{"id":17,"date":"1995-06-01T00:00:00","date_gmt":"1995-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/deux-jours-trop-courtsa017\/"},"modified":"1995-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1995-05-31T22:00:00","slug":"deux-jours-trop-courtsa017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=17","title":{"rendered":"Deux jours trop courts \u00e0 Johannesbourg"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La cin\u00e9aste Euzhan Palcy a fait le long voyage de Los Angeles, o\u00f9 elle tourne un film, \u00e0 Johannesbourg pour s&#8217;entretenir avec Nelson Mandela, en exclusivit\u00e9, pour les lecteurs de Regards. Elle nous confie ses impressions sur un pays qu&#8217;elle n&#8217;avait pas revu depuis le rep\u00e9rage d&#8217;Une saison blanche et s\u00e8che, en 1987. <\/p>\n<p>Le 7 mai 1995. L&#8217;avion a du retard. La jeune femme piaffe d&#8217;impatience durant l&#8217;attente, tr\u00e8s longue, des bagages. La journ\u00e9e commence mal. Son rendez-vous avec le pr\u00e9sident de l&#8217;Afrique du Sud, d\u00e9j\u00e0 remis une fois, ne s&#8217;annonce pas mieux que le pr\u00e9c\u00e9dent. Elle est nerveuse, dans le taxi qui affronte les embouteillages. Enfin, la rencontre, courte mais chaleureuse, a lieu.&#8221; Je n&#8217;ai pu lui poser que dix questions &#8221; regrette la cin\u00e9aste martiniquaise Euzhan Palcy \u00e0 l&#8217;issue de son entretien avec Nelson Mandela. Il lui a confi\u00e9 une mission: remettre son livre au po\u00e8te Aim\u00e9 C\u00e9saire qu&#8217;il admire et qu&#8217;il esp\u00e8re rencontrer prochainement. Hiver 1987. Une chanteuse noire parcourt Soweto, le township o\u00f9 fut f\u00e9rocement r\u00e9prim\u00e9e la r\u00e9volte des lyc\u00e9ens et \u00e9tudiants noirs, en 1976. Elle est \u00e0 la recherche de nouveaux musiciens, afin d&#8217;enregistrer un disque. Du moins est-ce le pr\u00e9texte avanc\u00e9 par Euzhan Palcy pour obtenir l&#8217;autorisation d&#8217;entr\u00e9e \u00e0 Johannesbourg en ces temps d&#8217;apartheid triomphant. Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;\u00e9crivain sud-africain Andr\u00e9 Brink, la cin\u00e9aste, qui a aussi emprunt\u00e9 une autre identit\u00e9, a obtenu un visa. Elle a un but pr\u00e9cis. Avant d&#8217;\u00e9crire le sc\u00e9nario d&#8217;Une saison blanche et s\u00e8che, d&#8217;apr\u00e8s le livre de Brink (1), Euzhan Palcy veut rencontrer les t\u00e9moins, notamment les survivants de l&#8217;\u00e9meute de Soweto. R\u00e9guli\u00e8rement la &#8221; chanteuse &#8221; re\u00e7oit \u00e0 son h\u00f4tel des coups de fils cod\u00e9s, du style: &#8221; Demain soir vous pouvez rencontrer trois musiciens int\u00e9ressants. Je vous envoie une voiture.&#8221; Merci, oui elle a bien compris, elle ira. Elle doit ces ren- dez-vous pr\u00e9cieux au docteur Motlana, le m\u00e9decin de la famille de l&#8217;archev\u00eaque Desmond Tutu et des Mandela.