{"id":1435,"date":"1999-05-01T00:00:00","date_gmt":"1999-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-nouveaux-chemins-de-la-sociale1435\/"},"modified":"1999-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-04-30T22:00:00","slug":"les-nouveaux-chemins-de-la-sociale1435","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1435","title":{"rendered":"Les nouveaux chemins de la &#8216;sociale&#8217;"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> D\u00e9bat entre Michel Deschamps <\/p>\n<p><strong> Le mouvement social et la politique se tournent le dos et semblent en panne, chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Pour sortir de cette impasse, Michel Deschamps a choisi de se pr\u00e9senter sur la liste &#8220;\u00e0 double parit\u00e9&#8221; conduite par Robert Hue. Christophe Aguiton privil\u00e9gie la recomposition du mouvement social. <\/strong><\/p>\n<p><strong> Michel Deschamps :** **\u00ab L&#8217;heure est \u00e0 la vraie confrontation, constructive, entre le mouvement social et la politique. Il y a urgence .\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><strong> Christophe Aguiton :** **\u00ab La recomposition du mouvement social doit se faire dans l&#8217;autonomie sans qu&#8217;interf\u00e8rent d&#8217;autres d\u00e9bats qui compliqueraient la t\u00e2che .\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><strong> Christophe Aguiton : <\/strong> Pourquoi avons-nous aujourd&#8217;hui l&#8217;impression de travailler dans des sph\u00e8res compl\u00e8tement ind\u00e9pendantes, le social, le politique et la sph\u00e8re intellectuelle qui a aussi sa sp\u00e9cificit\u00e9 ? Fondamentalement, la difficult\u00e9 provient de l&#8217;affaiblissement des grandes perspectives historiques \u00e0 partir des ann\u00e9es 80. Ces projets ont eu une force propulsive consid\u00e9rable. Qu&#8217;on songe, par exemple, que la remise en cause de la propri\u00e9t\u00e9 pouvait r\u00e9unir des penseurs comme Marx et Proudhon. Les visions du monde des militants s&#8217;articulaient autour d&#8217;un couple fin\/moyen, projet de soci\u00e9t\u00e9\/strat\u00e9gie pour y arriver. Le projet de soci\u00e9t\u00e9 en lui-m\u00eame restait assez vague mais le couple projet\/strat\u00e9gie structurait nos combats, on \u00e9tait pour le Programme commun de la gauche ou pour la r\u00e9volution&#8230; Tout cela s&#8217;est affaibli du fait des difficult\u00e9s strat\u00e9giques : on ne voyait plus comment y arriver apr\u00e8s la victoire de Mitterrand : et surtout du fait de la crise des perspectives historiques qui a touch\u00e9 non seulement les tenants du communisme historique et les partisans d&#8217;une rupture radicale mais aussi la social-d\u00e9mocratie. Les mod\u00e8les social-d\u00e9mocrates, keyn\u00e9siens, tiers-mondistes sont entr\u00e9s \u00e9galement en crise. Il en r\u00e9sulte que chacun g\u00e8re ce qu&#8217;il peut dans le domaine o\u00f9 il est : politique, social ou intellectuel. Non seulement, il y a cette s\u00e9paration mais chacun de ces champs : pour reprendre la terminologie de Pierre Bourdieu : est lui-m\u00eame \u00e9clat\u00e9. Je vois par exemple dans AC ! les difficult\u00e9s que nous avons, malgr\u00e9 tous nos efforts \u00e0 travailler ensemble, ch\u00f4meurs et salari\u00e9s&#8230; La difficult\u00e9 \u00e0 reglobaliser renvoie \u00e0 la perte de projet et rend difficile la r\u00e9solution des probl\u00e8mes. Derri\u00e8re, il y a l&#8217;abandon de la centralit\u00e9 du mouvement ouvrier comme r\u00e9f\u00e9rence globale \u00e0 tous ces mouvements. On parle de mouvement sociaux et plus de mouvement ouvrier. Mais cela n&#8217;a pas que des effets n\u00e9gatifs. Nous sommes lib\u00e9r\u00e9s de la critique permanente d&#8217;\u00eatre les otages de telle ou telle organisation politique. Chacun re\u00e7oit des soutiens en fonction des valeurs qu&#8217;il porte et pas de ses attaches partisanes.