{"id":13868,"date":"2022-12-08T11:27:05","date_gmt":"2022-12-08T10:27:05","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-ou-en-est-le-pcf\/"},"modified":"2023-06-24T00:33:22","modified_gmt":"2023-06-23T22:33:22","slug":"article-ou-en-est-le-pcf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13868","title":{"rendered":"O\u00f9 en est le PCF ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Le week-end dernier, le projet de base commune, pr\u00e9sent\u00e9 par la direction, n&#8217;a obtenu que 58% des votes du conseil national. Premi\u00e8re \u00e9tape en vue du prochain congr\u00e8s d&#8217;avril 2023.<\/p>\n<p>Les regards sont moins fix\u00e9s sur le PCF qu\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient dans le pass\u00e9. Et pourtant, ce qui se passera dans la vieille organisation communiste n\u2019aura rien d\u2019anecdotique, dans une gauche qui aura bien du pain sur la planche si elle veut retrouver son \u00e9lan.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>VOIR AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-midinale\/article\/pcf-les-orientations-de-fabien-roussel-tres-debattues\">PCF : les orientations de Fabien Roussel tr\u00e8s d\u00e9battues<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>La machinerie du congr\u00e8s<\/h2>\n<p>La pr\u00e9paration d\u2019un congr\u00e8s communiste est un peu une usine \u00e0 gaz, comme cela se disait du temps o\u00f9 l\u2019industrie \u00e9tait reine. Elle s\u2019\u00e9tale en effet sur plusieurs mois : le coup d\u2019envoi du prochain congr\u00e8s a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 le 4 d\u00e9cembre \u00e0 Paris, pour un grand raout qui s\u2019ouvrira \u00e0 Marseille le 7 avril 2023. La premi\u00e8re \u00e9tape de ce long p\u00e9riple est la d\u00e9finition, par le Conseil national sortant, d\u2019une \u00ab base commune \u00bb de discussion. C\u2019est autour d\u2019elle que, pendant quelques semaines, se m\u00e8nent des d\u00e9bats o\u00f9 des avis s\u2019expriment et des textes collectifs circulent. Ceux de ces textes qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un soutien suffisant (en nombre de militants et en nombre de f\u00e9d\u00e9rations repr\u00e9sent\u00e9es) sont soumis plus tard au vote direct des adh\u00e9rents, en m\u00eame temps que le texte de la direction. Le texte qui arrive alors en t\u00eate devient la base d\u00e9finitive de discussion, celle qui est d\u00e9battue, amend\u00e9e et vot\u00e9e par le congr\u00e8s national.<\/p>\n<p>Dimanche 4 d\u00e9cembre, 144 membres du Conseil national (sur 185 \u00e9lus au congr\u00e8s de 2018) se sont prononc\u00e9s sur un texte pr\u00e9sent\u00e9 par la majorit\u00e9 de la direction sortante : 84 d\u2019entre eux ont vot\u00e9 en faveur de ce texte (58,3% des exprim\u00e9s et 45,4% des inscrits), 55 ont vot\u00e9 contre (38,2% des exprim\u00e9s et 29,7% des inscrits) et 5 se sont abstenus. C\u2019est donc le texte d\u00e9fendu par Fabien Roussel qui constitue le point de d\u00e9part officiel du d\u00e9bat communiste.<\/p>\n<h2>Le d\u00e9clin du PCF n\u2019est pas derri\u00e8re lui<\/h2>\n<p>\u00c0 cause du covid, pr\u00e8s de quatre ans et demi s\u00e9parent le congr\u00e8s du printemps prochain du celui qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, en 2018 (statutairement il aurait d\u00fb se d\u00e9rouler en novembre-d\u00e9cembre 2021). Pendant cette p\u00e9riode, le PCF a continu\u00e9 globalement de s\u2019affaiblir. Les \u00e9lections l\u00e9gislatives de 2017 l\u2019avaient pr\u00e9cipit\u00e9 dans une marginalit\u00e9 inhabituelle, avec \u00e0 peine un peu plus de 600.000 \u00e9lecteurs pour 2,7% des suffrages exprim\u00e9s, le score le plus bas de toute son histoire l\u00e9gislative. Les \u00e9lections europ\u00e9ennes ont confirm\u00e9 le bas niveau atteint (2,5% des exprim\u00e9s et aucun \u00e9lu au Parlement europ\u00e9en, pour la premi\u00e8re fois depuis 1979). Quant \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2022, elle a plac\u00e9 Fabien Roussel \u00e0 peine au-dessus du score de Marie-George Buffet en 2007 (2,3% contre 1,9%).