<\/p>\n<p> <strong> Retour \u00e0 Soweto  <\/strong><\/p>\n<p>Le m\u00e9decin lui permet une rencontre essentielle, avec une femme, Mme Serrot\u00e9, sorte de Mama \u00e0 Soweto, gr\u00e2ce \u00e0 qui elle entre pour la premi\u00e8re fois dans une \u00e9glise baptiste &#8221; J&#8217;y ai vu danser les gens comme dans les \u00e9glises noires des Etats-Unis. Ils communiaient, priaient pour la libert\u00e9&#8221;. Suit une r\u00e9union de cuisini\u00e8res, anim\u00e9e par la Mama. Chaque femme a pr\u00e9par\u00e9 un plat de sa fa\u00e7on. Mais elles sont toutes l\u00e0 pour autre chose: dire la r\u00e9volte des enfants de 1976, les tortures, &#8221; elles m&#8217;ont apport\u00e9 la chair du film. La mort de la gamine tu\u00e9e par balles, c&#8217;est sa m\u00e8re qui me l&#8217;a racont\u00e9e. Elle \u00e9tait l\u00e0, parmi ces cuisini\u00e8res anonymes.&#8221;. Une autre femme dit la rafle de cinq toutes jeunes filles, entre 12 et 14 ans, tortur\u00e9es parce que la plus grande a refus\u00e9 de donner les noms des responsables \u00e9tudiants. Sa fille est parmi les cinq. On l&#8217;a enferm\u00e9e dans une morgue toute une nuit apr\u00e8s l&#8217;avoir oblig\u00e9e \u00e0 embrasser les cadavres, l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre. Elle hurle. Les policiers lui trempent longuement la t\u00eate dans le liquide utilis\u00e9 pour laver les cadavres, \u00e0 base de formol. Au matin, l&#8217;enfant a perdu l&#8217;esprit. Elle ne l&#8217;a toujours pas retrouv\u00e9, lors de cet entretien de 1987, entre Euzhan Palcy et sa m\u00e8re. Elle hurle encore, de fa\u00e7on irr\u00e9pressible, si quelqu&#8217;un \u00e9voque pr\u00e8s d&#8217;elle une bonne odeur de cuisine, de fleurs, de fruits. Son seul souvenir en ce domaine est celuides cadavres. A quoi ressemble Soweto aujourd&#8217;hui ? Apr\u00e8s une courte h\u00e9sitation, Euzhan Palcy d\u00e9crit: &#8221; C&#8217;\u00e9tait magnifique, extraordinaire: des tuyaux sortant de terre ! Des tuyaux d&#8217;eau. L&#8217;eau. Mandela a fait creuser des sillons. C&#8217;est touchant. J&#8217;ai vu des douches communes, dans de petites tentes. Des cabines o\u00f9 se lavent en riant les enfants&#8230;. Et il y a l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, c&#8217;est propre aussi. Voil\u00e0 les premiers changements.&#8221; Un regret, la r\u00e9alisatrice n&#8217;a pas le temps de revoir la Mama de Soweto et les autres femmes qui l&#8217;ont aid\u00e9e nagu\u00e8re \u00e0 reconstituer les \u00e9v\u00e9nements. Et pourtant, dans ces m\u00eame townships, tout ne va pas bien.<\/p>\n<p> <strong> Des bonnes volont\u00e9s en attente  <\/strong><\/p>\n<p>Euzhan Palcy \u00e9voque les mouvements d&#8217;impatience, les manifestations: &#8221; Mandela a d\u00fb prendre des mesures assez s\u00e9v\u00e8res car il y a une grande impatience. Ces gens ont souffert, durant des ann\u00e9es. Ils ont manqu\u00e9 de tout. Des changements sont annonc\u00e9s mais ceux qui ont l&#8217;argent et le pouvoir \u00e9conomique ont cess\u00e9 d&#8217;investir dans le pays, ils attendent de voir comment les choses vont \u00e9voluer. Ils ne se pressent pas alors que Mandela cherche des cr\u00e9dits pour d\u00e9velopper les programmes sociaux, d&#8217;abord pour les sept millions de gens sans abri ! Ce qui explique cette forte impatience.