{"id":1570,"date":"1999-09-01T00:00:00","date_gmt":"1999-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/dans-la-cohue-de-la-rentree1570\/"},"modified":"1999-09-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-08-31T22:00:00","slug":"dans-la-cohue-de-la-rentree1570","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1570","title":{"rendered":"Dans la cohue de la rentr\u00e9e litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Que lirons-nous cet automne ? L&#8217;\u00e9dition nous abreuve. 511 romans para\u00eetraient entre le 18 ao\u00fbt et le 15 octobre prochains, dont 333 romans fran\u00e7ais. Ajoutons encore les 37 essais qu&#8217;annonce Livres Hebdo (1) et l&#8217;on aura un panorama chiffr\u00e9 de ce que nous allons trouver prochainement chez nos libraires. <\/p>\n<p>Comment un roman vient-il jusqu&#8217;au lecteur ? Mis \u00e0 part le ph\u00e9nom\u00e8ne des prix qui n&#8217;assure la vente que quand ils sont prestigieux, il y a bien s\u00fbr la critique \u00e9crite et parl\u00e9e. Mais un critique est tenu \u00e0 des choix drastiques conditionn\u00e9s par le temps de la lecture et de l&#8217;\u00e9criture, et l&#8217;espace r\u00e9dactionnel. Comment fait-il son choix ? Il suit un auteur, l&#8217;auteur confirm\u00e9. Un titre, une quatri\u00e8me de couverture retiennent son attention. L&#8217;attach\u00e9(e) de presse a \u00e9t\u00e9 persuasif(ve).<\/p>\n<p>Mais cette pratique n&#8217;exclut pas les regards curieux sur la nouveaut\u00e9 et une attention particuli\u00e8re fix\u00e9e sur le &#8220;premier roman&#8221; (2). L&#8217;autre vecteur important est le ou la libraire : et plus tard le ou la biblioth\u00e9caire. En d\u00e9pit de l&#8217;immensit\u00e9 de la t\u00e2che, des libraires lisent et suivent assid\u00fbment et passionn\u00e9ment l&#8217;actualit\u00e9 du livre, et quand ils aiment un livre, ils le vendent. Restent enfin le bouche \u00e0 oreille, et le hasard.<\/p>\n<p>Avec 177 parutions annonc\u00e9es, la rentr\u00e9e 1999 sera une ann\u00e9e forte, puisque sur dix ans la moyenne s&#8217;\u00e9tablit \u00e0 160 avec un record \u00e0 193 en 1996. Des noms attirent donc l&#8217;attention. Dans le domaine anglo-saxon, Plon annonce la Terre sous ses pieds de Salman Rushdie, Fayard<\/p>\n<p>Ouvert au public de Muriel Spark, Payot Roger Fry de Virginia Woolf, Rivages la Pri\u00e8re des saints de James Baldwin et Belfond deux Michael Cunningham, la Maison du bout du monde et les Heures. Dans le domaine espagnol, on attend en particulier Ou C\u00e9sar ou rien de Manuel Vasquez Montalban (Seuil), la Fronti\u00e8re de verre du Mexicain Carlos Fuentes et Guerre au paradis de Carlos Montemayor : lui aussi Mexicain : (Gallimard). On remarquera ici \u00e9galement l&#8217;effort de d\u00e9couverte d\u00e9centralisatrice effectu\u00e9 par les \u00e9ditions M\u00e9taili\u00e9 dont les cinq titres traduits de l&#8217;espagnol sont deux cubains, Parle-moi de Cuba de Jesus Diaz et Electre \u00e0 La Havane de Leonardo Padura ; un colombien, Perdre est une question de m\u00e9thode de Santiago Samboa ; un p\u00e9ruvien, le Chasseur absent d&#8217;Alfredo Pinta et un uruguayen, le D\u00e9sert d&#8217;Horacio Quiroga.<\/p>\n<p>Parmi les traductions, citons encore : de l&#8217;allemand, Histoires simples d&#8217;Ingo Schulze, Idylle en exil de Soma Morgenstern (Liana Levi) et le Caniche noir de la diva d&#8217;Helmut Krausser (Jacqueline Chambon) ; de l&#8217;italien, Paroles la nuit de Francesco Biamonti (Seuil) et Soeurs de Cristina Comencini (Verdier).