<\/p>\n<p><strong> Michel Deschamps : <\/strong> Le mouvement syndical ne r\u00e9soudra pas ces probl\u00e8mes s&#8217;il continue, comme c&#8217;est le cas aujourd&#8217;hui, \u00e0 ne pas se les poser. Au coeur de la r\u00e9flexion, la panne actuelle du politique et du mouvement social. En d\u00e9cembre 1995, nous avons pu mesurer la contradiction entre une mobilisation sociale sans pr\u00e9c\u00e9dent depuis des d\u00e9cennies et des r\u00e9sultats qui, \u00e0 l&#8217;\u00e9vidence, n&#8217;\u00e9taient pas \u00e0 la hauteur. J&#8217;ai ressenti l\u00e0 cette double paralysie qui r\u00e9sulte de la non-rencontre du mouvement social et du mouvement politique et la n\u00e9cessit\u00e9 de sortir de cette impasse pour l&#8217;efficacit\u00e9 m\u00eame du mouvement social et du politique.<\/p>\n<p>Au fond, le couple social\/politique fonctionnait selon un partage des t\u00e2ches hi\u00e9rarchis\u00e9 : le mouvement syndical assurait le combat quotidien, la strat\u00e9gie revendicative ; la politique d\u00e9tenait les fins et, en dernier ressort, donnait sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 cette strat\u00e9gie. Ce partage hi\u00e9rarchis\u00e9 allait \u00e0 l&#8217;encontre de l&#8217;ind\u00e9pendance proclam\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement et fortement. Elle &#8220;pervertissait&#8221; aussi bien la demande syndicale que le projet politique : la revendication syndicale s&#8217;appr\u00e9ciait \u00e0 l&#8217;aune du projet de transformation sociale. Et le programme politique devait, lui, absolument contenir tout le catalogue revendicatif. Aucune des deux formes ne trouvait ainsi sa vraie autonomie. A pr\u00e9sent, le syndicalisme se retrouve, en quelque sorte, orphelin des rep\u00e8res historiques qui l\u00e9gitimaient son action au quotidien. Le mouvement social et, en son sein, le mouvement syndical se retrouve plus libre qu&#8217;ils n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9, enfin d\u00e9barrass\u00e9 de la tutelle du politique. Mais c&#8217;est cette libert\u00e9 m\u00eame qui semble l&#8217;embarrasser.<\/p>\n<p><strong> C.A. : <\/strong> Malgr\u00e9 tout, la France est un pays o\u00f9 le mouvement syndical se pose le plus les questions de soci\u00e9t\u00e9. Regardons comment la FSU, la CGT, SUD et d&#8217;autres ont pu soutenir les sans-papiers, ou penser la question des ch\u00f4meurs comme incontournable. Ou encore d\u00e9velopper des structures autonomes sur le terrain du combat des femmes. Le mouvement syndical a pu facilement soutenir tous ces mouvements. M\u00eame si des diff\u00e9rences subsistent et si l&#8217;activit\u00e9 pratique ne se combine pas facilement. Dans d&#8217;autres pays du Nord o\u00f9 le syndicalisme est plus fort que chez nous, chacun reste dans son monde.<\/p>\n<p><strong> M.D. : <\/strong> Plut\u00f4t que d&#8217;en rester \u00e0 la s\u00e9paration, exprimons plut\u00f4t la volont\u00e9 de rapprochement. Comment faire ? Le mouvement syndical fran\u00e7ais est faible et d\u00e9pendant. La d\u00e9pendance n&#8217;est pas seulement id\u00e9ologique, th\u00e9orique ; elle rel\u00e8ve aussi de questions concr\u00e8tes. C&#8217;est du politique que d\u00e9pendent la reconnaissance institutionnelle du syndicalisme, la mesure de sa repr\u00e9sentativit\u00e9, son financement, son acc\u00e8s aux sommets sociaux&#8230;<\/p>\n<p><strong> C.A. : <\/strong> La faiblesse est r\u00e9ciproque. Le mouvement politique aussi est d\u00e9pendant. Les r\u00e8gles de repr\u00e9sentativit\u00e9, par exemple, ne renvoient pas seulement aux d\u00e9cisions des responsables politiques mais correspondent aussi \u00e0 des rapports de forces r\u00e9els, m\u00eame s&#8217;il faut du temps pour y arriver. Quand les politiques essaient d&#8217;intervenir directement, ils se prennent souvent les pieds dans le tapis. Les tentatives de bloquer l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un nouveau syndicalisme n&#8217;ont pas march\u00e9. La social-d\u00e9mocratie, pourtant