{"id":1455,"date":"1999-05-01T00:00:00","date_gmt":"1999-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/en-etrange-compagnie1455\/"},"modified":"1999-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-04-30T22:00:00","slug":"en-etrange-compagnie1455","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1455","title":{"rendered":"En \u00e9trange compagnie"},"content":{"rendered":"<p>Trois albums qui r\u00e9investissent \u00e0 leur mani\u00e8re l&#8217;art de l&#8217;inventaire th\u00e9matique en l&#8217;appliquant aux fictions les plus \u00e9chevel\u00e9es : Des animaux fantastiques : dragon, centaure, sir\u00e8ne, griffon, licorne&#8230; l&#8217;imagination galope dans l&#8217;espace et le temps et du c\u00f4t\u00e9 des repr\u00e9sentations tous les coups sont permis. Ce sont donc des centaines d&#8217;histoires qui se trouvent r\u00e9pertori\u00e9es, mises en parall\u00e8le, chahut\u00e9es, magnifi\u00e9es, dans une mise en pages ouverte sur toutes les lectures. Car on ne fait jamais deux fois la m\u00eame lecture de ce bel album (Nathan 120 F).<\/p>\n<p>Ma vall\u00e9e : un de ces formats g\u00e9ants qu&#8217;adore Claude Ponti pour proposer une sorte de guide-album-photo explorant cadre de vie et relations affectives d&#8217;un petit Touim&#8217;s, derni\u00e8re cr\u00e9ature n\u00e9e de son imagination aux d\u00e9lires savamment ma\u00eetris\u00e9s. J&#8217;avoue mon inconditionnalit\u00e9 ! (L&#8217;Ecole des Loisirs, 140 F). On s&#8217;\u00e9clate avec les pastels \u00e9bouriffants de Riff dans un r\u00e9pertoire des figures \u00e0 vocation horrifique auxquelles Rascal ajoute un gag final hors panoplie : Si tu aimes avoir peur (Pastel, 78 F).<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 de ces grands formats, un petit album modeste et rare : Comme chaque matin. A sa mani\u00e8re d&#8217;assembler bouts de fils de fer, bouts de bois, bouts de tissus, Christian Voltz impose un langage minimaliste particuli\u00e8rement efficace, en parfaite concordance avec le r\u00e9cit. Un de ces petits riens du quotidien o\u00f9 il faut chercher sous les apparences r\u00e9p\u00e9titives le grain de sable, la f\u00ealure, par lesquels tout bascule dans l&#8217;aventure a priori hors de port\u00e9e. La couleur d&#8217;une cravate mal assortie&#8230; et M. L\u00e9on existe enfin aux yeux des autres (Le Rouergue, 68 F).<\/p>\n<p>Deux albums pour la luxuriance imaginative : dans Emerveilles, des &#8220;brisures de l\u00e9gendes&#8221; et autres &#8220;rognures de sagas&#8221; venues de Martinique, pour lesquelles Patrick Chamoiseau a remplac\u00e9 le &#8220;il \u00e9tait une fois&#8221; par un &#8220;on a vu (ou cru voir)&#8221; induisant toutes les v\u00e9rit\u00e9s-menteries d&#8217;un \u00e9crivain enchanteur qui ensemence le fran\u00e7ais des m\u00e9tissages s\u00e9mantiques les plus r\u00e9jouissants. Les peintures de Maure et la postface en disent plus (Gallimard, 94 F) ; le Tibet de Peter Sis : r\u00e9cits de voyage et histoires fabuleuses inextricablement li\u00e9es par des souvenirs d&#8217;enfance. Ce Tibet, c&#8217;est l&#8217;Am\u00e9rique des r\u00eaves fous, c&#8217;est la remise \u00e0 nu de fantasmes emmagasin\u00e9s dans la m\u00e9moire intime. Jamais, sans doute, cet artiste n&#8217;est all\u00e9 aussi loin dans l&#8217;exploration de son univers mental \u00e0 travers des transpositions d&#8217;une fulgurante beaut\u00e9 (Grasset-Jeunesse, 110 F).<\/p>\n<p>Avec la collection &#8220;Il suffit de passer le pont&#8221;, c&#8217;est la rencontre m\u00eame du lecteur avec un univers po\u00e9tique qui fait r\u00e9cit. La parit\u00e9 image-texte fonctionne non comme une explicitation de l&#8217;une par rapport \u00e0 l&#8217;autre, mais plut\u00f4t comme une source de questionnements nouveaux o\u00f9 la repr\u00e9sentation graphique tr\u00e8s distanc\u00e9e contraint les mots \u00e0 s&#8217;\u00e9chapper de la page. Il y a Le Baudelaire, Le Verlaine et&#8230; Le Boby Lapointe. Et nous aussi ! (Mango, 99 F).<\/p>\n<p>Quelques romans, enfin. Avec la nouvelle collection &#8220;Le furet enqu\u00eate&#8221; (Albin Michel Jeunesse, 35 F), tout comme dans &#8220;Souris noire&#8221; chez Syros, il s&#8217;agit ici de faire fonctionner les rouages du polar dans un contexte d&#8217;aujourd&#8217;hui dont les r\u00e9cits fournissent des grilles de lecture sans complaisance. Le h\u00e9ros, un anti-baroudeur de 14 ans, flanqu\u00e9 de quelques comparses inchangeables, anime une s\u00e9rie d&#8217;enqu\u00eates au hasard de ses voyages dans l&#8217;Hexagone. Et surtout en fonction de choix narratifs d&#8217;\u00e9crivains ma\u00eetres du genre, comme Frank Pavloff, Fajardie, Jean-Hugues Oppel. Les six premiers titres parus m\u00e9ritent des suites.<\/p>\n<p>Car le polar et ses banlieues n&#8217;ont pas fini de fournir des cl\u00e9s singuli\u00e8res pour rejoindre les grandes interrogations de ce temps. T\u00e9moin, la s\u00e9rie de sensibilit\u00e9 \u00e9cologiste Plan\u00e8te verte que dirige Yves Fr\u00e9mion en Biblioth\u00e8que verte. L&#8217;ami G\u00e9rard Streiff qu&#8217;on n&#8217;attendait pas dans ces parages s&#8217;y hasarde non sans documents s\u00e9rieux dans ses bagages, pour lancer quelques jeunes h\u00e9ros dans les dessous \u00e0 entr\u00e9es multiples de l&#8217;ass\u00e8chement de la mer d&#8217;Aral (le Chalutier du d\u00e9sert). Une catastrophe \u00e9cologique majeure qui appelle ce genre de roman d&#8217;avertissement, o\u00f9 l&#8217;aventure ne fait que commencer. Et o\u00f9 l&#8217;auteur sait secouer les indignations. Les lecteurs de regards le savent !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Trois albums qui r\u00e9investissent \u00e0 leur mani\u00e8re l&#8217;art de l&#8217;inventaire th\u00e9matique en l&#8217;appliquant aux fictions les plus \u00e9chevel\u00e9es : Des animaux fantastiques : dragon, centaure, sir\u00e8ne, griffon, licorne&#8230; l&#8217;imagination galope dans l&#8217;espace et le temps et du c\u00f4t\u00e9 des repr\u00e9sentations tous les coups sont permis. 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