{"id":1640,"date":"1999-10-01T00:00:00","date_gmt":"1999-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/au-pays-du-loup-et-du-croissant1640\/"},"modified":"1999-10-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-09-30T22:00:00","slug":"au-pays-du-loup-et-du-croissant1640","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1640","title":{"rendered":"Au pays du Loup et du Croissant"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Depuis les \u00e9lections l\u00e9gislatives d&#8217;avril, la Turquie est parcourue de s\u00e9ismes naturels et politiques. La trag\u00e9die se double d&#8217;un d\u00e9sastre \u00e9conomique car la r\u00e9gion touch\u00e9e constituait le poumon industriel du pays. Le film catastrophe de ces derniers mois. <\/p>\n<p>Saura-t-on jamais, au-del\u00e0 des chiffres officiels, le nombre des victimes du tremblement de terre ? Il se compte par dizaines de milliers. La trag\u00e9die se double d&#8217;une catastrophe \u00e9conomique car la r\u00e9gion touch\u00e9e constituait le poumon industriel de la Turquie. Dans les premi\u00e8res heures, le d\u00e9sarroi de l&#8217;Etat fut complet. L&#8217;arm\u00e9e, elle-m\u00eame frapp\u00e9e dans la base navale de G\u00f6lcuk, fut comme paralys\u00e9e. Il fallut attendre quatre longues journ\u00e9es pour qu&#8217;elle intervienne. La col\u00e8re de la population est alors dirig\u00e9e \u00e0 la fois contre l&#8217;inefficacit\u00e9 et les promoteurs corrompus dont les constructions se sont abattues comme des ch\u00e2teaux de cartes. Le pouvoir s&#8217;est, enfin, rendu compte que la mesure \u00e9tait comble. La loi d&#8217;amnistie prise \u00e0 l&#8217;occasion du 75e anniversaire de la R\u00e9publique aurait pu entra\u00eener comme cons\u00e9quence l&#8217;effacement des peines pour des promoteurs immobiliers. Le pr\u00e9sident Demirel y a mis son veto au grand soulagement populaire.<\/p>\n<p>Le s\u00e9isme a d&#8217;autre part entra\u00een\u00e9 un glissement de terrain, heureux celui-l\u00e0, provoquant un rapprochement entre la Gr\u00e8ce et la Turquie. A Saariselika, en Laponie, d\u00e9but septembre, o\u00f9 se r\u00e9unissaient les ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res des Quinze, le Grec Georges Papandr\u00e9ou s&#8217;est montr\u00e9 mod\u00e9r\u00e9 et conciliant. Les innombrables gestes \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des Turcs dans le malheur sont venus de la population grecque. C&#8217;est un message politique fort. Le gouvernement grec relaie ce message en approuvant pour la premi\u00e8re fois le fait que la Turquie puisse faire acte de candidature. Reste l&#8217;essentiel : qu&#8217;elle s&#8217;adapte aux r\u00e8gles, droits et usages europ\u00e9ens. Ce qui sera une longue, tr\u00e8s longue route. Qu&#8217;il ait fallu se r\u00e9unir en Laponie pour r\u00e9chauffer l&#8217;atmosph\u00e8re est un de ces clins d&#8217;oeil que nous r\u00e9serve parfois l&#8217;Histoire&#8230; Il existe en r\u00e9alit\u00e9 deux Turquie, la maritime et la continentale. aux derni\u00e8res \u00e9lections, la premi\u00e8re s&#8217;est retrouv\u00e9e dans le parti de la gauche d\u00e9mocratique, le DSP du premier ministre B\u00fclent Ecevit. La seconde s&#8217;incarne dans le MHP, le Mouvement national h\u00e9ritier du panturquisme r\u00eavant d&#8217;une Turquie dont l&#8217;influence s&#8217;\u00e9tendrait de l&#8217;Adriatique aux confins de la Chine.