{"id":13693,"date":"2022-08-08T06:30:00","date_gmt":"2022-08-08T04:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-quand-les-dirigeants-ne-savent-pas-comment-reagir-ils-font-la-guerre\/"},"modified":"2023-06-24T00:30:21","modified_gmt":"2023-06-23T22:30:21","slug":"article-quand-les-dirigeants-ne-savent-pas-comment-reagir-ils-font-la-guerre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13693","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Quand les dirigeants ne savent pas comment r\u00e9agir, ils font  la guerre\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><strong>ARCHIVES.<\/strong> H\u00e9ritage culturel et historique de l&#8217;Europe, la guerre conserve son pouvoir de s\u00e9duction politique dans une France investie par un n\u00e9oconservatisme belliqueux. Malgr\u00e9 l&#8217;inad\u00e9quation des interventions ext\u00e9rieures et leur propension \u00e0 aggraver la situation. Entretien avec Bertrand Badie.<\/p>\n<p><strong>Bertrand Badie<\/strong> est professeur \u00e0 Sciences Po Paris, codirecteur de <em>L\u2019\u00c9tat du monde<\/em> (La D\u00e9couverte) et auteur de <em>Nous ne sommes plus seuls au monde<\/em> (La D\u00e9couverte, 2016). <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><p style=\"text-align: center;\">* * *<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong> <em>Regards<\/em>. Apr\u00e8s les attaques djihadistes qui ont touch\u00e9 Paris, Bruxelles et Nice, le premier ministre Manuel Valls n\u2019a cess\u00e9 d\u2019affirmer que nous \u00e9tions <em>\u00ab\u00a0en guerre\u00a0\u00bb<\/em>. Pourquoi emploie-t-il un tel lexique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Bertrand Badie.<\/strong> L\u2019instrumentalit\u00e9 est double. D\u2019abord, ce vocabulaire vise \u00e0 cr\u00e9er un climat d\u2019union nationale dans un contexte fran\u00e7ais qui se caract\u00e9rise par un ph\u00e9nom\u00e8ne de fragmentation politique et de distance par rapport aux partis et aux institutions. Mais on ne peut pas exclure que les dirigeants consid\u00e8rent sinc\u00e8rement la guerre, au sens classique du terme, comme une solution au djihadisme qui menace, selon leurs propos, la s\u00e9curit\u00e9 du pays. La v\u00e9rit\u00e9 se trouve probablement \u00e0 la rencontre entre le d\u00e9sir strat\u00e9gique, voire cynique, de mobiliser la population et l\u2019adh\u00e9sion sinc\u00e8re \u00e0 une vieille culture de la guerre. Pourtant, cette derni\u00e8re notion ne permet pas de rendre compte des nouvelles conflictualit\u00e9s. Dans l\u2019histoire fran\u00e7aise et europ\u00e9enne, les \u00c9tats se sont construits par la guerre. Celle-ci est ensuite devenue un instrument de rivalit\u00e9 et de comp\u00e9tition entre puissances. Aujourd\u2019hui, nous assistons exactement \u00e0 l\u2019inverse\u00a0: les \u00ab guerres \u00bb actuelles sont le r\u00e9sultat de faiblesses. Dans le syst\u00e8me international contemporain, ce n\u2019est pas la puissance des \u00c9tats mais leur effondrement, tout comme le d\u00e9chirement des nations et des soci\u00e9t\u00e9s, qui entretient la conflictualit\u00e9. En ce sens, utiliser la guerre dans sa conception europ\u00e9enne pour r\u00e9pondre aux violences nouvelles est totalement contre-indiqu\u00e9\u00a0: au lieu de r\u00e9soudre des conflits, elle en ajoute \u00e0 ceux qui existent d\u00e9j\u00e0. <\/p>\n<p><strong>Pour l\u2019emporter dans une guerre conventionnelle, il fallait \u00eatre plus fort militairement que ses adversaires. N\u2019est-ce pas trompeur de laisser croire que la sup\u00e9riorit\u00e9 technologique peut encore prot\u00e9ger le pays\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Dans la comp\u00e9tition inter\u00e9tatique classique, le prince qui savait le mieux allier la force et la ruse emportait la victoire. On sait depuis Machiavel que l\u2019habilet\u00e9 strat\u00e9gique et la ruse pouvaient compenser une faiblesse des instruments classiques de puissance, mais la force restait l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant. Continuer aujourd\u2019hui \u00e0 expliquer que la puissance militaire peut prot\u00e9ger le pays est plus que trompeur. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on vient conforter ceux que l\u2019on attaque\u00a0en important la guerre depuis l\u2019Europe et les \u00c9tats-Unis\u00a0: les talibans peuvent ainsi s\u2019en servir pour se pr\u00e9senter comme les porteurs des valeurs nationales face \u00e0 l\u2019envahisseur \u00e9tranger. De l\u2019autre, l\u2019intervention des puissances occidentales vient ajouter \u00e0 des conflits issus de param\u00e8tres locaux, comme en Nord M\u00e9sopotamie, en Afghanistan ou au Sahel, une opposition entre le Sud et l\u2019Occident \u2013 qui peut cr\u00e9er des sympathies chez ceux qui se trouvent choqu\u00e9s dans leur nationalisme et ont ainsi des tendances \u00e0 s\u2019identifier aux adversaires des Occidentaux. C\u2019est donc une strat\u00e9gie perdante sur toute la ligne. Qui pose une question fondamentale\u00a0: alors que le champ de bataille du monde a d\u00e9sert\u00e9 l\u2019Europe pour concerner le Moyen-Orient et l\u2019Afrique, pouvons-nous vraiment nous approprier le conflit des autres, le g\u00e9rer et le gagner\u00a0?<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Dans le syst\u00e8me international contemporain, ce n\u2019est pas la puissance des \u00c9tats mais leur effondrement qui entretient la conflictualit\u00e9. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>C\u2019est une question \u00e9thique\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est aussi une question tr\u00e8s pratique. Comment participer \u00e0 des guerres dont les origines n\u2019ont rien \u00e0 voir avec notre histoire, notre identit\u00e9, nos int\u00e9r\u00eats nationaux\u00a0? Peut-on se placer en m\u00e9diateurs malgr\u00e9 notre position d\u2019ext\u00e9riorit\u00e9\u00a0et surtout le poids de notre pass\u00e9\u00a0? Tout chef de guerre occidental sait ce que signifie pratiquement le fait d\u2019intervenir dans le conflit des autres. S\u2019ins\u00e9rer dans un jeu conflictuel qui n\u2019est pas le n\u00f4tre, comme en Afghanistan ou au Mali, c\u2019est prendre le risque de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des ferments de ces violences qui nous sont \u00e9trangers. Jusqu\u2019en 1989, la conflictualit\u00e9 que les Occidentaux avaient \u00e0 g\u00e9rer \u00e9tait principalement d\u2019origine europ\u00e9enne, donc endog\u00e8ne. Ce n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Vous datez la rupture de 1989\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Avec la fin de la Guerre froide, la longue histoire qui faisait de l\u2019Europe le champ de bataille principal du monde s\u2019est presque totalement \u00e9teinte. Mais il faut rester prudent sur la datation. Avant 1989, il existait d\u00e9j\u00e0 une conflictualit\u00e9 ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019Europe, dont les guerres de d\u00e9colonisation \u00e9taient notamment la marque. Le ph\u00e9nom\u00e8ne commen\u00e7ait \u00e0 monter, mais sur un mode marginal et consid\u00e9r\u00e9 alors comme \u00ab p\u00e9riph\u00e9rique \u00bb\u00a0: c\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs ainsi que l\u2019on qualifiait ces conflits, alors consid\u00e9r\u00e9s sommairement comme la cons\u00e9quence d\u2019une pression sovi\u00e9tique. Il ne faut pas non plus n\u00e9gliger la mont\u00e9e en puissance du conflit isra\u00e9lo-palestinien. Le mouvement de bascule s\u2019est donc amorc\u00e9 avant 1989. Mais cette date marque une rupture\u00a0: \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, la conflictualit\u00e9 du Sud fait l\u2019essentiel de l\u2019agenda international.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Alors que le champ de bataille du monde a d\u00e9sert\u00e9 l\u2019Europe pour concerner le Moyen-Orient et l\u2019Afrique, pouvons-nous vraiment nous approprier le conflit des autres, le g\u00e9rer et le gagner\u00a0? \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Si la sup\u00e9riorit\u00e9 technologique n\u2019est d\u2019aucun rem\u00e8de face aux conflits actuels, peut-on en dire autant des drones arm\u00e9s que le gouvernement fran\u00e7ais semble vouloir promouvoir\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat que suscitent les drones tient \u00e0 deux pr\u00e9occupations sans doute li\u00e9es au sur-confort que recherche le monde occidental\u00a0: on consid\u00e8re d\u2019une part que la victoire militaire passe davantage par la technique que par les hommes, et d\u2019autre part que l\u2019Occident doit d\u00e9sormais se rapprocher de l\u2019id\u00e9al de z\u00e9ro mort de son c\u00f4t\u00e9, quels que soient les d\u00e9g\u00e2ts dans le camp de l\u2019autre. Il n\u2019emp\u00eache que l\u2019instrument militaire, aussi sophistiqu\u00e9 soit-il, fait p\u00e2le figure dans les