{"id":13289,"date":"2021-12-13T12:15:04","date_gmt":"2021-12-13T11:15:04","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-si-en-36-chacun-a-gauche-avait-campe-sur-ses-positions-il-n-aurait-pas-eu-de\/"},"modified":"2023-06-24T00:22:24","modified_gmt":"2023-06-23T22:22:24","slug":"article-si-en-36-chacun-a-gauche-avait-campe-sur-ses-positions-il-n-aurait-pas-eu-de","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13289","title":{"rendered":"Si en 36, chacun \u00e0 gauche avait camp\u00e9 sur ses positions, il n\u2019y aurait pas eu de Front populaire"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Mais nous ne sommes pas en 1936. Et \u00e0 quelques semaines de l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2022, avec pas moins de sept candidats de gauche sur la ligne de d\u00e9part, la probabilit\u00e9 \u2013 je dis bien \u00ab probabilit\u00e9 \u00bb et pas \u00ab in\u00e9luctabilit\u00e9 \u00bb \u2013 d\u2019un r\u00e9sultat d\u00e9sastreux est \u00e9norme.<\/p>\n<p>On dira certes \u2013 et on aura raison de le dire \u2013 que la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble n\u2019a pas vir\u00e9 \u00e0 droite et que les mouvements sociaux \u00e9voquent le plus souvent les valeurs positives qui sont le terreau de la gauche historique. M\u00eame sid\u00e9r\u00e9e, la gauche n\u2019a pas disparu du paysage fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Dans l\u2019espace politique institutionnel, le mouvement porte pourtant aujourd\u2019hui vers la droite, \u00ab boost\u00e9e \u00bb par sa fraction la plus extr\u00eame. La gauche dans les sondages reste englu\u00e9e dans des totaux bien au-dessous des 30%. Son \u00e9parpillement rend assur\u00e9e son absence au second tour, sauf cataclysme par essence impr\u00e9visible. Et quand bien m\u00eame elle parviendrait au tour d\u00e9cisif, elle n\u2019est pas certaine de vaincre, quel que soit l\u2019adversaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/actu\/article\/gauche-les-jeux-sont-faits-rien-ne-va-plus\">Gauche : les jeux sont faits, rien ne va plus<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 entendre les uns et les autres, chacun est \u00e0 m\u00eame d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, ce qui laisse envisager une gauche proche des 100% des suffrages exprim\u00e9s\u2026 Ce n\u2019est bien s\u00fbr pas raisonnable. M\u00eame rassembl\u00e9e, la gauche n\u2019a aucune certitude de concourir au second tour ; mais son \u00e9clatement ne fait que rendre le probable in\u00e9luctable. Cela signifie que le champ libre serait laiss\u00e9 \u00e0 la droite, le choix se faisant entre trois de ses variantes, qui ne pr\u00e9sentent pas le m\u00eame danger historique, mais qui ouvrent toutes vers des \u00e9volutions socialement et d\u00e9mocratiquement redoutables.<\/p>\n<p>La revendication de l\u2019union de toute la gauche se heurte certes \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00e9vidence : la gauche n\u2019est pas uniforme et les clivages qui la traversent ne sont pas de d\u00e9tail. Je n\u2019ai jamais aim\u00e9 l\u2019image des \u00ab deux gauches \u00bb, qui trace entre les gauches des murs tout aussi intangibles qu\u2019infranchissables. Mais j\u2019ai toujours pens\u00e9 que l\u2019absence de \u00ab mur \u00bb n\u2019invalidait pas la pr\u00e9sence de \u00ab p\u00f4les \u00bb, au demeurant historiquement variables. Et, sur la longue dur\u00e9e de l\u2019histoire de la gauche, j\u2019ai consid\u00e9r\u00e9 et consid\u00e8re encore que, d\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 on ne l\u2019enferme pas dans des cases herm\u00e9tiques, l\u2019un des clivages les plus d\u00e9cisifs est celui qui oppose la propension \u00e0 \u00ab l\u2019opportunit\u00e9 \u00bb et le choix de la \u00ab radicalit\u00e9 \u00bb. Les deux termes ne s\u2019enferment pas dans des d\u00e9finitions immobiles, ils prennent des formes et d\u00e9limitent des contours variables, mais ils structurent globalement le rapport des forces internes \u00e0 la gauche.