{"id":1752,"date":"2000-01-01T00:00:00","date_gmt":"1999-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/touche-pas-a-mon-gyneco1752\/"},"modified":"2000-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-12-31T23:00:00","slug":"touche-pas-a-mon-gyneco1752","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1752","title":{"rendered":"Touche pas \u00e0 mon gyn\u00e9co"},"content":{"rendered":"<p>Les femmes, une fois de plus, sont en ligne de mire. La gyn\u00e9cologie de ville : autrement nomm\u00e9e gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale : sous couvert d'&#8221;harmonisation europ\u00e9enne&#8221;, est en voie de disparition. Les femmes devraient s&#8217;adresser \u00e0 un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste pour leur suivi gyn\u00e9cologique. Elles n&#8217;auraient bient\u00f4t plus le droit de consulter un gyn\u00e9cologue.<\/p>\n<p>La gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale a pourtant fait ses preuves. N&#8217;a-t-elle pas contribu\u00e9 \u00e0 la reconnaissance du droit \u00e0 la contraception, puis \u00e0 sa diffusion? En vingt ans, la France n&#8217;est-elle pas pass\u00e9e de 6000 cas de cancers du col de l&#8217;ut\u00e9rus \u00e0 1500? Nos voisins europ\u00e9ens envient cette sp\u00e9cificit\u00e9, au point de venir consulter chez nous. Hors de nos fronti\u00e8res, plus d&#8217;un tiers, voire la moiti\u00e9 des femmes subissent une hyst\u00e9rectomie (ablation de l&#8217;ut\u00e9rus). Elles n&#8217;ont plus d&#8217;ut\u00e9rus \u00e0 cinquante ans. En France, le taux ne d\u00e9passe pas les 14%. Ces chiffres parlent d&#8217;eux-m\u00eames. La p\u00e9tition intitul\u00e9e &#8220;Touche pas \u00e0 mon gyn\u00e9co&#8221;, r\u00e9dig\u00e9e par le Comit\u00e9 de d\u00e9fense de la gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale, a d\u00e9j\u00e0 recueilli 465 000 signatures. Une mobilisation qui en dit long. Selon Dominique Malvy, pr\u00e9sidente dudit comit\u00e9 et gyn\u00e9cologue m\u00e9dicale depuis 25 ans \u00e0 Albi: &#8220;Les premiers \u00e0 vouloir nous supprimer sont les chefs de service de gyn\u00e9cologie obst\u00e9trique, en majorit\u00e9 des hommes, qui disent bien leur m\u00e9pris de celles qu&#8217;ils appellent les \u00abm\u00e9m\u00e8res au frottis\u00bb. Ils ne comprennent rien au travail de terrain. Pour eux, celui qui ne sait pas manier le forceps et le bistouri n&#8217;est pas digne d&#8217;\u00eatre gyn\u00e9cologue.&#8221;<\/p>\n<p><strong> Une sp\u00e9cialit\u00e9 qualifi\u00e9e par certains de &#8220;inutile et fort co\u00fbteuse&#8221;, s&#8217;adressant aux femmes les plus favoris\u00e9es, donc un luxe&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Jusqu&#8217;en 1986, l&#8217;universit\u00e9 fran\u00e7aise formait des gyn\u00e9cologues m\u00e9dicaux ( pr\u00e9vention, contraception, soins divers), \u00e0 part \u00e9gale avec des gyn\u00e9cologues obst\u00e9triciens (accouchements, op\u00e9rations chirurgicales). En 1986 donc, quand Mich\u00e8le Barzach, sp\u00e9cialiste de gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale, \u00e9tait ministre de la Sant\u00e9, la fili\u00e8re dispara\u00eet sur d\u00e9cision minist\u00e9rielle et sous la pression d&#8217;une poign\u00e9e d&#8217;hommes, m\u00e9decins universitaires et obst\u00e9triciens, dans le dessein av\u00e9r\u00e9 d&#8217;instaurer une politique de ma\u00eetrise purement comptable des d\u00e9penses de sant\u00e9.<\/p>\n<p>La gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale : au m\u00eame titre que la p\u00e9diatrie ou la dermatologie : est qualifi\u00e9e de &#8220;sp\u00e9cialit\u00e9 inutile et fort co\u00fbteuse&#8221;. On parle m\u00eame d&#8217;une m\u00e9decine de luxe ne s&#8217;adressant qu&#8217;aux femmes des classes sociales les plus favoris\u00e9es. Faux! Parmi les p\u00e9titionnaires, on compte bon nombre d&#8217;horticultrices, de caissi\u00e8res, de serveuses, d&#8217;employ\u00e9es, d&#8217;agricultrices, d&#8217;institutrices, de ch\u00f4meuses&#8230; Maintes personnes qui n&#8217;ont que le RMI et titulaires de la Carte sant\u00e9 sont libres de consulter un gyn\u00e9cologue. Elles perdront tout bonnement ce droit fondamental.