{"id":1737,"date":"2000-01-01T00:00:00","date_gmt":"1999-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ecole-une-ebauche-de-projet1737\/"},"modified":"2000-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-12-31T23:00:00","slug":"ecole-une-ebauche-de-projet1737","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1737","title":{"rendered":"Ecole, une \u00e9bauche de projet"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Le projet pour l&#8217;\u00e9cole<strong> Un projet de transformation de l&#8217;\u00e9cole commence \u00e0 na\u00eetre, \u00e0 se former, \u00e0 partir des paroles sans conformisme, ni complaisance, de tous ceux qui veulent sortir de l&#8217;impasse o\u00f9 se trouve le syst\u00e8me \u00e9ducatif. Deux jours de d\u00e9bats, les 4 et 5 d\u00e9cembre 1999 \u00e0 Draveil, \u00e0 l&#8217;initiative du secteur Education du PCF, ont permis d&#8217;affiner, de compl\u00e9ter, de confronter les r\u00e9flexions. Michel Deschamps, ancien secr\u00e9taire de la FSU, a fait la synth\u00e8se de ces multiples interventions. Aper\u00e7u. <\/strong><\/p>\n<p>Cette rencontre provient du constat que les communistes avaient tort de ne pas agir en tant que tels dans le domaine de l&#8217;\u00e9cole. Quel est l&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;initier une d\u00e9marche politique sur cette question ? C&#8217;est qu&#8217;il y a des positions \u00e0 prendre qui sont autant de prises de risque et qui interrogent l&#8217;exercice de la d\u00e9mocratie. Sans ambigu\u00eft\u00e9 aucune : bien s\u00fbr, la d\u00e9mocratie n&#8217;est pas la finalit\u00e9 premi\u00e8re de l&#8217;\u00e9cole ; le but de celle-ci n&#8217;est pas de r\u00e9aliser une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9publicaine id\u00e9ale. Mais, m\u00eame \u00e0 propos des questions &#8220;quoi enseigner et comment faire ?&#8221;, un surcro\u00eet de d\u00e9mocratie dans l&#8217;approche des probl\u00e8mes professionnels et p\u00e9dagogiques est indispensable pour obtenir des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p><strong> Diagnostic <\/strong><\/p>\n<p>Le choix initial de cette d\u00e9marche est le suivant : on ne peut esp\u00e9rer sortir de l&#8217;impasse o\u00f9 se trouve l&#8217;\u00e9cole aujourd&#8217;hui par un sursaut interne \u00e0 l&#8217;institution, par une transformation demand\u00e9e seulement aux acteurs de l&#8217;\u00e9cole. Il s&#8217;agit de traquer le non-dit, les pr\u00e9-requis, l&#8217;informel, tout ce qui fait que l&#8217;\u00e9cole est un Etat dans l&#8217;Etat, dont le simple citoyen ne parvient pas \u00e0 saisir les enjeux ; de rendre l&#8217;\u00e9cole claire : dire, expliquer, constater. Le bilan est donc d\u00e9cisif, car il est difficile d&#8217;imaginer des solutions sans creuser d&#8217;abord le diagnostic ! Le constat est pourtant pip\u00e9, pour plusieurs raisons. D&#8217;abord, personne ne peut pr\u00e9tendre aujourd&#8217;hui avoir une exp\u00e9rience transversale de l&#8217;\u00e9cole, la complexit\u00e9 est devenue telle que chacun n&#8217;a que l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;un secteur, que l&#8217;approche de l&#8217;acteur qu&#8217;il est. Difficile d&#8217;avoir une approche transversale en dehors de la confrontation collective, du travail collectif. Mais le constat est aussi pip\u00e9, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment, par les choix des ex\u00e9cutifs : pas seulement l&#8217;ex\u00e9cutif minist\u00e9riel ! : de ne pas faire la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>Le constat est devenu un combat. La volont\u00e9 du gouvernement de faire l&#8217;embargo sur les statistiques, sur les rapports des chercheurs, n&#8217;est pas anecdotique, c&#8217;est un des noeuds qui emp\u00eachent d&#8217;avancer. Il est intol\u00e9rable d&#8217;\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 de tels refus de transparence quand on veut faire progresser une prise en compte d\u00e9mocratique de l&#8217;\u00e9cole. Il est donc