{"id":1484,"date":"1999-06-01T00:00:00","date_gmt":"1999-05-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-cote-obscur-de-la-force-des1484\/"},"modified":"1999-06-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-05-31T22:00:00","slug":"le-cote-obscur-de-la-force-des1484","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1484","title":{"rendered":"Le c\u00f4t\u00e9 obscur de la force des mots"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Bleus, Noirs<strong> Le deuxi\u00e8me Festival du Roman Noir de Frontignan (*) accueille les 4, 5 et 6 juin les tenants d&#8217;une litt\u00e9rature de voyous, indisciplin\u00e9s coureurs du monde, de ses bas-fonds, \u00e9claireurs et explorateurs d&#8217;une contre-litt\u00e9rature aussi enrag\u00e9e qu&#8217;engag\u00e9e. <\/strong><\/p>\n<p>Organis\u00e9 par l&#8217;association Soleil Noir, le Festival propose cette ann\u00e9e une programmation plut\u00f4t \u00e9blouissante en invitant les ma\u00eetres du roman noir am\u00e9ricain (Nisbet, Chesbro, O&#8217;Connell, Crumley, Higgins, Van de Wettering) et en offrant une rencontre avec les bidouilleurs italiens du genre : le nouveau &#8220;Giallo&#8221;, comme on l&#8217;appelle l\u00e0-bas : (Spezi, Battisti, Filasto, Lucarelli, Machiavelli, Pinketts, etc.). L'&#8221;\u00e9cole fran\u00e7aise&#8221; sera \u00e9galement pr\u00e9sente, avec Raynal, Pouy, Carrese, Pagan, etc. et des auteurs \u00e0 d\u00e9couvrir, comme Olivier Pelou, Robert Gordienne&#8230; L&#8217;un des buts de ce festival est, selon son organisateur et ma\u00eetre d&#8217;oeuvre Michel Gueorguieff, de r\u00e9habiliter une litt\u00e9rature populaire ; Frontignan est un espace con\u00e7u pour rendre compte de &#8220;l&#8217;ensemble de la production litt\u00e9raire dite populaire, ses avanc\u00e9es, son acuit\u00e9 en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne culturel majeur de cette fin de si\u00e8cle, des d\u00e9cloisonnements sensibles avec les autres formes litt\u00e9raires souvent mieux connues&#8221;.<\/p>\n<p><strong> Un rapport politiquement incorrect du monde actuel <\/strong><\/p>\n<p>Comme l&#8217;\u00e9crivait l&#8217;auteur am\u00e9ricain J\u00e9r\u00f4me Charyn, &#8220;le roman noir ne r\u00e9sout aucune \u00e9nigme, il nous emm\u00e8ne dans le labyrinthe de nos propres vies, il fait tomber les masques \u00e0 une \u00e9poque de masques&#8221;. Le terme g\u00e9n\u00e9rique de &#8220;roman policier&#8221; tombe en d\u00e9su\u00e9tude et les limites du genre : libertaire, donc aux fronti\u00e8res par essence plut\u00f4t peu \u00e9tanches : ont \u00e9volu\u00e9. Quoi de commun entre les d\u00e9ambulations picaresques d&#8217;un anti-h\u00e9ros de Lucarelli dans Guernica (1), et les plans et embrouilles savamment calcul\u00e9es des truands de Higgins ? Que reste-t-il de l&#8217;image du &#8220;priv\u00e9&#8221; ? Et James Crumley, l&#8217;auteur de la Danse de l&#8217;Ours (2), que l&#8217;on qualifie de nouveau Chandler, de r\u00e9torquer : &#8220;Mes h\u00e9ros ont du coeur, mais ils n&#8217;ont pas la m\u00eame bonne \u00e9ducation que Philip Marlowe&#8221; (le &#8220;priv\u00e9&#8221; des romans de Raymond Chandler, NDLR). Cette &#8220;morsure noire&#8221; : comme Charyn aime \u00e0 d\u00e9finir le genre : est un rapport politiquement incorrect du monde actuel, une litt\u00e9rature du r\u00e9el qui donne \u00e0 voir des monographies souvent cisel\u00e9es et ac\u00e9r\u00e9es de cette fin de si\u00e8cle, pour des \u00e9critures souvent digressives, imag\u00e9es, color\u00e9es. Il est bien dommage de continuer \u00e0 utiliser si p\u00e9jorativement le qualificatif de &#8220;litt\u00e9rature de gare&#8221;, pour une litt\u00e9rature du mouvement, ouverte et dont le seul principe est de ne pas se replier sur elle-m\u00eame, en transgressant tous les codes litt\u00e9raires qui cloisonnent la litt\u00e9rature dans un archa\u00efque acad\u00e9misme. Les auteurs vous en convaincront d&#8217;eux-m\u00eames&#8230;<\/p>\n<p>*Au programme : de nombreux \u00e9crivains seront pr\u00e9sents, plusieurs tables rondes, des expos, une &#8220;Semaine du film noir&#8221;, anim\u00e9e par Fran\u00e7ois Gu\u00e9rif, directeur des \u00c9d. Rivages.<\/p>\n<p>1. Carlo Lucarelli, Guernica. Editions Gallimard\/Noire, 1998, traduit de l&#8217;italien par Arlette Lauterbach, 136 p., 70 F.<\/p>\n<p>2. James Crumley, la Danse de l&#8217;ours, Ed. Gallimard\/Folio Policier, traduit de l&#8217;am\u00e9ricain par F. Lasquin, 400 p., 39 F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1484","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1484","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1484"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1484\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1484"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1484"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1484"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}