<\/p>\n<p>Selon le syst\u00e8me du &#8220;m\u00e9decin r\u00e9f\u00e9rent&#8221;, qui se met en place, les femmes signeront \u00e0 l&#8217;avenir un contrat de fid\u00e9lit\u00e9 avec un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, \u00e0 charge pour lui, en cas de probl\u00e8me, d&#8217;appr\u00e9cier s&#8217;il convient d&#8217;orienter les patientes vers un gyn\u00e9cologue obst\u00e9tricien, de formation plus technique, plus interventionniste et souvent d\u00e9bord\u00e9. Sans autorisation \u00e9crite du g\u00e9n\u00e9raliste, les consultations ne seront pas rembours\u00e9es. Madame Gillot (secr\u00e9taire d&#8217;Etat \u00e0 la sant\u00e9) souligne que les femmes sont libres ou non de signer un contrat de fid\u00e9lit\u00e9. Libres aussi de ne pas \u00eatre rembours\u00e9es si elles ne signent pas?<\/p>\n<p><strong> Revendications : un quota de gyn\u00e9cologues et la garantie de la libert\u00e9 de choisir son m\u00e9decin <\/strong><\/p>\n<p>Quand bien m\u00eame, en majorit\u00e9, les g\u00e9n\u00e9ralistes sont comp\u00e9tents, consciencieux, peut-on faire fi des six millions de femmes qui consultent un gyn\u00e9cologue? Et peut-on tenir pour rien ce sondage de la SOFRES qui r\u00e9v\u00e8le combien elles lui sont attach\u00e9es? 80% d&#8217;entre elles avouent qu&#8217;elles iront moins souvent consulter si on ne leur donne plus la libert\u00e9 de chosir leur m\u00e9decin. 57% ne consulteront qu&#8217;en cas de probl\u00e8me. Et certaines de dire : &#8220;Mon m\u00e9decin de famille, je l&#8217;aime bien, j&#8217;ai confiance en lui, je n&#8217;ai pas l&#8217;intention d&#8217;en changer, mais pour \u00ab\u00e7a\u00bb, il n&#8217;en est pas question, je n&#8217;irai jamais.&#8221;<\/p>\n<p>C&#8217;est aussi question de pudeur. Les femmes, dans leur besoin d&#8217;\u00e9coute et de conseil, sont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment ni\u00e9es avec un m\u00e9pris qui co\u00fbtera cher \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re. Des 2000 gyn\u00e9cologues m\u00e9dicales que compte notre pays, 87% sont des femmes. Dominique Malvy fulmine: &#8220;Nous n&#8217;avons m\u00eame pas pu rencontrer la secr\u00e9taire du Droit aux femmes&#8230; 500 000 femmes ne valent pas 70 000 chasseurs!&#8221; Mise \u00e0 part la r\u00e9forme des \u00e9tudes m\u00e9dicales, actuellement en cours, un vrai-faux Dipl\u00f4me d&#8217;\u00e9tudes sp\u00e9ciales compl\u00e9mentaires (DESC) avait \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 pour calmer le jeu. Sous la pression, le voil\u00e0 supprim\u00e9. Il ne s&#8217;agissait que d&#8217;un montage h\u00e2tif destin\u00e9 \u00e0 noyer le poisson. Il ne pr\u00e9voyait nullement, comme on l&#8217;avait laiss\u00e9 entendre, de formation obligatoire en gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale. Fort de ce succ\u00e8s relatif, le Comit\u00e9 de d\u00e9fense de la Gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale, entre autres organisations, exige aujourd&#8217;hui un quota de gyn\u00e9cologues m\u00e9dicaux ainsi que la garantie que les femmes pourront continuer de les consulter de leur propre chef. Il est \u00e0 pr\u00e9voir que ces revendications seront au coeur de la manifestation pour les droits des femmes \u00e0 Paris le 15 janvier.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les femmes, une fois de plus, sont en ligne de mire. La gyn\u00e9cologie de ville : autrement nomm\u00e9e gyn\u00e9cologie m\u00e9dicale : sous couvert d&#8217;&#8221;harmonisation europ\u00e9enne&#8221;, est en voie de disparition. 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