largement majoritaire chez les enseignants, n&#8217;a pas pu imposer la recomposition du syndicalisme que souhaitait la direction de la FEN. De m\u00eame, les luttes sociales ont eu des cons\u00e9quences consid\u00e9rables sur le terrain politique. Chirac s&#8217;est fait \u00e9lire sur l&#8217;id\u00e9e de r\u00e9duction de la fracture sociale \u00e0 un moment o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise retrouvait le chemin de la lutte. Quelques mois apr\u00e8s, il op\u00e8re un tournant vers la rigueur et se retrouve avec novembre-d\u00e9cembre 95 dans la plus forte tourment sociale depuis 68. Cet exemple montre la fragilit\u00e9 des politiques. L&#8217;affaiblissement des structures politiques comme les partis est sym\u00e9trique de celui des organisations du mouvement social.<\/p>\n<p><strong> M.D. : <\/strong> Double faiblesse, double impasse. L&#8217;effet de novembre 95 en terme d&#8217;alternance est \u00e9vident. L&#8217;arriv\u00e9e de Jospin \u00e0 la t\u00eate du gouvernement est la r\u00e9sultante du mouvement social mais \u00e9videmment pas son aboutissement. On voit d\u00e9j\u00e0 rena\u00eetre la d\u00e9ception. On en reste \u00e0 cette ligne de pente dangereuse et st\u00e9rile, de &#8220;l&#8217;\u00e9ternelle trahison&#8221; : le mouvement social permet \u00e0 la gauche d&#8217;arriver au pouvoir. Il la regarde faire et d\u00e9nonce ses trahisons successives&#8230; C&#8217;est l&#8217;impasse supr\u00eame. Cette m\u00e9fiance ne nourrit pas un vrai mouvement alternatif, politique et social, mais laisse plut\u00f4t le champ libre \u00e0 l&#8217;abstention voire \u00e0 l&#8217;extr\u00eame-droite.<\/p>\n<p>Pour autant, le refus de ce sc\u00e9nario r\u00e9current ne conduit pas \u00e0 taire la critique des forces politiques de gauche, n\u00e9cessaire et m\u00e9rit\u00e9e : o\u00f9 \u00e9taient-elles en novembre et d\u00e9cembre 1995 ? Que disent-elles aujourd&#8217;hui sur la protection sociale ? Les minima sociaux ? La formation des jeunes ? Il ne s&#8217;agit pas que les politiques relaient et redoublent la parole syndicale. Il s&#8217;agit de souligner la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une parole politique forte. Mais le constat de la trahison reste court. Il ne permet pas de sortir de l&#8217;impasse. L&#8217;action sociale quotidienne n&#8217;est plus l\u00e9gitim\u00e9e ni par un projet politique englobant ni par un personnel politique qui pourrait parler au nom de tous. Comment se reconstruit la l\u00e9gitimit\u00e9 ? Comment le syndicalisme, le mouvement social peuvent-ils d\u00e9battre avec les politiques de l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de responsabilit\u00e9 et de dignit\u00e9 ? C&#8217;est une question d&#8217;efficacit\u00e9 pour le politique, une question de responsabilit\u00e9 pour le mouvement social. Sinon quoi ? La fuite en avant ? L&#8217;addition de revendications ? L&#8217;enfilement des actions ? Le &#8220;pan-syndicalisme&#8221; ?<\/p>\n<p>Ou bien encore, l&#8217;alignement du syndicalisme sur le moins-disant social et sur les marges ? La peur de la mobilisation ?<\/p>\n<p>Un champ s&#8217;ouvre aujourd&#8217;hui pour \u00e9viter la st\u00e9rilisation du mouvement social et l&#8217;enlisement du politique.<\/p>\n<p><strong> C.A. : <\/strong> La reconstruction sera lente. Il faut d&#8217;abord que le social se recompose ou trouve les moyens d&#8217;une action compl\u00e9mentaire sur son propre terrain. Le mouvement syndical fran\u00e7ais est particuli\u00e8rement faible, en partie parce qu&#8217;il est divis\u00e9 mais la crise existe dans tous les pays comparables d&#8217;Europe, d&#8217;Am\u00e9rique du Nord et au Japon. Le syndicalisme se r\u00e9tr\u00e9cit sur ses places fortes traditionnelles, souvent il n&#8217;existe plus que dans les grandes entreprises, il a peu de liens avec les pr\u00e9caires, les ch\u00f4meurs ont du mal \u00e0 s&#8217;y retrouver, les cadres aussi, etc. Ce qui se