<\/p>\n<p><strong> Quelle suite au d\u00e9bat litt\u00e9raire suscit\u00e9 par Houellebecq ? <\/strong><\/p>\n<p>Le roman fran\u00e7ais atteint, lui, sa cote record avec 334 parutions, quand la moyenne annuelle est de 243 sur dix ans. Si le ph\u00e9nom\u00e8ne Houellebecq avec ses Particules \u00e9l\u00e9mentaires \u00e9tait impr\u00e9visible, r\u00e9introduisant le d\u00e9bat litt\u00e9raire dans la vie culturelle fran\u00e7aise, on imagine mal qu&#8217;un roman de cette rentr\u00e9e puisse d\u00e9clencher des d\u00e9bats aussi passionn\u00e9s dans un si court intervalle. Quoi qu&#8217;il en soit, le roman \u00e0 base scientifique fait flor\u00e8s, qu&#8217;il soit \u00e9crit par des romanciers ou par des scientifiques momentan\u00e9ment romanciers. Une grande partie sera publi\u00e9e chez Flammarion, tel le Seigneur ! de Christian Combaz, roman qui met en sc\u00e8ne un astronome extravagant qui v\u00e9cut au XVIe si\u00e8cle, Tycho Brah\u00e9 ; cependant que Latt\u00e8s publiera le Rendez-vous de V\u00e9nus de l&#8217;astrophysicien Jean-Pierre Luminet avec pour personnages trois savants du si\u00e8cle de Louis XV.<\/p>\n<p>Donc souvent sciences et histoire, mais aussi l&#8217;histoire d&#8217;ici et d&#8217;ailleurs, ancienne ou r\u00e9cente. Claude Pujade-Renaud imagine Platon et quelques amis au lendemain de la mort de Socrate dans Platon \u00e9tait malade (Actes Sud). L&#8217;\u00e9crivain Lucien Elia, n\u00e9 \u00e0 Beyrouth, r\u00e9invente le r\u00e8gne d&#8217;un tyran entre le Tigre et l&#8217;Euphrate dans D&#8217;eau et de sang (Albin Michel). L&#8217;Orient occupe une place de choix dans la th\u00e9matique romanesque. Claude Rappe reconstruit le si\u00e8ge de Babylon et la croisade de Godefroy de Bouillon dans Dieu le veut (Albin Michel). La Chine du XVe si\u00e8cle \u00e0 nos jours est au centre des Quatre vies du saule de Shan Sa (Grasset), cependant que l&#8217;insurrection des Boxers sert de trame aux Feux du soleil levant de Philippe Franchini (Deno\u00ebl). Am\u00e9lie Nothomb (Stupeur et tremblement, Albin Michel) et Isabelle Jarry (le Jardin Yamata, Stock) explorent le Japon r\u00e9cent ou actuel.<\/p>\n<p><strong> Une th\u00e9matique romanesque qui colle aux \u00e9v\u00e9nements&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;Alg\u00e9rie et les Balkans occupent nos esprits. Il n&#8217;est donc pas \u00e9tonnant de les voir \u00e9merger dans la th\u00e9matique romanesque. Une dizaine de romans abordent l&#8217;\u00e9volution douloureuse r\u00e9cente de l&#8217;Alg\u00e9rie. Ils sont essentiellement \u00e9crits par des \u00e9crivains alg\u00e9riens, que l&#8217;on imagine amen\u00e9s \u00e0 publier en France pour se faire entendre, pour qu&#8217;on les lise en toute libert\u00e9. Certains de ces romans sont des premiers romans : le Serment des barbares de Boualem Sansal (Gallimard), Il \u00e9tait une fois des marchands de foi d&#8217;Adel Gastel (Paris-M\u00e9diterran\u00e9e), les Fils de l&#8217;amertume de Slimane Bena\u00efssa (Plon), d&#8217;autres sont \u00e9crits par des romanciers dont on a peut-\u00eatre lu telle ou telle oeuvre : la Maison de lumi\u00e8re de Nouredine Saadi (Albin Michel), les Amants de Sh\u00e9h\u00e9razade de Salima Ghezali (L&#8217;Aube), A quoi r\u00eavent les loups de Yasmina Khadra (Julliard) et le Jour du s\u00e9isme de Nina Bouraoui (Stock). Bernard Ruhaud publie un premier roman, la Premi\u00e8re vie (Stock), o\u00f9, sur fond de guerre d&#8217;Alg\u00e9rie, il s&#8217;interroge sur son pass\u00e9 de membre du PCF \u00e0 Nanterre.