nouvelles conflictualit\u00e9s, et emporte rarement la d\u00e9cision. Tout cet effort technologique n\u2019aboutit pas au r\u00e9sultat escompt\u00e9\u00a0: les \u00c9tats-Unis n\u2019ont pas gagn\u00e9 une guerre men\u00e9e \u00e0 leur initiative depuis 1945, si l\u2019on exclut les coalitions mont\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion de la guerre de Cor\u00e9e et de l\u2019op\u00e9ration Temp\u00eate du d\u00e9sert, qui remonte au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. En outre, l\u2019usage des drones peut avoir des effets sociaux d\u00e9sastreux\u00a0: lorsque des populations se trouvent attaqu\u00e9es par des instruments qui ne sont pas pilot\u00e9s par la pr\u00e9sence d\u2019\u00eatres humains sur le champ de bataille, se cr\u00e9e n\u00e9cessairement un fort ressentiment qui renforce les comportements anti-occidentaux et fait ainsi le jeu des forces que l\u2019on combat. Combien de Pakistanais se sont ralli\u00e9s \u00e0 la cause talibane parce qu\u2019ils \u00e9taient traqu\u00e9s par ces fameux drones\u00a0? Plus g\u00e9n\u00e9ralement, en se pr\u00e9cipitant dans la guerre, on oublie que cette forme nouvelle de conflictualit\u00e9 est inatteignable par les instruments militaires classiques et que c\u2019est rendre service \u00e0 de tels adversaires que de les combattre de cette mani\u00e8re-l\u00e0. Le calife de l\u2019\u00c9tat islamique a fait tous les efforts possibles, jusqu\u2019\u00e0 la terrible d\u00e9capitation du journaliste James Foley, pour attirer les Occidentaux dans la guerre m\u00e9sopotamienne. Et quand les Am\u00e9ricains ont d\u00e9barqu\u00e9 en Irak en 2003, Abou Moussab Al-Zarqaoui [responsable d\u2019Al Qaida en Irak, anc\u00eatre de Daech] parlait de \u00ab\u00a0gr\u00e2ce divine\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p><strong>Pourtant la France continue de faire comme si ces \u00ab guerres \u00bb \u00e9taient gagnables. Comment les dirigeants peuvent-ils croire \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 de la voie militaire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le poids de la m\u00e9moire guerri\u00e8re classique dans notre culture politique est tr\u00e8s fort. S\u2019adressant \u00e0 une classe politique qui manque souvent d\u2019imagination et de lucidit\u00e9 face aux transformations du monde, cette routine devient conseill\u00e8re. Quand les dirigeants ne savent pas comment r\u00e9agir, ils font la guerre. <\/p>\n<p><strong>Cette r\u00e9ponse s\u2019explique-t-elle par une id\u00e9ologie que vous qualifiez de \u00ab\u00a0n\u00e9oconservatisme \u00e0 la fran\u00e7aise\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le n\u00e9oconservatisme est une des premi\u00e8res postures \u00e0 se manifester dans le camp occidental apr\u00e8s 1989. Cette r\u00e9ponse repose sur l\u2019agencement de trois principes\u00a0: premi\u00e8rement, il faut aller convertir le Sud \u00e0 nos valeurs pour pouvoir effacer les violences qu\u2019il produit\u00a0; deuxi\u00e8mement, ce n\u2019est que par l\u2019usage de la force que l\u2019on pourra r\u00e9aliser et concr\u00e9tiser cette conversion\u00a0; troisi\u00e8mement, cette nouvelle conflictualit\u00e9 tient \u00e0 un d\u00e9calage entre les valeurs de l\u2019Occident \u2013 qui sont jug\u00e9es sup\u00e9rieures car porteuses de d\u00e9mocratie, de droit et de libert\u00e9 \u2013 et celles du Sud \u2013 par d\u00e9finition inf\u00e9rieures. Cette posture a \u00e9t\u00e9 mise en forme pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019Am\u00e9rique de George W. Bush, galvanis\u00e9e par les effets de l\u2019attaque du 11 septembre. Elle est alors renforc\u00e9e par le ressort messianique et religieux qui caract\u00e9rise la culture conservatrice am\u00e9ricaine. Pass\u00e9e ensuite en France, cette posture a \u00e9t\u00e9 all\u00e9g\u00e9e d\u2019une dimension religieuse qui n\u2019existe pas dans notre culture politique, ou qui n\u2019est pr\u00e9sente que de mani\u00e8re tr\u00e8s affaiblie. C\u2019est donc un messianisme r\u00e9publicain qui s\u2019y substitue, ce qui aboutit \u00e0 des formulations un peu plus soft et des visions un peu moins radicales de ce c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique. \u00c0 quoi s\u2019ajoute le fait que la France n\u2019ayant pas les moyens militaires des \u00c9tats-Unis, son n\u00e9oconservatisme est forc\u00e9ment plus fluet dans sa concr\u00e9tisation. Reste que la grammaire