{"id":13962,"date":"2023-02-15T15:52:10","date_gmt":"2023-02-15T14:52:10","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-reforme-des-retraites-que-valent-les-arguments-demographiques\/"},"modified":"2023-02-15T15:52:10","modified_gmt":"2023-02-15T14:52:10","slug":"article-reforme-des-retraites-que-valent-les-arguments-demographiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13962","title":{"rendered":"R\u00e9forme des retraites : que valent les arguments d\u00e9mographiques ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Comment contrer les erreurs et contre-v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9mographiques avanc\u00e9es, par ignorance ou non, pour justifier la r\u00e9forme ? C\u2019est d\u2019autant plus facile que ces arguments ont l\u2019immense avantage de ne pas correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de notre pays : encore faut-il le savoir. \u00c9ric Le Bourg, sp\u00e9cialiste en biologie du vieillissement, donne ici toutes les cl\u00e9s.\n<\/p>\n<p>\u00c0 chaque r\u00e9forme des retraites, le gouvernement en place fait appel \u00e0 des arguments d\u00e9mographiques parce que, contrairement aux arguments \u00e9conomiques, toujours contestables, la d\u00e9mographie semble s\u2019imposer \u00e0 nous : si on peut moduler imm\u00e9diatement les cotisations sociales, on ne peut pas augmenter le nombre d\u2019enfants, et donc de cotisants futurs, ou diminuer le nombre de personnes \u00e2g\u00e9es, et donc de retrait\u00e9s. De fait, les dirigeants et militants syndicaux peuvent \u00eatre d\u00e9sarm\u00e9s face \u00e0 ces arguments, comme dans un d\u00e9bat t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 le 25 octobre 2010, quand le ministre Christian Estrosi affirmait aux secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux de la CFDT et de la CGT, qui ne savaient que r\u00e9pondre, que <em>\u00ab dans 30 ans les Fran\u00e7ais vivront 100 ans \u00bb<\/em> \u2013 alors que l\u2019Insee ne l\u2019a jamais envisag\u00e9, y compris dans les sc\u00e9narios les plus improbables.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/actu\/article\/reforme-des-retraites-un-jour-une\">R\u00e9forme des retraites : un jour, une fake news<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Emmanuel Macron a remis le probl\u00e8me des retraites dans l\u2019actualit\u00e9 en proposant de porter l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 65 ans au lieu de 62, \u00e0 raison d\u2019une augmentation de quatre mois par an. Depuis lors, le projet a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 et envisage un report \u00e0 64 ans. Cela rend n\u00e9cessaire de s\u2019interroger sur la pertinence des arguments d\u00e9mographiques avanc\u00e9s pour justifier une augmentation de l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal.<\/p>\n<p>Plusieurs r\u00e9formes ont \u00e9t\u00e9 entreprises apr\u00e8s celle du gouvernement Balladur en 1993. <a href=\"https:\/\/www.vie-publique.fr\/eclairage\/20111-retraites-les-differentes-reformes-des-de-1993-2014\">Ces r\u00e9formes ont contribu\u00e9 \u00e0 diminuer les revenus des retrait\u00e9s ou \u00e0 retarder l\u2019\u00e2ge de d\u00e9part<\/a>, entre autres par l\u2019augmentation du nombre d\u2019ann\u00e9es cotis\u00e9es pour une retraite \u00e0 taux plein, l\u2019augmentation de l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part, l\u2019indexation des pensions sur les prix et non plus sur les salaires, et finalement leur sous-indexation. Depuis 1993, chaque r\u00e9forme a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme indispensable. Se basant sur la m\u00eame justification, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique veut augmenter l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part, alors que la r\u00e9forme Touraine de 2014, en cours jusqu\u2019en 2035, augmente d\u00e9j\u00e0 le nombre d\u2019ann\u00e9es n\u00e9cessaires pour avoir une