{"id":1547,"date":"1999-07-01T00:00:00","date_gmt":"1999-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-intelligence-entre-oedipe-et1547\/"},"modified":"1999-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-06-30T22:00:00","slug":"l-intelligence-entre-oedipe-et1547","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1547","title":{"rendered":"L&#8217;intelligence entre OEdipe et neurones"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> D\u00e9bat entre Dani\u00e8le L\u00e9vy et Jean-Pol Tassin <\/p>\n<p>Voir aussi Politiquement QI<strong> L&#8217;intelligence ne vaut qu&#8217;au service de l&#8217;amour, \u00e9crivait Saint-Exup\u00e9ry. De mani\u00e8re classique, elle est d\u00e9finie comme la capacit\u00e9 \u00e0 inventer des solutions, \u00e0 rep\u00e9rer dans un environnement interne ou externe des itin\u00e9raires nouveaux, des trac\u00e9s originaux, \u00e0 op\u00e9rer des synth\u00e8ses orient\u00e9es. Mais existe-t-il une unicit\u00e9 de sa d\u00e9finition ? Neurobiologistes et psychanalystes ont investi ce champs d&#8217;\u00e9tude. <\/strong><\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> Classiquement, l&#8217;intelligence se d\u00e9finit comme la facult\u00e9 de conna\u00eetre, de comprendre et de s&#8217;adapter. En tant que neurobiologiste, je vais partir du fonctionnement du syst\u00e8me nerveux central pour tenter d&#8217;en d\u00e9duire ce que pourrait \u00eatre l&#8217;intelligence.Il semble qu&#8217;il y ait deux grands modes de fonctionnement dans le syst\u00e8me nerveux central. L&#8217;un extr\u00eamement rapide, analogique, fonctionne dans des temps inf\u00e9rieurs \u00e0 300 millisecondes. Le second, cognitif, est beaucoup plus lent et pour cette raison nous y avons acc\u00e8s, car cela nous permet d&#8217;en avoir conscience. Nous avons l&#8217;impression que celui-l\u00e0 seul est important. Lorsque nous sommes en \u00e9tat d&#8217;\u00e9veil, ces deux modes oscillent de fa\u00e7on permanente sous le contr\u00f4le d&#8217;un ensemble extr\u00eamement restreint de cellules nerveuses qui ne repr\u00e9sente que 1 % du syst\u00e8me nerveux central lequel compte entre dix et cent milliards de neurones.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;\u00e9tat d&#8217;\u00e9veil, notre cerveau travaille en continu entre l&#8217;analogique et le cognitif et c&#8217;est le 1 % de neurones qui d\u00e9cide ce qui sera trait\u00e9 en analogique ou en cognitif. Ces neurones sont extr\u00eamement sensibles aux ph\u00e9nom\u00e8nes affectifs comme l&#8217;isolement ou les situations anxiog\u00e8nes. Un bon traitement cognitif, exige donc un &#8220;\u00e9tat affectif&#8221; adapt\u00e9. La stimulation doit \u00eatre suffisante pour permettre le passage au traitement cognitif mais si la situation est trop anxiog\u00e8ne, on bloque le syst\u00e8me cognitif.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de ces notions d&#8217;oscillations entre le traitement analogique et le traitement cognitif, on peut en arriver \u00e0 l&#8217;intelligence. Le nouveau-n\u00e9 \u00e0 la naissance, ne conna\u00eet que le traitement analogique. Progressivement, les neurones (le 1 %) se mettent en place, des structures comme le cortex pr\u00e9frontal se d\u00e9veloppent et, progressivement, le traitement cognitif appara\u00eet ; cela entra\u00eene une modification du stock analogique. Au fur et \u00e0 mesure de son d\u00e9veloppement, en fonction de son exp\u00e9rience, chaque individu fait des acquisitions li\u00e9es \u00e0 son traitement cognitif. Il les enverra ensuite dans son stock analogique pour le modifier. Les adultes ont ce stock analogique et le traitement cognitif qui fait faire des aller et retour entre les deux syst\u00e8mes.