{"id":1416,"date":"1999-05-01T00:00:00","date_gmt":"1999-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-appel-de-l-ailleurs1416\/"},"modified":"1999-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-04-30T22:00:00","slug":"l-appel-de-l-ailleurs1416","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1416","title":{"rendered":"L&#8217;appel de l&#8217;ailleurs"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le Festival international du livre de Saint-Malo, &#8220;Etonnants- Voyageurs&#8221;, a dix ans. Cr\u00e9\u00e9 et toujours pilot\u00e9 par &#8220;le grand timonier&#8221;, Michel Le Bris, il s&#8217;est ancr\u00e9 entre mer et terre bretonne, nourri des histoires r\u00e9elles des coureurs d&#8217;oc\u00e9ans et autres pirates, des r\u00e9cits des marcheurs des cinq continents, des voyages imaginaires de ceux qui ont tremp\u00e9 la plume jusqu&#8217;au coeur de l&#8217;univers. <\/p>\n<p>Lors de la premi\u00e8re \u00e9dition d'&#8221;Etonnants voyageurs&#8221;, Michel Le Bris cherchait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 amarrer le Festival du c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une litt\u00e9rature &#8220;voyageuse, aventureuse, ouverte sur le monde, soucieuse de le dire&#8221;. Bref, les &#8220;Etonnants-voyageurs&#8221; \u00e9taient d\u00e9finis comme des errants de la plume, produits de tous les m\u00e9tissages, mais oeuvrant pour des Lettres tourn\u00e9es vers une certaine id\u00e9e de l&#8217;universalit\u00e9. &#8220;Le r\u00e9cit de voyage s&#8217;adresse \u00e0 notre insatisfaction, \u00e0 notre bougeotte contenue, \u00e0 notre d\u00e9sir exacerb\u00e9 d&#8217;aller ailleurs. Il comm\u00e9more nos r\u00eaves d\u00e9funts d&#8217;aventuriers. Il parle \u00e0 une part de nous-m\u00eames que nous avons n\u00e9glig\u00e9e : nous sommes tous des bourlingueurs et des nomades contrari\u00e9s&#8221;, note le baroudeur-\u00e9crivain Jacques Meunier. Saint-Malo a r\u00e9ussi le pari de devenir un espace de rencontres entre tous les genres, entre des litt\u00e9ratures qui s&#8217;efforcent alors de se nourrir les unes les autres. O\u00f9 l&#8217;on trouve des passerelles entre les romans &#8220;magiques&#8221; des Am\u00e9rindiens et les histoires de Salman Rushdie ou de Vikram Seth, auteurs n\u00e9s de cultures multiples, constitu\u00e9s d&#8217;une &#8220;identit\u00e9 partielle et plurielle \u00e0 la fois&#8221;. La &#8220;World fiction&#8221; des auteurs anglais originaires des ex-colonies de Sa Majest\u00e9 c\u00f4toie ainsi les Lettres d&#8217;Am\u00e9rique, et le roman policier pactise avec les r\u00e9cits de flibustiers. Refusant l&#8217;acad\u00e9misme des Lettres classiques, Saint-Malo affirme une litt\u00e9rature des marges, reprenant \u00e0 son compte la formule d&#8217;Edward Sa\u00efd : &#8220;Le centre est plein d&#8217;un scepticisme fatigu\u00e9, d&#8217;une sorte d&#8217;ironie satisfaite.&#8221;<\/p>\n<p><strong> Une litt\u00e9rature des marges, loin du scepticisme fatigu\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, Saint-Malo rend hommage \u00e0 ces invit\u00e9s d&#8217;honneur comme Jim Harrison ou Th\u00e9odore Monod, et \u00e9voquera la m\u00e9moire des d\u00e9funts amis : Nicolas Bouvier ou Ella Maillart&#8230; Sans compter des hommages \u00e0 Poe, \u00e0 Louis Guilloux ou Jack London. Enfin, pour voler au-del\u00e0 des terres et des mers, Saint-Malo met sur pied deux jumelages : l&#8217;un avec le centre Andr\u00e9-Malraux, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Sarajevo par Francis Bueb ; l&#8217;autre avec la ville de Missoula (Montana), patrie des \u00e9crivains tels que James Welch ou James Crumley. Expositions (des