{"id":1282,"date":"1999-02-01T00:00:00","date_gmt":"1999-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/chiffres-a-l-ecran1282\/"},"modified":"1999-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1999-01-31T23:00:00","slug":"chiffres-a-l-ecran1282","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=1282","title":{"rendered":"Chiffres \u00e0 l&#8217;\u00e9cran"},"content":{"rendered":"<p>Les Fran\u00e7ais retrouvent le chemin des salles obscures&#8221;, titrait le journal la Tribune, le 29 d\u00e9cembre dernier. Les nuages noirs du d\u00e9but des ann\u00e9es 90 semblent s&#8217;\u00eatre d\u00e9finitivement \u00e9loign\u00e9s. Avec 170 millions d&#8217;entr\u00e9es ( 14%), la France est revenue \u00e0 son niveau de 1985. Plusieurs facteurs d\u00e9terminants ont contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir ce bon r\u00e9sultat. Au premier rang, on citera bien entendu le succ\u00e8s du Titanic de James Cameron. Avec ses 20,8 millions de spectateurs, il repr\u00e9sente \u00e0 lui seul 12,2 % des entr\u00e9es sur l&#8217;ann\u00e9e. En partie gr\u00e2ce \u00e0 ce film, les mois de janvier et f\u00e9vrier ont connu une hausse de fr\u00e9quentation, respectivement de 59,3 % et 64,9 %. Ensuite il y a l&#8217;incontestable succ\u00e8s rencontr\u00e9s par les multiplexes qui se sont implant\u00e9s en masse sur l&#8217;ensemble du territoire.<\/p>\n<p>En 1999, les habitants de la seule r\u00e9gion parisienne devraient avoir le choix entre 17 de ces usines \u00e0 images. La Mairie de Paris a d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 gel\u00e9 les autres projets pour au moins deux ans car, si les multiplexes drainent de nouveaux spectateurs (et en incitent d&#8217;autres \u00e0 se rendre plus souvent au cin\u00e9ma compte tenu du nombre de films pr\u00e9sent\u00e9s et de la proximit\u00e9), les salles ind\u00e9pendantes sont menac\u00e9es. Cependant, selon le barom\u00e8tre de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des cin\u00e9mas fran\u00e7ais, les petites et moyennes exploitations ont profit\u00e9 de la hausse de fr\u00e9quentation, enregistrant une croissance respective de 19 % et de 15 %. Mais la menace est r\u00e9elle, puisque, pour quelques francs de diff\u00e9rence, les multiplexes offrent un confort tr\u00e8s nettement sup\u00e9rieur et qu&#8217;un nombre sans cesse croissant de films y sont pr\u00e9sent\u00e9s en exclusivit\u00e9. Hormis quelques cin\u00e9philes, qui s&#8217;int\u00e9ressera \u00e0 un cycle Lubitch en 1999, alors que sont d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9s Ast\u00e9rix et Ob\u00e9lix contre C\u00e9sar de Zidi, the Phantom menace (le nouvel \u00e9pisode de la Guerre des \u00e9toiles) en octobre, Eyes wide shut de Stanley Kubrick, mais aussi les prochains Leconte, Tavernier, Eastwood, Allen, et peut-\u00eatre m\u00eame le Jeanne d&#8217;Arc de Besson ?<\/p>\n<p>Ainsi, en 1998, 430 films ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s sur les \u00e9crans, un chiffre \u00e0 rapprocher des 180 films produits ou coproduits en France (40 de plus qu&#8217;en 1996). Ce regain d&#8217;int\u00e9r\u00eat est une bonne nouvelle pour le cin\u00e9ma fran\u00e7ais, puisqu&#8217;une taxe de 11 % sur le prix des tickets est pr\u00e9lev\u00e9e afin d&#8217;\u00eatre inject\u00e9e dans la production nationale. Une place \u00e9tant vendue 35,45 francs en moyenne (40 francs \u00e0 Paris), on voit que le Titanic fut une bonne op\u00e9ration pour les exploitants, mais surtout pour les producteurs du film dont les recettes globales (entr\u00e9es dans les salles, ventes de la vid\u00e9o, de la musique et des droits de diffusion t\u00e9l\u00e9 aux Etats-Unis) se sont \u00e9lev\u00e9es \u00e0 3,2 milliards de dollars, soit plus de 19 milliards de francs, c&#8217;est-\u00e0-dire davantage que le budget du minist\u00e8re de la Culture qui tourne autour de 16 milliards de francs. Sachant que Titanic, le film r\u00e9put\u00e9 le plus cher de l&#8217;histoire du cin\u00e9ma, a co\u00fbt\u00e9 200 millions de dollars, il aura rapport\u00e9 environ 18 milliards de francs. Comme le titrait le journal les Echos, (le 30\/12\/98), &#8220;La fr\u00e9quentation record des multiplexes en 1998 a profit\u00e9 au cin\u00e9ma am\u00e9ricain.