joue, c&#8217;est une recomposition du mouvement social qui aille au-del\u00e0 du syndicalisme tel qu&#8217;il est organis\u00e9 aujourd&#8217;hui. Ce qui veut dire \u00e9tablir des relations entre ch\u00f4meurs, pr\u00e9caires et salari\u00e9s, permettre aux femmes de se retrouver dans le combat syndical, ou au niveau international, de construire des mouvements sociaux europ\u00e9ens. Cela doit se faire dans l&#8217;autonomie car les forces sociales sont faibles et il ne faut pas qu&#8217;interf\u00e8rent d&#8217;autres d\u00e9bats qui compliqueraient la t\u00e2che. Ensuite, il faut en finir avec le partage des t\u00e2ches hi\u00e9rarchis\u00e9. On a besoin de gens qui servent d&#8217;intercesseurs, de passeurs et de lieux o\u00f9 se produisent des \u00e9changes \u00e0 \u00e9galit\u00e9. C&#8217;est sans doute plus facile \u00e0 construire avec les intellectuels qu&#8217;avec les politiques. Enfin, il faut dans le m\u00eame temps voir comment un projet pourrait se reconstituer. En particulier, en quoi les revendications aident \u00e0 le red\u00e9finir. Le mouvement social a en cela un r\u00f4le important \u00e0 jouer en dialogue avec les intellectuels et les politiques. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de d\u00e9fense des valeurs, les luttes de ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont permis d&#8217;aborder de fa\u00e7on concr\u00e8te toutes sortes de questions. Ce n&#8217;est pas la m\u00eame chose d&#8217;avoir un d\u00e9bat th\u00e9orique sur l&#8217;ouverture des fronti\u00e8res \u00e0 tout le monde ou un d\u00e9bat pratique sur la r\u00e9gularisation de ceux qui en ont fait la demande. M\u00eame diff\u00e9rence entre le d\u00e9bat th\u00e9orique sur le revenu universel et la revendication concr\u00e8te port\u00e9e par les ch\u00f4meurs d&#8217;une augmentation de 1 500F des revenus minimum qui permet d&#8217;arriver de fait \u00e0 un revenu minimum de 4 000 F par mois ouvert \u00e0 tous. Peut-on vivre avec moins de 4 000F par mois ? Une revendication port\u00e9e par des acteurs pendant une lutte change la donne.<\/p>\n<p><strong> M.D. : <\/strong> Je ne crois pas que le social se reconstruira seul. Il n&#8217;en a pas le temps. Si chacun reste enferm\u00e9 dans sa logique propre, dans sa culture&#8230; comment nourrir les convergences ? L&#8217;heure est \u00e0 la vraie confrontation, constructive, entre le mouvement social et la politique. Le mouvement social y a int\u00e9r\u00eat dans un souci m\u00eame d&#8217;efficacit\u00e9. Regardons deux probl\u00e8mes tr\u00e8s concrets : le traitement de l&#8217;immigration, le rel\u00e8vement des minimas sociaux. Comment ne pas voir que deux analyses, deux logiques, deux discours sont en train de se construire, de plus en plus irr\u00e9ductibles. Le mouvement social dit se poser ces questions, collectivement et clairement. Cette r\u00e9flexion ne peut \u00eatre r\u00e9serv\u00e9e aux dirigeants et conduite de fa\u00e7on implicite, en dehors des adh\u00e9rents.<\/p>\n<p>Concernant ma d\u00e9marche de participer \u00e0 la liste conduite par Robert Hue, j&#8217;aurais souhait\u00e9 que d&#8217;autres partis de gauche aient le m\u00eame souci d&#8217;ouverture et que d&#8217;autres militants, comme moi du mouvement social, aient la m\u00eame d\u00e9marche.<\/p>\n<p>Deux conditions &#8220;\u00e9thiques&#8221; sont pour moi n\u00e9cessaires. D&#8217;abord qu&#8217;il soit parfaitement clair, pour les personnalit\u00e9s issues du mouvement social, qu&#8217;elles n&#8217;engagent pas leurs organisations : la d\u00e9marche est individuelle : je vois simplement que les intellectuels ne suffisent pas \u00e9tablir des passerelles entre les politiques et le mouvement social. Je crois qu&#8217;il y a aussi besoin de &#8220;passeurs&#8221; militants, ne reniant rien de leur engagement social.