{"id":13392,"date":"2022-02-15T15:21:42","date_gmt":"2022-02-15T14:21:42","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-michael-foessel-dans-le-projet-egalitaire-de-la-gauche-il-y-a-aussi-une\/"},"modified":"2023-06-24T00:25:11","modified_gmt":"2023-06-23T22:25:11","slug":"article-michael-foessel-dans-le-projet-egalitaire-de-la-gauche-il-y-a-aussi-une","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13392","title":{"rendered":"Micha\u00ebl Foessel : \u00ab Dans le projet \u00e9galitaire de la gauche, il y a aussi une promesse sensuelle \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La gauche devrait r\u00e9apprendre \u00e0 jouir et \u00e0 rire pour retrouver les chemins des coeurs des cat\u00e9gories populaires. Telle est la th\u00e8se du philosophe Micha\u00ebl Foessel, dans <em>Quartier rouge, le plaisir et la gauche<\/em> aux \u00e9ditions PUF. Il est l&#8217;invit\u00e9 de #LaMidinale.<\/p>\n<h2>UNE MIDINALE \u00c0 VOIR&#8230;<\/h2>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"490\" height=\"276\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/9YSz2IdYvPc\" title=\"YouTube video player\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><h2>ET \u00c0 LIRE&#8230;<\/h2>\n<p><em> <strong>Sur la jouissance<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Je me suis fond\u00e9 sur les discours de gauche et j&#8217;ai constat\u00e9 que la question du plaisir \u00e9tait la plupart du temps ignor\u00e9e, ou alors assimil\u00e9e \u00e0 la consommation. \u00bb<br \/>\n\u00ab J&#8217;ai essay\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la question de savoir si tous nos plaisirs \u00e9taient format\u00e9s par le syst\u00e8me \u00e9conomique ou par la technologie contemporaine. \u00bb<br \/>\n\u00ab J&#8217;ai constat\u00e9 que la question du plaisir, du corps, de la jouissance \u2013 aussi bien au niveau de la sexualit\u00e9 que de l&#8217;alimentation \u2013 est pr\u00e9sente dans un certain discours de droite, plut\u00f4t r\u00e9actionnaire. Consistant \u00e0 dire qu&#8217;aujourd&#8217;hui on ne peut plus jouir en raison de la contrainte que font peser sur nous l&#8217;\u00e9cologie, le f\u00e9minisme, le mouvement LGBT, #MeToo, etc. \u00bb<br \/>\n\u00ab Est-ce que lorsque nous avons un moment qui nous r\u00e9concilie avec le r\u00e9el, \u00e7a nous r\u00e9concilie aussi avec le syst\u00e8me capitaliste ? Il me semble que non. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur l&#8217;universalit\u00e9 du plaisir<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Il n&#8217;y a pas d&#8217;\u00e9galit\u00e9 face au plaisir, en fonction de la classe sociale \u00e0 laquelle on appartient, du genre auquel on appartient. Pour autant, je ne dirais pas qu&#8217;il y a des plaisirs de droite et des plaisirs de gauche. \u00c7a impliquerait de faire des hi\u00e9rarchies en fonction des objets du plaisir. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ce n&#8217;est pas l&#8217;objet du plaisir qui me para\u00eet politiquement int\u00e9ressant, mais le rapport qu&#8217;on entretient avec lui. La formule &#8220;On peut rire de tout mais pas avec tout le monde&#8221; r\u00e9sume bien la fonction politique du rire. Si on prend le film Les Valseuses, il \u00e9tait vu \u00e0 sa sortie comme un film de gauche et aujourd&#8217;hui appara\u00eet plut\u00f4t comme revendiqu\u00e9 par la droite par sa dimension misogyne. La question n&#8217;est pas de savoir si Les Valseuses c&#8217;est de droite ou de gauche, mais de savoir si, quand