{"id":1558,"date":"1999-07-01T00:00:00","date_gmt":"1999-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-banque-maligne-des-cotonniers1558\/"},"modified":"1999-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-06-30T22:00:00","slug":"la-banque-maligne-des-cotonniers1558","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1558","title":{"rendered":"La banque maligne des cotonniers du Mali"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Garder la t\u00eate froide<strong> Au sud du Mali, des producteurs de coton ont cr\u00e9\u00e9 leur propre r\u00e9seau de caisses d&#8217;\u00e9pargne et de cr\u00e9dit. Ces &#8220;greniers de l&#8217;argent&#8221; ont permis \u00e0 leurs soci\u00e9taires d&#8217;acqu\u00e9rir une plus grande autonomie \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la toute puissante compagnie malienne du textile et surtout de conqu\u00e9rir un espace d&#8217;expression politique. <\/strong><\/p>\n<p>Au guichet de Kafo Jirinew d&#8217;Ouendina, un petit village perdu au coeur de la savane malienne, les conversations vont bon train. Comme chaque matin depuis des semaines, il n&#8217;est question que de cette maudite manifestation qui a si mal tourn\u00e9. Personne n&#8217;aurait pu imaginer que l&#8217;arm\u00e9e ose intervenir contre de simples paysans r\u00e9clamant que la Compagnie malienne du textile (CMDT) paie le juste prix du coton, soit 200 francs CFA (100 francs CFA = 1 franc fran\u00e7ais) le kilo au lieu de 185. Jusque l\u00e0, les habitants des environs de Koutiala, la capitale cotonni\u00e8re du Mali, s&#8217;\u00e9taient persuad\u00e9s que le seul fait de contribuer plus que quiconque \u00e0 la sant\u00e9 des caisses de l&#8217;Etat les mettait \u00e0 l&#8217;abri de ce genre de d\u00e9rapages. Le choc est d&#8217;autant plus rude que plusieurs manifestants sont toujours \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital. &#8220;Un lundi noir au pays de l&#8217;or blanc, ce 14 d\u00e9cembre, estime un militant du SYCOV, le jeune syndicat des producteurs de coton. M\u00eame pour Kafo Jiginew, la situation est difficile \u00e0 g\u00e9rer. La CMDT l&#8217;accuse \u00e0 mots couverts d&#8217;\u00eatre en partie \u00e0 l&#8217;origine des \u00e9v\u00e9nements.&#8221;<\/p>\n<p><strong> Une banque mutualiste, solidaire des plus d\u00e9munis <\/strong><\/p>\n<p>Vu de l&#8217;ext\u00e9rieur, accuser une banque de fomenter un soul\u00e8vement paysan peut para\u00eetre incongru mais il est vrai que Kafo Jiginew n&#8217;est pas tout \u00e0 fait une banque comme les autres. Coop\u00e9rativiste et mutualiste, la banque des paysans du Mali-Sud est par nature solidaire de ses soci\u00e9taires dont elle d\u00e9fend bec et ongles les int\u00e9r\u00eats. Leaders syndicalistes et chefs traditionnels sont d&#8217;ailleurs membres actifs de son conseil d&#8217;administration et prennent part \u00e0 la gestion des affaires aux c\u00f4t\u00e9s de la Direction form\u00e9e, elle, dans les meilleurs instituts africains ou fran\u00e7ais.