<\/p>\n<p>Il est vrai que le PC a doubl\u00e9 en 2020 le nombre de ses \u00e9lus r\u00e9gionaux (61 contre 29 en 2015, mais 101 en 2010 et 180 en 2004) et qu\u2019il semble avoir l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 le nombre de ses conseillers d\u00e9partementaux. L\u2019expansion num\u00e9rique des r\u00e9gionales est toutefois due avant tout \u00e0 la multiplication des accords avec le PS. Quant aux \u00e9lections d\u00e9partementales, la stabilit\u00e9 globale du nombre d\u2019\u00e9lus (autour de 160) n\u2019efface pas le recul accentu\u00e9 dans de vieilles zones de force, et notamment dans les trois premi\u00e8res m\u00e9tropoles, parisienne, lyonnaise et marseillaise. La perte douloureuse de la pr\u00e9sidence du Val-de-Marne \u2013 le dernier \u00ab bastion \u00bb d\u00e9partemental \u2013 en a \u00e9t\u00e9 l\u2019expression spectaculaire.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019organisation proprement dite, elle s\u2019est s\u00e9rieusement affaiblie. On ne discute plus gu\u00e8re du nombre d\u2019adh\u00e9rents, m\u00eame dans le PC qui s\u2019est longtemps enorgueilli d\u2019\u00eatre le plus \u00e9toff\u00e9 des partis fran\u00e7ais. De fait, \u00ab l\u2019adh\u00e9rent \u00bb et son d\u00e9nombrement n\u2019ont plus les m\u00eames vertus magiques, au temps des r\u00e9seaux sociaux, des mobilisations sur une seule cause et des mouvements plus ou moins \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, \u00ab gazeux \u00bb ou non. Il est toutefois des indicateurs plus \u00ab parlants \u00bb que d\u2019autres. Celui des cotisants en fait partie, parce qu\u2019il est plus facile \u00e0 contr\u00f4ler, qu\u2019il est financi\u00e8rement important et qu\u2019il s\u2019approche du noyau des militants les plus engag\u00e9s, qui assurent la pr\u00e9sence et l\u2019enracinement territorial d\u2019une force politique. Pour le PC, leur nombre \u00e0 peu pr\u00e8s fiable est connu, depuis que les statuts font des cotisants r\u00e9guliers le corps \u00e9lectoral rendu public lors des consultations internes. Officiellement, ce nombre est pass\u00e9 de 99.000 d\u00e9clar\u00e9s en 2006 \u00e0 64.000 en 2013 et \u00e0 49.000 en 2018. Or, selon des sources internes non officielles, ce nombre serait tomb\u00e9 \u00e0 35.000 aujourd\u2019hui, ce qui \u00e9quivaudrait \u00e0 une perte de 30% en moins de cinq ans. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un monde partisan fran\u00e7ais amaigri, le niveau communiste n\u2019a bien s\u00fbr rien de n\u00e9gligeable. Mais les quelques 35.000 cotisants et les 6500 \u00e9lus d\u00e9clar\u00e9s de 2022 sont bien loin des 560.000 cartes plac\u00e9es et des 28.000 \u00e9lus de 1978, au moment o\u00f9 va s\u2019amorcer le d\u00e9clin.<\/p>\n<h2>Mais pourquoi le PCF n\u2019est-il plus ce qu\u2019il \u00e9tait ?