retraite \u00e0 taux plein (43 pour la g\u00e9n\u00e9ration 1973), et donc l\u2019\u00e2ge effectif de d\u00e9part (<a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/5209769#tableau-figure1\">62,2 ans en 2019 contre 60,5 en 2010<\/a>). L\u2019observateur rationnel pourrait donc penser que ces r\u00e9formes successives sont justifi\u00e9es par la d\u00e9gradation permanente, voire impr\u00e9visible, de la situation d\u00e9mographique car, si elle \u00e9tait pr\u00e9visible, on aurait fait une fois pour toutes la r\u00e9forme indispensable. Le m\u00eame observateur, toujours rationnel, conclurait probablement que, en l\u2019absence d\u2019une telle d\u00e9gradation, il n\u2019y a pas n\u00e9cessit\u00e9 de nouvelles r\u00e9formes.<\/p>\n<p>Les arguments d\u00e9mographiques sont g\u00e9n\u00e9ralement les suivants :<\/p>\n<ul>\n<li> du fait des nombreuses g\u00e9n\u00e9rations du baby-boom, le nombre de retrait\u00e9s augmente fortement, alors que le nombre de cotisants ne suit pas la m\u00eame tendance, ce qui d\u00e9grade le rapport actifs\/retrait\u00e9s ;<\/li>\n<li> l\u2019esp\u00e9rance de vie augmente r\u00e9guli\u00e8rement, ce qui augmente le temps de retraite ;<\/li>\n<li> la f\u00e9condit\u00e9 diminuant depuis des ann\u00e9es, il y a et il y aura de moins en moins de cotisants.<\/li>\n<li> cette situation g\u00e9n\u00e9rale s\u2019aggraverait en permanence, m\u00eame apr\u00e8s la disparition des g\u00e9n\u00e9rations du baby-boom parce que l\u2019esp\u00e9rance de vie est continuellement en hausse et la f\u00e9condit\u00e9 continuellement en baisse ;<\/li>\n<li> tout ceci ferait que le paiement des retraites ne serait plus possible \u00e0 moins de proc\u00e9der tous les cinq ans \u00e0 une r\u00e9forme durcissant les conditions de d\u00e9part, comme cela a \u00e9t\u00e9 fait jusqu\u2019ici.[[R\u00e9forme Balladur : 1993, Fillon : 2003, r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux : 2008, Woerth : 2010 et 2012, Touraine : 2014, projet avort\u00e9 de 2020.]]<\/li>\n<\/ul>\n<p>Quelle est la pertinence de ces arguments d\u00e9mographiques ?<\/p>\n<p>L\u2019Insee publie r\u00e9guli\u00e8rement des projections d\u2019esp\u00e9rance de vie, de f\u00e9condit\u00e9 et de solde migratoire, avec des hypoth\u00e8ses \u00ab basse \u00bb, \u00ab centrale \u00bb et \u00ab haute \u00bb, la projection centrale \u00e9tant le plus souvent retenue, en particulier par le Conseil d\u2019orientation des retraites (COR). Les projections centrales d\u2019esp\u00e9rance de vie des projections 2007-2060 et 2013-2070 se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es trop optimistes par rapport \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 jusqu\u2019ici, en particulier pour les femmes. L\u2019Insee a donc revu ses hypoth\u00e8ses et les valeurs d\u2019espe\u0301rance de vie de la nouvelle projection 2021-2070 sont plus basses que celles de la projection 2013-2070 : la nouvelle projection haute est en fait l\u2019ancienne projection centrale de 2013-2070 et la nouvelle projection centrale est l\u2019ancienne basse. <a href=\"https:\/\/www.cor-retraites.fr\/node\/562\">Le COR a retenu en 2021 la projection d\u2019esp\u00e9rance de vie basse de l\u2019Insee de 2013 \u00e0 2070<\/a>, et non plus la projection centrale, et privil\u00e9gie depuis sa r\u00e9union d\u2019avril 2022 la nouvelle projection centrale de 2021 \u00e0 2070. Curieusement, le COR <a href=\"https:\/\/www.cor-retraites.fr\/node\/595\">dans son rapport de septembre 2022<\/a> n\u2019envisage, page 114, que deux variantes de f\u00e9condit\u00e9 et d\u2019esp\u00e9rance de vie : une f\u00e9condit\u00e9 de l\u2019ann\u00e9e plus basse \u2013 indice conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 (ICF) de 1,6 enfant par femme \u2013 et une esp\u00e9rance de vie plus haute, mais pas les autres hypoth\u00e8ses. Depuis 1920, <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/6019324\">un ICF de 1,6 n\u2019a <em>jamais<\/em> \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 en France<\/a> et une esp\u00e9rance de vie plus haute que l\u2019hypoth\u00e8se centrale n\u2019est jamais non plus observ\u00e9e. On peut donc s\u2019interroger sur les raisons de la consid\u00e9ration de ces hypoth\u00e8ses plut\u00f4t que d\u2019envisager une f\u00e9condit\u00e9 plus haute (ICF de deux enfants, observ\u00e9 par exemple de 2008 \u00e0 2012) et une esp\u00e9rance de vie plus basse, hypoth\u00e8ses plus probables. Dans ce qui suit, <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/5760764\">la projection de l\u2019Insee de 2021 \u00e0 2070<\/a> sera utilis\u00e9e dans sa version \u00ab f\u00e9condit\u00e9 centrale \u00bb, \u00ab solde migratoire central \u00bb, \u00ab esp\u00e9rance de vie basse \u00bb, parce que cette derni\u00e8re hypoth\u00e8se semble plus en accord avec ce qui est observ\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es, caract\u00e9ris\u00e9es par une <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/6024136\">stagnation<\/a> ou des <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1159\/000497179\">oscillations<\/a> de l\u2019esp\u00e9rance de vie des femmes.<\/p>\n<h2>Les g\u00e9n\u00e9rations du baby-boom vont-elles ruiner la France ?<\/h2>\n<p>La p\u00e9riode du baby-boom en France, qui se termine vers 1970, a abouti de nos jours \u00e0 des cohortes nombreuses de personnes arriv\u00e9es ou arrivant \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la retraite. Ceci implique que le rapport de d\u00e9pendance d\u00e9mographique, la proportion des personnes de plus de 65 ans sur celles de 20 \u00e0 64 ans, <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/5893969\">augmente<\/a>. Cette d\u00e9pendance accrue est souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme rendant in\u00e9vitables de nouvelles r\u00e9formes des retraites. Toutefois, ce rapport ignore les autres inactifs, c\u2019est-\u00e0-dire les jeunes de moins de 20 ans. Le rapport tenant compte des jeunes est lui-m\u00eame imparfait \u2013 des jeunes de moins de 20 ans sont en emploi \u2013 mais il donne une meilleure approximation de la \u00ab charge \u00bb des actifs. La borne des 65 ans semble pertinente, l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 la retraite ayant \u00e9t\u00e9 de 65 ans jusqu\u2019en 1983 et l\u2019\u00e2ge effectif de d\u00e9part se rapprochant peu \u00e0 peu de cette valeur.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/fig1.jpg\" alt=\"fig1.jpg\" align=\"center\" \/><br \/>\n<em> <strong>Figure 1.<\/strong> Rapport de d\u00e9pendance d\u00e9mographique en France (nombre des 0 \u00e0 19 ans et 65 ans et plus sur la population totale) de 1962 \u00e0 2070 en se basant pour 2022 \u00e0 2070 sur les sc\u00e9narios de f\u00e9condit\u00e9 centrale, de solde migratoire central, et d\u2019esp\u00e9rance de vie basse des projections d\u00e9mographiques de l\u2019INSEE de 2021 \u00e0 2070.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La figure 1 montre ce rapport de 1962 \u00e0 2070. Bien \u00e9videmment, plus on s&#8217;approche de 2070 plus l\u2019incertitude est grande. La figure montre que le rapport augmente depuis 2010, mais aussi que vers 1967 ce rapport \u00e9tait au plus haut, du fait des nombreuses naissances du baby-boom, avant de diminuer ensuite pendant 40 ans. La proportion des actifs en 2033 sera identique \u00e0 celle de 1967, ann\u00e9e qui ne s\u2019est pas caract\u00e9ris\u00e9e par une faillite g\u00e9n\u00e9rale. On pourrait opposer \u00e0 ce raisonnement que les enfants co\u00fbtent moins cher que les retrait\u00e9s et que le co\u00fbt d\u2019un adolescent de 14 ans ou plus est estim\u00e9 \u00e0 la moiti\u00e9 de celui d\u2019un adulte seul, et de 30% avant 14 ans[[\tFavrat A, Marc C, Pucci M (2015) Les dispositifs sociaux et fiscaux en faveur des familles : quelle compensation du cou\u0302t des enfants ? <em>E\u0301conomie et Statistique<\/em> n\u00b0 478-479-480 : pp.5-34.]].