<\/p>\n<p><strong> &#8230; Dans des r\u00e9gions marqu\u00e9es par le temps et l&#8217;histoire la plus r\u00e9cente <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;autre th\u00e8me g\u00e9ographico-politique important est celui des Balkans et de l&#8217;Europe centrale, trait\u00e9 souvent par des \u00e9crivains familialement originaires de ces lieux. Un gar\u00e7on sentimental (L&#8217;Olivier) de Jean Hatzfeld se situe en une ex-Yougoslavie ravag\u00e9e par les guerres. Johann-Fr\u00e9d\u00e9rik Hel-Guedj raconte la recherche de racines paternelles dans le Traitement des cendres (Calmann-L\u00e9vy). Marie Ma\u00eflat, d&#8217;origine roumaine, d\u00e9crit dans la Gr\u00e2ce de l&#8217;ennemi (Fayard) un pays en proie \u00e0 la violence. La Hongrie des ann\u00e9es soixante-dix est le cadre de Tous les jours d&#8217;Eva Almassy (Gallimard), Agn\u00e8s Michaux, dans les Rendez-vous de Berlin (Editions 1), met en sc\u00e8ne Goebbels tentant, en 1933, de retenir en Allemagne le grand cin\u00e9aste Fritz Lang.Reste dans un tel panorama, o\u00f9 l&#8217;on ne peut citer et tous les th\u00e8mes et tous les auteurs, \u00e0 regarder du c\u00f4t\u00e9 de nombreux romanciers attendus et que l&#8217;on n&#8217;a pas pu faire entrer dans la syst\u00e9matique pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>On attendra notamment les Rencontres ferroviaires de R\u00e9gine Desforges (Fayard), le Soleil des mourants de Jean-Claude Izzo (Flammarion), Premi\u00e8re ligne de Jean-Marie Laclavetine (Gallimard), la Patience sauvage de R\u00e9gine Detambel (Gallimard), le Rapport Gabriel de Jean d&#8217;Ormesson (Gallimard), Vive l&#8217;enfer de Christophe Bataille (Grasset), Comme la trace de l&#8217;oiseau d&#8217;Hector Bianciotti (Grasset), Santa F\u00e9 d&#8217;Yves Berger (Grasset), Je m&#8217;en vais de Jean Echenoz (Minuit), Mon grand appartement de Christian Oster (Minuit), Sur la sc\u00e8ne comme au ciel de Jean Rouaud (Minuit), le Portique de Philippe Delerm (Rocher), Foraine de Paul Fournel (Seuil), Morgane de Michel Rio (Seuil), Paysages originels d&#8217;Olivier Rolin (Seuil), Anielka de Fran\u00e7ois Taillandier (Stock), la Repentie de Didier Daeninckx (Verdier), Une aventure sentimentale d&#8217;Alain Nadaud (Verticales), l&#8217;Univers d&#8217;Hubert Haddad (Zulma) et Soledad de St\u00e9phanie Janicot (Zulma).<\/p>\n<p>1. &#8220;Quels romans pour quelle litt\u00e9rature ?&#8221;, n\u00b0 343 du 25 juin 1999.<\/p>\n<p>2. On se souvient de la d\u00e9couverte des Champs d&#8217;honneur de Jean Rouaud par Jean-Claude Lebrun dans sa chronique hebdomadaire de l&#8217;Humanit\u00e9, \u00e9t\u00e9 1990.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Que lirons-nous cet automne ? L&#8217;\u00e9dition nous abreuve. 511 romans para\u00eetraient entre le 18 ao\u00fbt et le 15 octobre prochains, dont 333 romans fran\u00e7ais. Ajoutons encore les 37 essais qu&#8217;annonce Livres Hebdo (1) et l&#8217;on aura un panorama chiffr\u00e9 de ce que nous allons trouver prochainement chez nos libraires. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1570","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1570","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1570"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1570\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1570"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1570"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1570"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}