<\/h2>\n<p>Voil\u00e0 longtemps \u2013 depuis 1978 \u2013 que le PC a perdu la place h\u00e9g\u00e9monique qui \u00e9tait la sienne au sein de la gauche fran\u00e7aise et du mouvement ouvrier. Il a perdu sa fonction historique de repr\u00e9sentation politique privil\u00e9gi\u00e9e du monde ouvrier et urbain, qu\u2019incarnait si bien la \u00ab banlieue rouge \u00bb. Il a perdu sa fonction projective ou utopique, du temps des grandes esp\u00e9rances o\u00f9 il pouvait mobiliser le mythe sovi\u00e9tique \u2013 le mythe, bien s\u00fbr, pas la r\u00e9alit\u00e9\u2026 \u2013 pour prolonger le vieux r\u00eave de la \u00ab R\u00e9publique d\u00e9mocratique et sociale \u00bb. Quant au mod\u00e8le d\u2019union de la gauche, raccord\u00e9 aux souvenirs du Front populaire, il s\u2019est trouv\u00e9 bien malmen\u00e9 par les d\u00e9sillusions cruelles qui ont suivi l\u2019exp\u00e9rience du programme commun (1972-1978).<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est que le PCF n\u2019a pas plus compris ce qui avait provoqu\u00e9 son d\u00e9clin qu\u2019il n\u2019avait vraiment compris ce qui avait fait son succ\u00e8s ant\u00e9rieur. Il a pens\u00e9 que la source de son dynamisme se trouvait avant tout en lui-m\u00eame, dans cette structure originale install\u00e9e par le bolchevisme russe des origines, que le stalinisme avait certes ossifi\u00e9e, mais que l\u2019intelligence du groupe dirigeant \u00ab thor\u00e9zien \u00bb, au milieu des ann\u00e9es 1930, avait heureusement acclimat\u00e9e aux r\u00e9alit\u00e9s sociopolitiques nationales. Il \u00e9tait \u00ab le \u00bb parti de la classe ouvri\u00e8re, r\u00e9volutionnaire et de masse : tout \u00e9tait dit\u2026<\/p>\n<p>Quand il a senti que la dynamique favorable s\u2019enrayait, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, le parti a r\u00e9agi de fa\u00e7on conjoncturelle, tant\u00f4t en valorisant son \u00ab identit\u00e9 \u00bb, tant\u00f4t en insistant sur ses capacit\u00e9s d\u2019ouverture, tant\u00f4t en fustigeant \u00ab l\u2019opportunisme de droite \u00bb et la dilution identitaire, tant\u00f4t d\u00e9non\u00e7ant \u00ab le sectarisme de gauche \u00bb et le risque d\u2019isolement. Mais il n\u2019a jamais remis en question les bases de son rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et au monde, comme si elles relevaient d\u2019une \u00e9vidence intangible : le PCF n\u2019est-il pas depuis 1920 le parti populaire par excellence, le plus r\u00e9volutionnaire, le plus \u00e0 gauche et le plus cr\u00e9dible ? En bref, la synth\u00e8se enfin trouv\u00e9 de la puret\u00e9 de classe et de la capacit\u00e9 expansive de la gauche issue de 1789-1794\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 plusieurs reprises, les directions communistes ont mis en avant ce qui leur paraissait \u00eatre la cause \u00e9vidente du d\u00e9clin. Sur les onze \u00e9lections pr\u00e9sidentielles au suffrage universel qui se sont \u00e9gren\u00e9es apr\u00e8s 1962, le PCF s\u2019est d\u00e9sist\u00e9 quatre fois, deux fois en faveur de Fran\u00e7ois Mitterrand (1965 et 1974), deux fois en faveur de Jean-Luc M\u00e9lenchon (2012 et 2017). Le scrutin pr\u00e9sidentiel \u00e9tant le plus structurant, l\u2019absence de candidature communiste aurait donc d\u00e9l\u00e9gitim\u00e9 le vote communiste.<\/p>\n<p>Le raisonnement serait convaincant, s\u2019il ne se heurtait pas \u00e0 un autre constat simple. Le PCF a pr\u00e9sent\u00e9 un candidat estampill\u00e9 sept fois sur onze ; or, qu\u2019il concoure ou pas \u00e0 l\u2019\u00e9lection majeure, son recul n\u2019a presque jamais \u00e9t\u00e9 enray\u00e9 (\u00e0 l\u2019exception du score de Robert Hue en 1995). Th\u00e9oriquement, cela aurait d\u00fb conduire \u00e0 d\u00e9placer le regard. Si le PC a pu devenir h\u00e9g\u00e9monique \u00e0 gauche, entre 1945 et 1978, ce n\u2019\u00e9tait ni parce qu\u2019il se pr\u00e9sentait \u00e0 toutes les \u00e9lections, ni parce que son identit\u00e9 partisane et sa structure organis\u00e9e rendaient possible son h\u00e9g\u00e9monie. Il \u00e9tait solidement