<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, la situation des ann\u00e9es 1960, caract\u00e9ris\u00e9e par un grand nombre de jeunes du baby-boom, et celle d\u2019aujourd\u2019hui due au passage \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la retraite de ces m\u00eames g\u00e9n\u00e9rations, ont \u00e9t\u00e9 parfaitement soutenables : les jeunes du baby-boom ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s par les familles et la remont\u00e9e du taux de d\u00e9pendance depuis 2010, tout aussi rapide que sa chute apr\u00e8s 1967, ne pose pas de probl\u00e8me pour payer les retraites.<\/p>\n<p>Peut-on d\u00e8s lors consid\u00e9rer qu\u2019apr\u00e8s 2033 ce qui \u00e9tait possible en 1967 ne le serait plus et que la faillite guetterait soudainement le pays ? Les projections des co\u00fbts des pensions de retraite r\u00e9alis\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement par le COR ne l\u2019indiquent pas puisque, dans le cadre de la l\u00e9gislation actuelle, <a href=\"https:\/\/www.cor-retraites.fr\/node\/562\">le co\u00fbt des retraites devrait baisser dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir<\/a>. En somme, le paiement des pensions de retraites des g\u00e9n\u00e9rations nombreuses du baby-boom semble ma\u00eetrisable. Ces g\u00e9n\u00e9rations pass\u00e9es, le rapport de d\u00e9pendance baissera, comme l\u2019indique la figure 1, avec toutes les incertitudes sur des projections \u00e0 50 ans. Il faut noter que le rapport de d\u00e9pendance va augmenter dans les ann\u00e9es qui viennent, aussi parce que le nombre de naissances va augmenter \u00e0 cause de l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de f\u00e9condit\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations nombreuses n\u00e9es apr\u00e8s 1995 (voir ci-dessous). En r\u00e9sum\u00e9, avoir plus de retrait\u00e9s du fait du baby-boom depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es n\u2019a pas signifi\u00e9 la faillite de notre syst\u00e8me de retraite et rien ne permet de dire que cela va changer dans les ann\u00e9es qui viennent.<\/p>\n<h2>L\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie va-t-elle se poursuivre ?<\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/jorf\/article_jo\/JORFARTI000001914387?r=KIptlPnlPn\">L\u2019article 5<\/a> de la loi Fillon de 2003 indique que <em>\u00ab la dure\u0301e d\u2019assurance ne\u0301cessaire pour be\u0301ne\u0301ficier d\u2019une pension de retraite au taux plein et la dure\u0301e des services et bonifications ne\u0301cessaire pour obtenir le pourcentage maximum d\u2019une pension civile ou militaire de retraite [&#8230;] e\u0301voluent de manie\u0300re a\u0300 maintenir constant, jusqu\u2019en 2020, le rapport constate\u0301, a\u0300 la date de publication de la pre\u0301sente loi, entre ces dure\u0301es et la dure\u0301e moyenne de retraite \u00bb<\/em> (<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/jorf\/id\/JORFTEXT000028493476\/\">la loi de 2014<\/a> ram\u00e8nera cette date \u00e0 2017). En somme, si l\u2019espe\u0301rance de vie augmente, <em>\u00ab la dure\u0301e d\u2019assurance ne\u0301cessaire \u00bb<\/em> pour avoir une retraite a\u0300 taux plein doit augmenter en parall\u00e8le et cette logique a \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9e par \u00c9ric Woerth dans <em>Le Journal du Dimanche<\/em> du 13 mars 2022 pour justifier une nouvelle augmentation de <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/jorf\/id\/JORFTEXT000028493476\/\">l\u2019a\u0302ge le\u0301gal de de\u0301part<\/a> : le syste\u0300me de re\u0301partition <em>\u00ab exige d\u2019augmenter l\u2019a\u0302ge de de\u0301part a\u0300 la retraite en fonction de la dure\u0301e de vie \u00bb<\/em> (voir d\u2019autres d\u00e9clarations similaires <a href=\"https:\/\/www.economie-et-politique.org\/2021\/11\/17\/fecondite-esperance-de-vie-et-reformes-des-retraites\/\">ici<\/a>).