{"id":13094,"date":"2021-08-06T06:00:00","date_gmt":"2021-08-06T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/article-cela-ne-se-fera-pas-sans-souffrance-mais-on-peut-imaginer-un-apres\/"},"modified":"2023-06-24T00:18:50","modified_gmt":"2023-06-23T22:18:50","slug":"article-cela-ne-se-fera-pas-sans-souffrance-mais-on-peut-imaginer-un-apres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=13094","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Cela ne se fera pas sans souffrance, mais on peut imaginer un apr\u00e8s\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Pablo Servigne a d\u00e9fini la collapsologie comme l&#8217;\u00e9tude de l&#8217;effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui lui succ\u00e9dera. De quoi mettre en r\u00e9cit la catastrophe, dans l&#8217;espoir d&#8217;un sursaut individuel et collectif.<\/p>\n<p><em> <strong>Pablo Servigne<\/strong> est chercheur ind\u00e9pendant, ing\u00e9nieur agronome et docteur en science de l&#8217;Universit\u00e9 libre de Bruxelles. Il est l&#8217;auteur de  <\/em> Comment tout peut s&#8217;effondrer<em> (avec Rapha\u00ebl Stevens, \u00e9d. Seuil, 2015) et <\/em> Une autre fin du monde est possible. Vivre l&#8217;effondrement (et pas seulement y survivre)<em> (avec Rapha\u00ebl Stevens et Gauthier Chapelle, \u00e9d. Seuil, 2018).<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong> <em>Regards<\/em>. Vous affirmez que l&#8217;effondrement a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 et qu&#8217;il pourrait d\u00e9boucher sur la fin de l&#8217;esp\u00e8ce humaine. Ce discours n&#8217;est-il pas d\u00e9mobilisateur\u00a0? <\/strong> <\/p>\n<p><strong>Pablo Servigne.<\/strong> Le monde est beaucoup plus vuln\u00e9rable qu&#8217;il n&#8217;y para\u00eet. Une succession d&#8217;indices scientifiques montrent qu&#8217;il existe d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 des petits et moyens effondrements, \u00e0 commencer par la disparition massive des oiseaux et des insectes. Du c\u00f4t\u00e9 de la faune, de la flore, des champignons et des micro-organismes, c&#8217;est l&#8217;h\u00e9catombe. Le dernier m\u00e2le rhinoc\u00e9ros blanc du Nord s&#8217;est r\u00e9cemment \u00e9teint, par exemple, rejoignant la liste des animaux imaginaires qui illustrent les histoires qu&#8217;on lit le soir \u00e0 nos enfants. Ce constat irr\u00e9futable laisse entrevoir la possibilit\u00e9 d&#8217;un effondrement syst\u00e9mique global de notre civilisation thermo-industrielle, mais peut-\u00eatre aussi d&#8217;\u00e9cosyst\u00e8mes entiers, voire de la biosph\u00e8re dans son ensemble, ou m\u00eame de l&#8217;esp\u00e8ce humaine. Mais \u00e0 ce stade, on est dans l&#8217;incertitude. La science n&#8217;a pas les moyens d&#8217;affirmer que de tels \u00e9v\u00e9nements arriveront, ni qu&#8217;ils n&#8217;arriveront pas. Tout d\u00e9pend des choix que l&#8217;on fait aujourd&#8217;hui. Et cette incertitude est fondamentale car elle nous met en mouvement. Si on \u00e9tait s\u00fbrs qu&#8217;une m\u00e9t\u00e9orite vienne d\u00e9truire la terre en 2043, on ne ferait rien. Si on \u00e9tait convaincus que la terre est vou\u00e9e \u00e0 croitre \u00e0 l&#8217;infini, on ne ferait rien non plus. Il est d\u00e9j\u00e0 trop tard pour \u00e9viter une trajectoire climatique catastrophique, mais il est encore temps pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts et d\u00e9truire le syst\u00e8me politique qui en est \u00e0 l&#8217;origine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\n<strong>LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR<br \/>\n>><\/strong> <em><a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ecologie\/article\/rechauffement-climatique-le-droit-est-en-train-de-s-aligner-sur-le-consensus\">R\u00e9chauffement climatique : \u00ab Le droit est en train de s\u2019aligner sur le consensus scientifique \u00bb<\/a><\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Il est d\u00e9j\u00e0 trop tard pour \u00e9viter une trajectoire climatique catastrophique, mais il est encore temps pour limiter les d\u00e9g\u00e2ts et d\u00e9truire le syst\u00e8me politique qui en est \u00e0 l&#8217;origine. \u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Cette menace d&#8217;une catastrophe globale semble d\u00e9sormais faire l&#8217;objet d&#8217;un consensus scientifique apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 longtemps plac\u00e9e sous le sceau de l&#8217;irrationalit\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le discours a chang\u00e9, en effet. En 1992, au Sommet de la Terre \u00e0 Rio, plus de 1700 scientifiques signaient un texte commun alertant l&#8217;humanit\u00e9 sur l&#8217;\u00e9tat de la plan\u00e8te. Ils craignaient que l&#8217;humanit\u00e9 ne pousse les \u00e9cosyst\u00e8mes au-del\u00e0 de leur capacit\u00e9 \u00e0 entretenir le tissu de la vie. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, c&#8217;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement sujet \u00e0 controverse\u00a0: 2500 autres scientifiques leur ont r\u00e9pondu en mettant en garde la soci\u00e9t\u00e9 contre <em>\u00ab\u00a0l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;une id\u00e9ologie irrationnelle qui s&#8217;oppose au progr\u00e8s scientifique et industriel\u00a0\u00bb<\/em>. Vingt-cinq ans plus tard, il n&#8217;y a plus de d\u00e9bat. 15.364 scientifiques de 184 pays ont cosign\u00e9 en novembre 2017 un manifeste dans lequel ils affirment qu&#8217;en l&#8217;absence de mesures rapides et radicales, de nombreuses formes de vie risquent de dispara\u00eetre totalement. En omettant de prendre les mesures urgentes indispensables pour pr\u00e9server la biosph\u00e8re en danger, expliquent-ils, l&#8217;humanit\u00e9 met en p\u00e9ril son avenir. Leur texte est rest\u00e9 sans r\u00e9ponse. Les climato-n\u00e9gationnistes sont d\u00e9sormais hyper-minoritaires. Bien qu&#8217;elle continue de baigner dans le mythe du progr\u00e8s infini, la science a d\u00e9couvert les catastrophes, donc les discontinuit\u00e9s. Tout en \u00e9tant le fruit de la rationalit\u00e9 des Lumi\u00e8res au XVIII\u00e8me si\u00e8cle, elle a r\u00e9veill\u00e9 l&#8217;inconscient de l&#8217;apocalypse. C&#8217;est fascinant\u00a0! D&#8217;autant que c&#8217;est sur ce terrain de l&#8217;imaginaire, de la croyance, de la mythologie que s&#8217;inscriront les grands combats \u00e0 venir.<\/p>\n<p><strong>Pour le christianisme, de la catastrophe peut \u00e9merger le salut collectif. Saint Jean et saint Paul promettent l&#8217;av\u00e8nement d&#8217;un \u00e9tat meilleur du monde. Que reste-t-il de ce substrat religieux dans les discours de la collapsologie\u2009? <\/strong> <\/p>\n<p>La question est bizarrement formul\u00e9e. Elle pourrait laisser penser que la collapsologie poss\u00e8de une dimension religieuse intrins\u00e8que, alors que c&#8217;est un domaine qui rel\u00e8ve de la science, du logos, de la raison. L&#8217;\u00e9tude de l&#8217;effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succ\u00e9der s&#8217;appuie sur des travaux scientifiques reconnus. Apr\u00e8s, il est s\u00fbr que si l&#8217;on r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 son impact potentiel sur l&#8217;imaginaire des individus, le r\u00e9cit de la catastrophe peut faire \u00e9cho \u00e0 l&#8217;apocalypse comme r\u00e9v\u00e9lation\u00a0: l&#8217;effondrement en cours constitue une opportunit\u00e9 de d\u00e9verrouillage rapide du syst\u00e8me. Autrement dit, on peut voir dans l&#8217;effondrement thermo-industriel \u00e0 la fois la fin d&#8217;un monde et la possibilit\u00e9 de quelque chose de nouveau. Quand on vient comme moi de la biologie, on a l&#8217;habitude de penser le couple effondrement\/renaissance. Un organisme vit, meurt, se reproduit. Il existe toujours ce qu&#8217;on