&#8221;Que r\u00e9pondre, par exemple, \u00e0 tous ceux qui veulent aider l&#8217;Afrique du Sud ? Des amis de la cin\u00e9aste affirment qu&#8217;ils sont pr\u00eats \u00e0 partir, \u00e0 donner six mois de leur vie \u00e0 ce pays. Mais pour quoi faire ? A qui s&#8217;adresser ? L&#8217;ANC assume ces demandes et se tient pr\u00eat \u00e0 y r\u00e9pondre, a-t-il indiqu\u00e9. D&#8217;autres amis de ce pays, individus ou associations, d\u00e9sirent y investir pour contribuer \u00e0 son d\u00e9veloppement et rencontrent des difficult\u00e9s pour y parvenir. Les seules structures qui existent pour recueillir ces fonds sont d\u00e9tenues par ceux qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 auparavant, des Blancs, et ne sont pas forc\u00e9ment dans le m\u00eame \u00e9tat d&#8217;esprit que les donateurs. Ainsi, des fonds g\u00e9n\u00e9reusement donn\u00e9s sont parfois d\u00e9tourn\u00e9s de leur objet initial. Pendant ce temps &#8221; les Noirs essaient de construire des \u00e9coles, de monter des formations, de cr\u00e9er des structures, par exemple d&#8217;organiser un festival de cin\u00e9ma, sans avoir les moyens de le faire&#8221;. Parmi d&#8217;autres aides propos\u00e9es, Euzhan Palcy a promis sa participation \u00e0 la formation de professionnels du cin\u00e9ma afin de contribuer \u00e0 cr\u00e9er une \u00e9cole de ce type. Un cin\u00e9aste sud-africain noir, Lionnel N&#8217;Lakhan\u00e9, a r\u00e9alis\u00e9 des films qu&#8217;ach\u00e8tent \u00e0 pr\u00e9sent les Am\u00e9ricains. Il revient au pays, apr\u00e8s un exil \u00e0 Londres de plus de 25 ans, et essaie de d\u00e9velopper la diffusion dans les townships qui ne comptent encore aucun cin\u00e9ma.<\/p>\n<p> <strong> De l&#8217;eau, des douches et l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9  <\/strong><\/p>\n<p>Quant aux Etats, les pays donateurs sous l&#8217;\u00e9gide de l&#8217;ONU (Donors conf\u00e9rence) avaient promis des programmes bilat\u00e9raux d&#8217;aides, apr\u00e8s la fin de l&#8217;apartheid. Mais depuis deux ans, presque aucun financement n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9. En outre, ces aides annonc\u00e9es sont souvent conditionn\u00e9es, soit \u00e0 des prises de participation des pays donateurs dans les entreprises nationales d&#8217;Afrique du Sud, ce que Nelson Mandela refuse, soit, comme dans le cas du Japon, \u00e0 une obligation d&#8217;achat de produits japonais, choisis par Tokyo, ind\u00e9pendamment des besoins de Johannesbourg. La s\u00e9curit\u00e9 des rues et des lieux publics a frapp\u00e9 notre voyageuse. Ainsi, le soir m\u00eame de son arriv\u00e9e, le pr\u00e9sident en personne participait \u00e0 une soir\u00e9e culturelle au b\u00e9n\u00e9fice de la &#8221; Fondation Mandela pour les enfants &#8221; dans une salle de spectacle. Sept mille enfants sud-africains sont encore en prison. Enfants des rues, souvent orphelins de p\u00e8re et de m\u00e8re, perdus, d\u00e9linquants assez fr\u00e9quemment. Tous noirs.&#8221; Mandela se bat pour les faire lib\u00e9rer, pour les r\u00e9ins\u00e9rer dans la soci\u00e9t\u00e9 sud-africaine.