<\/p>\n<p>Le processus d&#8217;intelligence d\u00e9pend \u00e0 la fois du nombre d&#8217;\u00e9v\u00e9nements que l&#8217;on peut traiter en analogique et du temps pendant lequel on peut maintenir le traitement cognitif. L&#8217;intelligence est la cons\u00e9quence de ce double processus. A priori, le premier est g\u00e9n\u00e9tique et d\u00e9pend du patrimoine h\u00e9r\u00e9ditaire. Le second est fonction de l&#8217;histoire de chaque individu, le traitement cognitif \u00e9tant tr\u00e8s sensible au fonctionnement affectif. Une situation de malaise psychique bloquera ce traitement cognitif, maintiendra le syst\u00e8me en fonctionnement analogique et emp\u00eachera le d\u00e9veloppement et la modification du stock analogique par l&#8217;interm\u00e9diaire du traitement cognitif.<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> L&#8217;expos\u00e9 de Jean-Pol Tassin \u00e9voque, \u00e0 ma grande surprise, la Psychologie \u00e0 l&#8217;usage des scientifiques que Freud r\u00e9digea en 1895 sans jamais la publier. La parent\u00e9 de conception et de structure me para\u00eet d&#8217;autant plus frappante qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9poque on ne savait vraiment pas grand-chose des neurones. Par la suite Freud a renonc\u00e9 \u00e0 la r\u00e9f\u00e9rence physiologique. Entre le fonctionnement physiologique et la r\u00e9alit\u00e9 des comportements humains, une r\u00e9alit\u00e9 d&#8217;un autre type s&#8217;impose. Le psychanalyste intervient au nom de cette r\u00e9alit\u00e9 interm\u00e9diaire. A premi\u00e8re vue, il n&#8217;a donc rien \u00e0 dire sur l&#8217;intelligence. Son objet, c&#8217;est le psychisme en tant qu&#8217;inconscient : ou encore la dimension inconsciente du psychisme en tant qu&#8217;elle interf\u00e8re dans les paroles et les actes.<\/p>\n<p>S&#8217;il est vrai qu&#8217;il y a des pens\u00e9es inconscientes, quelles en sont les cons\u00e9quences ? \u00e7a pense en nous, mais nous n&#8217;en savons rien ou pas grand-chose, plus exactement quelque chose en nous ne veut pas le savoir. En revanche, ce que nous savons tous, c&#8217;est que &#8220;\u00e7a&#8221; r\u00e9sout tr\u00e8s bien les probl\u00e8mes. Sans nous. On ne s&#8217;en sort pas, on s&#8217;endort ou on s&#8217;en va, et le lendemain matin la solution est trouv\u00e9e. Du point de vue de l&#8217;intelligence, l&#8217;inconscient est plut\u00f4t moins born\u00e9 que nous. Pourquoi n&#8217;avons-nous pas un acc\u00e8s direct \u00e0 cette intelligence-l\u00e0 ? Cette limitation ne serait-elle pas li\u00e9e au contr\u00f4le que nous pr\u00e9tendons exercer sur nos pens\u00e9es comme sur nos actes ?<\/p>\n<p>Dans cette conception du psychisme, o\u00f9 se situe l&#8217;intelligence ? Nous l&#8217;avons vu, certainement pas au niveau conscient. Quant \u00e0 l&#8217;inconscient, il est certes ing\u00e9nieux mais born\u00e9 et compl\u00e8tement irr\u00e9aliste. Entre les deux ? Ce qu&#8217;on nomme intelligence se situe certainement au niveau de la tuyauterie, du syst\u00e8me de transformation qui \u00e9labore et rend pr\u00e9sentables les motions inconscientes. Mais comment la d\u00e9finir ? Partons d&#8217;une d\u00e9finition classique : la capacit\u00e9 \u00e0 inventer des solutions, \u00e0 rep\u00e9rer dans un environnement interne ou externe des itin\u00e9raires nouveaux, des trac\u00e9s originaux, \u00e0 op\u00e9rer des synth\u00e8ses orient\u00e9es. On ne parle d&#8217;intelligence que lorsque cette recherche d&#8217;un parcours nouveau dans un environnement donn\u00e9 est orient\u00e9e. Par quoi ? Par la r\u00e9alisation d&#8217;un d\u00e9sir. Etre intelligent, c&#8217;est identifier dans un magma : ou dans un syst\u00e8me structur\u00e9 d\u00e9j\u00e0 par un certain d\u00e9sir : les \u00e9l\u00e9ments qui permettront de r\u00e9aliser son propre d\u00e9sir. C&#8217;est donc l\u00e0-dessus que la