appelle des cycles adaptatifs, des encha\u00eenements de vie et de mort. L&#8217;apr\u00e8s peut \u00eatre pire, pareil ou mieux. <\/p>\n<p><strong>Cette incertitude \u00e9tant particuli\u00e8rement anxiog\u00e8ne, peut-elle susciter un sursaut\u2009? <\/strong> <\/p>\n<p>L&#8217;effondrement est un r\u00e9cit qui a ceci de stimulant qu&#8217;il comporte des risques, comme celui de d\u00e9boucher sur des massacres et des formes de fascismes, mais renferme aussi des promesses de changement. Car une d\u00e9sint\u00e9gration est toujours suivie d&#8217;une r\u00e9organisation, laquelle peut offrir l&#8217;occasion de basculer vers une autre forme d&#8217;organisation sociale, en tout cas sans la d\u00e9pendance aux combustibles fossiles, et si possible compatible avec le vivant. Edgar Morin r\u00e9sume bien cette id\u00e9e lorsqu&#8217;il d\u00e9finit l&#8217;histoire comme <em>\u00ab\u2009des \u00e9mergences et des effondrements, des p\u00e9riodes calmes et des cataclysmes, des bifurcations, des tourbillons, des \u00e9mergences inattendues\u2009\u00bb<\/em>. Parfois, poursuit-il, <em>\u00ab\u2009au sein m\u00eame des p\u00e9riodes noires, des graines d&#8217;espoir surgissent\u2009\u00bb<\/em>. La mise en r\u00e9cit optimiste des chiffres catastrophiques permet d&#8217;entrevoir une forme de r\u00e9v\u00e9lation\u00a0: un monde qui meurt et un autre qui na\u00eet. Cela ne se fera pas sans souffrance, mais on peut imaginer un apr\u00e8s. Le sociologue allemand Ulrich Beck, qui s&#8217;est rendu c\u00e9l\u00e8bre pour avoir formalis\u00e9 une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale du risque global dans les ann\u00e9es 1990, avan\u00e7ait lui aussi que les catastrophes majeures ont la capacit\u00e9 de produire un \u00ab\u2009choc anthropologique\u2009\u00bb capable de r\u00e9orienter les visions du monde et de provoquer un changement politique radical. Il s&#8217;agissait pour lui de \u00ab\u2009r\u00e9concilier l&#8217;\u00e9mergence de changements positifs \u00e0 partir des ombres que nous offrent les catastrophes\u2009\u00bb. <\/p>\n<p><strong>Ce r\u00e9cit de la catastrophe ne risque-t-il pas d&#8217;abord de produire des r\u00e9actions de peur et de repli\u2009? <\/strong> <\/p>\n<p>Un des \u00e9cueils de ce discours, c&#8217;est de stimuler les discours r\u00e9actionnaires voire les politiques fascistes. Parmi les plus riches de ce monde, certains font construire, \u00e0 l&#8217;abri des regards indiscrets et sur tous les continents, de gigantesques et luxueux bunkers high-tech souterrains pour prot\u00e9ger leur famille des catastrophes de toutes sortes. Je suis conscient que le r\u00e9cit de la catastrophe peut \u00eatre dangereux \u2013 le r\u00e9cit du progr\u00e8s l&#8217;est aussi \u2013, mais le d\u00e9ni n&#8217;est pas la solution. Quand on vous diagnostique un cancer, vous devez l&#8217;accepter pour pouvoir vivre le reste de votre vie, et peut-\u00eatre am\u00e9liorer votre \u00e9tat. On doit faire la m\u00eame chose au niveau soci\u00e9tal. Devant la d\u00e9vastation et les violences caus\u00e9es par notre civilisation, il ne faut pas oublier que partager sa peine avec d&#8217;autres peut souder les communaut\u00e9s et provoquer un profond soulagement. Celui de se savoir entour\u00e9 et de cr\u00e9er du sens commun. Le r\u00e9cit de l&#8217;effondrement oblige \u00e0 repenser notre mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre au monde. Il fissure les imaginaires et r\u00e9v\u00e8le que partout, pour survivre, les \u00eatres vivants s&#8217;entraident et sont impliqu\u00e9s dans des interrelations mutuellement b\u00e9n\u00e9fiques. Plut\u00f4t que d&#8217;entrer en comp\u00e9tition avec les humains et les autres qu&#8217;humains, il est temps de prendre conscience des relations fertiles que l&#8217;on peut d\u00e9velopper y compris avec les plantes, les champignons, les bact\u00e9ries\u2026 La perspective de la