelle du communisme pose la question de savoir ce que Marx a bien pu dire de neuf \u00e0 ce propos. Un peu comme Engels pose la question, dans sa pr\u00e9face au Livre II du Capital, de savoir, par rapport \u00e0 Adam Smith et Ricardo, ce que Marx a bien pu dire de neuf sur la plus-value. On pourrait encore \u00e9crire, toujours en s&#8217;inspirant de cette pr\u00e9face, que Marx prit \u00e0 contre-pied direct tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs : &#8220;L\u00e0 o\u00f9 ceux-ci avaient vu une solution, il ne vit qu&#8217;un probl\u00e8me.&#8221; On chercherait en vain une d\u00e9finition d\u00e9finitive du communisme sous la plume de Marx. Le terme, chez lui, ne d\u00e9signe jamais tout \u00e0 fait la m\u00eame chose. Et sans doute, \u00e0 cet \u00e9gard, l&#8217;histoire des diff\u00e9rentes occurrences du terme est-elle plus instructive que le commentaire : critique ou non : de telle ou telle formulation. De m\u00eame que l&#8217;on conviendra aujourd&#8217;hui que le Parti communiste fran\u00e7ais ne saurait \u00eatre propri\u00e9taire \u00e0 lui seul du mot et de la chose communistes, on d\u00e9couvrira que Marx n&#8217;a jamais pr\u00e9tendu d\u00e9tenir la v\u00e9rit\u00e9 vraie sur le communisme. Avant la mise en chantier de l&#8217;Id\u00e9ologie allemande, ce n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas le terme &#8220;communisme&#8221; qui d\u00e9signe chez lui la soci\u00e9t\u00e9 issue de la r\u00e9volution sociale, mais celui de &#8220;socialisme&#8221;. Le mot &#8220;communisme&#8221; oscille entre sa signification h\u00e9rit\u00e9e des utopistes et le mouvement critique th\u00e9orique et pratique de la soci\u00e9t\u00e9 existante. Ce dernier lui conf\u00e9rant d&#8217;ailleurs un risque \u00e9vident de d\u00e9rive messianique. La finalit\u00e9 &#8211; dans le double sens de but et d&#8217;ach\u00e8vement : telle que la concevait le philosophe allemand Hegel n&#8217;a d&#8217;ailleurs fait qu&#8217;amplifier ce risque.<\/p>\n<p><strong> Le communisme na\u00eet du mouvement du monde <\/strong><\/p>\n<p>Dans une lettre \u00e0 Arnold Ruge datant de 1843, Marx \u00e9crit : &#8220;Nous ne nous pr\u00e9sentons pas au monde en doctrinaires, avec un principe nouveau : voil\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 genoux devant elle ! Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-m\u00eame d\u00e9velopp\u00e9s dans son sein. Nous ne lui disons pas : laisse-l\u00e0 tes combats, ce sont des fadaises ; nous allons te crier le vrai mot d&#8217;ordre du combat. Nous lui montrons seulement pourquoi il combat exactement, et la conscience de lui-m\u00eame est une chose qu&#8217;il devra acqu\u00e9rir, qu&#8217;il le veuille ou non.&#8221; Cette indication strat\u00e9gique de connaissance et d&#8217;action vaut pour la premi\u00e8re conception marxienne du communisme. Les principes de ce dernier sont d\u00e9velopp\u00e9s au sein m\u00eame du monde que les hommes et les femmes veulent transformer.<\/p>\n<p>Cette occurrence dit avec beaucoup de clart\u00e9 que le monde est affect\u00e9 d&#8217;une tendance intrins\u00e8que au communisme, et que l&#8217;existence manifeste de cette tendance pr\u00e9c\u00e8de de beaucoup la conscience que l&#8217;on peut en prendre&#8230; Cette r\u00e9flexion me semble particuli\u00e8rement \u00e9clairante \u00e0 une \u00e9poque comme la n\u00f4tre o\u00f9, tout comme le Bourgeois gentilhomme, de Moli\u00e8re, qui faisait de la prose sans le savoir, on peut se demander s&#8217;il n&#8217;existe pas des messieurs Jourdain qui font du communisme sans le savoir et qui prendraient la succession des messieurs Jourdain de l&#8217;anti-capitalisme. La question valait au moins d&#8217;\u00eatre repos\u00e9e apr\u00e8s le r\u00e9cent \u00e9chec de la conf\u00e9rence de l&#8217;Organisation mondiale du commerce \u00e0 Seattle.