psychanalyse a quelque chose \u00e0 dire : l&#8217;intelligence me para\u00eet beaucoup plus li\u00e9e \u00e0 la capacit\u00e9 \u00e0 mobiliser les ressources de pens\u00e9e et d&#8217;exploration qui existent en chacun de nous qu&#8217;\u00e0 la mesure de ces ressources elles-m\u00eames. La psychanalyse ne pr\u00e9tend pas que tout le monde ait une intelligence \u00e9gale, loin de l\u00e0, mais il semble que chacun en ait autant qu&#8217;il lui en faut. Que les capacit\u00e9s soient mobilisables ou inhib\u00e9es, que l&#8217;usage en soit investi, plus ou moins fortement, ou interdit, c&#8217;est une autre question : en fait la question d\u00e9cisive selon nous.<\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy vient d&#8217;expliquer que l&#8217;intelligence n&#8217;est s\u00fbrement pas dans le conscient. Donc, elle est dans l&#8217;inconscient ?<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> Entre les deux.<\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> Nous sommes d&#8217;accord. L&#8217;intelligence n&#8217;est ni dans le conscient, ni dans l&#8217;inconscient.<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> Le syst\u00e8me inconscient fonctionne tr\u00e8s vite, par analogie. Il suit probablement les lois de la symbolique. Mais la pens\u00e9e est-elle par nature inconsciente et en partie pr\u00e9consciente c&#8217;est-\u00e0-dire entre inconscient et conscient ? Est-elle enti\u00e8rement dans l&#8217;inconscient ? Dans ce dernier cas, quelle est la nature du syst\u00e8me de contr\u00f4le ? Freud n&#8217;a pas tranch\u00e9.<\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> L&#8217;intelligence, ce n&#8217;est pas le temps n\u00e9cessaire pour trouver une solution. Il se produit un traitement rapide des informations qui dure 300 millisecondes et ensuite il se passe quelque chose. Ce n&#8217;est pas de l&#8217;intelligence \u00e0 proprement parler, c&#8217;est un mode de fonctionnement. Tout le monde a ces rythmes de 300 millisecondes. Certains parviennent pendant ce laps de temps \u00e0 stimuler plusieurs bassins attracteurs, d&#8217;autres non. C&#8217;est \u00e9videmment g\u00e9n\u00e9tique. Pour l&#8217;instant, nous n&#8217;avons pas d&#8217;autres \u00e9l\u00e9ments pour pouvoir travailler sur cette question, mais cela d\u00e9pend du nombre de neurones et de la fa\u00e7on dont ils communiquent entre eux. Certaines personnes paraissent avoir un mode de traitement plus rapide que d&#8217;autres, en raison de modifications tr\u00e8s faibles des syst\u00e8mes de canaux qui permettent \u00e0 chaque cellule de lib\u00e9rer la mol\u00e9cule qui permettra la communication avec le neurone suivant. Ces variations sont tr\u00e8s faibles, mais elles sont multipli\u00e9es par 50 ou par 100 milliards de cellules. Cela se voit avec les enfants. Certains pensent tr\u00e8s vite. On leur pose une question et ils r\u00e9pondent rapidement. Cela ne signifie pas dire qu&#8217;ils soient tr\u00e8s intelligents. Ils ont trait\u00e9 plusieurs informations pendant un temps relativement court. C&#8217;est de l&#8217;analogie. Nous n&#8217;avons pas le moyen de le mesurer.<\/p>\n<p>Le test du QI mesure ce qui sort, la cons\u00e9quence de ce double traitement (analogique et cognitif). Le QI mesure d&#8217;une part les capacit\u00e9s praxiques, c&#8217;est-\u00e0-dire les capacit\u00e9s \u00e0 mettre diff\u00e9rents cubes les uns avec les autres pour former une image correspondant \u00e0 celle qui est montr\u00e9e, et d&#8217;autre part la capacit\u00e9 verbale. Des enfants peuvent avoir d&#8217;importantes diff\u00e9rences entre leur QI praxique et leur QI verbal. Tr\u00e8s vraisemblablement, le QI praxique est le QI analogique tandis que d&#8217;une certaine fa\u00e7on le QI verbal est le r\u00e9sultat du traitement analogique, cognitif et du retour vers l&#8217;analogique. Le QI verbal se modifie beaucoup plus lentement et de fa\u00e7on plus culturelle, en fonction du d\u00e9blocage \u00e9ventuel de l&#8217;enfant au cours de son d\u00e9veloppement. En revanche, le QI praxique risque d&#8217;\u00eatre relativement constant. La psychoth\u00e9rapie ou d&#8217;autres types de traitements peuvent-ils modifier les aptitudes \u00e0 l&#8217;assemblage ou la vision dans l&#8217;espace ? Je l&#8217;ignore.