<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/fig2.jpg\" alt=\"fig2.jpg\" align=\"center\" \/><br \/>\n<em> <strong>Figure 2.<\/strong> Esp\u00e9rance de vie a\u0300 la naissance en ann\u00e9es, en France, de 1993 \u00e0 2022, et projections d\u00e9mographiques de l\u2019Insee de 2021 \u00e0 2070. Les donn\u00e9es de 2022 d\u00e9bordent sur la partie de la figure montrant la projection, puisque celle-ci commence en 2021. Les ann\u00e9es de baisse sont indiqu\u00e9es (canicule de 2003 par exemple). Les donn\u00e9es de l\u2019Insee de 2020 a\u0300 2022 sont provisoires. Notez que l\u2019esp\u00e9rance de vie en 2021 et 2022 montre une augmentation par rapport \u00e0 2020 mais reste inf\u00e9rieure \u00e0 ce qu\u2019elle \u00e9tait en 2019. Les projections d\u2019esp\u00e9rance de vie centrale (traits continus : 90 ans pour les femmes et 87,5 ans pour les hommes en 2070) et basse (traits discontinus : 86,5 ans pour les femmes et 84,0 ans pour les hommes en 2070) de l\u2019Insee de 2021 \u00e0 2070 sont indiqu\u00e9es.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Depuis la loi Fillon de 2003, les perspectives d\u2019augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie ont bien chang\u00e9. Il y a maintenant bien plus de personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es, et donc tr\u00e8s fragiles. L\u2019esp\u00e9rance de vie se rapprochant de la long\u00e9vit\u00e9 maximale (110 ans, si on excepte quelques tr\u00e8s rares personnes), son augmentation annuelle est de plus en plus faible alors que ces grands vieillards r\u00e9sistent mal aux \u00e9pid\u00e9mies hivernales, \u00e0 la canicule, sans m\u00eame parler du coronavirus. De fait, l\u2019esp\u00e9rance de vie des femmes tend a\u0300 stagner ou \u00e0 diminuer ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et la projection basse d\u2019esp\u00e9rance de vie de l\u2019Insee de 2021-2070 fait l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une faible augmentation d\u2019ici 2070 (figure 2). Les hommes ont une mortalit\u00e9 plus importante aux a\u0302ges jeunes que les femmes et donc plus de marge de diminution de cette mortalit\u00e9 : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1159\/000497179\">on peut estimer que leur esp\u00e9rance de vie devrait continuer a\u0300 augmenter<\/a> (figure 2).<\/p>\n<p>Pour tout dire, si on observe pour les femmes et les hommes une augmentation de l\u2019esp\u00e9rance de vie de trois mois par an sur la p\u00e9riode 1962-2010, elle n\u2019est plus que de 28 jours par an entre 2011 et 2022 pour les hommes et de 11 jours par an pour les femmes. L\u2019augmentation n\u2019\u00e9tant pas statistiquement significative pour les femmes, on peut tout aussi bien dire que leur esp\u00e9rance de vie n\u2019a pas augment\u00e9 de 2011 \u00e0 2022. Dans ces conditions, le plus probable n\u2019est plus une progression continue de l\u2019esp\u00e9rance de vie \u2013 au moins chez les femmes \u2013 justifiant, selon la loi Fillon de 2003, une augmentation de l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part ou de la dur\u00e9e de cotisation n\u00e9cessaire pour avoir droit a\u0300 une retraite au taux plein. Dans la logique m\u00eame de la loi Fillon, il faudrait peut-e\u0302tre se pr\u00e9parer a\u0300 un gel de cette dur\u00e9e, voire a\u0300 une diminution en cas de baisse de l\u2019esp\u00e9rance de vie, et la pertinence d\u2019augmenter l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part interroge.<\/p>\n<h2>Une f\u00e9condit\u00e9 en berne ?