&#8221;.<\/p>\n<p>Avec ses 170 millions de spectateurs, 1998 restera une mauvaise ann\u00e9e pour les parts de march\u00e9 du cin\u00e9ma fran\u00e7ais : de 27 % \u00e0 29 % contre 34 % en 1997, soit le chiffre le plus bas en 10 ans. Mais, selon Marc Tessier, directeur g\u00e9n\u00e9ral du Centre national de la cin\u00e9matographie, ce r\u00e9sultat ne traduit pas une tendance lourde du march\u00e9 (entretien dans le Figaro Economie, 31-12-1998). Quelques pr\u00e9cisions doivent expliquer cette contre-performance. Seuls 8 films fran\u00e7ais sont dans le Top 50 de l&#8217;ann\u00e9e. Un record, et encore faut-il d\u00e9tailler ce classement. Beau tir group\u00e9 au 2e, 3e et 4e place avec le D\u00eener de cons, les Couloirs du temps et Taxi qui ont attir\u00e9 respectivement 8,58 millions, 8,03 millions et 6,29 millions de spectateurs. Mais il faut descendre \u00e0 la 22e place pour trouver le 4e film fran\u00e7ais de la liste : la Vie r\u00eav\u00e9e des anges, avec 1,26 millions d&#8217;entr\u00e9es !<\/p>\n<p>La porte \u00e9tait donc grande ouverte pour les grosses artilleries am\u00e9ricaines, comme l&#8217;Arme fatale 4 ou Armageddon, mais aussi pour des oeuvres plus intimistes comme l&#8217;Homme qui murmurait \u00e0 l&#8217;oreille des chevaux de Robert Redford qui a attir\u00e9 3 millions de spectateurs. Faut-il pour autant s&#8217;alarmer de ces r\u00e9sultats ? Ne sont-ils qu&#8217;un accident de parcours ou bien le sympt\u00f4me d&#8217;un d\u00e9sint\u00e9ressement plus g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, au contraire de ce que pense Marc Tessier ? D&#8217;abord, 46 millions de spectateurs pour les films fran\u00e7ais, c&#8217;est 10 % de moins qu&#8217;en 97 mais 30 % de plus qu&#8217;en 94. D&#8217;autre part, les films d&#8217;auteurs, dont la France s&#8217;est toujours fait une sp\u00e9cialit\u00e9, ne sont pas des produits pr\u00e9dig\u00e9r\u00e9s comme les grosses productions am\u00e9ricaines. C&#8217;est pourquoi, il est tr\u00e8s difficile de juger le succ\u00e8s d&#8217;un film fran\u00e7ais. Les raisons pour lesquelles Marius et Jeannette de Gu\u00e9diguian ou On conna\u00eet la chanson de Resnais ont pu int\u00e9resser, en 1997, rel\u00e8vent plus du concours de circonstance que d&#8217;une strat\u00e9gie marketing. Il suffit pour s&#8217;en convaincre de comparer les 700 copies de Titanic avec les 86 copies de l&#8217;Ennui de C\u00e9dric Kahn.<\/p>\n<p>D&#8217;autres raisons peuvent encore \u00eatre \u00e9voqu\u00e9es : les maisons de productions &#8220;historiques&#8221; se sont presque enti\u00e8rement retir\u00e9es du m\u00e9tier au profit de la distribution (UGC avec la Fox, Gaumont avec Disney) et de la gestion de leurs multiplexes ; tr\u00e8s peu de films fran\u00e7ais sortent en \u00e9t\u00e9, 20 millions de spectateurs se rabattent donc sur ce qu&#8217;ils trouvent ; les trois films fran\u00e7ais qui ont bien march\u00e9 cette ann\u00e9e ont attir\u00e9 \u00e0 eux seuls les deux tiers des entr\u00e9es du cin\u00e9ma fran\u00e7ais ; le deuxi\u00e8me semestre a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable catastrophe avec seulement 21 % de part de march\u00e9 pour le cin\u00e9ma fran\u00e7ais&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Fran\u00e7ais retrouvent le chemin des salles obscures&#8221;, titrait le journal la Tribune, le 29 d\u00e9cembre dernier. 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