<\/p>\n<p>Je crois la polarit\u00e9 positive, dans la mesure o\u00f9 elle peut pousser le p\u00f4le de \u00ab l\u2019opportunit\u00e9 \u00bb \u00e0 ne pas sombrer dans la compromission et les abandons et, en sens inverse, o\u00f9 elle oblige l\u2019autre p\u00f4le \u00e0 ne pas confondre la radicalit\u00e9 et l\u2019incantation. En situation \u00ab normale \u00bb, on peut convenir que le plus important est de savoir lequel de ces p\u00f4les est le plus attractif. Dans ce cas, la concurrence entre les deux peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme saine et, de fait, elle n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 la formation de majorit\u00e9s propulsives, en 1936, \u00e0 la Lib\u00e9ration ou en 1981-1982.<\/p>\n<p>C\u2019est en tout cas cette conviction qui, \u00e0 mes yeux, avait pouss\u00e9 les \u00ab refondateurs \u00bb communistes \u00e0 avancer nagu\u00e8re l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un \u00ab p\u00f4le de radicalit\u00e9 \u00bb, travaillant en m\u00eame temps \u00e0 renforcer le flanc gauche de la gauche politique et \u00e0 retisser des liens modernis\u00e9s entre la dynamique sociale, les constructions politiques et la sph\u00e8re id\u00e9ologico-symbolique. Les mots pour le dire ne sont plus les m\u00eames, mais la vis\u00e9e n\u2019a pas chang\u00e9. La gauche ne peut pas \u00eatre pleinement elle-m\u00eame, si la belle tradition pl\u00e9b\u00e9ienne, d\u00e9mocratique et r\u00e9volutionnaire n\u00e9e en 1789-1794 est minor\u00e9e, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre.<\/p>\n<blockquote><p>Si la gauche persiste dans son \u00e9parpillement actuel, peut-\u00eatre ne restera-t-il plus qu\u2019\u00e0 choisir, non pas le meilleur, mais la moins mauvaise candidature, pour une gauche qui veut rester fid\u00e8le \u00e0 ses valeurs. Pourtant, tout le monde ne voudra pas faire ce choix et, quel que soit le classement final, toute la gauche pourrait bien se trouver en position affaiblie.<\/p><\/blockquote>\n<p>Mais sommes-nous dans une situation \u00ab normale \u00bb ? La gauche est dans un \u00e9tat d\u2019affaiblissement qui touche toutes ses composantes, pour des raisons diff\u00e9rentes. L\u2019extr\u00eame gauche a rat\u00e9 l\u2019occasion de 2002 (10% des suffrages au premier tour de la pr\u00e9sidentielle, pour les seuls candidats h\u00e9ritiers du trotskisme) et, si elle garde sa combativit\u00e9, elle est retourn\u00e9e \u00e0 ses scores modestes. Le PC r\u00eave d\u2019un grand retour, mais tout laisse entendre qu\u2019il restera plus ou moins dans sa marginalit\u00e9 \u00e9lectorale. Les h\u00e9ritiers du socialisme (Hidalgo, Montebourg\u2026 ou d\u2019autres) continuent de payer l\u2019addition des choix socialistes entam\u00e9s en 1982-1983, quand le PS \u00e9tait archi-dominant. M\u00e9lenchon avait pour lui la r\u00e9ussite d\u2019une \u00e9lan rassembleur, auquel il a tourn\u00e9 le dos d\u00e8s le soir du premier tour de 2017. Ce faisant, au fil des \u00e9lections et des sondages, il a perdu une part importante de son capital acquis et il doit chercher \u00e0 rattraper le temps perdu depuis. Quant \u00e0 Jadot, il exprime bien l\u2019incapacit\u00e9 \u00e9cologiste \u00e0 choisir pour l\u2019instant entre un projet de rupture renouvel\u00e9e, adapt\u00e9e aux enjeux de notre temps, et la simple occupation de la place lib\u00e9r\u00e9e par une social-d\u00e9mocratie subclaquante.