<\/h2>\n<p><a href=\"https:\/\/www.economie-et-politique.org\/2021\/11\/17\/fecondite-esperance-de-vie-et-reformes-des-retraites\/\">La crainte de la d\u00e9natalit\u00e9 en France n\u2019est pas nouvelle<\/a>. De temps \u00e0 autre, des responsables politiques s\u2019en inqui\u00e8tent, comme le groupe parlementaire Les R\u00e9publicains qui a d\u00e9pos\u00e9 en 2021 la <a href=\"https:\/\/www.assemblee-nationale.fr\/dyn\/15\/textes\/l15b4067_proposition-loi\">proposition de loi \u00ab pour relancer la natalit\u00e9 en France \u00bb<\/a>, ou <a href=\"https:\/\/www.gouvernement.fr\/sites\/default\/files\/contenu\/piece-jointe\/2021\/05\/hcp_demographie_note_douverture_mai_2021_3.pdf\">le Haut-commissariat au Plan<\/a>. Ces craintes sont sans objet, puisqu\u2019au cours de leur vie les femmes ont en moyenne plus de deux enfants (femmes n\u00e9es en 1950, 1960, 1970, 1980 : 2,12 ; 2,12 ; 2,01 ; 2,05). Toutefois, l\u2019indice conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 (ICF), qui additionne pour une ann\u00e9e, par exemple 2020, les taux de fe\u0301condite\u0301 par a\u0302ge et permet de connai\u0302tre le nombre d\u2019enfants qu\u2019ont eus, en 2020, les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er, montre des variations d\u2019une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019autre (par exemple, 1,68 en 1994 et 2,03 en 2010), parce que la f\u00e9condit\u00e9 annuelle est la d\u00e9cision des couples. De ce fait, on observe une fourchette de 65.000 naissances autour d\u2019une moyenne de 790.000 depuis 1970.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/fig3.jpg\" alt=\"fig3.jpg\" align=\"center\" \/><br \/>\n<em> <strong>Figure 3.<\/strong> Nombre de naissances, en France, de 1962 \u00e0 2022, et projections d\u00e9mographiques de l\u2019Insee de 2021 \u00e0 2070 dans les sc\u00e9narios d\u2019esp\u00e9rance de vie basse, de solde migratoire central, et de f\u00e9condit\u00e9 centrale (indice conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 : 1,8 enfant par femme apr\u00e8s 2022) ou haute (deux enfants par femme apr\u00e8s 2029). Les donn\u00e9es de 2022 d\u00e9bordent sur la partie de la figure montrant la projection, puisque celle-ci commence en 2021. Les donn\u00e9es de 2022 (725.200 naissances), encore provisoires, sont plus \u00e9lev\u00e9es que ce qu\u2019indiquent les deux projections (717.694 naissances). Il en est de m\u00eame pour 2021.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Du fait des variations annuelles du nombre de naissances, on observe environ 30 ans plus tard une nouvelle variation de ce nombre puisque, \u00e0 f\u00e9condit\u00e9 \u00e9gale, il d\u00e9pendra du nombre de femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er. Depuis quelques ann\u00e9es, le nombre de naissances a baiss\u00e9, en relation avec la baisse de ce nombre de 1980 \u00e0 1995, environ, comme le montre la figure 3. L\u2019Insee a projet\u00e9 le nombre de naissances de 2021 \u00e0 2070 selon un sc\u00e9nario de f\u00e9condit\u00e9 centrale (ICF de 1,8 enfant par femme apr\u00e8s 2022) ou haute (2 enfants apr\u00e8s 2029). Si, de 1982 \u00e0 2001, l\u2019ICF \u00e9tait en moyenne de 1,79, il \u00e9tait de 1,94 de 2002 \u00e0 2021, ce qui permet de penser que les r\u00e9sultats observ\u00e9s dans les ann\u00e9es qui viennent seront plus proches de l\u2019hypoth\u00e8se de f\u00e9condit\u00e9 haute que de celle de f\u00e9condit\u00e9 centrale, d\u2019autant plus que le nombre de naissances en 2021 est sup\u00e9rieur de 22.000 \u00e0 ce qui \u00e9tait projet\u00e9 par l\u2019Insee pour cette ann\u00e9e (<a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/6653665?sommaire=5348638#graphique-figure2\">742.000<\/a> au lieu de 720.000), et d\u2019au moins 8000 en 2022 (725.000 au lieu de 717.000, mais les donn\u00e9es de 2022 sont encore provisoires). La figure 3 montre que le nombre de naissances va augmenter jusque vers 2040, quel que soit le sc\u00e9nario, le plus probablement avec un nombre de naissances similaire \u00e0 ce qui est observ\u00e9 depuis 50 ans. En somme, la d\u00e9natalit\u00e9 n\u2019existe pas en France, et il n\u2019y a pas lieu de s\u2019inqui\u00e9ter du nombre futur de cotisants aux r\u00e9gimes de retraite.<\/p>\n<h2>Une population active d\u00e9clinante apr\u00e8s 2040 ?