d\u00e9cisif de r\u00e9fl\u00e9chir ensemble \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;\u00e9cole. Son expertise ne doit pas \u00eatre le fait de la technicit\u00e9 des experts et du bon vouloir des autorit\u00e9s minist\u00e9rielles, mais doit \u00eatre r\u00e9appropri\u00e9e par la collectivit\u00e9. Ne faut-il pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la fa\u00e7on dont on pourrait exiger et proposer des modalit\u00e9s concr\u00e8tes pour rendre le diagnostic \u00e0 ceux qui en ont besoin ? Bien entendu, la difficult\u00e9 du constat ne tient pas seulement \u00e0 cette volont\u00e9 d&#8217;opacit\u00e9, elle tient aussi \u00e0 la difficult\u00e9 \u00e0 trouver des crit\u00e8res d&#8217;appr\u00e9ciation.<\/p>\n<p><strong> Massification et qualit\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9cole tient plut\u00f4t bien, plut\u00f4t mieux qu&#8217;on ne le croirait, et d\u00e8s lors qu&#8217;on r\u00e9fl\u00e9chit en chiffres absolus plus qu&#8217;en statistiques, on prend la mesure de cette irruption, partielle, tronqu\u00e9e, insuffisante, mais r\u00e9elle, d&#8217;\u00e9l\u00e8ves des classes populaires dans des niveaux d&#8217;\u00e9tudes dont ils \u00e9taient jusqu&#8217;alors \u00e9cart\u00e9s. Il y a aujourd&#8217;hui dans la massification, l&#8217;\u00e9bauche d&#8217;une d\u00e9mocratisation, mais cette avanc\u00e9e ne peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e seulement par l&#8217;approche statistique, quantitative, elle exige des \u00e9valuations qualitatives. La progression du nombre de bacheliers est un acquis extraordinaire, mais aussi une d\u00e9ception par rapport aux objectifs : non pas bureaucratiques comme les 80 % d&#8217;une classe d&#8217;\u00e2ge, mais des objectifs au regard des n\u00e9cessit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. On peut se f\u00e9liciter du doublement du nombre d&#8217;entr\u00e9es en seconde des enfants de la classe ouvri\u00e8re et s&#8217;en d\u00e9soler parce que c&#8217;est seulement \u00e7a !<\/p>\n<p><strong> Transparence et d\u00e9bat <\/strong><\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui, ne pas acc\u00e9der \u00e0 la classe de seconde est un handicap en termes de r\u00e9ussite sociale et professionnelle qui n&#8217;a rien \u00e0 voir avec l&#8217;enjeu de la classe de seconde il y a trente ans. D\u00e9ception aussi parce que les pourcentages de progression de la d\u00e9mocratisation interrogent sur les contenus culturels de cette r\u00e9ussite : ces plus de 60 % de fils d&#8217;ouvriers qui arrivent en seconde entrent-ils dans une classe o\u00f9 les contenus de savoirs et les enjeux de culture ont la m\u00eame force qu&#8217;il y a trente ans ? L&#8217;utilitarisme social, la r\u00e9duction des contenus enseign\u00e9s au formalisme scolaire et aux contraintes de la r\u00e9ussite ne l&#8217;ont-ils pas emport\u00e9 ?<\/p>\n<p>Une \u00e9cole plus transparente est indispensable pour parvenir \u00e0 en faire une \u00e9cole &#8220;d\u00e9battable&#8221;. Et le d\u00e9bat sur les enjeux de l&#8217;\u00e9ducation n&#8217;est pas serein, il est difficile et passionnel ! S&#8217;y lancer, c&#8217;est prendre des coups, car on n&#8217;y trouve plus les grandes convergences sur l&#8217;investissement \u00e9ducatif qui ont pu exister. Mais aussi risqu\u00e9 que ce soit, c&#8217;est une responsabilit\u00e9 politique \u00e0 prendre : les enjeux doivent \u00eatre d\u00e9battus et pas seulement par les experts ou les praticiens, mais dans n&#8217;importe quelle r\u00e9union publique, pas seulement par ceux qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9s sur les questions de l&#8217;\u00e9cole.