<\/p>\n<p>De ce fait, le grand risque est que se reproduise, pour la gauche dans son ensemble, ce qui a enfonc\u00e9 la gauche de gauche dans l\u2019\u00e9chec en 2007. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, il s\u2019agissait de dire qui \u00e9tait le plus l\u00e9gitime pour exprimer \u00e9lectoralement l\u2019\u00e9lan r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par le \u00ab non \u00bb de gauche au projet de trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en de 2005. \u00c0 l\u2019arriv\u00e9e, la \u00ab victoire \u00bb est revenue \u00e0 Olivier Besancenot avec\u2026 un peu plus de 4%. Le r\u00e9sultat fut que la gauche antilib\u00e9rale, massacr\u00e9e par elle-m\u00eame, n\u2019a plus eu d\u2019autre choix apr\u00e8s 2007 que de confier son destin \u00e0 un transfuge bienvenu du socialisme, en l\u2019occurrence M\u00e9lenchon. Ce choix a \u00e9t\u00e9 \u00e9minemment positif jusqu\u2019en 2017, mais sa force propulsive a \u00e9t\u00e9 \u00e9mouss\u00e9e depuis, par celui-l\u00e0 m\u00eame qui l\u2019avait dynamis\u00e9e par son incontestable talent.<\/p>\n<p>Si la gauche persiste dans son \u00e9parpillement actuel, peut-\u00eatre ne restera-t-il plus qu\u2019\u00e0 choisir, non pas le meilleur, mais la moins mauvaise candidature, pour une gauche qui veut rester fid\u00e8le \u00e0 ses valeurs. Pourtant, tout le monde ne voudra pas faire ce choix et, quel que soit le classement final, toute la gauche pourrait bien se trouver en position affaiblie. Ce n\u2019est pas \u00ab pleurnicher \u00bb ou se laisser aller au go\u00fbt morbide de l\u2019autodestruction que de faire ce constat, qui est de fait partag\u00e9 par la majorit\u00e9 d\u2019une mouvance de gauche esp\u00e9rant passionn\u00e9ment que l\u2019unit\u00e9 prendra le pas sur la parcellisation.<\/p>\n<blockquote><p>Ou bien la situation rel\u00e8ve de l\u2019urgence et il faut alors accepter qu\u2019il y ait du compromis \u00e0 gauche : l\u2019essentiel est d\u00e8s lors de fixer du mieux possible le point d\u2019\u00e9quilibre de ce compromis. Ou bien le moment pr\u00e9sent ne rel\u00e8ve pas de l\u2019urgence : alors la gauche peut jouer avant tout la partition de la concurrence, au seul risque toujours possible du ridicule du r\u00e9sultat enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il y a encore autre chose\u2026 Le risque devant lequel se trouve notre pays n\u2019est pas seulement celui d\u2019une gauche affaiblie et d\u2019une droite victorieuse. Il est celui du triomphe d\u2019une droite droitis\u00e9e, quand ce n\u2019est pas d\u2019une droite extr\u00eame-droitis\u00e9e. Dans ce contexte, il est toujours possible de mettre l\u2019accent sur la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une gauche divis\u00e9e : de fait, il y a dans l\u2019invocation d\u2019une union de la gauche quelque chose d\u2019un fantasme. Mais cette fiction a en m\u00eame temps un m\u00e9rite : rappeler que, s\u2019il est important de dire qui \u00e0 gauche donne le ton, nul \u00e0 gauche ne peut mettre en \u0153uvre son projet, s\u2019il ne peut s\u2019appuyer sur des majorit\u00e9s qui l\u2019aident \u00e0 le r\u00e9aliser. Il faut certes de la rupture, mais aucune rupture n\u2019est profonde et durable, si elle ne repose pas sur un \u00e9lan majoritaire. Et l\u2019accord sur un programme, m\u00eame \u00e9toff\u00e9 par des centaines de propositions, n\u2019est pas la condition fondamentale de cet \u00e9lan. Le programme commun n\u2019a-t-il pas montr\u00e9, tout \u00e0 la fois, la force de l\u2019union ainsi con\u00e7ue et sa fragilit\u00e9 face aux contradictions \u00e9paisses du r\u00e9el ?