<\/h2>\n<p>L\u2019Insee a publi\u00e9 en juillet 2022[[Bechichi N, Fabre M, Olivia T (2022) Projections de la population active \u00e0 l\u2019horizon 2080. Documents de travail de l\u2019Insee, n\u00b0 2022-06]] des projections de la population active jusqu\u2019en 2070 en se basant sur le seul <a href=\"https:\/\/www.insee.fr\/fr\/statistiques\/5760764\">sc\u00e9nario central des projections d\u00e9mographiques 2021-2070<\/a>. Contrairement aux projections de 2017[[Koubi M, Marrakchi A (2017) Projections \u00e0 l\u2019horizon 2070. Une hausse moins soutenue du nombre d\u2019actifs. Insee Premi\u00e8re n\u00b0 1646]], l\u2019Insee pr\u00e9voit maintenant une baisse de la population active apr\u00e8s 2040, ce qui a pu donner lieu \u00e0 des commentaires soutenant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une nouvelle r\u00e9forme des retraites. Cette baisse est li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution des projections d\u00e9mographiques de l\u2019Insee entre les deux dates, mais il a \u00e9t\u00e9 dit pr\u00e9c\u00e9demment que l\u2019hypoth\u00e8se de f\u00e9condit\u00e9 centrale est peut-\u00eatre trop faible et celle d\u2019esp\u00e9rance de vie centrale trop \u00e9lev\u00e9e. Si l\u2019Insee n\u2019a pas publi\u00e9 les r\u00e9sultats d\u2019autres sc\u00e9narios, il est cependant possible d\u2019effectuer les calculs, en particulier avec le sc\u00e9nario d\u2019esp\u00e9rance de vie basse et de f\u00e9condit\u00e9 haute, plus vraisemblable. La figure 4 montre que cela aboutit \u00e0 une augmentation de la population active apr\u00e8s 2040, r\u00e9sultat d\u2019une f\u00e9condit\u00e9 plus forte. Il est vraisemblable que la taille de la population active se situera entre l\u2019hypoth\u00e8se centrale de l\u2019Insee et celle-ci : une baisse de la population active apr\u00e8s 2040 n\u2019est probablement pas le sc\u00e9nario le plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"IMG\/jpg\/fig4.jpg\" alt=\"fig4.jpg\" align=\"center\" \/><br \/>\n<em> <strong>Figure 4.<\/strong> Population active, en France, de 1975 \u00e0 2020 et projections de population active de 2021 \u00e0 2070 de l\u2019Insee dans le sc\u00e9nario central (petits tiret\u00e9s, indice conjoncturel de f\u00e9condit\u00e9 (ICF) : 1,8 enfant par femme apr\u00e8s 2022) et celui d\u2019esp\u00e9rance de vie (e0) basse et de f\u00e9condit\u00e9 haute (grands tiret\u00e9s, 2 enfants par femme apr\u00e8s 2029). La diff\u00e9rence entre les donn\u00e9es observ\u00e9es de 1975 \u00e0 2020 et les projections permet de se rendre compte des limites des mod\u00e8les de projections. De 1975 \u00e0 2020, les projections des deux sc\u00e9narios donnent des r\u00e9sultats identiques qui sont donc confondus sur le graphique.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>Conclusions<\/h2>\n<p>Faut-il faire une nouvelle r\u00e9forme des retraites augmentant l\u2019\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part, ou durcissant par d\u2019autres mesures les conditions de d\u00e9part ? C\u2019est une d\u00e9cision politique qui, pour \u00eatre accept\u00e9e par ceux qui vont la subir, doit \u00eatre justifi\u00e9e. Si elle est mise en \u0153uvre pour une raison id\u00e9ologique, comme la volont\u00e9 de diminuer le co\u00fbt des pensions \u00e0 tout prix, et ceci que les r\u00e9gimes de retraite soient globalement \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre ou pas, il est peu probable que les salari\u00e9s l\u2019acceptent. Il faut donc justifier une telle r\u00e9forme par des arguments qui emportent l\u2019adh\u00e9sion.