on rit \u00e0 ce type de spectacle, est-ce qu&#8217;on rit par adh\u00e9sion \u00e0 ce qui est montr\u00e9 \u2013 en l&#8217;occurrence une certaine forme de misogynie \u2013 ou est-ce qu&#8217;on rit par distanciation ? \u00bb<br \/>\n\u00ab Si je ris avec des racistes d&#8217;une blague raciste, je fais communaut\u00e9 avec eux et cette exp\u00e9rience du plaisir est raciste. Mais si je ris du racisme, si je me moque de lui, avec des gens avec qui je prends plaisir \u00e0 prendre une distance avec ce qui nous afflige, alors ce rire fait partie d&#8217;une forme d&#8217;\u00e9mancipation qu&#8217;on peut appeler &#8220;de gauche&#8221;. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur la diversit\u00e9 des objets que tu nommes \u00ab plaisir \u00bb<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Ce qui est politique, ce n&#8217;est pas les objets \u2013 le tabac, l&#8217;alcool, le sexe, la nourriture \u2013, c&#8217;est la mani\u00e8re dont on se rapporte \u00e0 ces joies. On peut consid\u00e9rer qu&#8217;il y a une hi\u00e9rarchie des plaisirs : les joies li\u00e9es \u00e0 la lutte, \u00e0 la contestation, sont sup\u00e9rieures \u00e0 des joies plus priv\u00e9es, plus individuelles. \u00bb<br \/>\n\u00ab Qu&#8217;est-ce qui fait que le corps est politique ? Ce qui m&#8217;int\u00e9resse, c&#8217;est l&#8217;exp\u00e9rience que l&#8217;on peut faire que nous avons plus qu&#8217;un seul corps. Nous ne sommes pas condamn\u00e9s \u00e0 un certain usage de notre corps. \u00bb<br \/>\n\u00ab Les ouvriers de 36 ont occup\u00e9 les usines et y ont fait la f\u00eate, peut-\u00eatre l&#8217;amour. Ils ont d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re empirique que le destin social qui leur \u00e9tait fait pouvait \u00eatre d\u00e9jou\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab La gauche appara\u00eet aujourd&#8217;hui comme d\u00e9mod\u00e9e et pleine de contraintes. Il m&#8217;a paru important de montrer que dans le projet \u00e9galitaire, il y a aussi une promesse sensuelle. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur la nostalgie du plaisir<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab La nostalgie, c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 mieux que la m\u00e9lancolie. La m\u00e9lancolie de gauche \u2013 cette id\u00e9e qu&#8217;il y a eu beaucoup de d\u00e9faites \u2013 a fait son temps. On peut rire de ce qu&#8217;ont fait les vainqueurs. Le rire qui d\u00e9sacralise, la valeur travail par exemple, \u00e0 l&#8217;heure du burn-out g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, c&#8217;est une forme de rire tr\u00e8s contemporaine. \u00bb<br \/>\n\u00ab Je parle aussi de la fa\u00e7on dont les femmes sont entr\u00e9es sur la sc\u00e8ne et revendiquent leur plaisir, reconfigurent le concept d&#8217;orgasme \u2013 est-ce qu&#8217;un orgasme implique la p\u00e9n\u00e9tration ? Qu&#8217;est-ce qu&#8217;un orgasme qui ne serait pas masculiniste ? \u2013, toutes ces mani\u00e8res de mettre en forme ce qui constitue notre sexualit\u00e9 sont pr\u00e9sentes, mais en retrait par rapport aux th\u00e9matiques impos\u00e9es \u00e0 gauche qui sont plut\u00f4t de caract\u00e8re catastrophistes, sur l&#8217;urgence de la n\u00e9cessit\u00e9 de bifurquer ou non. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur les gilets jaunes<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Le point de d\u00e9part de leur lutte, c&#8217;est de sortir de chez eux pour se rendre sur les lieux qui incarnent la laideur architecturale dans laquelle on les force \u00e0 vivre : les rond-points, les bretelles d&#8217;autoroutes, etc. Ils ont constat\u00e9 une sorte de sociabilit\u00e9 plus heureuse, ils ont fait des bistrots improvis\u00e9s, et petit \u00e0 petit ils se sont politis\u00e9s. La logique est la m\u00eame que pour Nuit debout ou le mouvement Occupy \u2013 m\u00eame si la sociologie n&#8217;est pas la m\u00eame \u2013 : rassembler des corps et m\u00ealer la revendication politique \u00e0 des exp\u00e9riences. On essaie de reconqu\u00e9rir du sensible l\u00e0 o\u00f9 il n&#8217;y a que du b\u00e9ton, de la hi\u00e9rarchie. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur l&#8217;articulation entre collectif et individuel du plaisir<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab La plupart de nos plaisirs sont de nature individuelle ou priv\u00e9e, au sens o\u00f9 on les partage avec notre sph\u00e8re intime. Ce sont des plaisirs qui ne r\u00e9alisent que le d\u00e9sir que j&#8217;avais avant eux. Je d\u00e9sire la viande rouge, je commande une viande rouge et elle correspond ou pas \u00e0 mon d\u00e9sir. Ce plaisir n&#8217;est pas politiquement signifiant. \u00bb<br \/>\n\u00ab Faire de ces plaisirs l&#8217;exclusif du plaisir m\u00e8ne \u00e0 une vision conservatrice : je le vaux bien; j&#8217;y ai droit. Puisque je suis bien dans ce monde, le monde est bien. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a un autre type de plaisir, beaucoup plus rare mais beaucoup plus pr\u00e9cieux, qui n&#8217;est pas la satisfaction d&#8217;un d\u00e9sir. Ils surviennent comme une sorte de nouveaut\u00e9 absolue, c&#8217;est quelque chose qu&#8217;on ne pouvait pas imaginer : le plaisir face \u00e0 une \u0153uvre d&#8217;art, face \u00e0 un paysage qu&#8217;on n&#8217;imaginait pas \u2013 et donc qu&#8217;on ne pouvait pas d\u00e9sirer \u2013, \u00e7a peut \u00eatre un plaisir sensuel ou sexuel qui va nous d\u00e9placer un peu par rapport \u00e0 nos go\u00fbts, \u00e0 nos attentes. \u00c7a peut \u00eatre un plaisir alimentaire. Ces plaisirs-l\u00e0, inattendus, ont une nature subversive. C&#8217;est \u00e7a avoir plus d&#8217;un corps, c&#8217;est avoir l&#8217;exp\u00e9rience qu&#8217;on n&#8217;est pas fig\u00e9 dans une identit\u00e9 de d\u00e9sirs mais que le plaisir, c&#8217;est ce qui nous d\u00e9place. \u00bb<br \/>\n\u00ab Ce type de plaisir, que j&#8217;appelle &#8220;plaisir \u00e9v\u00e9nement&#8221;, est n\u00e9cessairement collectif. On n&#8217;arrive pas tout seul \u00e0 nous d\u00e9placer par rapport \u00e0 notre d\u00e9sir. C&#8217;est toujours du monde, de l&#8217;ext\u00e9rieur, que viennent des exp\u00e9riences de nouveaut\u00e9s radicales. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur la d\u00e9construction et le rapport au plaisir<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Le plaisir-\u00e9v\u00e9nement est plut\u00f4t de l\u2019ordre de la reconstruction parce que tout individu a un corps format\u00e9 par la publicit\u00e9, par le syst\u00e8me des marques et la consommation qui nous indiquent ce qui va nous apporter du plaisir. \u00bb<br \/>\n \u00ab Quand j\u2019ai un plaisir qui d\u00e9place mon plaisir, je d\u00e9construis l\u2019identit\u00e9 qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab La d\u00e9construction heureuse am\u00e8ne les citoyens \u00e0 penser qu\u2019ils ne sont pas tout \u00e0 fait format\u00e9s dans le corps que la soci\u00e9t\u00e9 leur assigne. \u00bb<br \/>\n\u00ab Heureusement que, dans la