&#8221;En bambara : langue partag\u00e9e par l&#8217;ensemble des ethnies du Mali : Jigine, c&#8217;est le grenier ; une case b\u00e2tie dans chaque concession et r\u00e9serv\u00e9e au stockage des c\u00e9r\u00e9ales&#8221;, pr\u00e9cise le paysan syndicaliste. Le symbole \u00e9voque l&#8217;id\u00e9e de mettre de c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;argent pour affronter les mauvaises r\u00e9coltes, la chute des cours du coton, une pluviom\u00e9trie insuffisante, un ver d\u00e9vastateur pour des filaments soyeux. Kafo signifie l&#8217;union, la f\u00e9d\u00e9ration. Avec quatre-vingt-dix guichets diss\u00e9min\u00e9s en pleine brousse et soixante-cinq mille soci\u00e9taires, le r\u00e9seau de caisses d&#8217;\u00e9pargne et de cr\u00e9dit p\u00e8se d\u00e9sormais lourd dans la vie \u00e9conomique et politique de la r\u00e9gion la plus riche du pays. C&#8217;est surtout devenu un interlocuteur incontournable pour la CMDT, les autorit\u00e9s locales et les pouvoirs politiques. Kafo Jiginew a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 sous le r\u00e9gime de Moussa Traor\u00e9 alors que personne n&#8217;osait s&#8217;organiser en dehors des mouvements impos\u00e9s par le pouvoir militaire. Bien avant la cr\u00e9ation du syndicat, les caisses de Fafo Jiginex ont repr\u00e9sent\u00e9, face \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, les producteurs de coton et n&#8217;ont jamais cess\u00e9 depuis.<\/p>\n<p>Le concept de Kafo Jiginew est n\u00e9 de la rencontre des producteurs de coton et d&#8217;un groupe de mutualistes fran\u00e7ais d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 s&#8217;engager dans une action de coop\u00e9ration avec un pays d&#8217;Afrique. &#8220;Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, les grandes banques issues de l&#8217;\u00e8re coloniale se sont litt\u00e9ralement effondr\u00e9es. Il fallait rapidement trouver des strat\u00e9gies de rechange&#8221;, explique Andr\u00e9 Chomel, directeur adjoint du Cr\u00e9dit coop\u00e9ratif jusqu&#8217;en 1984. En 1987, la Fondation du Cr\u00e9dit coop\u00e9ratif d\u00e9cide de s&#8217;associer \u00e0 quatre organisations non gouvernementales (ONG) europ\u00e9ennes (SOS-Faim pour la Belgique, Mani-tese pour l&#8217;Italie, Deutsche-Welthungerhilfe pour l&#8217;Allemagne, et le Comit\u00e9 fran\u00e7ais pour la solidarit\u00e9 internationale). Ensemble, mutualistes et repr\u00e9sentants des associations se lancent dans une &#8220;longue causerie&#8221; avec les paysans des environs imm\u00e9diats de Koutiala. Pour convaincre les leaders paysans de tenter l&#8217;aventure de Kafo Jiginew, ils ont deux arguments de poids. Le premier, c&#8217;est l&#8217;exp\u00e9rience bancaire du Cr\u00e9dit coop\u00e9ratif qui, depuis des d\u00e9cennies, a fait ses preuves en France.<\/p>\n<p>Le second n&#8217;est pas n\u00e9gligeable non plus : mutuelle et ONG ont r\u00e9uni neuf millions de francs pour soutenir une premi\u00e8re exp\u00e9rience de trois ans. L&#8217;Union europ\u00e9enne confirme son engagement et le gouvernement malien donne son &#8220;feu vert &#8220;. La toute puissante compagnie malienne du textile apporte, elle aussi, sa b\u00e9n\u00e9diction. &#8220;Il \u00e9tait impossible \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de mesurer la capacit\u00e9 d&#8217;\u00e9pargne r\u00e9elle des paysans, raconte Andr\u00e9 Chomel. La pr\u00e9sence de champs florissants \u00e9tait notre seule certitude&#8221;. Principale culture de rente, impos\u00e9e par l&#8217;administration fran\u00e7aise en 1952 afin d&#8217;alimenter les filatures de la m\u00e9tropole, le coton repr\u00e9sente 60 % des exportations du Mali et fait vivre le quart de sa population. La r\u00e9ussite du r\u00e9seau des caisses d&#8217;\u00e9pargne et de cr\u00e9dit est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 cette situation \u00e9conomique. 