{"id":1667,"date":"1999-11-01T00:00:00","date_gmt":"1999-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-yeux-fertiles-de-roger-therond1667\/"},"modified":"1999-11-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-10-31T23:00:00","slug":"les-yeux-fertiles-de-roger-therond1667","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1667","title":{"rendered":"Les yeux fertiles de Roger Th\u00e9rond"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Casablanca, aventure urbaine<strong> Avec &#8220;Une passion fran\u00e7aise&#8221;, photographies de la collection Roger Th\u00e9rond (1), c&#8217;est \u00e0 un surprenant voyage auquel nous sommes convi\u00e9s, menant principalement des &#8220;primitifs&#8221; des ann\u00e9es 1850 au Surr\u00e9alisme. <\/strong><\/p>\n<p>On pourrait commencer ce p\u00e9riple avec, par exemple, le daguerr\u00e9otype du baron Gros repr\u00e9sentant un bas-relief de l&#8217;Acropole d&#8217;Ath\u00e8nes, ou bien encore avec les planches de l&#8217;album du duc de Chartres visitant l&#8217;Orient : pi\u00e8ces exceptionnelles aujourd&#8217;hui au Mus\u00e9e d&#8217;Orsay :, on le commencera pourtant par ces lignes de Roger Th\u00e9rond lui-m\u00eame, introduisant aux documentaires (2) pr\u00e9sent\u00e9s en regard de l&#8217;exposition : &#8220;Photographe, tu es un aventurier. D\u00e8s les d\u00e9buts, tu d\u00e9friches les myst\u00e8res de la chimie et perfectionnes les techniques. Tu participes aux avanc\u00e9es des sciences : \u00e9tude des mouvements, astronomie, m\u00e9decine. Tu affrontes les drames du monde, depuis la guerre de S\u00e9cession jusqu&#8217;aux massacres d&#8217;aujourd&#8217;hui. Tu embrasses l&#8217;univers et, \u00e0 travers tes reportages, tu participes \u00e0 son unicit\u00e9. Tu explores les visages, le corps humain, l&#8217;art du v\u00eatement pour mieux conna\u00eetre tes contemporains et dire la vie telle qu&#8217;elle est. Tes amis, les surr\u00e9alistes, eux, sauront l&#8217;\u00e9voquer telle qu&#8217;elle est r\u00eav\u00e9e. Collectionneur, tu es aussi un aventurier. Tu as su cueillir et recueillir la photographie, lui donner sa dimension, son prix et sa noblesse. Spectateur, esp\u00e9rons que ces dix films, exp\u00e9dition subjective \u00e0 travers cent cinquante ans, sauront faire de toi un aventurier de la photographie.&#8221;<\/p>\n<p><strong> Photographe, tu embrasses l&#8217;univers, tu participes \u00e0 son unicit\u00e9&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;exposition, dont le commissariat a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 Anne de Mondenard : &#8220;Cette collection, dit-elle, entreprise \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, est aujourd&#8217;hui une des plus importantes dans le monde. Les milliers d&#8217;\u00e9preuves ramass\u00e9es sur les march\u00e9s aux puces parisiens, \u00e9chang\u00e9es ou rachet\u00e9es aupr\u00e8s de collectionneurs comme Georges Sirot et Andr\u00e9 Duchesne, acquises en ventes publiques ou chez des marchands internationaux, couvrent l&#8217;histoire du m\u00e9dium&#8221; : s&#8217;ouvre donc sur huit marines de Gustave Le Gray r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 S\u00e8te, la ville natale de Roger Th\u00e9rond.<\/p>\n<p>Elles en constituent \u00e0 la fois le prologue et le premier chapitre : &#8220;L&#8217;invitation au voyage&#8221;. Ces &#8220;bateaux lyriques&#8221; nous annoncent &#8220;Le grand tour&#8221;, \u00e0 savoir ces images prises par Fl\u00e9ch\u00e9ron, le baron Gros, Robertson ou encore Salzmann sur les traces de ces voyageurs de la M\u00e9diterran\u00e9e que furent d&#8217;abord les jeunes aristocrates (pour leur \u00e9ducation), et les romantiques, Chateaubriand, Gautier, Nerval (pour la chatoyance), et qui les men\u00e8rent de Rome jusqu&#8217;en Egypte, en passant par Ath\u00e8nes, Constantinople et J\u00e9rusalem. Nous voil\u00e0 donc maintenant sur la terre des Pharaons avec les photographes-arch\u00e9ologues pour le troisi\u00e8me chapitre, &#8220;L&#8217;appel des sables&#8221;. Ici, des \u00e9preuves de Teynard, Du Camp et Greene sont compl\u00e9t\u00e9es par un ensemble in\u00e9dit de Le Gray, qui fit, ne l&#8217;oublions pas, le voyage d&#8217;Egypte avec Flaubert. Puis, retour dans le sud de la France pour leurs sites antiques saisis par Baldus, Bisson, Roman et P\u00e9carr\u00e8re. C&#8217;est &#8220;Le retour d&#8217;Ulysse&#8221;.