<\/p>\n<p><strong> Modes de d\u00e9mocratie <\/strong><\/p>\n<p>Pour que le d\u00e9bat existe, il faut que les lieux de d\u00e9bat ne soient pas formels. Les lieux de concertation sur l&#8217;\u00e9cole, les instances institutionnelles : les diff\u00e9rents conseils qui, du plan national \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement, jalonnent une d\u00e9mocratie scolaire totalement formelle : doivent retrouver leur poids politique. Il faut donc r\u00e9investir ces instances pour qu&#8217;elles aient des pouvoirs. Il s&#8217;agit d&#8217;introduire des m\u00e9canismes d&#8217;intervention, de r\u00e9gulation et de d\u00e9cision qui soient p\u00e9rennes dans l&#8217;\u00e9cole qui rendent le processus de consultation efficace. En m\u00eame temps que le r\u00e9investissement des instances institutionnelles existantes ne faut-il pas r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 de nouvelles instances : pourquoi pas, comme cela a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9, au niveau de la ville, de la cit\u00e9, face \u00e0 l&#8217;\u00e9parpillement des conseils d&#8217;\u00e9tablissements ? Les exp\u00e9riences annonc\u00e9es d&#8217;un conseil de la jeunesse dans telle cit\u00e9, d&#8217;un conseil r\u00e9gional des jeunes, portent peut-\u00eatre la possibilit\u00e9 de faire avancer la d\u00e9mocratie, en dehors de toute circulaire officielle.<\/p>\n<p>Une avanc\u00e9e sur les modes de d\u00e9mocratie n&#8217;emp\u00eachera pas de se heurter \u00e0 la question de l&#8217;autonomie, de la d\u00e9centralisation et de l&#8217;unicit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif. C&#8217;est un vrai probl\u00e8me pour l&#8217;\u00e9cole que de trouver les chemins d&#8217;une autonomie des \u00e9tablissements et d&#8217;une d\u00e9centralisation accrue qui rompent avec les amorces d&#8217;autonomie actuelles et m\u00eame avec certaines pratiques de d\u00e9centralisation- d\u00e9concentration aujourd&#8217;hui. La d\u00e9centralisation est un terrain pi\u00e9g\u00e9, mais le courage politique consiste \u00e0 traiter la question. Il faut arriver \u00e0 donner dans l&#8217;\u00e9tablissement, la localit\u00e9, le d\u00e9partement, la r\u00e9gion des espaces nouveaux d&#8217;intervention aux citoyens et non pas des espaces nouveaux au lib\u00e9ralisme. L&#8217;enjeu se situe l\u00e0. Cela pose la question de l&#8217;Etat, de l&#8217;\u00e9tatisme, de l&#8217;unit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9ducatif.<\/p>\n<p>L&#8217;indispensable critique de la bureaucratie d&#8217;Etat est ancienne (Marx fut virulent sur cette question) : est-elle la critique de l&#8217;Etat ? Quelle est la diff\u00e9rence ? Peut-on encore totalement identifier le service public et l&#8217;Etat ? Il y a beaucoup \u00e0 \u00e9couter des salari\u00e9s du secteur public, mais le rapport de l&#8217;\u00e9cole \u00e0 l&#8217;Etat ne peut \u00eatre le m\u00eame que celui des entreprises publiques \u00e0 l&#8217;Etat. En tout cas, tout progr\u00e8s de l&#8217;autonomie passe par un progr\u00e8s de l&#8217;intervention des usagers : faire reculer l&#8217;Etat pour donner plus de pouvoirs aux notables locaux n&#8217;a aucun int\u00e9r\u00eat. Cette pr\u00e9caution m\u00e9thodologique ne doit en aucun cas \u00eatre un frein, d&#8217;autant moins qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de statu quo en mati\u00e8re de r\u00e9partition des comp\u00e9tences. Les \u00e9lus locaux disent &#8220;Nous finan\u00e7ons les locaux sans pouvoir parler de ce qui s&#8217;y passe ?&#8221;.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9volution est in\u00e9luctable, il faut y r\u00e9fl\u00e9chir et peser sur elle avec une conception de l&#8217;unit\u00e9 du service public d&#8217;enseignement. Mais croire que l&#8217;Etat tel qu&#8217;il est puisse garantir aujourd&#8217;hui l&#8217;unit\u00e9 est un leurre. Les risques d&#8217;\u00e9clatement existent mais la reconstruction de l&#8217;unit\u00e9 ne viendra pas du &#8220;haut&#8221; qui en est incapable, qui est d\u00e9j\u00e0 vou\u00e9 aux forces de l&#8217;\u00e9parpillement, le mouvement doit partir d&#8217;en bas, c&#8217;est le seul moyen pour que l&#8217;\u00e9ducation reste nationale et que l&#8217;unit\u00e9 soit d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p><strong> Les partenaires <\/strong><\/p>\n<p>Dans cette unit\u00e9, les partenariats sont n\u00e9cessaires. N&#8217;ayant souvent \u00e9t\u00e9 que des march\u00e9s de dupes, ils entra\u00eenent la m\u00e9fiance du milieu scolaire. Il faudra pourtant bien travailler sur ce terrain. C&#8217;est d\u00e9j\u00e0 la pratique ordinaire des \u00e9tablissements d&#8217;enseignement sup\u00e9rieur, pour le meilleur ou pour le pire. Qu&#8217;est-ce qui fonde la solidit\u00e9 des partenariats que l&#8217;\u00e9cole passera avec la r\u00e9gion, des entreprises, des associations ? Le r\u00f4le respectif de la soci\u00e9t\u00e9 civile et du politique. La consultation des citoyens ne dispense pas les politiques de d\u00e9cider. Pour retrouver la confiance entre la soci\u00e9t\u00e9 civile et l&#8217;\u00e9lu, il faut que l&#8217;\u00e9lu \u00e9coute et assume les risques. Les acteurs de l&#8217;\u00e9cole doivent pouvoir l&#8217;\u00eatre vraiment, leur d\u00e9sir de jouer leur r\u00f4le s&#8217;enlise \u00e0 la fois dans la bureaucratie et le lib\u00e9ralisme. Quelles sont les conditions pour que parents, jeunes, partenaires sociaux (patronat, conf\u00e9d\u00e9rations de salari\u00e9s), \u00e9lus locaux, soient acteurs dans l&#8217;\u00e9cole au m\u00eame titre que les autres ?<\/p>\n<p>Ces r\u00e9flexions sur la d\u00e9mocratie se justifient par le fait que la d\u00e9mocratie est le meilleur moyen de faire reculer les in\u00e9galit\u00e9s dans l&#8217;\u00e9cole. Au nom de quoi lutte-t-on contre les in\u00e9galit\u00e9s ? Le premier manifeste des classes pr\u00e9paratoires contre Claude All\u00e8gre demandait plus de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 : bien des enseignants con\u00e7oivent cet effort comme un acte de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, donc dict\u00e9 plus par des valeurs morales que par l&#8217;\u00e9thique de la profession. Cette \u00e9thique est celle de la justice sociale, qui renvoie \u00e0 un droit, le droit de tous les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 acc\u00e9der aux savoirs, c&#8217;est une exigence qui ne doit rien \u00e0 une approche caritative, d&#8217;assistance. Parce que le risque est toujours vivant que les &#8220;enfants pauvres&#8221; soient consid\u00e9r\u00e9s comme de &#8220;pauvres enfants&#8221;. Lutter contre les in\u00e9galit\u00e9s consiste-t-il \u00e0 aider les enfants de milieux pauvres \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 la formation des enfants de milieux plus ais\u00e9s ? Comme une marche qu&#8217;il faudrait aider \u00e0 franchir, en quelque sorte ? Non, le projet, c&#8217;est de reconstruire une \u00e9cole qui se d\u00e9livre de ses handicaps, ce qui permettrait \u00e0 des p\u00e9dagogies diff\u00e9rentes et \u00e0 une vis\u00e9e d\u00e9mocratique de passer.<\/p>\n<p><strong> Structures et pratiques <\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9sistances sont fortes, celles des formes anciennes dans les structures, dans les modes de recrutement des enseignants et dans les pratiques p\u00e9dagogiques. Ces formes anciennes du syst\u00e8me scolaire sont percut\u00e9es par ce qu&#8217;on nomme les nouveaux publics, mais le contexte social, culturel et politique qui n&#8217;est pas neutre. Nous ne sommes plus dans les ann\u00e9es 60. Le heurt entre les nouveaux \u00e9l\u00e8ves entrant dans l&#8217;\u00e9cole et les retards de l&#8217;\u00e9cole a lieu dans un climat de duret\u00e9, d&#8217;in\u00e9galit\u00e9s, car notre soci\u00e9t\u00e9 est de plus en plus marqu\u00e9e par la duret\u00e9 in\u00e9galitaire du lib\u00e9ralisme. Tellement marqu\u00e9e qu&#8217;elle arrive \u00e0 trouver normaux des \u00e9carts de fortune qui auraient entra\u00een\u00e9 des protestations consid\u00e9rables il y a trente ans, mais l&#8217;id\u00e9ologie des gagneurs a marqu\u00e9 des points dans l&#8217;\u00e9cole aussi. La profession enseignante ne porte plus collectivement et fortement une volont\u00e9 d&#8217;\u00e9galit\u00e9 qui se confond avec l&#8217;\u00e9thique enseignante. La