80 % des fonds d\u00e9pos\u00e9s sur les comptes de Kafo Jiginew proviennent de la production annuelle de coton qui avoisine les 500 000 tonnes.<\/p>\n<p>Dans une \u00e9paisse odeur de th\u00e9, Kassim, le g\u00e9rant de la caisse d&#8217;Ouendina, arm\u00e9 d&#8217;un polaro\u00efd, tire le portrait d&#8217;une toute nouvelle soci\u00e9taire. &#8220;Kafo Jiginew, nous l&#8217;avons cr\u00e9\u00e9e, nous la contr\u00f4lons, nous pouvons lui faire confiance, souligne le jeune \u00ab paysan-banquier \u00bb. Ici, il n&#8217;y a pas de g\u00eane ressentie par celui qui n&#8217;a pas fait un seul jour de banc d&#8217;\u00e9cole.&#8221; Les soci\u00e9taires n&#8217;ont aucune honte \u00e0 apposer leur empreinte digitale sous leur photo d&#8217;identit\u00e9 en guise de signature officielle du carnet d&#8217;\u00e9pargne. &#8220;On est parti de tr\u00e8s loin, se souvient Kassim. Il y a encore quelques ann\u00e9es, la plupart d&#8217;entre nous cachaient leur argent liquide dans les troncs d&#8217;arbres, dans les jarres en terre cuite ou sous la t\u00f4le ondul\u00e9e des toits des maisons. On craignait les termites : entendez les vols : mais nous n&#8217;avions pas le choix puisque aucune banque commerciale ne voulait de paysans.&#8221;<\/p>\n<p>La Bank of Africa ou la Banque malienne de cr\u00e9dit et de d\u00e9p\u00f4t n&#8217;ont jamais manifest\u00e9 la moindre intention d&#8217;ouvrir des succursales en brousse. Seules les principales villes du pays peupl\u00e9es de fonctionnaires solvables offrent un int\u00e9r\u00eat \u00e0 leurs yeux. M\u00eame la Banque nationale de d\u00e9veloppement agricole (BNDA) cr\u00e9\u00e9e par les autorit\u00e9s maliennes pour aider les campagnes ne se risque pas au-del\u00e0 des chefs lieux : Fana, Koutiala ou Sikasso. Kafo Jiginew est donc l&#8217;unique institution bancaire \u00e0 s&#8217;\u00eatre install\u00e9e au milieu des cases en banco, \u00e0 deux pas des champs de coton. &#8220;Cette banque-l\u00e0, reprend Kassim, c&#8217;est comme la case f\u00e9tiche du village : elle appartient \u00e0 tout le monde.&#8221; En onze ans d&#8217;activit\u00e9, Kafo Jiginew a su gagner la confiance des paysans&#8230; m\u00eame si les r\u00e9ticents n&#8217;ont pas totalement disparu. &#8220;J&#8217;ai encore des soci\u00e9taires qui marquent d&#8217;un signe distinctif les billets de banque qu&#8217;ils me remettent au guichet pour \u00eatre s\u00fbr de les retrouver&#8221;, temporise Kassim.<\/p>\n<p><strong> Une caisse dans la brousse, pr\u00e8s des champs de coton <\/strong><\/p>\n<p>Son enfant sur le dos, la femme sourit timidement en voyant le polaro\u00efd cracher sa photo. Rarement chefs d&#8217;exploitation, les femmes n&#8217;ont que peu de repr\u00e9sentation officielle. Elles fournissent pourtant l&#8217;essentiel de la main-d&#8217;oeuvre dans les champs. Les avant-bras meurtris par les tiges s\u00e8ches de l&#8217;arbuste, elles recueillent \u00e0 la main les flocons de coton mais ne tirent aucun revenu direct de ce travail effectu\u00e9 dans la poussi\u00e8re et la chaleur. &#8220;En f\u00e9vrier, quand il a rembours\u00e9 les dettes li\u00e9es \u00e0 l&#8217;achat des engrais et des semences, le chef d&#8217;exploitation verse une somme d&#8217;argent aux femmes pour qu&#8217;elles aillent au march\u00e9 acheter des v\u00eatements&#8221;, explique Adama Sanogo, le pr\u00e9sident du Conseil