dessins d&#8217;Enki Bilal et de Titouan Lamazou), documentaires, portraits et ap\u00e9ros \u00e0 la terrasse des caf\u00e9s&#8230; Saint-Malo est une &#8220;ville-du-monde-entier&#8221;&#8230;<\/p>\n<p>Festival International du livre de Saint-Malo, &#8220;Etonnants voyageurs&#8221;. Du 20 au 24 mai. Renseignements : 02 99 30 07 47<\/p>\n<p><strong> Quelques livres: <\/strong><\/p>\n<p><strong> Haute voltige <\/strong><\/p>\n<p>Une anthologie de courts r\u00e9cits et nouvelles parus dans la revue Gulliver, cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 90 par Michel LeBris, Olivier Cohen et Alain Dugrand, et relanc\u00e9e r\u00e9cemment sous &#8220;pavillon&#8221; Librio. On y retrouve les p\u00e9r\u00e9grinations litt\u00e9raires d&#8217;un Red O&#8217;Hanlon, ou d&#8217;un Gilles Lapouge, la plume superbe d&#8217;un Jim Harrison ou l&#8217;esprit caustique et noir d&#8217;un James Crumley. Des \u00e9crits de haute voltige, qui donnent \u00e0 mesurer le non-conformiste et aventureux esprit des Lettres qui r\u00e8gne \u00e0 St-Malo.<\/p>\n<p>Etonnants Voyageurs.<strong> Collectif. <\/strong>Ed. Flammarion, 350p., 130F.<\/p>\n<p><strong> Cap Horn <\/strong><\/p>\n<p>Un &#8220;journaliste-vagabond&#8221; revient en Patagonie, sur les lieux de son enfance, o\u00f9, engag\u00e9 comme mousse sur un baleinier, il d\u00e9couvrait la rudesse des hommes, \u00e9gale \u00e0 celle des paysages du D\u00e9troit de Magellan et du Cap Horn. &#8220;Les distances ne font souffrir que lorsqu&#8217;elles sont associ\u00e9es \u00e0 des souvenirs&#8221;, note le narrateur, troubl\u00e9 par ce retour. Il sera alors t\u00e9moin de la fureur des hommes contre la nature &#8220;sauvage&#8221; : sur laquelle ils n&#8217;ont pas prise : qui s&#8217;exerce en l&#8217;occurrence contre les baleines. Une fureur qui n&#8217;a rien \u00e0 envier \u00e0 celle du capitaine Achab de Moby Dick. Livre, superbement illustr\u00e9 par Lorenzo Mattotti, empli des merveilles et des heurts du Voyage, en compagnie de l&#8217; aventurier capitaine Nilssen, et hant\u00e9 par la l\u00e9gende du pirate Francis Drake&#8230;<\/p>\n<p>Le Monde du bout du monde,<strong> Luis Sepulveda, <\/strong>traduit de l&#8217;espagnol (Chili) par Fran\u00e7ois Maspero.Ed. Seuil\/M\u00e9taili\u00e9, 132 p., 85F.<\/p>\n<p><strong> Vieux Sud <\/strong><\/p>\n<p>Ce recueil de nouvelles parle la langue de la Terre, des montagnes us\u00e9es, des goulets et des ravins du massif des Appalaches, dans le Kentucky. Les personnages de Chis Offutt sont des \u00e9clop\u00e9s, des bouseux, des gens ordinaires du Vieux Sud, baignant dans ses traditions : parfois la supersition : et sceptiques \u00e0 l&#8217;id\u00e9e du bonheur : &#8220;La plupart par ici attendent juste de mourir (&#8230;) Ce qui est dr\u00f4le c&#8217;est que tout le monde se l\u00e8ve de bonne heure quand m\u00eame&#8221;. Junior s&#8217;ent\u00eate \u00e0 passer un &#8220;certif&#8221; d&#8217;\u00e9tudes, &#8220;pour rien, comme \u00e7a&#8221; ; Vaughn veille le dernier souffle d&#8217;un grand-p\u00e8re qui d\u00e9sire s&#8217;\u00e9teindre en pleine nature, au coeur du monde sauvage&#8230; Tr\u00e8s noires, parfois cocasses, ces petites histoires fourmillent d&#8217;anecdotes \u00e9mouvantes ou effroyables, et de personnages authentiques, stup\u00e9fiants de vitalit\u00e9.<\/p>\n<p>Kentucky Straight,<strong> Chris Offutt. <\/strong>Ed. Gallimard\/La Noire, traduit de l&#8217;am\u00e9ricain par Philippe Garnier, 200 p., 95F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le Festival international du livre de Saint-Malo, &#8220;Etonnants- Voyageurs&#8221;, a dix ans. 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