<\/p>\n<p><strong> Le nationalisme de gauche et le panturquisme <\/strong><\/p>\n<p>Cette conjonction entre un nationalisme de gauche, &#8220;justicialiste&#8221;, qui est celui d&#8217;Ecevit et du panturquisme est l&#8217;\u00e9l\u00e9ment majeur qui caract\u00e9rise l&#8217;\u00e9volution politique et sociologique de la Turquie. L&#8217;\u00e9v\u00e9nement a surpris des observateurs que l&#8217;on croyait plus avertis. Il a compl\u00e8tement pris de court des hommes du s\u00e9rail, des politiques assur\u00e9s, nous disaient-ils \u00e0 la veille des \u00e9lections, que le MHP ne franchirait pas la barre des 10 % obligatoire dans toutes les provinces pour \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 au Parlement. Non seulement les nationalistes l&#8217;ont franchi mais un saut \u00e0 la perche de valeur &#8220;olympique&#8221; les a amen\u00e9s \u00e0 plus de 18 %. Il y a certes des \u00e9l\u00e9ments &#8220;objectifs&#8221; de nature circonstancielle pour expliquer ce triomphe inqui\u00e9tant. Au r\u00e9cent sommet de Luxembourg, la Turquie n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 retenue parmi les pays admis prochainement dans l&#8217;Union europ\u00e9enne. On n&#8217;oserait jurer que les manquements aux droits de l&#8217;Homme suffisent \u00e0 fonder l&#8217;opposition des Quinze.<\/p>\n<p>Tout le monde est conscient que les Europ\u00e9ens redoutent de voir s&#8217;aggraver des probl\u00e8mes d&#8217;immigration et, sans l&#8217;exprimer ouvertement, h\u00e9sitent \u00e0 inclure un pays musulman dans la communaut\u00e9. Pour masquer leur r\u00e9ticence, voire leur opposition, l&#8217;hostilit\u00e9 de la Gr\u00e8ce sert souvent d&#8217;alibi commode. Reste que les Turcs ont ressenti comme une humiliation le sommet de Luxembourg. Puis est survenue l&#8217;arrestation d&#8217;Ocalan. Elle comprend deux volets : l&#8217;un turc, l&#8217;autre europ\u00e9en. En politique int\u00e9rieure, l&#8217;arrestation a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e0 B\u00fclent Ecevit et, accessoirement, aux nationalistes du MHP. Ecevit, d\u00e9j\u00e0 l&#8217;homme qui avait largu\u00e9 ses paras sur Chypre, se voit cr\u00e9dit\u00e9 de la capture d&#8217;Ocalan.<\/p>\n<p>Le volet &#8220;europ\u00e9en&#8221;, lui, profite surtout au nationalisme &#8220;\u00e9corch\u00e9&#8221; des Turcs. Voil\u00e0 qu&#8217;apr\u00e8s une courte d\u00e9tention le chef kurde est lib\u00e9r\u00e9 par les Italiens. L&#8217;Allemagne qui voulait le traduire chez elle devant ses tribunaux lorsque Ocalan \u00e9tait hors d&#8217;atteinte se tait en sept langues lorsqu&#8217;il est \u00e0 sa port\u00e9e. Ulc\u00e9r\u00e9s, les Turcs parlent alors de &#8220;trahison&#8221; europ\u00e9enne.<\/p>\n<p><strong> Les projections d&#8217;un mouvement n\u00e9 au si\u00e8cle dernier <\/strong><\/p>\n<p>Et si Ecevit se voit r\u00e9compens\u00e9 \u00e9lectoralement, les &#8220;Loups gris&#8221; descendus des haut-plateaux de l&#8217;Anatolie centrale s&#8217;accrochent \u00e0 ses basques et le talonnent. Ils deviennent, dans leur livr\u00e9e \u00e9lectorale remise \u00e0 neuf, le second parti turc. Demain, apr\u00e8s-demain, certains d\u00e9put\u00e9s du centre droit pourraient \u00eatre tent\u00e9s et l&#8217;appoint d&#8217;\u00e9ventuels transfuges pourrait amener le mouvement national \u00e0 la premi\u00e8re place. Ce qui, en bonne logique constitutionnelle, impliquerait la direction du gouvernement. Jusqu&#8217;ici, ce n&#8217;est pas le cas. Ecevit dirige une coalition avec les &#8220;Loups&#8221; et l&#8217;Anap, le parti de la M\u00e8re-patrie de feu Turgul Ozal. La projection dans les premiers rangs des nationalistes du MHP doit donc beaucoup aux circonstances. Cela ne dit pas tout.