&#8221; D\u00e9tendu, naturel, le pr\u00e9sident raconte des blagues \u00e0 ses invit\u00e9s. Par exemple: en voyage \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, il se voit aborder par un homme: Mais vous \u00eates Nelson Mandela ! Non, r\u00e9pond-il, mais j&#8217;ai l&#8217;habitude qu&#8217;on me confonde avec lui. L&#8217;autre, qui l&#8217;a bien reconnu, reprend: permettez que je fasse comme les autres et vous confonde avec Mandela. J&#8217;accepte, r\u00e9pond le pr\u00e9sident amus\u00e9. L&#8217;individu appelle son \u00e9pouseet pr\u00e9sente un peu pompeusement Nelson Mandela. Enchant\u00e9e, Monsieur. Mais au fait, dites-moi pourquoi \u00eates vous c\u00e9l\u00e8bre ? Qu&#8217;avez-vous fait pour cela ? Le mari tr\u00e8s g\u00ean\u00e9 tente d&#8217;expliquer \u00e0 mi-voix: Il a \u00e9t\u00e9 en prison etc. Et elle s&#8217;enlise davantage: Ah ! vous avez \u00e9t\u00e9 en prison, mais qu&#8217;avez-vous fait pour cela ? Le mari se confond en excuses tandis que Mandela rit dans sa barbe. Parmi les rencontres \u00e9mouvantes de ces deux jours \u00e0 Johannesbourg, Euzhan Palcy se souviendra de cette soir\u00e9e avec les acteurs noirs d&#8217;Une saison blanche et s\u00e8che. Premier moment heureux: ils racontent la sortie du film \u00e0 Johannesbourg, apr\u00e8s la bataille pour lever l&#8217;interdit de diffusion qui le frappait. La salle emplie de l&#8217;\u00e9motion de ceux qui reconnaissent leurs vies, leurs luttes, leurs souffrances et leurs joies, \u00e0 l&#8217;\u00e9cran.<\/p>\n<p> <strong> Doit-on \u00e9voquer encore l&#8217;apartheid ?  <\/strong><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me temps, les acteurs \u00e9voquent un combat d&#8217;aujourd&#8217;hui. Ils sont en col\u00e8re. L&#8217;abolition de l&#8217;apartheid \u00e9tant un long processus, ils consid\u00e8rent comme essentiel de parler, d&#8217;\u00e9crire sur ce pass\u00e9, sur leur pr\u00e9sent. Ils veulent exorciser l&#8217;apartheid ! Cela d\u00e9termine l&#8217;avenir, pensent-ils. Mais tout le monde ne l&#8217;entend pas de cette oreille. Ce conflit les oppose \u00e0 beaucoup de Blancs qui voudraient gommer tout cela, arguant que l&#8217;apartheid appartient au pass\u00e9. La querelle se nourrit du fait que les acteurs r\u00e9p\u00e8tent actuellement The Island, pi\u00e8ce qui \u00e9voque la vie des bagnards de Robben Island. Ecrit \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0, le texte n&#8217;a pu porter le nom de l&#8217;\u00eele mythique. Les auteurs et interpr\u00e8tes y tiennent d&#8217;autant plus aujourd&#8217;hui. Le d\u00e9bat est donc vif. N\u00e9anmoins, les acteurs r\u00e9p\u00e8tent au Marquet Theatre et joueront bient\u00f4t The Island. Ils ont d\u00fb franchir d&#8217;autres obstacles car les moyens, les capitaux manquaient pour monter le spectacle. Ils s ont d\u00fb les trouver \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur du pays. Mais dans quelques semaines, pour la premi\u00e8re, c&#8217;est devant Nelson Mandela, seulement entour\u00e9 de ceux de ses compagnons encore vivants de Robben Island, qu&#8217;ils joueront. Qu&#8217;est devenue cette branche arm\u00e9e de racistes blancs, l&#8217;AWB (Mouvement de r\u00e9sistance blanche) ? Ces n\u00e9o-nazis avaient promis de cr\u00e9er un Etat dans l&#8217;Etat si jamais il y avait un pr\u00e9sident noir. On se souvient de leurs manifestations, en armes, rythm\u00e9es par le salut hitl\u00e9rien.