culture communiste a longtemps privil\u00e9gi\u00e9 les formes sociales de la pauvret\u00e9, en r\u00e9clamant la gratuit\u00e9 des fournitures, les aides aux \u00e9l\u00e8ves, etc. Il y a une autre facette plus professionnelle et p\u00e9dagogique \u00e0 l&#8217;in\u00e9galit\u00e9, mais n&#8217;abandonnons pas le combat mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Confrontations<\/p>\n<p>Le mode de formation professionnelle des enseignants n&#8217;a pas chang\u00e9, il est toujours li\u00e9 pour l&#8217;essentiel \u00e0 la reproduction des gestes de l&#8217;enseignement et \u00e0 leur adaptation aux publics nouveaux. Ce &#8220;conservatisme&#8221; enseignant a permis \u00e0 l&#8217;\u00e9cole de tenir le coup et il est m\u00eame une des raisons pour lesquelles le lib\u00e9ralisme marque le pas en France. Il ne permet plus d&#8217;avancer aujourd&#8217;hui, l\u00e0 non plus le statu quo ne tiendra plus longtemps.<\/p>\n<p>Par quelles finalit\u00e9s piloter l&#8217;\u00e9cole ? L&#8217;entr\u00e9e par la culture est une bonne entr\u00e9e. La notion de culture est hautement probl\u00e9matique mais probl\u00e9matique ne signifie pas infr\u00e9quentable, au contraire. S&#8217;il est juste de dire que l&#8217;\u00e9cole doit garder une ambition sur les savoirs, cela reste trop court pour d\u00e9finir les contenus, leur articulation avec les m\u00e9thodes d&#8217;appropriation des savoirs. Bien s\u00fbr, il s&#8217;agit d&#8217;\u00eatre sans ambigu\u00eft\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 des savoirs et de la culture face \u00e0 ceux qui voudraient tirer l&#8217;\u00e9cole vers le &#8220;relationnel r\u00e9cr\u00e9atif&#8221;, mais cela n&#8217;entra\u00eene aucune d\u00e9f\u00e9rence envers les savoirs tels qu&#8217;ils sont ! D&#8217;o\u00f9 viennent ces savoirs ? Comment s&#8217;articulent-ils ? Qui en a d\u00e9cid\u00e9 ? Quelle appropriation ? Et surtout quel type d&#8217;hommes et de femmes on construit ? Car on peut \u00eatre tr\u00e8s ambitieux pour les savoirs et avoir des \u00e9l\u00e8ves qui ressentent les savoirs comme le passage oblig\u00e9 des examens, de la r\u00e9ussite sociale, sans se poser la question de leur sens, faute de temps, faute d&#8217;incitation.<\/p>\n<p>L&#8217;interpellation des savoirs scolaires \u00e0 partir d&#8217;une exigence de culture est forte, mais serait limit\u00e9e si on mettait en cause la juxtaposition des savoirs, leur \u00e9clatement, leur hi\u00e9rarchie arbitraire, seulement au nom d&#8217;une culture scolaire. Il faut frotter l&#8217;\u00e9cole aux enjeux de fond, et ce qui structure la soci\u00e9t\u00e9 c&#8217;est d&#8217;abord le travail, ses \u00e9volutions. Cette confrontation n\u00e9cessaire de l&#8217;\u00e9cole au travail ne revient pas du tout \u00e0 poser l&#8217;ad\u00e9quation entre formation et emploi, ni confronter l&#8217;\u00e9cole \u00e0 l&#8217;entreprise, c&#8217;est bien plus, c&#8217;est tout autre chose. Il y a une carence fondamentale de l&#8217;\u00e9cole \u00e0 confronter l&#8217;exigence de culture aux probl\u00e8mes structurels de la soci\u00e9t\u00e9. Le premier objet, c&#8217;est le travail. Confrontons aussi l&#8217;\u00e9cole aux exigences du d\u00e9veloppement durable. Ce sont les valeurs de la gauche : l&#8217;\u00e9cologie, l&#8217;\u00e9galit\u00e9, la coop\u00e9ration. Ce n&#8217;est pas une fatalit\u00e9 que l&#8217;\u00e9cole en France fonctionne sur le mod\u00e8le de la concurrence et de la comp\u00e9tition entre les \u00e9l\u00e8ves et sacrifie l&#8217;entraide entre eux.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1737","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1737","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1737"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1737\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1737"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1737"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1737"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}