<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> La psychanalyse n&#8217;explique pas tout, mais le QI verbal d\u00e9pend aussi de la fa\u00e7on dont on s&#8217;est adress\u00e9 \u00e0 l&#8217;enfant, c&#8217;est-\u00e0-dire dont on a utilis\u00e9 le langage envers lui. Certaines personnes n&#8217;utilisent le langage que pour dire des choses gentilles et d&#8217;autres que pour rousp\u00e9ter : ou se plaindre : l&#8217;enfant sera alors \u00e0 la fois le b\u00e9n\u00e9ficiaire et la victime du langage. Pour lui, ce sera quelque chose de bien ou de redoutable ; dans ce dernier cas, il n&#8217;y touchera pas. De plus il y a toujours des choses dont on parle et d&#8217;autres dont on neparle pas, ou mal. Au-del\u00e0 d&#8217;une certaine mesure, l&#8217;angoisse rend b\u00eate.<\/p>\n<p>Mais l&#8217;intelligence n&#8217;est pas forc\u00e9ment une chose abstraite. On parle \u00e0 juste titre de l&#8217;intelligence des actes ou d&#8217;une intelligence concr\u00e8te, voire manuelle ; certains auront l&#8217;intelligence des relations humaines, d&#8217;autres pas&#8230; Chacun est jaloux de l&#8217;intelligence qu&#8217;il n&#8217;a pas. Comme pour l&#8217;attention, il y a pour chacun des domaines dans lesquels il peut exercer son intelligence et d&#8217;autres dans lesquels il se retrouve tout \u00e0 fait passif, effar\u00e9 parfois.<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 de mobilisation du syst\u00e8me est d\u00e9terminante. Elle d\u00e9pend de l&#8217;investissement ou de l&#8217;inhibition du fonctionnement interne de soi. Ce fonctionnement interne se trouvera-t-il valoris\u00e9 ? Jusqu&#8217;\u00e0 quel point ? Ceux qui sont bons \u00e0 l&#8217;\u00e9cole se montrent rarement &#8220;bons&#8221; partout. L&#8217;histoire de la personne joue aussi un r\u00f4le, l&#8217;histoire de la fa\u00e7on dont elle a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue, trait\u00e9e, consid\u00e9r\u00e9e par son entourage, de ce qu&#8217;elle a repr\u00e9sent\u00e9 pour les autres et de ce qu&#8217;elle est parvenue \u00e0 r\u00e9ussir elle-m\u00eame (pas seulement \u00e0 \u00e9prouver, mais \u00e0 faire). Ces facteurs peuvent entra\u00eener une survalorisation ou une d\u00e9valorisation de l&#8217;intelligence.<\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> Cela vous choque que l&#8217;on puisse mesurer l&#8217;intelligence. Je suis d&#8217;accord avec vous. Il n&#8217;est pas question de la mesurer. Les tests donnent des mesures que certains ont consid\u00e9r\u00e9es en relation avec l&#8217;intelligence. On veut absolument saisir ce qu&#8217;est l&#8217;intelligence, mais c&#8217;est quelque chose de suffisamment vaste et complexe pour que l&#8217;on soit parfaitement incapable de la d\u00e9finir compl\u00e8tement et de la mesurer parfaitement. Le test de Binet, ou une autre mesure d&#8217;intelligence, ne doit pas \u00eatre d\u00e9fendu. Il faut \u00e9viter de classer les gens en fonction de ce test d&#8217;intelligence, en disant : &#8220;Il n&#8217;a pas la moyenne, il est foutu&#8221; ou, &#8220;Il est surdou\u00e9, il fera quelque chose de super&#8221;. Avec un QI de 150, on peut se trouver en queue de classe pour des motifs affectifs, en raison pr\u00e9cis\u00e9ment d&#8217;une perte de motivation.