<\/p>\n<p><strong> Le communisme comme n\u00e9gation de l&#8217;ali\u00e9nation <\/strong><\/p>\n<p>Avant Marx, le mot &#8220;communisme&#8221; renvoyait essentiellement \u00e0 la communaut\u00e9 des biens con\u00e7ue comme une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. A partir des Manuscrits de 1844 , le communisme est pens\u00e9 comme la premi\u00e8re abolition positive de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e. Tout le communisme qui pr\u00e9c\u00e8de n&#8217;est donc qu&#8217;une forme sous laquelle appara\u00eet l&#8217;ignominie de la propri\u00e9t\u00e9 qui veut se poser comme l&#8217;unique trait commun de la communaut\u00e9 positive. D\u00e8s lors, le communisme appara\u00eet comme un mouvement de nature politique, impliquant la suppression de l&#8217;Etat, et en m\u00eame temps inachev\u00e9 parce qu&#8217;il reste sous l&#8217;emprise de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, c&#8217;est-\u00e0-dire de l&#8217;ali\u00e9nation de l&#8217;homme. Sous ces deux formes, le communisme se conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 comme r\u00e9int\u00e9gration de l&#8217;homme en lui-m\u00eame et comme abolition de l&#8217;ali\u00e9nation humaine. Cependant, du fait qu&#8217;il n&#8217;a pas encore saisi l&#8217;essence positive de la propri\u00e9t\u00e9, et qu&#8217;il a tout aussi peu compris la nature historique du besoin, il ne fait que saisir son concept mais pas encore l&#8217;essence du communisme. Le communisme est la solution de d\u00e9passement de l&#8217;antagonisme entre l&#8217;homme et la nature, entre l&#8217;homme et l&#8217;homme ; la vraie solution de lutte entre l&#8217;existence et l&#8217;essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre libert\u00e9 et n\u00e9cessit\u00e9, entre individu et genre. S&#8217;il est l&#8217;\u00e9nigme r\u00e9solue de l&#8217;histoire, il lui reste \u00e0 se conna\u00eetre comme cette solution.<\/p>\n<p><strong> Le mouvement r\u00e9el qui abolit l&#8217;\u00e9tat actuel <\/strong><\/p>\n<p>Ce qu&#8217;\u00e9crivent sur le communisme Marx et Engels dans l&#8217;Id\u00e9ologie allemande compl\u00e8te de fa\u00e7on d\u00e9cisive ce qui pr\u00e9c\u00e8de : &#8220;Le communisme n&#8217;est pour nous ni un \u00e9tat qui doit \u00eatre cr\u00e9\u00e9, ni un id\u00e9al sur lequel la r\u00e9alit\u00e9 devra se r\u00e9gler. Nous appelons communisme le mouvement r\u00e9el qui abolit l&#8217;\u00e9tat actuel. Les conditions de ce mouvement r\u00e9sultent des pr\u00e9misses actuellement existantes et doivent \u00eatre jug\u00e9s eux-m\u00eames en fonction de la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle. (&#8230;) Le communisme (&#8230;) ne peut absolument pas se rencontrer autrement qu&#8217;en tant qu&#8217;existence historique universelle.&#8221; Cette d\u00e9finition du communisme introduit la double dimension de son existence en tant que mouvement objectif et conviction subjective de celui qui veut r\u00e9volutionner le monde existant, attaquer et transformer pratiquement l&#8217;\u00e9tat de choses qu&#8217;il a trouv\u00e9. Si l&#8217;on consid\u00e8re comme acquise cette configuration de la pens\u00e9e de Marx sur le communisme en 1846, on note un double d\u00e9placement : d\u00e9placement de la notion d&#8217;engagement puisque \u00eatre communiste n&#8217;est rien d&#8217;autre qu&#8217;\u00eatre convaincu de l&#8217;objectivit\u00e9 d&#8217;un mouvement tendanciel d&#8217;\u00e9mancipation humaine au sein du r\u00e9el, et d\u00e9placement de la cat\u00e9gorie philosophique de communisme comme abstraction issue du dynamisme propre \u00e0 la production capitaliste.<\/p>\n<p><strong> Le communisme en tant que d\u00e9veloppement de l&#8217;individualit\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>En 1848, dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels tentent de circonscrire la question du contenu de ce mouvement. Ils se r\u00e9inscrivent dans leur probl\u00e9matique d&#8217;un mouvement intrins\u00e8que de la soci\u00e9t\u00e9 vers le communisme : &#8220;Les th\u00e8ses des communistes ne reposent nullement sur des id\u00e9es, des principes invent\u00e9s ou d\u00e9couverts par tel ou tel r\u00e9formateur du monde. Elles ne sont que l&#8217;expression g\u00e9n\u00e9rale des conditions r\u00e9elles d&#8217;une lutte de classe existante, d&#8217;un mouvement historique qui s&#8217;op\u00e8re sous nos yeux. L&#8217;abolition des rapports de propri\u00e9t\u00e9 qui ont exist\u00e9 jusqu&#8217;ici n&#8217;est pas le caract\u00e8re distinct du communisme.