<\/p>\n<p>Les arguments d\u00e9mographiques sont dans ce cadre toujours utilis\u00e9s pour plusieurs raisons. La premi\u00e8re est que la population n\u2019a g\u00e9n\u00e9ralement pas les moyens de v\u00e9rifier leur pertinence. La deuxi\u00e8me est que les responsables politiques et syndicaux, eux-m\u00eames, sont souvent dans l\u2019incapacit\u00e9 de le faire et propagent parfois des \u00e9normit\u00e9s, pas toujours de mauvaise foi. La troisi\u00e8me raison est que les donn\u00e9es d\u00e9mographiques semblent \u00e9chapper \u00e0 notre contr\u00f4le : on ne peut gu\u00e8re augmenter notre esp\u00e9rance de vie ou la f\u00e9condit\u00e9 par une simple d\u00e9cision administrative ou politique, ou diminuer le nombre de retrait\u00e9s. Comme le temps qu\u2019il fait, les contraintes d\u00e9mographiques semblent s\u2019imposer \u00e0 tous.<\/p>\n<p>La bonne nouvelle est que ces contraintes d\u00e9mographiques ne posent aucun probl\u00e8me insoluble pour le paiement des pensions, m\u00eame si le nombre de personnes \u00e2g\u00e9es augmente gr\u00e2ce aux progr\u00e8s m\u00e9dicaux et sociaux. Les cohortes nombreuses du baby-boom partent \u00e0 la retraite depuis 15 ans : les pensions sont pay\u00e9es. La derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration du baby-boom, celle de 1973, a 50 ans, et <a href=\"https:\/\/www.cor-retraites.fr\/node\/562\">rien ne permet de penser que ses pensions ne seront pas pay\u00e9es<\/a>. Nos contemporains vivent plus longtemps que durant les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, mais cette progression de l\u2019esp\u00e9rance de vie diminue, voire s\u2019arr\u00eate, en particulier parce que nous nous rapprochons des limites de la long\u00e9vit\u00e9 : l\u2019immense majorit\u00e9 des Fran\u00e7ais ne sera pas centenaire et la France ne sera pas submerg\u00e9e par des bataillons de Jeanne Calment. Le nombre de cotisants aux r\u00e9gimes de retraite ne va pas s\u2019\u00e9crouler, la France \u00e9tant un des pays les plus f\u00e9conds d\u2019Europe : il n\u2019y a pas de d\u00e9natalit\u00e9.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, les arguments d\u00e9mographiques faisant craindre le non-paiement des retraites \u2013 trop de retrait\u00e9s du baby-boom, une dur\u00e9e de vie qui augmente tout le temps, une fe\u0301condite\u0301 en baisse constante, et donc un nombre de cotisants qui s\u2019e\u0301croule \u2013 ne correspondent pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 et <a href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/pourquoi-le-pacte-demographique-defendu-par-francois-bayrou-est-il-un-gadget-708186\">sont propag\u00e9s par ignorance, incomp\u00e9tence, voire mauvaise foi<\/a>.[[Le Bourg E (2022) \u00ab Retraites : Nos gouvernants sont-ils de mauvaise foi, ignorants ou incomp\u00e9tents ? \u00bb <em>La Vie Ouvri\u00e8re<\/em>, trimestriel, n\u00b0 2, pp. 66-67.]] \u00c0 moins de vouloir tromper l\u2019opinion publique, il est n\u00e9cessaire d\u2019avancer d\u2019autres arguments pour justifier un nouveau durcissement des conditions de d\u00e9part en retraite.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>\u00c9ric Le Bourg<\/strong>, chercheur retrait\u00e9 du CNRS, depuis ao\u00fbt 2022, en biologie du vieillissement<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment contrer les erreurs et contre-v\u00e9rit\u00e9s d\u00e9mographiques avanc\u00e9es, par ignorance ou non, pour justifier la r\u00e9forme ? C\u2019est d\u2019autant plus facile que ces arguments ont l\u2019immense avantage de ne pas correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de notre pays : encore faut-il le savoir. \u00c9ric Le Bourg, sp\u00e9cialiste en biologie du vieillissement, donne ici toutes les cl\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[308],"class_list":["post-13962","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actu","tag-retraite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13962","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13962"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13962\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13962"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13962"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13962"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}