<\/p>\n<p><strong> &#8230; Collectionneur, tu as su cueillir, recueillir donner son prix \u00e0 la photo <\/strong><\/p>\n<p>Dans ces m\u00eames ann\u00e9es 1850-1860, avec l&#8217;industrialisation naissante, les villes commencent leurs m\u00e9tamorphoses (&#8220;Les villes vers la lumi\u00e8re&#8221;). Les nouveaux ponts m\u00e9talliques parisiens sont un sujet qui captent l&#8217;int\u00e9r\u00eat d&#8217;un Baldus ou d&#8217;un Collard, quand Marseille est un autre th\u00e9\u00e2tre d&#8217;am\u00e9nagements spectaculaires dont nous mesurons r\u00e9trospectivement l&#8217;ampleur aujourd&#8217;hui gr\u00e2ce \u00e0 Adolphe Terris. D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9 (&#8220;La France m\u00e9di\u00e9vale&#8221;), Furne en Bretagne, Humbert de Molard en Normandie ou les fr\u00e8res Varin en Champagne sont bien oblig\u00e9s de montrer des campagnes &#8220;moins p\u00e9tillantes&#8221;, o\u00f9, comme l&#8217;exprime Anne de Mondenad, &#8220;le temps semble s&#8217;\u00eatre arr\u00eat\u00e9&#8221;, dans l&#8217;optique d&#8217;un autre monde qui s&#8217;avance. Dans un autre genre &#8220;Bisson jeune saisit l&#8217;opportunit\u00e9 d&#8217;une visite du couple imp\u00e9rial \u00e0 Chamonix pour leur d\u00e9dier un album \u00e9voquant l&#8217;ascension du Mont- Blanc&#8221;, et Braquehais fixe dans son objectif le d\u00e9boulonnage de la colonne Vend\u00f4me (&#8220;Gloire et chute d&#8217;un Empire&#8221;). Au chapitre huit (&#8220;L&#8217;homme dans sa v\u00e9rit\u00e9&#8221;), on voit Sarah Bernhardt ou le mime Deburau se succ\u00e9der, en costumes de sc\u00e8ne, dans les ateliers de Carjat et Tournachon, au neuf, ce sont d&#8217;autres studios et d&#8217;autres mod\u00e8les, mais en plus d\u00e9nud\u00e9es (&#8220;A l&#8217;ombre de l&#8217;atelier&#8221;).<\/p>\n<p>Et maintenant, &#8220;Le si\u00e8cle nous salue&#8221;. Dans cette collection, ce n&#8217;est pas ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler un &#8220;moderne consacr\u00e9&#8221; qui nous en ouvre la porte, mais l&#8217;assez m\u00e9connu Gabriel Lopp\u00e9 et ses images de Paris la nuit. Sur cette m\u00eame ville, Atget fait le formidable travail que l&#8217;on sait, v\u00e9ritable chrysalide exhaustive, retenant encore l&#8217;ancien, montrant d\u00e9j\u00e0 le nouveau, pendant que Germaine Krull et Florence Henri sont des exploratrices de formes, de cadrages. Le sujet se minimise au profit de son traitement. &#8220;S\u00e9ducteurs des ann\u00e9es 20&#8221; (Bonnard, Joyce, Breton, Stein, Sartre par Rogi Andr\u00e9, Berenice Abbott, Man Ray, Cartier-Bresson) et &#8220;Un bouquet surr\u00e9aliste&#8221; (Roger Parry, Brassa\u00ef, Kert\u00e9sz, Dora Maar, Boucher, Ubac, Bellmer, Molinier) montrent bien le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s cocotte-minute de cette \u00e9poque, avant que n&#8217;arrivent, r\u00e9unis sous le titre g\u00e9n\u00e9rique de &#8220;Trois fascinations&#8221; : Lartigue (&#8220;Le bienheureux&#8221;), Man Ray (&#8220;Le fr\u00e9n\u00e9tique&#8221;) et Tabard (&#8220;Le secret&#8221;, repr\u00e9sent\u00e9 par un ensemble unique de photogrammes et de surimpressions), triple hommage appuy\u00e9 \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 merveilleuse, \u00e0 la cr\u00e9ation comme muscle cardiaque et au silence comme l&#8217;une des vertus que l&#8217;on dit cardinale. Alors, si comme le peint Max Ernst en 1920, &#8220;C&#8217;est le chapeau qui fait l&#8217;homme&#8221;, et si l&#8217;on est bien arriv\u00e9 \u00e0 la fin des quinze chapitres, chapeau !, collectionneur.<\/p>\n<p>1. Collection Roger Th\u00e9rond. Maison europ\u00e9enne de la photographie, 5-7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Du 6 octobre au 9 janvier 2000. Un livre. Editions Filipacchi\/MEP, 368 p., 250 photographies, 385 F.<\/p>\n<p>2. &#8220;L&#8217;aventure photographique&#8221; (1998), r\u00e9al. P. Azoulay, Vid\u00e9oth\u00e8que de la MEP, 01 44 78 75 00.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1667","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1667","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1667"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1667\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1667"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1667"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1667"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}