<\/p>\n<p>L&#8217;homme qui a donn\u00e9 corps aux &#8220;Loups gris&#8221; est mort il y a deux ans. On lui a r\u00e9serv\u00e9 des fun\u00e9railles imposantes. Il s&#8217;appelait Alparslan T\u00fcrkes. Cet ancien colonel a connu un destin tourment\u00e9. Une fois vice-premier ministre avec Demirel, une fois : ou plusieurs fois : en prison pour complot et agitation arm\u00e9e contre l&#8217;Etat. Les ann\u00e9es 70 furent marqu\u00e9es en Turquie par l&#8217;affrontement sanglant entre groupes gauchistes et milices d&#8217;extr\u00eame droite. Les militants d&#8217;extr\u00eame droite se groupent au sein des &#8220;Foyers des id\u00e9alistes&#8221;. Ceux-ci sont organis\u00e9s en v\u00e9ritables unit\u00e9s de commandement supervis\u00e9es par T\u00fcrkes. &#8220;Notre guide est le Coran, notre but est le Touran.&#8221; Telle est leur devise. Entendez par Touran la r\u00e9union de tous les turcophones \u00e0 travers le monde. A l&#8217;\u00e9poque, les &#8220;Loups gris&#8221; comme ils se nomment agissent \u00e0 l&#8217;instar des squadres mussoliniennes dans l&#8217;Italie d&#8217;avant-guerre.<\/p>\n<p>Le mouvement cr\u00e9\u00e9 par T\u00fcrkes invoque les &#8220;neuf lumi\u00e8res&#8221; qui &#8220;illuminent&#8221; son programme. Les valeurs revendiqu\u00e9es sont le nationalisme, l&#8217;id\u00e9alisme, le moralisme, le corporatisme, le scientisme, le populisme, le progressisme, le technologisme, la d\u00e9fense des libert\u00e9s de la paysannerie. La conception que T\u00fcrkes avait de l&#8217;Etat r\u00e9pondait \u00e0 celle des r\u00e9gimes autoritaires et corporatistes d&#8217;avant guerre.Au centre de son id\u00e9ologie, on trouvait cette donn\u00e9e particuli\u00e8re qui reliait T\u00fcrkes et aujourd&#8217;hui le MHP \u00e0 une filiation bien plus ancienne.<\/p>\n<p>C&#8217;est au si\u00e8cle dernier que l&#8217;on trouve les illustrateurs du turquisme. Ainsi en est-il d&#8217;Ahmed Vefik Pacha, ambassadeur de la Sublime Porte aupr\u00e8s de Napol\u00e9on III. &#8220;Nos racines, assure-t-il, sont en Asie centrale.&#8221;Il y aura un peu plus tard Suleiman Pacha, commandant de l&#8217;Acad\u00e9mie militaire, complice du coup d&#8217;Etat organis\u00e9 contre le sultan Abdel Aziz, en 1876. Dans ses \u00e9crits, il s&#8217;est inspir\u00e9 de l&#8217;Histoire des Turcs et des Mongols due au Fran\u00e7ais de Guignes.<\/p>\n<p>Le pantouranisme (voir Touran, r\u00e9union de tous les turcophones, NDLR) va trouver son d&#8217;Annunzio avec Enver Pacha. Personnage charismatique et dit-on souvent lunatique, Enver est le gendre du sultan Mohamed Reshad. Il a \u00e9pous\u00e9 la princesse Nadja Sultane. A l&#8217;origine avec les Jeunes-Turcs, Enver poursuit une id\u00e9e &#8220;ottomaniste&#8221;. Mais, tr\u00e8s vite, il se rend compte que dans l&#8217;Empire vivent des minorit\u00e9s non musulmanes susceptibles de n&#8217;\u00eatre pas fid\u00e8les. Aussi se convertit-il au turquisme qui avait trouv\u00e9 en Zie Gekalp son id\u00e9ologue.<\/p>\n<p>Son r\u00eave allait se heurter au r\u00e9alisme de Kemal Ataturk auquel se rallie Gekalp. Devenu soldat perdu du pantouranisme, g\u00e9n\u00e9ral sans victoire mais adul\u00e9 par l&#8217;arm\u00e9e, Enver se fait tuer dans un combat contre les bolcheviks aux confins de l&#8217;Afghanistan dans ce qui aujourd&#8217;hui s&#8217;appelle Tadjikistan.<\/p>\n<p><strong> Des luttes de coulisses selon la bonne vieille tradition <\/strong><\/p>\n<p>Le kemalisme s&#8217;instaure et survit au Gazi mort \u00e0 la veille de la guerre. A cause de la guerre qui n\u00e9cessitait l&#8217;unit\u00e9, \u00e0 cause aussi d&#8217;Ismet Iss\u00f6nu, Ismet Pacha le vieux, compagnon d&#8217;Ataturk.