enracin\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9tait largement per\u00e7u comme utile, au moins pour une partie cons\u00e9quente de la soci\u00e9t\u00e9. Or il l\u2019\u00e9tait pour au moins deux raisons : par les fonctions qu\u2019il exer\u00e7ait et qui ont \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9es plus haut (fonction de repr\u00e9sentation, fonction utopique et fonction proprement politique) et parce que le communisme en France n\u2019\u00e9tait pas seulement un parti politique. Il constituait une galaxie \u2013 ou un \u00e9cosyst\u00e8me, si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re \u2013 qui associait du partisan, du syndical, de l\u2019associatif et du culturel. Au fond l\u2019\u00e9quivalent \u00e0 la fran\u00e7aise de la social-d\u00e9mocratie allemande historique (celle de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle) ou du travaillisme britannique et ce qui rendait donc possible la conjonction \u2013 que l\u2019on sait d\u00e9cisive \u2013 de la dynamique sociale (le mouvement populaire) et des majorit\u00e9s politiques.<\/p>\n<h2>Ne pas se tromper de congr\u00e8s<\/h2>\n<p>C\u2019est lorsque la triple fonctionnalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pleinement assur\u00e9e et que la galaxie s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9e que l\u2019influence communiste a \u00e9t\u00e9 maximale. Quand elles se sont mises \u00e0 s\u2019\u00e9roder \u2013 ce dont l\u2019organisation communiste n\u2019a pas su prendre la mesure \u2013 l\u2019influence elle-m\u00eame s\u2019est \u00e9tiol\u00e9e, le PCF s\u2019est affaibli et il a perdu de cette coh\u00e9rence qui faisait son originalit\u00e9 et sa fiert\u00e9.<\/p>\n<p>Parce que sa culture politique le conduisait \u00e0 penser que, pour r\u00e9ussir, il suffisait de naviguer entre le double \u00e9cueil de \u00ab l\u2019opportunisme \u00bb et du \u00ab sectarisme \u00bb, le PCF a fini par s\u2019habituer \u00e0 un fonctionnement interne ternaire. Un \u00ab centre \u00bb explique qu\u2019il faut \u00e0 la fois renforcer l\u2019activit\u00e9 du parti et travailler au rassemblement (mais avec qui ?), une \u00ab gauche \u00bb r\u00e9put\u00e9e pense qu\u2019on en fait trop pour le rassemblement et pas assez pour le parti et une \u00ab droite \u00bb pr\u00e9sum\u00e9e r\u00e9plique qu\u2019en faisant trop pour le parti on p\u00e9nalise le rassemblement.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi, au fil des d\u00e9cennies et des conjonctures, que le PCF est pass\u00e9 d\u2019une longue p\u00e9riode o\u00f9 la gauche \u00e9tait forte et polaris\u00e9e (le t\u00eate-\u00e0-t\u00eate du PC et du PS en \u00e9tait l\u2019expression politique majeure) \u00e0 une phase o\u00f9 la gauche est faible (les cat\u00e9gories populaires s\u2019en d\u00e9tournent) et o\u00f9 elle est conjoncturellement domin\u00e9e par le concurrent inattendu, la France insoumise. Depuis 2017, la tendance dominante au sein du parti s\u2019est alors arcbout\u00e9e plus que jamais sur la conviction ancienne que l\u2019absence dans les scrutins pr\u00e9sidentiel de 2012 et 2017 \u00e9tait la cause majeure d\u2019un recul et d\u2019un effacement que l\u2019on pouvait surmonter. En tout cas, c\u2019est cette conviction assez largement partag\u00e9e qui a rendu possible la mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de Pierre Laurent (qui \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du Front de gauche) et l\u2019engagement pr\u00e9sidentiel de son successeur.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 ce jour, le corps militant communiste se trouve donc, presque naturellement, tiraill\u00e9 entre deux p\u00f4les.  