d&#8217;administration de Kafo Sanogo, le pr\u00e9sident du Conseil d&#8217;administration de Kafo Jiginew pendant dix ans et l&#8217;un des plus riches paysans de la r\u00e9gion. Alors, nombre de femmes constituent un p\u00e9cule personnel en faisant du petit commerce de beignets, de produits mara\u00eechers, d&#8217;arachides grill\u00e9es ou de pagnes de coton. Ces revenus, certes mod\u00e9r\u00e9s, n&#8217;ont pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la vigilance des dirigeants de Dafo. &#8220;Ce sont des femmes de paysans, reprend Adama Sanogo, et, \u00e0 ce titre, il \u00e9tait normal qu&#8217;on leur ouvre grand les portes. Nous avons m\u00eame limit\u00e9 le montant de leur cotisation pour qu&#8217;elles puissent devenir soci\u00e9taires, \u00e0 part enti\u00e8re, comme les hommes.&#8221; Plus de 10 000 \u00e9pouses, le plus souvent regroup\u00e9es en associations, ont adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 Kafo Jiginew. Et la majorit\u00e9 ne le regrette pas. Shata, par exemple, a pu emprunter 20 000 francs CFA pour \u00e9tendre son activit\u00e9 de commerce ambulant. &#8220;Auparavant, je ne pouvais acheter que deux \u00e0 trois kilos de farine. Maintenant, avec le cr\u00e9dit, je dispose en permanence d&#8217;au moins deux sacs d&#8217;un quintal chacun ; je pr\u00e9pare plus de beignets et je gagne mieux ma vie.&#8221; Kafo lui a surtout donn\u00e9 l&#8217;envie de g\u00e9rer elle-m\u00eame ses affaires. &#8220;Mais mon mari garde pr\u00e9cieusement mon carnet sous pr\u00e9texte qu&#8217;il a effectu\u00e9 les premiers versements&#8221;, se plaint Shata.<\/p>\n<p><strong> Des guichets qui font avancer les mentalit\u00e9s <\/strong><\/p>\n<p>Certains hommes appr\u00e9hendent, voire d\u00e9noncent, les possibles &#8220;effets pervers&#8221; d&#8217;une prise d&#8217;autonomie de la femme gr\u00e2ce \u00e0 Jafo Jiginew. Kadjatou, une amie de Shata, menace m\u00eame de &#8220;divorcer son mari&#8221; s&#8217;il n&#8217;accepte pas qu&#8217;elle ouvre un compte. Quelques dirigeants de Kafo rient sous cape : la banque ne modifie pas simplement le rapport \u00e0 l&#8217;argent mais fait avancer les mentalit\u00e9s dans les campagnes comme dans les villes.<\/p>\n<p>Depuis 1994, le r\u00e9seau a ouvert des guichets \u00e0 Sikasso, Fana et, bien s\u00fbr, Koutiala o\u00f9 Kafo Jiginew vient de faire construire son nouveau si\u00e8ge. Des commer\u00e7ants, des artisans, des salari\u00e9s du priv\u00e9 et m\u00eame des fonctionnaires ont frapp\u00e9 \u00e0 la porte de la banque des paysans. &#8220;Quand on s&#8217;est attaqu\u00e9 au milieu urbain, tr\u00e8s vite on s&#8217;est aper\u00e7u que notre syst\u00e8me n&#8217;\u00e9tait pas adapt\u00e9. Tout \u00e0 coup, notre client\u00e8le est devenue h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, explique Alou Sidib\u00e9, le directeur du r\u00e9seau, dipl\u00f4m\u00e9 de l&#8217;Institut africain des hautes \u00e9tudes bancaires et financi\u00e8res. Les besoins \u00e9taient diff\u00e9rents de ceux des producteurs de coton.