est la m\u00eame. En Europe, cette id\u00e9ologie n\u2019a pourtant que peu essaim\u00e9\u00a0: douch\u00e9s par l\u2019\u00e9chec de leur intervention en Irak, les Britanniques s\u2019en m\u00e9fient, tandis que les Allemands y sont toujours rest\u00e9s ext\u00e9rieurs. Seules les anciennes \u00ab d\u00e9mocraties populaires \u00bb s\u2019en rapprochent. La France est donc d\u2019autant plus isol\u00e9e que m\u00eame les \u00c9tats-Unis se sont en partie lav\u00e9s, avec Obama, de ces vieilles traces n\u00e9oconservatrices. Chez nous, aucun d\u00e9bat politique ne remet en cause les choix de ces gouvernements, sauf des forces tr\u00e8s limit\u00e9es comme les communistes ou le canal historique des \u00e9cologistes. <\/p>\n<p><strong>Dominique de Villepin expliquait en 2014 que <em>\u00ab\u00a0la guerre contre le terrorisme ne peut pas \u00eatre gagn\u00e9e parce que le terrorisme est une main mutante, changeante, opportuniste\u00a0\u00bb<\/em>. <\/strong> <\/p>\n<p>Dominique de Villepin est un homme sans troupes. Il est davantage l\u2019expression de sa propre personne que celle d\u2019un courant au sein de la droite. En-dehors de rares individualit\u00e9s, il n\u2019existe aucune voix dissonante, y compris au Parti socialiste. M\u00eame les frondeurs ne critiquent pas de front la politique \u00e9trang\u00e8re de Fran\u00e7ois Hollande. On assiste \u00e0 une sainte unanimit\u00e9 face \u00e0 un courant adopt\u00e9 aussi bien par les n\u00e9ogaullistes que par les lib\u00e9raux et les socio-d\u00e9mocrates. Dans le cadre de l\u2019intervention en Libye, mont\u00e9e du temps de la pr\u00e9sidence Sarkozy, le PS n\u2019a manifest\u00e9 aucun d\u00e9saccord. De m\u00eame que la droite n\u2019a pas reproch\u00e9 \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande ses interventions au sahel ni sa politique au Moyen-Orient.<\/p>\n<p><strong>La logique guerri\u00e8re du Parti socialiste au pouvoir ne tourne-t-elle pas le dos \u00e0 une tradition pacifiste \u00e0 gauche\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a toujours eu une ambigu\u00eft\u00e9 dans l\u2019histoire de la gauche.  Certes, celle-ci est porteuse d\u2019une tradition pacifiste, ainsi que d\u2019une histoire marqu\u00e9e par la volont\u00e9 de consid\u00e9rer les enjeux sociaux dans les relations internationales. Aujourd\u2019hui, ces valeurs classiques sont laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9. Mais il ne faut pas oublier que la SFIO, qui est l\u2019anc\u00eatre du PS, \u00e9tait un parti tr\u00e8s impliqu\u00e9 dans la coalition atlantique, dans les guerres coloniales et dans les sch\u00e9mas strat\u00e9giques classiques. Quand le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle est sorti de l\u2019OTAN, la SFIO lui a m\u00eame reproch\u00e9 cette d\u00e9marche d\u2019ind\u00e9pendance nationale. <\/p>\n<p><strong>Quelles cons\u00e9quences politiques peut avoir un tel discours guerrier\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Cette rh\u00e9torique tend \u00e0 nous isoler, \u00e0 nous couper des puissances \u00e9mergentes et du Sud en g\u00e9n\u00e9ral. Elle risque en outre d\u2019aiguiser des sentiments x\u00e9nophobes, sinon identitaristes au sein de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. Car \u00e0 force de d\u00e9noncer l\u2019autre comme responsable de nos maux et de constater que cet autre ne parvient pas \u00e0 \u00eatre \u00e9limin\u00e9, vaincu ou assagi, on favorise un regard toujours plus stigmatisant. Et cela m\u2019inqui\u00e8te. <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nPropos recueillis par <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/marion-rousset\"><strong>Marion Rousset<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13693 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/person-suit-black-and-white-people-military-soldier-1143361-pxhere-ef8.com_-scaled.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/person-suit-black-and-white-people-military-soldier-1143361-pxhere-ef8.com_-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"person-suit-black-and-white-people-military-soldier-1143361-pxhere.com.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>ARCHIVES.<\/strong> H\u00e9ritage culturel et historique de l&#8217;Europe, la guerre conserve son pouvoir de s\u00e9duction politique dans une France investie par un n\u00e9oconservatisme belliqueux. 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