<\/p>\n<p>Ajoutons que, si en 1934-1936, chacun \u00e0 gauche avait continu\u00e9 de camper sur ses positions, assur\u00e9 d\u2019incarner \u00e0 lui seul la classe ouvri\u00e8re, la gauche, la r\u00e9volution ou la R\u00e9publique, il n\u2019y aurait pas eu de Front populaire. Ou bien la situation rel\u00e8ve de l\u2019urgence et il faut alors accepter qu\u2019il y ait du compromis \u00e0 gauche : l\u2019essentiel est d\u00e8s lors de fixer du mieux possible le point d\u2019\u00e9quilibre de ce compromis, pour qu\u2019il \u00e9carte le moins de monde possible sans tomber dans le consensus mou. Ou bien le moment pr\u00e9sent ne rel\u00e8ve pas de l\u2019urgence : alors la gauche peut jouer avant tout la partition de la concurrence, au seul risque toujours possible du ridicule du r\u00e9sultat enregistr\u00e9 \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>En 2017, M\u00e9lenchon avait fr\u00f4l\u00e9 les 20%, tandis que Hamon avait \u00e9t\u00e9 attir\u00e9 dans le gouffre par la longue d\u00e9rive du socialisme fran\u00e7ais, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par la d\u00e9b\u00e2cle du hollandisme. Le r\u00e9sultat de M\u00e9lenchon pouvait \u00eatre \u00e0 juste titre consid\u00e9r\u00e9 comme une bonne nouvelle, mais au sein d\u2019une gauche r\u00e9duite \u00e0 la portion congrue (27%). Pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle auparavant, en 1969, le communiste Duclos avait d\u00e9pass\u00e9 la barre des 20% et lamin\u00e9 le candidat socialiste, Defferre, qui payait la note (5%) d\u2019un parti socialiste SFIO discr\u00e9dit\u00e9. Mais le PC de l\u2019\u00e9poque avait tir\u00e9 de son r\u00e9sultat un argument suppl\u00e9mentaire pour pousser sa strat\u00e9gie d\u2019union de la gauche autour d\u2019un programme. Du coup, la gauche \u00e9cart\u00e9e du second tour en 1969 a progress\u00e9 en se rassemblant dans les ann\u00e9es 1970. M\u00e9lenchon, lui, a pens\u00e9 que son bon r\u00e9sultat pr\u00e9sidentiel le dispensait d\u00e9sormais de s\u2019adresser \u00e0 la gauche et que le \u00ab peuple \u00bb allait se tourner vers lui. Du coup, il a perdu du c\u00f4t\u00e9 de la gauche, et le \u00ab peuple \u00bb en bonne partie est all\u00e9 voir ailleurs.<\/p>\n<blockquote><p>Au lieu de r\u00e9pondre s\u00e8chement \u00e0 une proposition d\u2019union, quoique l\u2019on pense de qui \u00e9met cette proposition, peut-\u00eatre serait-il pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019entendre que ce d\u00e9sir de rassemblement n\u2019est pas celui d\u2019un ou de quelques individus. Il est celui d\u2019une grande partie de ce que l\u2019on appelle le \u00ab peuple de gauche \u00bb. Ne pas y r\u00e9pondre est un risque immense.<\/p><\/blockquote>\n<p>On pouvait penser que l\u2019exp\u00e9rience du macronisme allait ramener au bercail les \u00e9lecteurs de gauche abus\u00e9s. Ce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas dans les \u00e9lections nationales qui ont suivi et, l\u00e0 encore, les sondages laissent entendre qu\u2019une faible part de l\u2019\u00e9lectorat Macron de 2017 est pr\u00eate \u00e0 se tourner \u00e0 nouveau vers la gauche. Parce que la col\u00e8re ne suffit pas pour tirer les cat\u00e9gories populaires vers la gauche, parce que les programmes ne suffisent plus \u00e0 redonner le sens de l\u2019esp\u00e9rance aux