D\u2019un c\u00f4t\u00e9, s\u2019observe le sentiment qu\u2019il faut accepter le nouveau rapport des forces \u00e0 gauche pour \u00e9viter l\u2019inutilit\u00e9 politique et la marginalisation\u2009; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, se manifeste le d\u00e9sir d\u2019une r\u00e9affirmation identitaire, reposant sur la conviction que le parti communiste est structurellement le seul capable de repr\u00e9senter le peuple et d\u2019offrir une nouvelle dynamique \u00e0 la gauche. Pour l\u2019instant, les deux p\u00f4les ont en commun un seul point : la conviction qu\u2019il y a place, au sein de la gauche, pour une organisation politique autonome qui continuerait ainsi le parti communiste maintenant centenaire. Au-del\u00e0 de ce point d\u2019accord, tout semble opposer des points de vue qui tendent progressivement \u00e0 se structurer en cultures, plus encore qu\u2019en lignes politiques.<\/p>\n<p>Le congr\u00e8s de 2023 devra trancher et dire lequel de ces deux p\u00f4les donnera le ton dans le parti. Mais le fond du probl\u00e8me ne se r\u00e9duira bien s\u00fbr pas \u00e0 un simple rapport des forces num\u00e9rique. Dans la crise profonde du champ politique que nous connaissons, c\u2019est la texture m\u00eame du mouvement populaire et la cl\u00e9 du dynamisme \u00e0 gauche qui sont d\u00e9sormais en jeu. La gauche fragilis\u00e9e par les \u00e9checs de ses composantes historiques n\u2019attire plus des cat\u00e9gories populaires qui balancent majoritairement entre abstention et vote \u00e0 droite et surtout \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite. Les clivages, r\u00e9els ou factices s\u2019incrustent, la col\u00e8re ne s\u2019adosse plus \u00e0 l\u2019esp\u00e9rance, les responsabilit\u00e9s du d\u00e9sastre social se diluent dans la recherche des boucs \u00e9missaires.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat gagnerait donc \u00e0 aller bien au-del\u00e0 d\u2019un dilemme entre \u00ab identit\u00e9 \u00bb et \u00ab rassemblement \u00bb, en poussant du c\u00f4t\u00e9 de \u00ab l\u2019utilit\u00e9 \u00bb. Dans le chamboulement de ce si\u00e8cle, un parti pris communiste est-il utile et si oui, \u00e0 quelles conditions ? D\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, il s\u2019agira pour les communistes \u2013 et sans doute pas seulement les membres du PCF \u2013 de dire s\u2019il doit y avoir ou non de la rupture communiste au sein d\u2019une gauche toujours incertaine, s\u2019il faut toujours un grand r\u00e9cit communiste et une strat\u00e9gie visant tout \u00e0 la fois \u00e0 faire du peuple un acteur et \u00e0 la gauche d\u2019\u00eatre un ferment de majorit\u00e9s transformatrices. Dans ce cadre, il faudra bien \u00e9claircir le rapport au reste de la gauche, et notamment le rapport \u00e0 la Nupes. Sans oublier de mesurer \u00e0 la fois ce que cette alliance inattendue et fragile a de n\u00e9cessaire, face \u00e0 une droite radicalis\u00e9e\u2026 et ce qui lui manque sans doute encore pour ne pas d\u00e9cevoir une fois de plus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/roger-martelli\"><strong>Roger Martelli<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13868 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/befunky-collage-519-dfb-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/befunky-collage-519-dfb-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"befunky-collage-519.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le week-end dernier, le projet de base commune, pr\u00e9sent\u00e9 par la direction, n&#8217;a obtenu que 58% des votes du conseil national. 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