catastrophe laisse entrevoir non pas un avenir rose bonbon d&#8217;entraide et d&#8217;altruisme, mais un avenir o\u00f9 les groupes humains qui ne s&#8217;entraident pas auront moins de chance de s&#8217;en tirer. <\/p>\n<p><strong>Ce nouveau rapport au monde confine pour vous au sacr\u00e9. Qu&#8217;entendez-vous par l\u00e0\u2009? <\/strong> <\/p>\n<p>Ce n&#8217;est ni un dogme ni un sentiment religieux, mais le sentiment d&#8217;\u00eatre en contact avec quelque chose de plus grand. Un lien avec ce qui compte vraiment au plus profond de nous, et avec l&#8217;invisible, ce qui existe au-del\u00e0 de nous. Il y a un lien \u00e0 faire avec ce qui d\u00e9passe notre petite puissance humaine, les quatre milliards d&#8217;ann\u00e9es qu&#8217;il reste \u00e0 vivre \u00e0 la Terre, le fonctionnement de la nature, la mort qui nous d\u00e9passe. Il y a quelque chose d&#8217;arrogant dans la volont\u00e9 de la modernit\u00e9 des Lumi\u00e8res de tout d\u00e9sacraliser et de tout ma\u00eetriser. D\u00e9couvrir sa propre vuln\u00e9rabilit\u00e9 conf\u00e8re cette humilit\u00e9 qui est un ingr\u00e9dient de la spiritualit\u00e9. Nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 adolescente, qui r\u00eave d&#8217;\u00eatre ind\u00e9pendante, de ne pas mourir, de ne pas souffrir\u2026 Devenir adulte, c&#8217;est accepter la finitude et d\u00e9velopper des relations d&#8217;interd\u00e9pendance. Si la question de la politique de l&#8217;effondrement est la plus int\u00e9ressante, ce n&#8217;est pas la plus urgente. \u00c0 d\u00e9faut de revoir notre rapport au monde, les politiques que l&#8217;on mettra en \u0153uvre ne pourront \u00eatre que catastrophiques.<\/p>\n<p><strong>Est-ce que la catastrophe oblige la science \u00e0 se repenser\u00a0?<\/strong> <\/p>\n<p>Les scientifiques n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer une r\u00e9alit\u00e9 al\u00e9atoire, erratique, floue et impr\u00e9visible. Les ph\u00e9nom\u00e8nes aussi complexes et incertains que le changement climatique, lequel implique des millions de personnes, sont difficilement pr\u00e9hensibles par les outils classiques de la science. Il faut faire \u00e9voluer ces derniers. Ce qu&#8217;on appelle les \u00ab\u00a0hyper objets\u00a0\u00bb ou les \u00ab\u00a0probl\u00e8mes pernicieux\u00a0\u00bb appellent des sciences dites de la complexit\u00e9, encore baptis\u00e9es \u00ab\u00a0applications de la th\u00e9orie des syst\u00e8mes complexes\u00a0\u00bb. Cette branche pluridisciplinaire n&#8217;\u00e9tudie pas seulement les \u00e9l\u00e9ments d&#8217;un syst\u00e8me, mais les relations entre ces \u00e9l\u00e9ments. C&#8217;est le cas notamment de l&#8217;\u00e9cologie qui s&#8217;int\u00e9resse aux relations entre les \u00eatres vivants. L&#8217;autre levier consiste \u00e0 d\u00e9cloisonner les disciplines scientifiques, \u00e0 les faire dialoguer et \u00e0 faire participer la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 la fabrique comme \u00e0 l&#8217;interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats \u2013 \u00e0 l&#8217;image de ce qui se pratique avec la bio\u00e9thique. Cette science post-normale n&#8217;est pas une antiscience. Au contraire ! <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nPropos recueillis par <a href=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/auteur\/marion-rousset\"><strong>Marion Rousset<\/strong><\/a><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-13094 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/p59767_hd-d3e.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/p59767_hd-d3e-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"p59767_hd.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pablo Servigne a d\u00e9fini la collapsologie comme l&#8217;\u00e9tude de l&#8217;effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui lui succ\u00e9dera. 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