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me condition, c&#8217;est qu&#8217;il ne s&#8217;agisse pas de &#8220;d\u00e9bauchage individuel&#8221;. On a vu dans le pass\u00e9 maints exemples de personnalit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 civile absorb\u00e9es par les politiques. Robert Hue et le Parti communiste sont les seuls \u00e0 avoir eu le courage de conduire la d\u00e9marche jusqu&#8217;au bout, proposant \u00e0 ces militants venus d&#8217;ailleurs la moiti\u00e9 de la liste, y compris dans sa partie \u00e9ligible. Bien entendu, il pourrait exister d&#8217;autres initiatives. Mais l&#8217;objectif est clair : construire une parole politique diff\u00e9rente avec des acteurs diff\u00e9rents mais \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong> C.A. : <\/strong> D&#8217;accord pour des passeurs qui ne se limitent pas aux intellectuels. Mais il ne faut pas qu&#8217;ils aient un r\u00f4le contre-productif. Le choix du PC regarde le PC. L&#8217;essentiel, pour moi, c&#8217;est ce que va dire cette liste sur les grands probl\u00e8mes, les questions sociales, l&#8217;Europe, etc. Avec le r\u00e9seau europ\u00e9en dans lequel milite AC !, nous avons trois grandes pr\u00e9occupations : le droit de vivre avec un revenu d\u00e9cent, que l&#8217;on soit ch\u00f4meur ou salari\u00e9, les questions d&#8217;emploi et de lutte contre la pr\u00e9carit\u00e9 et ce que nous appelons l&#8217;application des droits fondamentaux (logement, \u00e9ducation, soins de qualit\u00e9). Nous serons tr\u00e8s attentifs aux r\u00e9ponses des diff\u00e9rentes listes et, en particulier, \u00e0 celles de la liste conduite par Robert Hue.<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne les responsables les plus m\u00e9diatis\u00e9s des mouvements des ch\u00f4meurs, nous avons vu un double risque : le d\u00e9bauchage et l&#8217;utilisation de la notori\u00e9t\u00e9 acquise dans une lutte pour un autre objet que la lutte. Ce qui nous a amen\u00e9 \u00e0 ne figurer sur aucune liste. Mais cela ne remet pas en cause le principe : ceux qui ont une exp\u00e9rience sociale et syndicale peuvent en faire profiter les politiques \u00e0 condition que cela ne se fasse pas au d\u00e9triment du mouvement social. Les passeurs doivent \u00eatre de tout niveau et de toutes origines.<\/p>\n<p><strong> M.D. : <\/strong> La nouveaut\u00e9 de la d\u00e9marche complique forc\u00e9ment le jeu mais cr\u00e9e d\u00e9bat. Ce n&#8217;est pas d&#8217;abord la notori\u00e9t\u00e9 mais les comp\u00e9tences et les r\u00e9seaux que nous avons \u00e9labor\u00e9s qui int\u00e9ressent les politiques. Et je pr\u00e9f\u00e8re ma d\u00e9marche claire, publique qu&#8217;une activit\u00e9 souterraine qui peut-\u00eatre ne compliquerait pas mais pervertirait le mouvement social. Le risque c&#8217;est d&#8217;\u00e9chouer. Ce que tente la liste de Robert Hue est radicalement nouveau. Les r\u00e9sultats ne sont pas garantis. Ce que la liste dira et fera, ce que les \u00e9lus feront, ce qu&#8217;ils produiront, rien n&#8217;est acquis. Mais la d\u00e9marche me semble juste : il faut \u00e0 la fois &#8220;d\u00e9politiser&#8221; le mouvement social en le d\u00e9barrassant de ce qui lui reste de r\u00e9f\u00e9rences implicites \u00e0 un projet ext\u00e9rieur, en cr\u00e9ant les conditions de son ind\u00e9pendance concr\u00e8te, institutionnelle et financi\u00e8re. Mais il faut aussi le rendre &#8220;politique&#8221; en lui permettant de contribuer \u00e0 la construction du bien commun.<\/p>\n<p>* syndicaliste enseignant. Il est en onzi\u00e8me place sur la liste conduite par Robert Hue.<\/p>\n<p>** syndicaliste, militant \u00e0 AC !, \u00e0 Agir contre le ch\u00f4mage et au r\u00e9seau des Marches europ\u00e9ennes contre le ch\u00f4mage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> D\u00e9bat entre Michel Deschamps <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-1435","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1435"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1435\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}