&#8221; L&#8217;ANC estime qu&#8217;ils ne sont pas en situation de mettre leur menace \u00e0 ex\u00e9cution car l&#8217;ensemble de la population blanche a compris qu&#8217;elle a int\u00e9r\u00eat \u00e0 composer, m\u00eame ceux qui ne le font pas de bon gr\u00e9.&#8221; Autre inqui\u00e9tude dans les milieux progressistes, la pr\u00e9sence, toujours dans la police, d&#8217;\u00e9l\u00e9ments qui ont pratiqu\u00e9 les tortures. On note cependant que les cadres sont \u00e0 pr\u00e9sent des Noirs. De plus, beaucoup de gens ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9sarm\u00e9s et la police continue ce travail. Elle d\u00e9couvre quotidiennement des caches d&#8217;armes et les d\u00e9mant\u00e8le, ainsi que la presse sud-africaine s&#8217;en fait l&#8217;\u00e9cho&#8230;<\/p>\n<p> <strong> Il y a des Noirs partout dans les rues de la ville&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Qu&#8217;y a t il de chang\u00e9 dans la vie courante \u00e0 Johannesbourg ? &#8221; Il y a \u00e9norm\u00e9ment de Noirs dans la rue.\u00e7a para\u00eet normal quand on n&#8217;a pas connu l&#8217;apartheid. Mais au temps du pouvoir raciste on ne rencontrait pas de Noirs en ville.&#8221;Ils vivaient parqu\u00e9s dans les townships alentour, arrivaient par vagues le matin pour travailler et repartaient d\u00e8s leur journ\u00e9e finie. Ils devaient pr\u00e9senter le pass \u00e0 toute demande de la police et, dans tous les cas, ne pouvaient \u00eatre trouv\u00e9s dans la rue sans cette &#8221; carte d&#8217;identit\u00e9 &#8221; raciste, au del\u00e0 de l&#8217;heure permise. Une sorte de couvre-feu pour Noirs. Face \u00e0 tout ce qu&#8217;ils ont subi, si longtemps, la patience des Sud-Africains a beaucoup surpris Euzhan Palcy.&#8221; C&#8217;est profond\u00e9ment africain, au sens le plus noble du terme &#8221; dit-elle. Elle qui n&#8217;aurait &#8221; pas commis l&#8217;erreur de revenir en Afrique du Sud avant que l&#8217;apartheid ne soit hors la loi &#8220;, raconte cette anecdote qui r\u00e9sume bien des changements. Sur une route, une voiture en double une autre par une rapide et in\u00e9l\u00e9gante &#8221; queue de poisson&#8221;. Apr\u00e8s un temps, elle s&#8217;arr\u00eate. Un Blanc en descend. La seconde, conduite par un Noir, stoppe aussi. Il sort lentement de son v\u00e9hicule, inquiet, pr\u00eat \u00e0 pr\u00e9senter des excuses. L&#8217;habitude. Le Blanc s&#8217;approche. C&#8217;est clair: il a tort, et prie qu&#8217;on veuille bien l&#8217;excuser.&#8221; Je suis d\u00e9sol\u00e9&#8221;, ajoute-t-il. Le Noir, stup\u00e9fait, prend cong\u00e9, tout dans ses pens\u00e9e qu&#8217;il tourne et retourne. Il s&#8217;en veut, \u00e9videmment, de sa r\u00e9action d\u00e9fensive, h\u00e9rit\u00e9e d&#8217;un temps pas si \u00e9loign\u00e9 que \u00e7a. Il s&#8217;\u00e9tonne aussi de l&#8217;attitude du Blanc, normale pourtant. Quelque chose aurait-il chang\u00e9 en Afrique du Sud ?<\/p>\n<p>1. Paru chez Stock.Prix M\u00e9dicis 1980.<strong>   <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La cin\u00e9aste Euzhan Palcy a fait le long voyage de Los Angeles, o\u00f9 elle tourne un film, \u00e0 Johannesbourg pour s&#8217;entretenir avec Nelson Mandela, en exclusivit\u00e9, pour les lecteurs de Regards. 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