&#8221;<\/p>\n<p>L&#8217;organisation du r\u00e9seau s&#8217;est, de plus, rapidement r\u00e9v\u00e9l\u00e9e trop artisanale pour r\u00e9pondre, de fa\u00e7on performante, \u00e0 la multiplication des caisses, au nombre de soci\u00e9taires et donc \u00e0 la quantit\u00e9 de passages d&#8217;\u00e9criture. L&#8217;ordinateur traduit en bambara par &#8220;la machine extraordinaire qui donne les instructions&#8221; s&#8217;est donc av\u00e9r\u00e9 incontournable. Alors, chaque matin, \u00e0 la caisse de Koutiala, les disques durs se sentent revivre et les puces \u00e9lectroniques, repues de poussi\u00e8re de lat\u00e9rite, ouvrent un oeil sous l&#8217;effet de la climatisation. &#8220;Les caisses des villes sont les plus riches car les artisans ou les fonctionnaires ont des revenus bien plus importants que les agriculteurs&#8221;, poursuit Alou Sidib\u00e9. Le succ\u00e8s urbain est tel que les paysans redoutent la perte de leur pouvoir dans les instances de d\u00e9cisions de Kafo Jiginew.<\/p>\n<p>&#8220;Quelles que soient les strat\u00e9gies de d\u00e9veloppement du r\u00e9seau, le pouvoir restera aux mains des paysans. Je serai intransigeant l\u00e0-dessus&#8221;, mart\u00e8le le directeur.<\/p>\n<p><strong> Du r\u00e9seau artisanal \u00e0 l&#8217;ordinateur en bambara <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;ambition du Conseil d&#8217;administration de Kafo Jiginew n&#8217;est pas de couvrir l&#8217;ensemble du Mali mais de &#8220;s&#8217;implanter l\u00e0 o\u00f9 les populations n&#8217;ont pas acc\u00e8s au circuit bancaire commercial&#8221;. Le Conseil pense aux quartiers les plus d\u00e9favoris\u00e9s de Bamako, aux paysans d&#8217;autres r\u00e9gions du pays qui n&#8217;ont pas la chance de b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une culture de rente telle que le coton. &#8220;Et pourquoi pas dans la r\u00e9gion de Kayes, propose l&#8217;un des administrateurs. L&#8217;argent des \u00e9migr\u00e9s doit pouvoir \u00eatre canalis\u00e9 et permettre le d\u00e9veloppement de cette r\u00e9gion oubli\u00e9e du pouvoir central.&#8221; Les plus vieux paysans de Koutiala, qui sont aussi les plus riches, songent \u00e9galement \u00e0 de nouveaux produits bancaires comme le Plan \u00e9pargne p\u00e8lerinage qui permettrait aux soci\u00e9taires, majoritairement des musulmans pratiquants, d&#8217;obtenir un cr\u00e9dit \u00e0 bon taux afin de financer le voyage \u00e0 la Mecque. Beaucoup voudraient que Kafo Jiginew ait enfin les moyens r\u00e9els de ses ambitions premi\u00e8res : &#8220;Il s&#8217;agit de financer des tracteurs pour les paysans, mais aussi l&#8217;\u00e9lectrification des villages, la construction d&#8217;\u00e9coles, des postes de sant\u00e9, explique alors Sidib\u00e9. Or, les ressources collect\u00e9es aupr\u00e8s de nos soci\u00e9taires sont \u00e0 court terme. En mars dernier, nous avons obtenu 800 millions de francs CFA de ligne de cr\u00e9dit aupr\u00e8s de la Banque mondiale et du gouvernement belge. Ces fonds sont les premiers financements \u00e0 long terme dont nous disposons \u00e0 Kafo Jiginew. Il s&#8217;agit maintenant de bien les g\u00e9rer pour contribuer vraiment \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration des conditions de vie dans la r\u00e9gion.&#8221;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[303],"class_list":["post-1558","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-afrique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1558","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1558"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1558\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1558"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1558"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1558"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}