<\/p>\n<p>Mais dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, o\u00f9 il se trouvait aux affaires comme premier ministre, le k\u00e9malisme connut les assauts d&#8217;abord feutr\u00e9s puis plus affirm\u00e9s de l&#8217;islamisme. La suite est un long processus \u00e9maill\u00e9 de coups d&#8217;Etat, de d\u00e9mocratie sous tutelle militaire pour aboutir \u00e0 l&#8217;irruption r\u00e9cente de l&#8217;islamisme sur le devant de la sc\u00e8ne lorsque Erbakan devint premier ministre.<\/p>\n<p>Dans les coulisses, l&#8217;arm\u00e9e, &#8220;le parti des soldats&#8221;, mit un terme \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience. Le Refah, le parti du Salut, fut dissous et Erbakan interdit de politique. Le Fazilet, parti de la Vertu, lui succ\u00e9da. Il se voyait premier aux derni\u00e8res \u00e9lections. Il arrive&#8230; troisi\u00e8me derri\u00e8re Ecevit et les nationalistes. Comme lot de consolation, il emporte les municipales et conserve les mairies d&#8217;Ankara et d&#8217;Istamboul. Reste que la surprise du scrutin fut le triomphe nationaliste. Est-il celui des &#8220;Loups gris&#8221; ? Il convient sans doute de nuancer.Devlet Bahceli, pour s\u00e9duire : ou tromper : a rogn\u00e9 les crocs de ses loups. Il a m\u00eame r\u00e9uni ses cadres et militants pour leur enjoindre de raser leurs moustaches, de se montrer polis et de ne pas porter de jeans. Sa d\u00e9marche s&#8217;apparente \u00e0 celle d&#8217;un Fini en Italie ou d&#8217;un Z\u00f6rg Haider en Autriche.<\/p>\n<p>On admet g\u00e9n\u00e9ralement que le MHP r\u00e9unit en son sein trois courants. L&#8217;un est radical dans la filiation de feu le &#8220;Basbug&#8221;, le &#8220;commandant&#8221; comme \u00e9tait appel\u00e9 Alparslan Turkes par ses fid\u00e8les. Le second courant est proche de l&#8217;islamisme. Le troisi\u00e8me, auquel appartient Bahceli, rel\u00e8ve de ce que ses adversaires qualifient de &#8220;fascisme en complet veston&#8221;. Il ne fait gu\u00e8re de doute que le mouvement va peser de tout son poids sur la politique \u00e9trang\u00e8re de la Turquie sans parler d&#8217;un probable raidissement face au probl\u00e8me kurde.<\/p>\n<p>La gauche en Turquie semble bien mal en point. Elle est d\u00e9faite, r\u00e9duite, lamin\u00e9e. Les trois grandes forces qui se partagent la sc\u00e8ne politique sont le national populisme d&#8217;inspiration &#8220;p\u00e9roniste&#8221; d&#8217;Ecevit, le &#8220;fascisme&#8221; panturquiste et enfin l&#8217;islamisme. La Turquie d&#8217;aujourd&#8217;hui est celle du Loup et du Croissant&#8230; .<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Depuis les \u00e9lections l\u00e9gislatives d&#8217;avril, la Turquie est parcourue de s\u00e9ismes naturels et politiques. La trag\u00e9die se double d&#8217;un d\u00e9sastre \u00e9conomique car la r\u00e9gion touch\u00e9e constituait le poumon industriel du pays. Le film catastrophe de ces derniers mois. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1640","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1640","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1640"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1640\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1640"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1640"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1640"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}