domin\u00e9s, parce que la gauche qui a tant promis ne fait plus r\u00eaver. Et si \u00e0 cette carence d\u2019esp\u00e9rance s\u2019ajoute le spectre de la division, alors la sid\u00e9ration peut prendre le pas et laisser une forte part de la gauche potentielle l\u2019arme au pied. Dans ces conditions, ce n\u2019est pas le volontarisme de fa\u00e7ade qui peut remettre du carburant dans le moteur. <em>\u00ab Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts \u00bb<\/em>, s\u2019exclamait en septembre 1939 Paul Reynaud, futur chef du gouvernement au printemps de 1940. On sait quel fut le beau r\u00e9sultat de cet enthousiasme officiel.<\/p>\n<p>Or nous en sommes arriv\u00e9s \u00e0 une situation qui prend l\u2019allure d\u2019une division insurmontable. Celles et ceux qui expliquent que cet \u00e9tat de fait est conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la gauche ne manquent pas d\u2019arguments solides pour cela. Mais la probabilit\u00e9 \u2013 je dis bien \u00ab probabilit\u00e9 \u00bb et pas \u00ab in\u00e9luctabilit\u00e9 \u00bb \u2013 d\u2019un r\u00e9sultat d\u00e9sastreux est \u00e9norme. Un grand nombre d\u2019individus qui croient encore \u00e0 la gauche sont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s par cette hypoth\u00e8se et, comme en 1934, ils disent que l\u2019union est la seule mani\u00e8re de s\u2019en sortir.<\/p>\n<p>Je ne sais pas comment se d\u00e9gager concr\u00e8tement de cet \u00e9tau qui nous \u00e9touffe. Nul ne peut, \u00e0 lui seul, trouver la bonne formule et je n\u2019ai pas la pr\u00e9tention de le faire. Mais au lieu de r\u00e9pondre s\u00e8chement \u00e0 une proposition d\u2019union, quoique l\u2019on pense de qui \u00e9met cette proposition, peut-\u00eatre serait-il pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019entendre que ce d\u00e9sir de rassemblement n\u2019est pas celui d\u2019un ou de quelques individus. Il est celui d\u2019une grande partie de ce que l\u2019on appelle le \u00ab peuple de gauche \u00bb. Ne pas y r\u00e9pondre est un risque immense, m\u00eame si la r\u00e9ponse n\u2019a rien d\u2019ais\u00e9 dans l\u2019imm\u00e9diat.<\/p>\n<p>Chaque protagoniste de la sc\u00e8ne politique actuelle ferait bien de s\u2019y essayer. En tout \u00e9tat de cause, mieux vaut se persuader que le \u00ab rassemblez-vous autour de moi \u00bb ne fera pas l\u2019affaire\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/roger-martelli\"><strong>Roger Martelli<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13289 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/regards__bpt6k7654687g_1-c1a.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/regards__bpt6k7654687g_1-c1a-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"regards__bpt6k7654687g_1.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mais nous ne sommes pas en 1936. Et \u00e0 quelques semaines de l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2022, avec pas moins de sept candidats de gauche sur la ligne de d\u00e9part, la probabilit\u00e9 \u2013 je dis bien \u00ab probabilit\u00e9 \u00bb et pas \u00ab in\u00e9luctabilit\u00e9 \u00bb \u2013 d\u2019un r\u00e9sultat d\u00e9sastreux est \u00e9norme.<\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":31275,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[295,515],"class_list":["post-13289","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actu","tag-nupes","tag-presidentielle-2022"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13289","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/31275"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}