gauche, il y a toujours eu une r\u00e9f\u00e9rence au point de r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 elle se r\u00e9alisait. H\u00e9las, elle a longtemps pens\u00e9 que ce point de r\u00e9alit\u00e9, c\u2019\u00e9tait les pays communistes de l\u2019Est. Il faut noter au passage, que ces pays du socialisme r\u00e9el ont perdu de leur pouvoir d\u2019attraction, non seulement quand on a compris ce qu\u2019ils impliquaient en termes de n\u00e9gation des droits de l\u2019homme ou d\u2019\u00e9conomie moribonde, mais aussi quand on a compris ce qu\u2019ils \u00e9taient en termes de tristesse, de grisaille et de manque de joie. \u00bb<br \/>\n\u00ab La gauche a encore un imaginaire majoritaire (\u2026) mais elle a un grand mal \u00e0 faire comprendre que cet imaginaire peut co\u00efncider avec des exp\u00e9riences r\u00e9elles. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a quantit\u00e9 de gens qui vivent \u00e0 gauche, c\u2019est-\u00e0-dire qui privil\u00e9gient l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans leurs exp\u00e9riences, y compris de plaisir, mais qui, pour quantit\u00e9 de raisons, ne voient plus pourquoi faire co\u00efncider leur exp\u00e9rience avec un engagement politique. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur la n\u00e9cessit\u00e9 de penser syst\u00e8me quand on parle changement<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Si l\u2019horizon, c\u2019est de manger du soja, je pense qu\u2019on aura du mal \u00e0 convaincre beaucoup de gens. En revanche, il y a, par la conscience qu\u2019on a de l\u2019\u00e9cologie ou de la souffrance animale, une n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9argencer nos go\u00fbts alimentaires. \u00bb<br \/>\n\u00ab Il y a cette id\u00e9e qui s\u2019est impos\u00e9e que la r\u00e9volution n\u2019\u00e9tant plus un horizon, on va plus transformer le monde, il faut d\u2019abord nos vies : la gauche, c\u2019est de fait beaucoup moralis\u00e9e. \u00bb<br \/>\n\u00ab Changer nos vies sans changer les conditions du monde, sans r\u00e9\u00e9laborer compl\u00e8tement notre alimentation, sans r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re syst\u00e9matique \u00e0 l\u2019organisation m\u00eame de la consommation et de la production, \u00e7a me parait un peu vain parce que cela donne l\u2019id\u00e9e que l\u2019on va pouvoir \u00eatre comme des saints dans un monde corrompu, purs dans un monde impur. Le probl\u00e8me, c\u2019est que la puret\u00e9 dans un monde impur est tr\u00e8s faible et m\u00eame si elle a moralement bien plus de valeur que quelqu\u2019un qui n\u2019a aucune vergogne, aucune pudeur et qui pose sa libido sur la table en s\u2019exprimant dans les m\u00e9dias, mais cela ne constitue pas un horizon d\u2019\u00e9mancipation collective. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur l\u2019utilit\u00e9 politique du rire<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Tous les rires ne sont pas les m\u00eames : il y a des rires froids, des rires cyniques et aussi des rires qui ne sont pas contradictoires avec le sens du tragique et avec l\u2019esprit de s\u00e9rieux. \u00bb<br \/>\n\u00ab Le rire qui remet en cause notre propre identit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le qu\u2019il y a dans la conscience heureuse une critique : qu\u2019est-ce que l\u2019on peut opposer \u00e0 un syst\u00e8me qui repose sur l\u2019organisation sociale de la tristesse ? On peut lui opposer nos revendications, nos combats mais aussi nos joies. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur la droite et le plaisir<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Chez Emmanuel Macron, il n\u2019y a pas tellement de r\u00e9f\u00e9rence au plaisir : il veut incarner la loi et la s\u00e9curit\u00e9. \u00bb<br \/>\n\u00ab Chez Eric Zemmour, il y a en sous-texte permanent l\u2019id\u00e9e que c\u2019est la faute \u00e0 la gauche si on ne jouit plus : la gauche f\u00e9ministe qui est culpabilisante et la gauche \u00e9cologique qui nous emp\u00eache de nous nourrir comme on le voudrait. \u00bb<br \/>\n\u00ab La fachosph\u00e8re a compris une chose que la gauche avait comprise il fut un temps mais qu\u2019elle devrait red\u00e9couvrir : la politique est aussi faite de moeurs et de mode de vie. Mais il ne faut pas \u00eatre dupe parce que, ce qui m\u2019amuse, ce sont que ces r\u00e9actionnaires bons vivants d\u00e9testent tout ce qui touche \u00e0 mai 68 mais veulent quand m\u00eame jouir sans entrave, pour eux-m\u00eames. Ils veulent jouir deux fois : une premi\u00e8re fois du plaisir de tout le monde et une deuxi\u00e8me fois d\u2019\u00eatre le seul \u00e0 les poss\u00e9der. C\u2019est le plaisir des carr\u00e9s VIP et des salons privil\u00e8ges d\u2019Air France. C\u2019est le bon plaisir des rois de France qui ne se fondent que sur l\u2019exclusion des autres. \u00bb<\/p>\n<p><em> <strong>Sur Fabien Roussel<\/strong> <\/em><br \/>\n\u00ab Il me parait \u00e9trange qu\u2019un candidat communiste se fasse tomber de dessus parce qu\u2019il a exprim\u00e9 le fait que le probl\u00e8me de la gauche sur la gauche, c\u2019est les in\u00e9galit\u00e9s qui s\u2019y retrouvent et donc la n\u00e9cessit\u00e9 de penser une forme de plaisir alimentaire pour tous. \u00bb<br \/>\n\u00ab Apr\u00e8s, Fabien Roussel l\u2019a exprim\u00e9 dans des termes qui sont ceux de l\u2019art de vivre \u00e0 la fran\u00e7aise et on peut consid\u00e9rer que, dans l\u2019alimentation, il y a aussi la d\u00e9couverte d\u2019autres formes de culture : le plaisir n\u2019est pas que culturel ou celui de la tradition. \u00bb<br \/>\n\u00ab S\u2019il faut choisir entre la mani\u00e8re dont il a mis en avant des plaisirs de type populaire dont on n\u2019a pas \u00e0 juger de leur nature m\u00eame si on peut proposer des alternatives par rapport aux questions \u00e9cologiques, et la proposition qui consid\u00e8re franchouillard tout ce qui rel\u00e8ve de plaisirs \u00e0 l\u2019ancienne, je choisis la premi\u00e8re. \u00bb<br \/>\n\u00ab Fabien Roussel a trouv\u00e9 &#8211; m\u00eame s\u2019il ne faudrait pas qu\u2019il fasse toute la campagne l\u00e0 dessus mais \u00e7a, c\u2019est \u00e0 lui de voir &#8211; une mani\u00e8re de mettre en sc\u00e8ne le discours politique et de donner une visibilit\u00e9 et une parole \u00e0 des parties de la population qui sont dans l\u2019invisibilit\u00e9 : la France des barbecues comme dirait Nicolas Mathieu, elle n\u2019est pas mise en avant dans le discours de gauche\u2026 \u00bb<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13392 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/article_midinale-18-c7e.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/article_midinale-18-c7e-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"article_midinale-18.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La gauche devrait r\u00e9apprendre \u00e0 jouir et \u00e0 rire pour retrouver les chemins des coeurs des cat\u00e9gories populaires. 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