&#8221; Et de distinguer la propri\u00e9t\u00e9 &#8220;bourgeoise&#8221; de l&#8217;abolition de la propri\u00e9t\u00e9 &#8220;en g\u00e9n\u00e9ral&#8221;&#8230; Cette diff\u00e9renciation appelle \u00e0 distinguer le capital comme propri\u00e9t\u00e9 qui exploite le travail salari\u00e9 et comme puissance sociale, du travail salari\u00e9 et des richesses qu&#8217;il permet de s&#8217;approprier. &#8220;Dans la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise&#8221; le capital en tant que valeur pass\u00e9e domine le travail pr\u00e9sent. &#8220;Dans le communisme, c&#8217;est le pr\u00e9sent qui domine le pass\u00e9.&#8221; C&#8217;est ainsi que se manifeste le trait essentiel du d\u00e9veloppement communiste de la soci\u00e9t\u00e9 : &#8220;A la place de l&#8217;ancienne soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association dans laquelle le libre d\u00e9veloppement de chacun est la condition du libre d\u00e9veloppement de tous.&#8221; La logique sociale du communisme jaillit du mouvement m\u00eame du capital, sans pour autant en \u00eatre la cons\u00e9quence \u00e9conomique spontan\u00e9e, puisque la condition en est le d\u00e9veloppement de l&#8217;individu. Elle a besoin pour se r\u00e9aliser de rapports sociaux d&#8217;entraide et de coop\u00e9ration entre les hommes. C&#8217;est l\u00e0 que r\u00e9sident les principaux obstacles auxquels l&#8217;humanit\u00e9 d&#8217;aujourd&#8217;hui est confront\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p><strong> Du temps de travail au temps disponible <\/strong><\/p>\n<p>Marx revient sur ce processus dans les ann\u00e9es 1860 (tome III du Capital) \u00e0 travers une m\u00e9taphore qui oppose le royaume de la libert\u00e9 \u00e0 celui de la n\u00e9cessit\u00e9 : &#8220;En fait, le royaume de la libert\u00e9 commence seulement l\u00e0 o\u00f9 l&#8217;on cesse de travailler par n\u00e9cessit\u00e9 et opportunit\u00e9 impos\u00e9e de l&#8217;ext\u00e9rieur, il se situe donc, par nature, au del\u00e0 de la sph\u00e8re de production mat\u00e9rielle proprement dite. (&#8230;) En ce domaine, la seule libert\u00e9 possible est que l&#8217;homme social, les producteurs associ\u00e9s r\u00e8glent rationnellement leurs \u00e9changes avec la nature, qu&#8217;ils la contr\u00f4lent ensemble au lieu d&#8217;\u00eatre domin\u00e9s par sa puissance aveugle et qu&#8217;ils accomplissent ces \u00e9changes en d\u00e9pensant le minimum de force et dans les conditions les plus dignes, les plus conformes \u00e0 leur nature humaine. Mais cette activit\u00e9 constituera toujours le royaume de la n\u00e9cessit\u00e9. C&#8217;est au-del\u00e0 que commence le d\u00e9veloppement des forces humaines comme fin en soi, le v\u00e9ritable royaume de la libert\u00e9 qui ne peut s&#8217;\u00e9panouir qu&#8217;en se fondant sur l&#8217;autre royaume, sur l&#8217;autre base, celle de la n\u00e9cessit\u00e9. La condition essentielle de cet \u00e9panouissement est la r\u00e9duction de la journ\u00e9e de travail.&#8221; Faut-il voir dans ce d\u00e9veloppement la r\u00e9introduction d&#8217;une finalit\u00e9 que la d\u00e9finition du communisme dans l&#8217;Id\u00e9ologie allemande semblait avoir bannie ? Ne doit-on pas plut\u00f4t y voir l&#8217;introduction d&#8217;une nouvelle probl\u00e9matique abord\u00e9e dans les Grundrisse (Fondements de la critique de l&#8217;\u00e9conomie politique, 1857-1858) ? Dans ce processus qu&#8217;est le communisme vient un moment o\u00f9 ce n&#8217;est plus le temps de travail mais le temps disponible qui devient la mesure de la richesse humaine&#8230;<\/p>\n<p>Retenons de ce panorama succinct combien, sous l&#8217;effet des logiques m\u00e9diatiques, la notori\u00e9t\u00e9 de Marx s&#8217;accompagne dans nos soci\u00e9t\u00e9s modernes d&#8217;une certaine m\u00e9connaissance. Penser le communisme en l&#8217;an 2000 n\u00e9cessite que soient \u00e9labor\u00e9s de nouveaux concepts qui permettent de concevoir l&#8217;innovation dont notre monde est porteur autrement qu&#8217;avec les concepts du XIXe si\u00e8cle. N&#8217;est-ce pas l\u00e0 la fonction que devrait remplir ce qui doit prendre la place de ce qu&#8217;on a longtemps nomm\u00e9 &#8220;la philosophie marxiste&#8221; ?<\/p>\n<p>* Philosophe, vient de publier Marx, cet inconnu, Editions Descl\u00e9e de Brouwer, 95p, 78F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> L&#8217;histoire du communisme se perd dans la nuit des temps. 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