<\/p>\n<p>Les enfants surdou\u00e9s comprennent plus vite que les autres. Pourtant, il leur arrive de d\u00e9crocher et alors ils n&#8217;apprennent plus rien ; leur traitement de l&#8217;information devient d\u00e9sesp\u00e9rant. La seule fa\u00e7on de les &#8220;tirer&#8221;, de les faire fonctionner est de leur donner 5 \u00e0 10 fois plus d&#8217;informations qu&#8217;\u00e0 ceux qui ne le sont pas. C&#8217;est choquant, mais c&#8217;est li\u00e9 \u00e0 un processus purement g\u00e9n\u00e9tique. Des associations ont travaill\u00e9 sur les surdou\u00e9s avec des tests plus \u00e9labor\u00e9s que celui de Binet. Leurs responsables pr\u00e9tendent que quasiment chaque surdou\u00e9 a dans sa famille un ascendant qui r\u00e9pond de fa\u00e7on tr\u00e8s positive au test. Bref, on ne serait pas surdou\u00e9 par hasard. On ne l&#8217;est pas en raison de son milieu riche ou pauvre mais parce que, g\u00e9n\u00e9tiquement, on a des parents. Cela ne veut pas dire qu&#8217;un surdou\u00e9 est quelqu&#8217;un de tr\u00e8s bien et de fantastique. Cela signifie simplement qu&#8217;il \u00e0 la possibilit\u00e9 de traiter un message pendant un temps relativement plus court que les autres.<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> Je veux mettre un b\u00e9mol. M\u00eame si dans une famille il y a toujours un ascendant qui est lui aussi tr\u00e8s intelligent&#8230; Cela peut tout aussi bien indiquer que dans cette famille il y a un surinvestissement d&#8217;une certaine r\u00e9gion du savoir ou de l&#8217;activit\u00e9, qui se transmet. Je ne veux pas nier la dimension g\u00e9n\u00e9tique, l&#8217;id\u00e9e est trop plaisante, m\u00eame si elle est plut\u00f4t inqui\u00e9tante. Mais elle ne peut pas \u00eatre seule en cause.<\/p>\n<p><strong> Jean-Pol Tassin : <\/strong> Il est choquant d&#8217;imaginer que les enfants ne sont pas \u00e9gaux et d&#8217;\u00eatre confront\u00e9 \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9. Cela ne veut pas dire qu&#8217;ils n&#8217;auront pas, au final, tous autant de chances.<\/p>\n<p><strong> Dani\u00e8le L\u00e9vy : <\/strong> Ils ne sont pas \u00e9gaux devant le QI comme devant beaucoup d&#8217;autres choses. Comme il existe des familles de luthiers, de boulangers ou de plombiers, il y a aussi des familles de surdou\u00e9s et des familles de d\u00e9biles. On reprend d&#8217;autres choses de ses parents que le m\u00eame m\u00e9tier. Existe-t-il une unicit\u00e9 de la d\u00e9finition de l&#8217;intelligence ? Si l&#8217;on prend en consid\u00e9ration la capacit\u00e9 d&#8217;analyse pour identifier les \u00e9l\u00e9ments, la capacit\u00e9 de synth\u00e8se pour les r\u00e9unir et trouver une fa\u00e7on de les organiser en fonction d&#8217;un but, alors il n&#8217;y a aucune raison de ne pas appeler l&#8217;identification de la piste du gibier par les bushmen, intelligence. Ils suivent la piste en identifiant des signes, des traces. La suivent-t-ils \u00e0 l&#8217;odeur ? On a toujours l&#8217;impression que les bushmen sont plus pr\u00e8s de l&#8217;animalit\u00e9, et donc d&#8217;une performance plus ais\u00e9e, plus naturelle et moins compliqu\u00e9e, qui passe moins par des d\u00e9tours culturels. Rien n&#8217;est moins s\u00fbr. n<\/p>\n<p>Cette rencontre, anim\u00e9e par Alain Bascoulergue, a EtE organis\u00e9e par l&#8217;Association Science Technologie Soci\u00e9t\u00e9 ( ASTS, 19, place de l&#8217;Argonne, 75019 Paris, tel 01 44 89 82 82 ) qui en publiera un compte rendu int\u00e9gral.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> D\u00e9bat entre Dani\u00e8le L\u00e9vy et Jean-Pol Tassin <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1547","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1547"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1547\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}